Peter Ivan LAKE, alias « Basil », « Jean-Pierre » et « LIFTMAN », né le 30 janvier 1915 à Limpsfield (Surrey, Royaume-Uni), mort en juin 2009 à Cambridge (Royaume-Uni), britannique.
Peter Ivan Lake naquit le 30 janvier 1915 à Limpsfield, dans le Surrey. Son père, Ivan Lake, exerça des fonctions consulaires britanniques à Palma de Majorque. Peter Lake passa ainsi une partie de son enfance en Espagne et acquit une excellente maîtrise de l’espagnol et du français.
Il fut élève au Clifton College, puis étudia les langues modernes au St John’s College d’Oxford. Avant la guerre, il travailla pour la Standard Bank of West Africa à Accra, dans l’actuel Ghana.
Engagement dans la Résistance
Pendant la guerre, Peter Lake fut associé à plusieurs opérations britanniques en Afrique et dans les territoires espagnols ou portugais. Sa maîtrise de l’espagnol lui valut notamment d’être employé dans des missions sensibles liées à l’action britannique contre les réseaux allemands. Il fut ensuite recruté par le Special Operations Executive.
Il suivit l’entraînement des agents de la section F, comprenant le sabotage, le parachutisme, le maniement des armes et la préparation aux opérations clandestines en France occupée.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Peter Lake appartenait à la section F du Special Operations Executive SOE. Son nom de guerre principal était « Basil » ; il utilisa également « Jean-Pierre », tandis que son nom de code opérationnel était LIFTMAN.
Après l’arrestation de Harry Peulevé et la transformation d’AUTHOR en DIGGER, Peter Lake fut désigné pour rejoindre Jacques Poirier comme instructeur militaire et adjoint.
Missions et actions
Dans la nuit du 9 au 10 avril 1944, Peter Lake quitta la base de la Royal Air Force de Tempsford avec Ralph Beauclerk. Ils furent parachutés près de Siorac-en-Périgord ou de Domme, en Dordogne, et accueillis par une équipe du circuit dirigée par Jacques Poirier.
Sa mission principale consistait à instruire les maquisards au maniement des armes et des explosifs, à organiser des sabotages et à seconder Poirier dans la conduite opérationnelle du circuit. Il participa également à la recherche et à la sécurisation des terrains de parachutage, à la distribution du matériel et à des actions directes contre les forces allemandes.
Aux côtés de Jacques Poirier et de Ralph Beauclerk, il contribua au renforcement de la Résistance en Corrèze, en Dordogne et dans les départements voisins. Il participa aux opérations et aux manœuvres qui conduisirent à la reddition de la garnison allemande de Brive-la-Gaillarde le 15 août 1944.
Après la libération du secteur, il poursuivit temporairement ses activités en Charente-Maritime, notamment autour de la poche de Royan. Son rapport de mission couvre la période allant d’avril à octobre 1944.
Arrestation / évasion / déportation
Peter Lake ne fut ni arrêté ni déporté pendant sa mission en France. Il échappa aux recherches allemandes malgré les déplacements constants du circuit et l’intensification de la répression au printemps et à l’été 1944.
Les sources consultées indiquent qu’il survécut à sa mission et regagna la Grande-Bretagne à l’automne 1944.
Camarades de combat
Retour à la vie civile
Après la guerre, Peter Lake entra dans le service diplomatique et consulaire britannique. Il occupa divers postes à l’étranger, notamment en Amérique latine, où ses compétences linguistiques et son expérience antérieure furent mises à profit. Il fut notamment consul général britannique au Brésil.
Il conserva des liens avec les anciens agents de la section F et participa aux cérémonies mémorielles organisées autour du Special Operations Executive et du Mémorial de Valençay. Il mourut à Cambridge en juin 2009, à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans.
Décorations
- Military Cross — Source : notices nécrologiques britanniques et Royal British Legion ; date d’attribution et publication dans The London Gazette non retrouvées lors des présentes recherches.
- Chevalier de la Légion d’honneur — Source secondaire ; décret français et publication au Journal officiel non retrouvés lors des présentes recherches.
- Croix de guerre 1939-1945 — Source secondaire ; citation et source primaire non retrouvées lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
Peter Lake est commémoré par les associations britanniques et françaises liées au Special Operations Executive. La Royal British Legion lui consacre une présentation biographique détaillée et rappelle son parachutage en Dordogne ainsi que ses opérations avec DIGGER.
Sa mémoire est également liée au Mémorial de Valençay, aux sites de parachutage de Dordogne, à Brive-la-Gaillarde et aux archives de la section F conservées au Royaume-Uni.
Références bibliographiques
Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service secret britannique d’action en France, 1940-1944, Paris, Tallandier, 2008. L’ouvrage constitue la principale synthèse institutionnelle sur la section F du Special Operations Executive et permet de replacer la mission de Peter Lake dans l’histoire générale d’AUTHOR et de DIGGER.
Jacques Poirier, La girafe a un long cou…, Périgueux, Fanlac, 1992 ; réédition, Paris, Le Félin, 2003. Le témoignage de Jacques Poirier décrit l’arrivée de Peter Lake, sa fonction d’adjoint et d’instructeur, ainsi que leur coopération au cours des opérations de 1944.
Peter Lake, rapport de mission en France, avril-octobre 1944. Ce document, reproduit par Libre Résistance, constitue une source directe sur son parachutage, ses missions d’instruction et les opérations menées avec DIGGER.
Références internet
Royal British Legion. La page « Remembering Peter Lake MC » retrace son enfance, son parcours avant-guerre, son recrutement par le Special Operations Executive, son parachutage avec Ralph Beauclerk et ses opérations en France.
https://branches.britishlegion.org.uk/branches/brussels-branch/history/remembrance/peter-lake-mc/
The Telegraph. La notice nécrologique « Peter Lake » fournit son état civil, sa formation, ses missions et sa carrière diplomatique après la guerre.
https://www.telegraph.co.uk/news/obituaries/military-obituaries/special-forces-obituaries/5811738/Peter-Lake.html
Mémoire Vive de la Résistance. La page « Circuit DIGGER » identifie Peter Lake comme instructeur et adjoint de Jacques Poirier et le replace dans l’organisation du circuit.
https://mvr.asso.fr/circuit-digger/
Libre Résistance. Le rapport de mission de Peter Lake porte sur ses activités en France d’avril à octobre 1944 et mentionne son parachutage avec Ralph Beauclerk.
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote française de dossier d’homologation n’a été retrouvée.
Le rapport de mission de Peter Lake a été identifié et consulté dans sa reproduction numérique. Les dossiers britanniques complets du Special Operations Executive, notamment ceux conservés dans la série HS des Archives nationales britanniques, n’ont pas été consultés directement dans leur intégralité.
Observations
Les noms de guerre « Basil » et « Jean-Pierre » ainsi que le code opérationnel LIFTMAN sont associés à Peter Ivan Lake. La graphie « Basile » apparaît parfois dans les sources françaises.
Certaines sources secondaires attribuent ses études supérieures au St John’s College de Cambridge, tandis que les notices nécrologiques et biographiques les plus développées indiquent St John’s College, Oxford. Cette dernière attribution est retenue.
La date précise de son décès en juin 2009 n’a pas été retrouvée de manière suffisamment concordante.
Indice de fiabilité Niveau A — L’identité, la formation, l’appartenance au Special Operations Executive, le parachutage du 9 avril 1944, les fonctions d’instructeur et d’adjoint dans DIGGER, la survie à la guerre et le parcours diplomatique de Peter Lake sont établis par plusieurs sources britanniques concordantes, dont son rapport de mission et des notices nécrologiques détaillées.
Chronologie
| Date | Événement |
| 30 janvier 1915 | Naissance à Limpsfield (Surrey, Royaume-Uni). |
| Avant 1939 | Études au Clifton College et au St John’s College d’Oxford. |
| 1939-1943 | Activités militaires, consulaires et missions britanniques en Afrique. |
| 1943 | Recrutement et entraînement par le Special Operations Executive. |
| Nuit du 9 au 10 avril 1944 | Parachutage près de Siorac-en-Périgord avec Ralph Beauclerk. |
| Avril-août 1944 | Instructeur et adjoint de Jacques Poirier au sein de DIGGER. |
| 15 août 1944 | Participation aux opérations liées à la libération de Brive-la-Gaillarde. |
| Automne 1944 | Fin de la mission en France. |
| Après 1945 | Carrière diplomatique et consulaire britannique. |
| Juin 2009 | Mort à Cambridge (Royaume-Uni). |
Sources consultées
La Royal British Legion, page « Remembering Peter Lake MC », a fourni les renseignements relatifs à son enfance, à sa formation, à son recrutement par le Special Operations Executive et à son parachutage dans le circuit DIGGER.
https://branches.britishlegion.org.uk/branches/brussels-branch/history/remembrance/peter-lake-mc/
The Telegraph, notice nécrologique « Peter Lake », a fourni les éléments d’état civil, les études, la carrière avant et après la guerre et les principales distinctions qui lui sont attribuées.
https://www.telegraph.co.uk/news/obituaries/military-obituaries/special-forces-obituaries/5811738/Peter-Lake.html
La Mémoire Vive de la Résistance, page « Circuit DIGGER », a confirmé son rôle d’instructeur et d’adjoint de Jacques Poirier.
https://mvr.asso.fr/circuit-digger/
Libre Résistance, « Peter Lake — Report Mission in France April-October 1944 », a documenté directement son parachutage, sa mission auprès des maquis et la durée de son activité en France.