Marcel LEROY, (Jean Marcel Urbain Alexandre LEROY ) né en 1904 en un lieu non retrouvé lors des présentes recherches, mort en 1944 au camp de concentration de Dora (Allemagne), français.
Marcel Leroy exerçait la profession d’instituteur public. Très myope, il avait accompli son service militaire dans les services de santé. Catholique social, il avait été proche du mouvement du Sillon et militait également dans le syndicalisme enseignant. Il appartenait ainsi à une génération d’instituteurs pour lesquels l’attachement à la République, l’action sociale et l’engagement syndical constituèrent des voies d’entrée dans la Résistance.
Engagement dans la Résistance
Dès la fin de 1941, Marcel Leroy participa à la diffusion de La Lorraine libre, publication clandestine liée au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. En mai 1942, il fonda à Nancy le journal clandestin Lorraine, autour duquel se structura progressivement un mouvement de Résistance portant le même nom.
Le journal affirma rapidement son soutien à la France combattante. Il associait la dénonciation de l’occupation allemande, la défense des valeurs républicaines et la volonté d’organiser une résistance régionale dépassant la seule diffusion de textes clandestins.
Appartenance à un réseau ou mouvement
En novembre 1942, Marcel Leroy et René Fallas rencontrèrent Jacques Lecompte-Boinet, fondateur de Ceux de la Résistance. Ces contacts contribuèrent à rapprocher Lorraine des organisations nationales de la Résistance et des représentants de la France libre. Le mouvement établit ensuite des relations avec le Bureau des opérations aériennes et participa à la préparation de parachutages.
Missions et actions
Marcel Leroy dirigea la rédaction, l’impression et la diffusion du journal Lorraine. Le mouvement ne se limita toutefois pas à la propagande. Il constitua des équipes de liaison, rechercha des contacts extérieurs et participa à l’organisation d’une résistance active dans une région annexée de fait ou placée sous un contrôle allemand particulièrement rigoureux.
Le journal fut repéré par les services de police dès 1942. L’imprimerie clandestine fut finalement découverte en juillet 1943, entraînant l’arrestation de plusieurs collaborateurs et la désorganisation provisoire de la publication.
Arrestation / évasion / déportation
Marcel Leroy fut arrêté en juillet 1943, peu après la découverte de l’imprimerie du journal. Son arrestation obligea René Fallas à reprendre la direction du mouvement et à transférer une partie de l’activité éditoriale vers la région parisienne.
Déporté en Allemagne, Marcel Leroy fut interné au camp de concentration de Dora, où il mourut en 1944. Les sources ouvertes consultées ne permettent pas de préciser avec certitude la date exacte de sa déportation, son matricule ni la date exacte de son décès.
Camarades de combat
Marcel Leroy travailla principalement avec René Fallas, futur responsable régional du mouvement Lorraine. Il fut également en relation avec les imprimeurs et diffuseurs du journal clandestin ainsi qu’avec Jacques Lecompte-Boinet et les représentants des organisations nationales approchées par Lorraine.
Retour à la vie civile
Marcel Leroy ne revint pas de déportation.
Décorations
- Médaille de la résistance à titre posthume par décret du 15 juin 1946 JO 11 juillet 1946 Côte du dossier : 1O38584
Aucune autre décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Marcel Leroy n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Lieux de mémoire
La mémoire de Marcel Leroy demeure liée à Nancy, au journal clandestin Lorraine et au mouvement qu’il fonda en mai 1942.
Son parcours est également associé au camp de concentration de Dora, où il mourut, ainsi qu’aux fonds d’archives consacrés à la presse clandestine lorraine.
Aucune photographie nominativement authentifiée n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées.
Références bibliographiques
Nicolas Hobam, Quatre années de lutte clandestine en Lorraine. Historique du mouvement Lorraine, Nancy, Berger-Levrault, 1946. Rédigé par l’un des acteurs du mouvement, cet ouvrage rassemble des témoignages, des documents et des souvenirs sur la création de Lorraine, son journal, ses membres et ses actions. Il doit être utilisé avec un regard critique en raison de son caractère testimonial et des débats relatifs à l’attribution du rôle fondateur.
Laurent Pardieu, « Lorraine », journal clandestin de la zone interdite, 1942-1944, mémoire de maîtrise, Université de Nancy, 1991. Ce travail universitaire étudie le contenu, la production, la diffusion et l’évolution du journal clandestin fondé par Marcel Leroy.
François Marcot, Les Voix de la Résistance en Franche-Comté, Besançon, Cêtre, 1989. L’ouvrage replace l’implantation du mouvement Lorraine dans l’histoire de la presse clandestine et de la Résistance en Franche-Comté.
Références internet
Le Maitron. La notice « Leroy Marcel [Nancy] » fournit les éléments relatifs à sa profession d’instituteur, à ses engagements religieux et syndicaux, ainsi qu’à son rôle dans la Résistance nancéienne.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/leroy-marcel-nancy/
Mémoire Vive de la Résistance. La page consacrée au mouvement Lorraine identifie Marcel Leroy comme son fondateur à Nancy en mai 1942 et précise que son arrestation entraîna la reprise de la direction par René Fallas.
https://mvr.asso.fr/mouvement-lorraine/
FranceArchives. La notice consacrée au mouvement Lorraine signale notamment l’existence d’un historique dactylographié rédigé par René Fallas-Magnin et de documents relatifs à l’organisation.
https://francearchives.gouv.fr/fr/agent/30339440
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote certaine de dossier d’homologation du Service historique de la Défense n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Aucun dossier de déporté ou d’interné n’a pu être consulté directement.
Observations
L’année de naissance 1904 et la mort à Dora en 1944 sont rapportées par les sources secondaires consacrées au mouvement Lorraine, mais l’état civil complet et la date exacte du décès n’ont pas été retrouvés.
L’attribution de la fondation du mouvement fait l’objet d’une nuance historiographique : les sources récentes identifient Marcel Leroy comme fondateur en mai 1942, tandis que Nicolas Hobam se présenta lui-même comme « créateur du mouvement Lorraine ». Aucun élément suffisamment probant ne permet toutefois de substituer Hobam à Leroy comme fondateur principal.
Indice de fiabilité Niveau A — La profession, l’engagement précoce, la fondation du journal et du mouvement Lorraine, l’arrestation et la mort en déportation de Marcel Leroy sont établis par plusieurs sources concordantes, dont le Maitron et des ressources institutionnelles. Son état civil complet et les circonstances précises de sa déportation demeurent lacunaires.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1904 | Naissance. |
| Fin 1941 | Diffusion de La Lorraine libre. |
| Mai 1942 | Fondation à Nancy du journal et du mouvement Lorraine. |
| Novembre 1942 | Rencontre avec Jacques Lecompte-Boinet aux côtés de René Fallas. |
| Juillet 1943 | Découverte de l’imprimerie clandestine et arrestation de Marcel Leroy. |
| 1943-1944 | Déportation en Allemagne. |
| 1944 | Mort au camp de concentration de Dora. |
Sources consultées
Le Maitron, notice « Leroy Marcel [Nancy] », a fourni les renseignements concernant sa profession, son catholicisme social, son syndicalisme et son engagement dans la Résistance.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/leroy-marcel-nancy/
La Mémoire Vive de la Résistance, page « Mouvement Lorraine », a fourni la date et le lieu de fondation du mouvement ainsi que les conséquences de l’arrestation de Marcel Leroy sur sa direction.
https://mvr.asso.fr/mouvement-lorraine/
FranceArchives, notice « Mouvement Lorraine », a signalé les fonds historiques relatifs au mouvement et l’historique rédigé par René Fallas-Magnin.
https://francearchives.gouv.fr/fr/agent/30339440