Raphael Charles BEAUCLERK, couramment appelé Ralph Beauclerk, alias « Casimir », « BEADLE », « CAMISOLE » et « René Charles Beauvalais », né le 10 août 1917 dans le Surrey (Royaume-Uni), mort le 4 avril 2007 à Londres (Royaume-Uni), britannique.
Raphael Charles Beauclerk, généralement désigné sous le prénom de Ralph, naquit dans le Surrey le 10 août 1917. Il appartenait à une famille britannique ayant également des attaches espagnoles. Son père était William Topham Sidney Beauclerk et sa mère María de los Dolores de Peñalver y Zamora.
Il fut élève à Downside School, dans le Somerset, puis poursuivit une partie de sa formation à Bayonne, ce qui lui permit d’acquérir une bonne connaissance de la langue française et du milieu culturel français.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé dans l’armée britannique, Ralph Beauclerk fut affecté à l’Intelligence Corps, puis recruté par la section F du Special Operations Executive. Il reçut une formation spécialisée d’opérateur radio, fonction particulièrement dangereuse en territoire occupé en raison des moyens allemands de détection et de localisation des émissions.
Son nom de guerre était « Casimir ». Son code opérationnel était BEADLE et le code employé pour sa centrale radio était CAMISOLE. Ses faux papiers furent établis au nom de René Charles Beauvalais.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Ralph Beauclerk appartint à la section F du Special Operations Executive SOE et fut affecté au circuit DIGGER de Jacques Poirier.
Il devait assurer les communications radio entre le circuit, ses responsables locaux et Londres. Cette fonction permettait de transmettre les demandes d’armes, les renseignements, les résultats d’opérations et les instructions destinées aux maquis.
Missions et actions
Dans la nuit du 9 au 10 avril 1944, Ralph Beauclerk fut parachuté avec Peter Lake près de Siorac-en-Périgord ou de Domme, en Dordogne. Ils rejoignirent Jacques Poirier, qui avait récemment reconstitué le circuit sous le nom DIGGER.
Ralph Beauclerk installa et déplaça ses postes émetteurs dans plusieurs maisons sûres. Les archives de l’Imperial War Museums documentent les difficultés techniques liées à l’installation des antennes, à l’alimentation des appareils et aux risques de repérage. Elles décrivent également les contacts noués avec les résistants locaux.
Selon les sources biographiques, il transforma une ambulance en véhicule radio en y installant du matériel récupéré sur les Allemands. Il aurait transmis 139 messages et en aurait reçu 138 pendant environ cinq mois d’activité. Ces chiffres proviennent de sources secondaires fondées sur son parcours opérationnel, mais n’ont pas été vérifiés directement dans le journal de transmissions original.
Il participa avec Jacques Poirier et Peter Lake au soutien des maquis, à l’organisation des parachutages et aux opérations entourant la libération de Brive-la-Gaillarde.
Arrestation / évasion / déportation
Ralph Beauclerk ne fut pas arrêté ni déporté. La mobilité de ses installations radio, les mesures de cloisonnement et l’appui des maisons sûres lui permirent d’échapper aux recherches allemandes jusqu’à la Libération.
Il survécut à sa mission et regagna la Grande-Bretagne après la fin de ses activités opérationnelles. Son témoignage oral et ses papiers privés sont conservés par l’Imperial War Museums.
Camarades de combat
Ses principaux compagnons furent Jacques Poirier, chef de DIGGER, et Peter Lake, instructeur et adjoint du circuit. L’Imperial War Museums associe également son témoignage à ces deux agents.
Il fut en relation avec les responsables de maisons sûres, les équipes de réception des parachutages, les maquisards du Sud-Ouest et plusieurs membres de l’entourage d’André Malraux.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Ralph Beauclerk fit carrière dans la banque. Il travailla notamment pour la Hongkong and Shanghai Banking Corporation en Asie, puis pour la Banque privée de Luxembourg.
En 1989, il succéda à une tante dans un titre nobiliaire espagnol et devint marquis de Valero de Urría. Cet élément relève de sa vie civile et familiale et n’eut pas de lien direct avec son activité dans la Résistance.
Il participa aux rencontres et cérémonies commémoratives des anciens de la section F, notamment à Valençay. Il mourut à Londres le 4 avril 2007.
Décorations
Membre de l’ordre de l’Empire britannique — Source : sources biographiques britanniques ; date d’attribution et publication dans The London Gazette non retrouvées lors des présentes recherches.
Légion d’honneur — Source secondaire ; grade, décret et publication au Journal officiel non retrouvés lors des présentes recherches.
Croix de guerre 1939-1945 — Source secondaire ; citation et source primaire non retrouvées lors des présentes recherches.
Chevalier de l’Ordre souverain de Malte — Source secondaire ; date et document officiel non retrouvés lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
L’Imperial War Museums conserve un témoignage oral de Ralph Beauclerk ainsi que ses papiers privés. Ces collections constituent les principales sources institutionnelles nominatives retrouvées sur son activité de radio du circuit DIGGER.
Sa mémoire est également associée au Mémorial de Valençay, à la Dordogne, à Brive-la-Gaillarde et aux associations britanniques et françaises d’anciens agents du Special Operations Executive.
Références bibliographiques
Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service secret britannique d’action en France, 1940-1944, Paris, Tallandier, 2008. Cette synthèse permet de replacer Ralph Beauclerk dans l’organisation des opérateurs radio de la section F et dans le fonctionnement des circuits AUTHOR et DIGGER.
Jacques Poirier, La girafe a un long cou…, Périgueux, Fanlac, 1992 ; réédition, Paris, Le Félin, 2003. Le chef de DIGGER décrit son équipe, la présence de Ralph Beauclerk comme radio et les opérations conduites en Dordogne et en Corrèze.
Papiers privés de Ralph Charles Beauclerk, Imperial War Museums. Ce fonds contient des documents relatifs à son travail d’opérateur radio, aux maisons sûres, aux transmissions et aux contacts avec la Résistance française.
Références internet
Imperial War Museums. La notice « Beauclerk, Ralph — Oral History » présente son témoignage sur son activité d’officier britannique du Special Operations Executive en France.
https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/80021890
Imperial War Museums. La notice des papiers privés de Ralph Charles Beauclerk documente son activité d’opérateur radio de DIGGER, les maisons sûres et les contacts du circuit.
https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/1030014875
Mémoire Vive de la Résistance. La page « Circuit DIGGER » identifie Ralph Beauclerk comme opérateur radio de Jacques Poirier sous le nom de « Casimir ».
https://mvr.asso.fr/circuit-digger/
Royal British Legion. La page consacrée à Peter Lake confirme que Ralph Beauclerk fut parachuté avec lui le 9 avril 1944 pour rejoindre DIGGER.
https://branches.britishlegion.org.uk/branches/brussels-branch/history/remembrance/peter-lake-mc/
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote française de dossier d’homologation n’a été retrouvée.
Les notices de catalogue du témoignage oral et des papiers privés conservés par l’Imperial War Museums ont été consultées. Le contenu intégral des dossiers opérationnels britanniques et du dossier personnel du Special Operations Executive n’a pas été consulté directement.
Observations
Les sources présentent plusieurs variantes de son nom : Raphael Charles Beauclerk, Ralph Charles Beauclerk, Charles Ralph Beauclerk et Ralph Beauclerk. La forme « Raphael Charles Beauclerk », avec l’usage courant de Ralph, est retenue à partir de la source biographique la plus détaillée.
Ses codes et identités clandestines doivent être distingués : « Casimir » était son nom de guerre ; BEADLE son code opérationnel ; CAMISOLE le code de sa centrale radio ; René Charles Beauvalais l’identité portée par ses faux papiers.
Les détails chiffrés concernant ses messages radio proviennent de sources secondaires et demanderaient une confrontation avec les archives de transmissions.
Indice de fiabilité Niveau A — L’identité, l’appartenance au Special Operations Executive, le parachutage d’avril 1944, la fonction d’opérateur radio dans DIGGER, la survie à la guerre et la carrière après-guerre de Ralph Beauclerk sont établis par plusieurs sources concordantes, dont deux fonds nominatifs conservés par l’Imperial War Museums.
Chronologie
| Date | Événement |
| 10 août 1917 | Naissance dans le Surrey (Royaume-Uni). |
| Avant 1939 | Études à Downside School et formation en France. |
| 1939-1943 | Service dans l’armée britannique et l’Intelligence Corps. |
| 1943-1944 | Formation comme opérateur radio du Special Operations Executive. |
| Nuit du 9 au 10 avril 1944 | Parachutage en Dordogne avec Peter Lake. |
| Avril-août 1944 | Opérateur radio du circuit DIGGER sous les ordres de Jacques Poirier. |
| 15 août 1944 | Participation du circuit aux opérations liées à la libération de Brive-la-Gaillarde. |
| Après 1945 | Carrière bancaire internationale. |
| 1989 | Succession au titre de marquis de Valero de Urría. |
| 4 avril 2007 | Mort à Londres (Royaume-Uni). |
Sources consultées
L’Imperial War Museums, notice « Beauclerk, Ralph — Oral History », a confirmé son service comme officier britannique du Special Operations Executive en France et l’existence d’un témoignage oral nominatif.
https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/80021890
L’Imperial War Museums, notice « Private Papers of R. C. Beauclerk », a fourni les renseignements sur ses fonctions d’opérateur radio, ses maisons sûres et ses contacts dans le circuit DIGGER.
https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/1030014875
La Mémoire Vive de la Résistance, page « Circuit DIGGER », a confirmé son nom de guerre « Casimir », sa fonction de radio et son appartenance à l’équipe de Jacques Poirier.
https://mvr.asso.fr/circuit-digger/
La Royal British Legion, page « Remembering Peter Lake MC », a confirmé son parachutage avec Peter Lake dans la nuit du 9 au 10 avril 1944 et son arrivée auprès de Jacques Poirier.
https://branches.britishlegion.org.uk/branches/brussels-branch/history/remembrance/peter-lake-mc/