La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Creusot, Saône-et-Loire, France, 16 décembre 1943.

L’action est également désignée dans les sources comme « opération Creusot » ou sabotage des usines Schneider.

Il s’agit d’une opération de sabotage armé et non d’un réseau autonome.

Création et préparation de l’opération

L’opération est décidée par l’état-major de la Région 1 et confiée aux maquis de l’Ain.

Son objectif est de détruire les trois principaux centres de transformateurs alimentant les usines du Creusot en électricité.

Le 16 décembre 1943, trois voitures légères transportant chacune cinq hommes quittent le département de l’Ain.

Le lieutenant Claude PERRIN-JASSY, alias Mantin, a préparé la mission sur ordre du colonel Henri ROMANS-PETIT et dirige l’une des trois équipes.

La finalité est de perturber durablement la production des usines Schneider en neutralisant leur alimentation électrique.

Organisation interne

L’opération rassemble trois groupes de cinq hommes, soit quinze résistants.

L’un des groupes est commandé par Édouard BOURRET, alias Brun.

Son équipe comprend Édouard BOURRET, Félix LE NOACH, Paul SIXDENIER, Louis TANGUY, alias Lesombre, et André VAREYON, alias Det.

Henri GIROUSSE, alias Chabot, fournit pour sa part une équipe comprenant notamment son adjoint Louison, Neyraud et trois Espagnols spécialistes des explosifs, Lacayo, Martine et Joaquim Uroz.

Actions menées pendant la Résistance

Les équipes gagnent Le Creusot afin de placer des charges explosives sur les installations électriques alimentant les usines Schneider.

La mission vise une neutralisation ciblée des installations plutôt qu’une destruction générale du complexe industriel.

Les résistants considèrent également que ce type de sabotage peut éviter un nouveau bombardement aérien massif de la ville et préserver une partie du potentiel industriel français.

Résultat matériel de l’opération

Les sources divergent sur l’efficacité finale du sabotage.

Certaines présentations mémorielles considèrent la mission comme accomplie après la pose des charges.

Henri GIROUSSE, alias Chabot, apporte cependant un témoignage différent : selon lui, les charges de plastic ont été retirées avant leur explosion et le résultat final de l’opération fut négatif.

La Mémoire Vive de la Résistance souligne également l’existence de cette divergence documentaire.

En conséquence, l’existence de l’opération et son objectif sont certains, mais son efficacité matérielle exacte ne doit pas être présentée comme définitivement établie.

Retour et interception allemande

Deux équipes réussissent à regagner leur base.

La troisième, commandée par Édouard BOURRET, rencontre un barrage allemand au lieu-dit La Galoche, dans le secteur de Montchanin, Saône-et-Loire, France.

Le groupe comprend alors BOURRET, LE NOACH, SIXDENIER, TANGUY et VAREYON.

Édouard BOURRET est mortellement blessé.

Félix LE NOACH et Paul SIXDENIER sont capturés.

Louis TANGUY et André VAREYON réussissent à s’échapper.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

L’opération est directement liée aux maquis de l’Ain et du Haut-Jura.

Elle est décidée par l’état-major de la Région 1 et exécutée dans le cadre du dispositif militaire de la Résistance auquel appartient le groupement dirigé par Henri ROMANS-PETIT.

Chefs et figures marquantes

Édouard BOURRET, alias Brun, commande l’une des trois équipes engagées.

Il est mortellement blessé lors de l’interception de son groupe au retour de la mission.

Paul SIXDENIER participe à l’équipe et est capturé.

Félix LE NOACH est également capturé.

Louis TANGUY, alias Lesombre, réussit à s’échapper le 16 décembre 1943. Il est ensuite tué au combat le 8 février 1944 à L’Abergement-de-Varey, Ain, France.

André VAREYON, alias Det, réussit également à s’échapper et survit à la guerre.

Claude PERRIN-JASSY, alias Mantin, participe à la préparation de la mission et commande l’une des équipes.

Henri GIROUSSE, alias Chabot, responsable du groupement Sud, fournit une équipe pour l’opération et livre après-guerre un témoignage critique concernant son résultat matériel.

Victimes et morts

Édouard BOURRET est mortellement blessé lors de l’interception de son équipe.

Paul SIXDENIER et Félix LE NOACH sont capturés. Le témoignage d’Henri GIROUSSE indique qu’ils sont emmenés à Dijon et fusillés environ un mois plus tard.

Louis TANGUY survit à l’opération mais meurt au combat le 8 février 1944 à L’Abergement-de-Varey.

Survivants identifiés

André VAREYON réussit à s’échapper après le barrage allemand et survit à la guerre.

D’autres participants appartenant aux deux équipes ayant rejoint leur base survivent également à l’opération.

Fin de l’opération

L’opération proprement dite s’achève le 16 décembre 1943 avec le retour des trois groupes et l’interception de l’équipe d’Édouard BOURRET.

Elle s’inscrit cependant dans une campagne plus large de sabotages visant les infrastructures industrielles participant à l’économie de guerre allemande.

Conséquences et mémoire

Le coup de main du Creusot illustre la volonté de la Résistance d’attaquer une grande installation industrielle par une action ciblée sur son approvisionnement électrique.

La mémoire de l’opération est conservée par la Mémoire Vive de la Résistance, l’Ordre de la Libération, le Musée de la Résistance en ligne et l’Association des maquis de l’Ain et du Haut-Jura.

La divergence concernant l’efficacité matérielle de l’opération constitue un élément historiographique important qui doit être conservé dans toute notice consacrée à l’événement.

Références bibliographiques

La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura, AERI–Fondation de la Résistance–Association Résistance Ain/Haut-Jura, 2013. Corpus documentaire de référence consacré aux maquis de l’Ain, à leurs responsables et à leurs principales opérations.

Histoire de la Résistance, 1940-1945, Olivier WIEVIORKA, Paris, Perrin, 2012 ; édition revue et augmentée, 2018. Ouvrage général permettant de replacer le sabotage du Creusot dans l’évolution des actions armées de la Résistance française.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance — Fiche « Sabotage des usines Schneider du Creusot ». Elle synthétise les sources disponibles, identifie l’objectif de l’opération et signale la divergence concernant son résultat final.
https://mvr.asso.fr/sabotage-des-usines-schneider-du-creusot/

Maquis de l’Ain et du Haut-Jura — « Le sabotage des usines Schneider, au Creusot le 16 décembre 1943 ». Témoignage et analyse d’Henri GIROUSSE, alias Chabot, particulièrement importants pour la controverse sur le résultat de l’opération.
https://www.maquisdelain.org/article-le-sabotage-des-usines-schneider-au-creusot-le-16-decembre-1943-27.html

Maquis de l’Ain et du Haut-Jura — « Le Creusot, 16 décembre 1943 ». Témoignage d’André VAREYON, alias Det, décrivant la préparation, la composition des groupes, la mission et le retour.
https://www.maquisdelain.org/article-le-creusot-16-decembre-1943-95.html

Ordre de la Libération — Notice d’Édouard BOURRET. Source institutionnelle sur sa participation au sabotage et les circonstances de sa mort.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edouard-bourret

Mémoire Vive de la Résistance — Notice de Louis TANGUY, alias Lesombre, confirmant sa participation au sabotage, son évasion et sa mort au combat le 8 février 1944.
https://mvr.asso.fr/tanguy/

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance ; Maquis de l’Ain et du Haut-Jura ; Ordre de la Libération ; Musée de la Résistance en ligne ; Maitron Résistance ; Fondation de la Résistance ; Mémoire des Hommes ; Service historique de la Défense ; Gallica – Bibliothèque nationale de France.

Fiabilité

Fiabilité A pour l’existence de l’opération, sa date, son objectif, la composition générale des équipes, la participation des maquis de l’Ain et les conséquences humaines de l’interception du groupe BOURRET.

Fiabilité B pour l’efficacité matérielle exacte du sabotage.

Les témoignages et sources mémorielles divergent sur le fonctionnement des charges explosives et sur les dégâts réellement provoqués. Cette divergence doit être maintenue et explicitement signalée.

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