Variantes observées dans les sources : Sipo ; Sipo-SD ; Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst.
La Sicherheitspolizei est une organisation de police de sécurité du régime national-socialiste. Elle constitue l’un des principaux instruments de répression politique et policière du IIIe Reich. Dans les territoires occupés, notamment en France, elle participe à la lutte contre les mouvements de Résistance, à la répression politique et à la persécution des populations considérées comme ennemies du régime nazi.
Création de l’organisation
La Sicherheitspolizei est créée en Allemagne en 1936 dans le cadre de la centralisation des forces policières du Reich par Heinrich Himmler, nommé chef de la police allemande.
Elle résulte de la réunion de deux services principaux :
- la Geheime Staatspolizei (Gestapo), police secrète d’État chargée de la répression politique ;
- la Kriminalpolizei (Kripo), police criminelle du Reich.
Ces services sont placés sous l’autorité de la SS et intégrés à l’appareil de sécurité du régime nazi.
En 1939, la Sicherheitspolizei est intégrée au Reichssicherheitshauptamt (RSHA), l’Office central de la sécurité du Reich, qui regroupe les principaux services de renseignement et de répression du régime.
Organisation interne
La Sicherheitspolizei comprend deux grandes branches :
- Gestapo : police politique chargée de la surveillance des opposants, de la lutte contre la Résistance et des arrestations politiques.
- Kriminalpolizei : police criminelle chargée des enquêtes et de la répression des délits considérés comme relevant de la sécurité du Reich.
Dans les territoires occupés, ces services agissent souvent en association avec le Sicherheitsdienst (SD), service de renseignement de la SS.
Les structures combinées sont généralement désignées sous l’appellation Sipo-SD, qui devient l’organisme central de la police allemande de sécurité dans les territoires occupés.
Activités pendant la Seconde Guerre mondiale
Dans les territoires occupés par l’Allemagne nazie, la Sicherheitspolizei est chargée de plusieurs missions :
- lutte contre les mouvements de Résistance ;
- surveillance politique de la population ;
- arrestation et interrogatoire des opposants ;
- organisation de la répression et des exécutions ;
- participation à la persécution et à la déportation des populations juives.
En France occupée, la Sicherheitspolizei joue un rôle majeur dans la répression de la Résistance et dans l’organisation des arrestations et des déportations.
Elle coopère avec les autorités allemandes d’occupation, les services du Sicherheitsdienst et, dans certains cas, avec des services de police du régime de Vichy.
Implantation en France
Après l’occupation de la France en 1940, la Sicherheitspolizei s’installe dans plusieurs grandes villes.
À Paris, l’un des principaux centres de la police de sécurité allemande est installé au 84 avenue Foch, qui devient un lieu central des interrogatoires et de la répression contre la Résistance.
Des services similaires existent dans d’autres villes importantes de la zone occupée et de la zone sud après novembre 1942.
Responsables et figures marquantes
Heinrich Himmler Chef de la SS et chef de la police allemande à partir de 1936, il supervise l’ensemble de l’appareil policier du Reich, dont la Sicherheitspolizei.
Reinhard Heydrich Chef du RSHA à partir de 1939, il dirige les services de sécurité du Reich, incluant la Sicherheitspolizei et le Sicherheitsdienst.
Karl Oberg Chef supérieur de la SS et de la police en France à partir de 1942, il dirige l’appareil de répression allemand sur le territoire français.
Helmut Knochen Chef du service de sécurité allemand en France et responsable des services Sipo-SD à Paris.
Victimes et répression
Les activités de la Sicherheitspolizei entraînent l’arrestation, la torture, la déportation ou l’exécution de nombreux résistants, opposants politiques et civils dans les territoires occupés.
En France, les opérations de la Sipo-SD conduisent à l’arrestation de milliers de membres de la Résistance, dont beaucoup sont fusillés ou déportés dans les camps de concentration.
Fin de l’organisation
Avec la défaite de l’Allemagne nazie en 1945, la Sicherheitspolizei disparaît avec l’effondrement du régime.
Lors du procès de Nuremberg, les organisations de la SS et les structures policières associées, dont les services de sécurité du Reich, sont déclarées organisations criminelles.
Plusieurs responsables de la police de sécurité allemande sont jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Conséquences et mémoire
La Sicherheitspolizei est aujourd’hui considérée comme l’un des principaux instruments de répression du régime nazi.
Son rôle dans la persécution des populations civiles, la lutte contre la Résistance et la participation aux politiques génocidaires du IIIe Reich a fait l’objet de nombreuses recherches historiques et judiciaires.
Les lieux utilisés par ces services pendant l’Occupation, notamment à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises, font aujourd’hui partie de la mémoire de la répression allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Références bibliographiques
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence sur les organisations de la Résistance et les structures de répression allemandes.
Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance 1940-1945, Paris, Perrin, 2013. Étude générale sur la Résistance et la répression allemande dans les territoires occupés.
Laurent Douzou, La Résistance française : une histoire périlleuse, Paris, Seuil, 2005. Analyse des relations entre les mouvements de Résistance et les services de répression allemands.
Richard Breitman, Official Secrets: What the Nazis Planned, What the British and Americans Knew, New York, Hill and Wang, 1998. Étude sur les services de sécurité nazis et leurs activités pendant la guerre.
Références internet
Fondation de la Résistance. Présentation des structures de répression allemandes pendant l’Occupation et de la Sipo-SD. https://www.fondationresistance.org
Musée de la Résistance en ligne. Dossiers pédagogiques consacrés à la répression allemande et aux services de sécurité du Reich. https://museedelaresistanceenligne.org
United States Holocaust Memorial Museum. Notice historique sur les structures policières et de sécurité du régime nazi. https://www.ushmm.org
Encyclopaedia Britannica. Article historique sur la Gestapo et les services de sécurité du IIIe Reich. https://www.britannica.com
Sources consultées
Maitron Résistance — vérification le 14 mars 2026
Fondation de la Résistance — vérification le 14 mars 2026
Musée de la Résistance en ligne — vérification le 14 mars 2026
Mémoire des Hommes — vérification le 14 mars 2026
Ordre de la Libération — vérification le 14 mars 2026
Gallica (BnF) — vérification le 14 mars 2026
Service Historique de la Défense (SHD) — vérification le 14 mars 2026
Sites d’associations mémorielles locales — vérification le 14 mars 2026
Wikipédia (utilisé uniquement pour recoupement) — vérification le 14 mars 2026.