L’opération se rattache à la série d’arrestations de résistants lyonnais du 15 mars 1943. Un plan d’évasion est préparé après leur transfert progressif depuis la prison Saint-Paul vers l’hôpital de l’Antiquaille, établissement réservé aux prisonniers malades et gardé par des gendarmes.
Le lundi 24 mai 1943, un groupe franc de neuf personnes, équipé de trois voitures et muni de faux papiers se présentant comme des documents de la Gestapo, se présente à l’hôpital sous prétexte de transférer des détenus.
Selon le témoignage repris par le Musée de la Résistance en ligne, l’opération dure environ trente minutes et permet la libération de François MORIN-FORESTIER, Maurice KRIEGEL-VALRIMONT et Serge RAVANEL.
Cette opération intervient dans le contexte de la montée en puissance de Libération-Sud et des premiers groupes francs lyonnais au printemps 1943. Le comité directeur de Libération décide de faire évader plusieurs détenus considérés comme importants pour l’organisation clandestine.
Héros et figures marquantes
Serge RAVANEL, responsable des groupes francs, figure parmi les évadés explicitement attestés par le Musée de la Résistance en ligne.
Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, cadre de Libération-Sud et de l’Armée secrète, est également donné comme détenu évadé.
François MORIN-FORESTIER fait partie du même groupe libéré le 24 mai 1943. Du côté des organisateurs,
Charles MOHLER, dit Duvernois,
Lucien BONNET, dit Dunoir, sont présentés comme ayant préparé l’opération.
Arthur KRIEGEL est mentionné par le Maitron comme ayant guidé le commando déguisé en gestapistes.
Victimes
Les sources consultées ne permettent pas d’identifier de mort directement causée par l’opération elle-même le 24 mai 1943. Le déroulement décrit par le Musée de la Résistance en ligne met l’accent sur l’effet de surprise et sur la rapidité de l’action, sans faire état d’un bilan humain immédiat.
Survivants
Les survivants explicitement identifiables dans les sources consultées sont Serge RAVANEL, Maurice KRIEGEL-VALRIMONT et François MORIN-FORESTIER, libérés lors de l’opération. Charles MOHLER et Lucien BONNET survivent à cette action précise, même si Lucien BONNET est ultérieurement arrêté puis fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans, Ain, France.
Conséquences
L’opération constitue un succès tactique pour la Résistance lyonnaise en démontrant la capacité des groupes francs à préparer une action audacieuse en milieu urbain, au contact direct des autorités de détention.
Elle renforce aussi la légitimité des groupes francs dans l’appareil de Libération-Sud puis des MUR.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le principal lieu de mémoire directement lié à l’événement est le site de l’ancien hôpital de l’Antiquaille, Lyon, Rhône, France, aujourd’hui intégré au paysage patrimonial lyonnais. La mémoire de l’opération subsiste surtout à travers les parcours biographiques de Serge RAVANEL, Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, Lucien BONNET et Charles MOHLER, ainsi que par les expositions et ressources pédagogiques du Musée de la Résistance en ligne consacrées à la Résistance lyonnaise.
Références bibliographiques
Lucie Aubrac, Ils partiront dans l’ivresse. Lyon, mai 1943 – Londres, février 1944, Paris, Seuil, 1984. Ce témoignage demeure un ouvrage classique sur la Résistance lyonnaise et sur les opérations d’évasion de 1943. Il éclaire le climat de clandestinité, l’organisation des secours aux détenus et les méthodes employées dans les actions de sauvetage. Il doit cependant être recoupé avec les bases mémorielles et archivistiques, en particulier pour la composition exacte des groupes libérés.
Serge Ravanel, L’Esprit de Résistance, Paris, Seuil, 1995. L’ouvrage restitue le fonctionnement des groupes francs, leur culture opérationnelle et leur montée en puissance en 1943. Il est particulièrement utile pour replacer l’opération de l’Antiquaille dans l’histoire des structures d’action immédiate de Libération-Sud puis des MUR. Son intérêt principal réside dans la perspective d’un acteur de premier plan.
Laurent Douzou, La Désobéissance. Histoire d’un mouvement et d’un journal clandestin, Libération-Sud 1940-1944, Paris, Odile Jacob, 1995. Cette étude de référence permet de comprendre le cadre organisationnel de l’opération, les responsabilités de Libération-Sud et la logique des coups de main menés à Lyon. Elle apporte aussi un arrière-plan solide sur les liens entre mouvement politique, appareil clandestin et action armée.
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006. Ce dictionnaire fournit des notices de synthèse sur les principaux responsables et organismes de la Résistance. Il est précieux pour recouper les identités, pseudonymes, fonctions et parcours ultérieurs des personnes impliquées dans l’opération de l’Antiquaille.
Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance 1940-1945, Paris, Perrin, 2013. Ouvrage général, il n’est pas centré sur l’Antiquaille mais permet d’élargir le contexte au développement des organisations clandestines françaises en 1943. Il aide à replacer l’épisode dans l’évolution générale de la Résistance intérieure et de ses structures armées.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La page “Deuxième arrestation, deuxième évasion (15 mars au 24 mai 1943)” constitue la source la plus précise consultée pour le déroulement de l’opération. Elle donne la chronologie, les complicités internes, la composition du commando, le mode opératoire et les noms des évadés explicitement mentionnés. https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=75&sstheme=300&stheme=94&theme=18
Musée de la Résistance en ligne. La notice “Charles Mohler” rattache l’opération à la préparation menée par Charles MOHLER et Lucien BONNET et l’inscrit dans l’histoire des groupes francs lyonnais. Elle est utile pour le contexte organisationnel et pour la chaîne de commandement. https://museedelaresistanceenligne.org/media3942-Charles-Mohler
Musée de la Résistance en ligne. La notice “Lucien Bonnet, dit Dunoir” confirme la participation de Lucien BONNET au commando et éclaire son rôle dans les maquis et groupes francs de la région R1. Elle apporte aussi des éléments sur son destin ultérieur. https://museedelaresistanceenligne.org/media3943-Lucien-Bonnet-dit-iDunoir-i
Maitron. La notice consacrée à Maurice KRIEGEL-VALRIMONT confirme l’évasion du 24 mai 1943 et identifie les trois détenus libérés par un groupe franc déguisé en agents de la Gestapo. Elle permet un recoupement prosopographique utile avec le Musée de la Résistance en ligne. https://fusilles-40-44.maitron.fr/kriegel-valrimont-maurice-kriegel-maurice-benjamin/
Maitron. La notice “Arthur Kriegel” apporte un élément complémentaire sur la préparation matérielle de l’opération en attribuant à Arthur KRIEGEL le guidage du commando de partisans déguisés. Elle complète utilement le noyau documentaire principal. https://maitron.fr/kriegel-arthur/
Obsservations : Une divergence importante doit cependant être signalée : certaines notices mémorielles consultées présentent l’action comme liée à l’évasion de “compagnons de Raymond Aubrac”, alors que le récit détaillé du Musée de la Résistance en ligne sur l’opération du 24 mai 1943 ne nomme explicitement que François MORIN-FORESTIER, Maurice KRIEGEL-VALRIMONT et Serge RAVANEL parmi les évadés. Dans l’état des sources ouvertes consultées ici, cette seconde formulation est la plus précise pour l’événement strictement demandé.
Sources consultées : Mémoire Vive de la Résistance, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica BnF, Service historique de la Défense, sites mémoriels lyonnais, Wikipédia à titre de repérage et recoupée. Date de vérification : 14 mars 2026.