La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis du Cuguret ». Les sources mentionnent également sa localisation « à la vieille batterie du Cuguret » au-dessus de Jausiers. La batterie de Cuguret est parfois appelée localement « fort de Cuguret » ; cette variante désigne toutefois l’ouvrage militaire et ne doit pas être interprétée comme un nom alternatif certain du maquis.

Création du maquis

L’existence du maquis du Cuguret est explicitement attestée dans le Journal de marche de la Résistance en Ubaye. Il est installé dans l’ancienne batterie de Cuguret, à l’est de Barcelonnette et au-dessus de Jausiers, Basses-Alpes à l’époque, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence, France. Sa constitution intervient dans le développement des maquis ubayens après ceux de La Pare et du Laverq, mais aucune date exacte de fondation n’a pu être vérifiée dans les sources ouvertes consultées.

La batterie utilisée par les résistants est un ouvrage fortifié construit à la fin du XIXe siècle dans le cadre de la place forte de Tournoux. Sa position dominante au-dessus de Jausiers explique son intérêt comme site de refuge et d’observation, mais aucune source vérifiée ne permet d’affirmer que ses anciennes fonctions militaires furent intégralement réutilisées par le maquis.

Organisation interne

Le maquis du Cuguret appartient au dispositif de la Résistance ubayenne coordonné depuis Barcelonnette. Comme les autres groupes de la vallée, il bénéficie du réseau logistique organisé notamment autour du moulin Chabre. Ernest CHABRE y stocke et transporte du matériel destiné à La Pare, au Laverq, aux Maisonnettes et au Cuguret.

L’organisation militaire de l’Ubaye repose sur plusieurs sous-secteurs. Le secteur de Jausiers reçoit une importance particulière en juin 1944 en raison de la route conduisant vers le col de Larche et de la menace allemande venant du col de Vars. Les sources disponibles ne permettent cependant pas de déterminer si l’ensemble des hommes du Cuguret constitue une unité tactique permanente distincte pendant chaque phase des combats.

Aucun organigramme nominatif complet du maquis du Cuguret n’a été retrouvé dans les ressources numériques examinées.

Actions menées pendant la Résistance

Le maquis participe au dispositif général visant à préparer la libération de l’Ubaye : recrutement, hébergement de clandestins, organisation du ravitaillement, stockage d’armes et préparation de la lutte armée. À partir du 7 juin 1944, le sous-secteur de Jausiers participe aux opérations contre les positions allemandes et à la défense des accès orientaux de la vallée. Les sources ne permettent toutefois pas d’attribuer chaque action décrite au seul groupe stationné à Cuguret.

Une nouvelle phase de combats se déroule dans le secteur de Cuguret en septembre 1944. Le Maitron indique que Marcel MEYRAN participe du 9 au 12 septembre 1944 au « combat de Cuguret » avec le groupe du village. Cette mention confirme une activité résistante armée dans le secteur à cette date. Il n’est cependant pas suffisamment établi que ce « groupe du village » corresponde sans changement au maquis installé antérieurement dans la vieille batterie ; les deux formations ne doivent donc pas être automatiquement assimilées.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis du Cuguret relève de l’organisation unifiée de la Résistance en Ubaye et agit dans l’environnement de l’ORA, des MUR, de l’Armée secrète puis des FFI. Les responsables locaux travaillent avec les structures départementales et régionales ainsi qu’avec les autres maquis de La Pare, du Laverq et des Maisonnettes.

Les liaisons de la Résistance ubayenne s’étendent également vers les maquis italiens et vers les secteurs voisins des Hautes-Alpes. Cette coordination constitue un élément du dispositif général, mais aucune liaison extérieure autonome propre au maquis du Cuguret n’a été identifiée.

Chefs et figures marquantes

Aucun chef nominativement identifié du maquis du Cuguret n’a pu être établi avec un degré de certitude suffisant dans les sources ouvertes consultées.

Ernest CHABRE constitue une figure importante de son soutien matériel : le moulin Chabre assure directement le stockage et le transport de matériel vers Cuguret. Il survit à la guerre et poursuit ensuite une activité publique à Barcelonnette.

Le commandant BUREAU dirige l’organisation militaire de la Résistance ubayenne. Il coordonne notamment les opérations de juin 1944 et ordonne le décrochage général le 13 juin. Cette responsabilité générale ne permet pas de le qualifier de chef direct du maquis du Cuguret.

Marcel MEYRAN est directement attesté comme combattant au Cuguret du 9 au 12 septembre 1944 avec le groupe de Jausiers. La source du Maitron documente sa participation au combat, mais ne permet pas de démontrer qu’il appartenait depuis l’origine au maquis installé dans la batterie.

Victimes et morts

Marcel MEYRAN est associé par le Maitron au combat de Cuguret de septembre 1944. La documentation consacrée à la batterie mentionne également qu’un combattant du nom de Meyran trouve la mort lors des combats du secteur voisin de Siguret en septembre 1944. Cette donnée concerne la phase combattante postérieure à la première implantation du maquis et ne permet pas d’établir un bilan général des pertes du maquis du Cuguret.

Aucune liste exhaustive des résistants du maquis morts au combat, fusillés ou déportés n’a pu être établie. Les pertes générales de la Résistance ubayenne ne sont pas attribuables au seul Cuguret.

Survivants identifiés

Les ressources numériques consultées ne permettent pas d’établir une liste certaine des membres initiaux du maquis du Cuguret ayant survécu à la guerre. Plusieurs responsables de la Résistance ubayenne, dont Ernest CHABRE, survivent, mais leur rôle de soutien ou de commandement général ne doit pas être confondu avec une appartenance attestée au groupe installé dans la batterie.

Fin du maquis

Comme les autres formations ubayennes, le Cuguret s’insère progressivement dans les unités FFI et dans les opérations militaires ouvertes de l’été 1944. Après le repli général ordonné le 13 juin, les groupes sont réorganisés ; à la fin de juillet, la Résistance contrôle de nouveau une large partie de l’Ubaye. Les combats se poursuivent en août et septembre dans la haute vallée et sur les positions de Cuguret-Siguret.

Aucune date formelle de dissolution du « maquis du Cuguret » comme entité autonome n’a été retrouvée. Sa disparition doit donc être comprise comme une intégration progressive dans les formations FFI et les unités combattantes locales plutôt que comme un démantèlement précisément daté.

Conséquences et mémoire

Le Cuguret constitue l’un des principaux points d’implantation clandestine cités dans l’histoire de la Résistance en Ubaye. L’utilisation d’une ancienne fortification militaire témoigne de l’adaptation des maquis au terrain alpin et de leur dispersion autour de Barcelonnette et Jausiers.

La mémoire du site se superpose aujourd’hui à celle de la batterie militaire de Cuguret, ouvrage Séré de Rivières restauré et connu localement sous le nom de fort de Cuguret. Les recherches effectuées n’ont pas permis d’identifier une stèle exclusivement consacrée au maquis lui-même.

Divergences et précautions

Il convient de distinguer le « maquis du Cuguret » attesté dans l’organisation clandestine ubayenne avant et pendant juin 1944 du « groupe du village » de Jausiers engagé au combat de Cuguret du 9 au 12 septembre 1944. Les sources montrent une continuité géographique de la Résistance dans le secteur, mais ne suffisent pas à établir une identité organisationnelle absolue entre ces deux formations.

Fiabilité B. L’existence et la localisation du maquis dans la vieille batterie du Cuguret sont solidement attestées, tout comme son insertion dans la Résistance ubayenne. La documentation demeure cependant lacunaire sur son chef, ses effectifs, sa composition nominative et la continuité exacte entre le maquis initial et les combattants engagés au Cuguret en septembre 1944.

Références bibliographiques

Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Source fondamentale pour l’identification du maquis du Cuguret et son insertion parmi les groupes constitués dans la vallée avant le soulèvement de juin 1944.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. L’ouvrage replace les maquis de l’Ubaye et les combats de la haute vallée dans le contexte militaire alpin. Il constitue également une référence pour l’histoire des ouvrages fortifiés utilisés dans le secteur.

Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Ce travail local regroupe témoignages et documents sur la Résistance et les combats de l’Ubaye.

Fortifications des Alpes, leur rôle dans les combats de 1939-1945 : Ubaye-Ubayette-Restefond, Philippe Lachal, Éditions du Fournel, 2006. Cet ouvrage apporte le contexte architectural et militaire de la batterie de Cuguret et des positions fortifiées entourant Jausiers.

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. L’exploitation des fiches FFI de la vallée constitue une piste essentielle pour identifier individuellement les combattants des différents maquis.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance – La Résistance en Ubaye cite explicitement la constitution d’un maquis à la vieille batterie du Cuguret, au-dessus de Jausiers, et décrit son contexte organisationnel. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

Mémoire Vive de la Résistance – Ernest Chabre documente le soutien matériel apporté au maquis du Cuguret par le moulin Chabre de Barcelonnette. https://mvr.asso.fr/chabre-2/

Maitron – Marcel Meyran documente la participation de Marcel MEYRAN au combat de Cuguret du 9 au 12 septembre 1944 avec le groupe de Jausiers. https://maitron.fr/meyran-marcel-joseph/

Le Dauphiné Libéré – Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne confirme la présence d’un maquis à la vieille batterie du Cuguret. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Fort de Cuguret présente l’histoire architecturale de la batterie et permet d’identifier précisément le site utilisé par les résistants. https://fort-de-cuguret.com/

Sources consultées —

Mémoire Vive de la Résistance, résultats positifs pour Cuguret dans les notices sur la Résistance ubayenne et Ernest Chabre. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance, résultat positif pour Marcel MEYRAN et le combat de Cuguret ; aucune notice autonome du maquis identifiée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance, recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au maquis du Cuguret identifiée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne, recherche effectuée ; aucune notice autonome du maquis identifiée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes, recherche effectuée sur Cuguret, Jausiers et les combattants associés ; aucune fiche thématique autonome du maquis identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération, recherche effectuée ; aucune notice autonome du maquis identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France, recherche effectuée sur Cuguret et la Résistance en Ubaye ; aucun dossier directement consacré au maquis identifié. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense, recherche effectuée dans les instruments accessibles ; aucun dossier numérisé autonome intitulé « maquis du Cuguret » identifié. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Fort de Cuguret, résultat positif pour l’identification et l’histoire du site militaire. https://fort-de-cuguret.com/

Le Dauphiné Libéré, résultat positif sur la formation du maquis. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Wikipédia, consultation complémentaire des pages consacrées à la batterie et au sous-secteur de Jausiers ; aucune information propre au maquis n’a été retenue sans recoupement.

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