La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

FALLAS René Henri alias René Magnin,

René Henri FALLAS, alias « René Magnin », né le 27 février 1922 à Giraumont (Meurthe-et-Moselle), mort le 19 février 2008 à Valenciennes (Nord), français.

René Fallas effectua ses études secondaires au lycée Poincaré de Nancy, puis entra à la faculté des sciences de Nancy. Étudiant en physique, il obtint une licence ès sciences puis un diplôme d’études supérieures de physique au début de l’été 1943.

Avant la guerre, il avait soutenu le Front populaire. Il fut introduit dans l’action clandestine par Marcel Leroy, instituteur syndicaliste et futur fondateur du mouvement Lorraine.

Engagement dans la Résistance

René Fallas s’engagea dans la Résistance en 1941, alors qu’il était encore étudiant. Il participa aux premières activités clandestines organisées autour de Marcel Leroy, puis à la création et à la diffusion du journal Lorraine.

Il adopta le pseudonyme de « René Magnin », emprunté à un personnage du roman L’Espoir d’André Malraux. À partir de la fin de 1942, il joua un rôle essentiel dans l’extension du mouvement vers la Franche-Comté.

Appartenance à un réseau ou mouvement

René Fallas fut l’un des principaux responsables du mouvement Lorraine. Il l’implanta dans les secteurs de Montbéliard, Belfort, Vesoul et Besançon, puis en prit la direction régionale après l’arrestation de Marcel Leroy en juillet 1943.

Lorraine établit sous son impulsion des contacts avec Ceux de la Résistance, le Bureau central de renseignements et d’action, le Bureau des opérations aériennes et les représentants de la France libre. Le mouvement participa à des parachutages, à la formation de groupes de sabotage et à la diffusion d’une presse clandestine régionale.

En janvier 1944, René Fallas représenta Lorraine au premier comité directeur du Mouvement de libération nationale.

Missions et actions

René Fallas dirigea l’extension de Lorraine en Franche-Comté et organisa la circulation du journal, des consignes et des agents de liaison. Il fut en contact avec les responsables locaux de Belfort, notamment Henri Dugois, Henri Chaignot et Jacques Erb.

Le mouvement prit progressivement un caractère militaire. Il participa à la recherche de terrains de parachutage, à la réception d’armes et à la constitution de groupes de sabotage. Les actions attribuées à ses membres portèrent notamment sur les voies ferrées, les télécommunications et les établissements travaillant pour l’occupant.

Après la découverte de l’imprimerie et l’arrestation de Marcel Leroy, René Fallas fit reparaître le journal en 1944 à partir d’une nouvelle imprimerie située à Alfortville.

Arrestation / évasion / déportation

René Fallas passa dans la clandestinité à l’été 1943. Sa tête ayant été mise à prix et la gare de Belfort étant surveillée, il fut évacué par des sapeurs-pompiers résistants vers la gare de Lure.

Il échappa à l’arrestation et ne fut pas déporté. Ses parents furent cependant arrêtés en février 1944, dans le contexte de la répression contre le mouvement Lorraine.

Camarades de combat

René Fallas travailla étroitement avec Marcel Leroy, puis avec les responsables régionaux et départementaux du mouvement Lorraine, notamment Henri Dugois, Henri Chaignot, Jacques Erb et les membres du corps des sapeurs-pompiers de Belfort engagés comme agents de liaison.

Il fut également en relation avec Jacques Lecompte-Boinet, Pierre Brossolette, Michel Pichard et les responsables chargés des liaisons avec la France libre et le Bureau des opérations aériennes.

Retour à la vie civile

René Fallas représenta le mouvement Lorraine à l’Assemblée consultative provisoire. Son mandat fut validé le 7 novembre 1944 et reconduit en juin 1945 au titre du Mouvement de libération nationale. Âgé de vingt-deux ans, il compta parmi les plus jeunes membres de l’Assemblée.

En 1945, il adhéra au Parti communiste français, qu’il quitta en 1951. Il poursuivit parallèlement une carrière de professeur de sciences physiques. Nommé au lycée Poincaré de Nancy en 1947, il enseigna ensuite à Strasbourg, Commercy, puis au lycée Faidherbe de Lille de 1951 à 1987.

Engagé dans le syndicalisme enseignant, il siégea à la commission administrative nationale de son syndicat entre 1967 et 1971. À la fin de sa carrière et pendant sa retraite, il se consacra à des travaux de mémoire sur la Résistance.

Décorations

  • Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Côte du dossier : 1O22373 source ordre de la Libération.
  • Chevalier de la Légion d’honneur — 1987 — Source : notice biographique secondaire ; décret et publication au Journal officiel non retrouvés lors des présentes recherches.

Lieux de mémoire

Les archives du mouvement Lorraine conservent un historique dactylographié rédigé par René Fallas-Magnin avant 1955. Ce document constitue une source importante sur l’organisation, les membres et les activités du mouvement.

Son parcours est également associé à Nancy, Belfort, Montbéliard, Besançon et aux lieux de diffusion du journal Lorraine.

Références bibliographiques

René Fallas, Souviens-toi 1944, Besançon, 1994. Cet ouvrage de témoignage revient sur l’activité du mouvement Lorraine, les combats de la Libération et les responsabilités exercées par son auteur.

Nicolas Hobam, Quatre années de lutte clandestine en Lorraine. Historique du mouvement Lorraine, Nancy, Berger-Levrault, 1946. L’ouvrage contient de nombreux témoignages d’acteurs du mouvement et fournit un éclairage précoce, quoique parfois discuté, sur son organisation.

François Marcot, La Franche-Comté sous l’Occupation, Besançon, Cêtre, 1985. Cette synthèse permet de replacer l’implantation de Lorraine et les activités de René Fallas dans l’histoire régionale de la Résistance.

Références internet

Le Maitron. La notice « Fallas René, Henri, pseudonyme Magnin René » fournit son état civil, sa formation scientifique, son engagement résistant, ses responsabilités politiques et son parcours professionnel et syndical.
https://maitron.fr/fallas-rene-henri-pseudonyme-magnin-rene/

Musée de la Résistance en ligne. La notice consacrée à René Fallas confirme sa direction du journal et du mouvement Lorraine ainsi que sa présence au comité directeur du Mouvement de libération nationale et à l’Assemblée consultative.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=12623

FranceArchives. La notice consacrée aux archives du mouvement Lorraine signale l’historique dactylographié rédigé par René Fallas-Magnin.
https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/1a0b3742b380d15812082bd23793f2050354c309

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative certaine du Service historique de la Défense n’a été retrouvée lors des présentes recherches.

Le fonds d’archives consacré au mouvement Lorraine et l’historique rédigé par René Fallas-Magnin ont été identifiés, mais leur contenu intégral n’a pas été consulté.

Observations

René Fallas utilisa principalement le pseudonyme de « René Magnin ». Certaines sources et publications emploient la forme composée « Fallas-Magnin ».

Les dates de naissance et de décès données dans les sources biographiques sont concordantes, mais les actes d’état civil correspondants n’ont pas été directement consultés.

Indice de fiabilité Niveau A — L’identité, la formation, le pseudonyme, les responsabilités dans le mouvement Lorraine, l’activité au sein du Mouvement de libération nationale, la présence à l’Assemblée consultative et la carrière après-guerre de René Fallas sont établis par plusieurs sources concordantes, dont le Maitron et le Musée de la Résistance en ligne.

Chronologie

DateÉvénement
27 février 1922Naissance à Giraumont (Meurthe-et-Moselle).
1941Entrée dans la Résistance auprès de Marcel Leroy.
Mai 1942Participation à la création et à la diffusion de Lorraine.
Fin 1942-1943Implantation du mouvement en Franche-Comté.
Été 1943Obtention du diplôme d’études supérieures de physique et passage dans la clandestinité.
Juillet 1943Prise de la direction du mouvement après l’arrestation de Marcel Leroy.
Janvier 1944Représentation de Lorraine au comité directeur du Mouvement de libération nationale.
7 novembre 1944Validation de son mandat à l’Assemblée consultative provisoire.
1947-1987Carrière dans l’enseignement secondaire.
1987Nomination comme chevalier de la Légion d’honneur.
19 février 2008Mort à Valenciennes (Nord).

Sources consultées

Le Maitron, notice « Fallas René, Henri, pseudonyme Magnin René », a fourni les renseignements d’état civil, la formation, l’engagement résistant, l’activité politique et la carrière professionnelle de René Fallas.
https://maitron.fr/fallas-rene-henri-pseudonyme-magnin-rene/

Le Musée de la Résistance en ligne, notice « René Fallas », a confirmé ses fonctions à la tête du journal et du mouvement Lorraine ainsi que sa participation au Mouvement de libération nationale et à l’Assemblée consultative.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=12623

FranceArchives, notice de l’historique du mouvement Lorraine, a identifié le texte dactylographié rédigé par René Fallas-Magnin avant 1955.
https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/1a0b3742b380d15812082bd23793f2050354c309

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