La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Creusot, Saône-et-Loire, France, 16 décembre 1943.

L’objectif de l’action est de détruire les principaux centres de transformateurs alimentant en électricité les usines Schneider du Creusot.

Une source mémorielle issue du corpus du Maquis de l’Ain précise que trois équipes de cinq hommes partent du maquis de l’Ain en direction du Creusot. L’Ordre de la Libération confirme la participation de détachements des maquis de l’Ain et précise que l’un d’eux est commandé par Édouard BOURRET, dit Brun. Au retour, à la sortie de Montchanin, Saône-et-Loire, France, son groupe est arrêté à un barrage allemand ; Édouard BOURRET est mortellement blessé, tandis que plusieurs de ses compagnons sont capturés.

L’action s’inscrit dans la lutte contre l’appareil industriel travaillant pour l’effort de guerre allemand. Les usines Schneider constituent une cible stratégique majeure, et leur alimentation électrique apparaît comme un point vulnérable.

Héros et figures marquantes

Édouard BOURRET, dit Brun, commande l’un des détachements engagés et meurt le jour même à Montchanin, Saône-et-Loire, France, après l’accrochage consécutif au barrage.

Paul SIXDENIER participe à l’opération ; le Maitron confirme son engagement dans le commando ayant placé des explosifs sur les transformateurs.

Louis TANGUY participe également à l’opération et échappe, selon le Maitron, à l’arrestation immédiate du 16 décembre 1943.

Claude PERRIN-JASSY, dit Mantin Rameau, est cité dans les sources mémorielles comme ayant pris part à la préparation du coup de main.

Henri PETIT, dit Romans, chef du maquis de l’Ain

Henri GIROUSSE, dit Chabot, apparaissent dans la documentation mémorielle pour la décision ou l’encadrement général de l’opération.

Édouard BOURRET est attestée par l’Ordre de la Libération le 16 décembre 1943 à Montchanin.

Paul SIXDENIER et Félix LE NOACH, arrêtés après l’opération, sont emmenés à Dijon puis fusillés un mois plus tard. La même source indique que Louis TANGUY sera tué ultérieurement, le 8 février 1944, à la ferme de la Montagne ; cette mort n’est donc pas celle de l’opération elle-même, mais elle concerne un participant direct.

Survivants

Parmi les survivants identifiables dans les sources consultées figurent au moins Louis TANGUY pour l’épisode du 16 décembre 1943, puisqu’il échappe à l’arrestation immédiate ce jour-là, ainsi que Claude PERRIN-JASSY, cité pour la préparation du coup de main.

Le site du Maquis de l’Ain mentionne également Det-Vareyon comme survivant dans son commentaire rétrospectif. Cette liste n’est pas exhaustive.

Conséquences

L’opération illustre l’extension des coups de main industriels menés contre les infrastructures stratégiques à la fin de 1943. Même si le résultat technique final demeure contradictoire selon les sources, ses conséquences répressives sont nettes : mort d’Édouard BOURRET, arrestations et exécutions ultérieures. L’épisode contribue aussi à la mémoire combattante du maquis de l’Ain, souvent rapprochée du défilé d’Oyonnax et des autres actions spectaculaires de la région R1.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le premier lieu de mémoire est Montchanin, Saône-et-Loire, France, où Édouard BOURRET est mort le 16 décembre 1943.

L’Ordre de la Libération indique que son corps a ensuite été inhumé au Val d’Enfer à Cerdon, Ain, France. La mémoire de l’opération est aussi conservée dans le corpus du Maquis de l’Ain et dans les notices de l’Ordre de la Libération et du Maitron consacrées aux participants.

Références bibliographiques

M. R. D. Foot, SOE in France, Londres, HMSO, 1966, rééd. Londres, Routledge. Cet ouvrage de référence permet de replacer les sabotages industriels français dans la stratégie interalliée et dans les logiques de destruction ciblée de l’appareil économique utile à l’occupant. Il ne traite pas exclusivement du Creusot mais aide à comprendre la doctrine et les méthodes de ces opérations.

André Jeannet, La Seconde Guerre mondiale en Saône-et-Loire. Occupation et Résistance, Saint-Cyr-sur-Loire, JPM Éditions, 2003. L’ouvrage offre un cadre régional solide sur les réseaux, maquis, sabotages et répression en Saône-et-Loire. Il est particulièrement utile pour replacer l’opération du 16 décembre 1943 dans l’histoire locale du bassin industriel du Creusot.

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006. Ce dictionnaire permet de croiser les notices de participants comme Édouard BOURRET, Paul SIXDENIER ou d’autres cadres de la Résistance armée. Il sert de point d’appui pour vérifier pseudonymes, appartenances et parcours.

Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris, Robert Laffont, plusieurs volumes. Cette somme reste utile pour comprendre la montée des maquis et l’évolution des structures de sabotage à l’échelle nationale. Elle éclaire l’arrière-plan politique et militaire de telles opérations, même lorsqu’elles ne font pas chacune l’objet d’un développement autonome.

Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance 1940-1945, Paris, Perrin, 2013. Cet ouvrage général permet d’élargir la perspective et d’inscrire l’action du Creusot dans la stratégie croissante de sabotage et dans l’articulation entre maquis, mouvements et commandement régional.

Références internet

Ordre de la Libération. La notice d’Édouard BOURRET donne la date, le lieu, la participation des détachements du maquis de l’Ain, le passage au barrage de Montchanin et la mort du chef de détachement. C’est la source institutionnelle la plus nette sur la séquence mortelle de l’opération. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edouard-bourret

Maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Cette page mémorielle est précieuse pour l’objectif assigné à l’opération, la composition d’au moins une équipe, le retour sur les conditions du barrage et les pertes subies. Elle apporte aussi la divergence capitale sur l’efficacité finale des charges, qu’il faut signaler comme telle. https://www.maquisdelain.org/article-le-sabotage-des-usines-schneider-au-creusot-le-16-decembre-1943-27.html

Maitron. La notice “Paul Sixdenier” confirme qu’un commando a placé des explosifs sur les transformateurs alimentant en électricité les usines Schneider. Elle sert de recoupement biographique et factuel sur l’existence de l’action. https://maitron.fr/sixdenier-paul-marie/

Maitron. La notice “Louis Tanguy” confirme la participation de ce résistant à l’opération du 16 décembre 1943 et précise qu’il échappa à l’arrestation et à la mort au moment du coup de main. Elle complète le tableau des participants identifiables. https://maitron.fr/tanguy-louis-prosper-marie/

Mémoire Vive de la Résistance. La notice “Claude Perrin-Jassy” mentionne explicitement son rôle dans la préparation du coup de main contre les usines Schneider du Creusot le 16 décembre 1943. Elle n’est pas une fiche de l’événement lui-même, mais elle confirme utilement la réalité de la préparation régionale. https://mvr.asso.fr/perrin-jassy/

Observations : Une divergence entre les sources doit être signalée. L’Ordre de la Libération indique que les charges “sont posées et explosent”. À l’inverse, un témoignage ultérieur publié sur le site du Maquis de l’Ain affirme que le résultat final de l’opération aurait été négatif parce que les charges auraient été enlevées avant explosion. Cette contradiction interdit d’affirmer sans réserve l’efficacité matérielle finale du sabotage, même si l’existence de l’opération du 16 décembre 1943 elle-même est solidement établie.

Sources consultées : Mémoire Vive de la Résistance, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica BnF, Service historique de la Défense, site du Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, Wikipédia à titre de repérage et recoupée. Date de vérification : 14 mars 2026.

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