Ernest CHABRE, né le 28 Avril 1901 à Barcelonnette, 04 – Alpes-de-Haute-Provence (ex Basses-Alpes), France et mort à des dates et en des lieux non retrouvés lors des présentes recherches, français.
Les sources ouvertes ne permettent pas d’établir son état civil complet, sa formation ou sa profession exacte avant la guerre.
Ernest Chabre exploitait ou administrait un moulin à Barcelonnette, devenu pendant l’Occupation l’un des principaux centres matériels de la Résistance ubayenne.
Engagement dans la Résistance
Dès 1942, Ernest Chabre participa avec René Chabre et les autres responsables locaux à la préparation de la Résistance dans la vallée. Il fut membre du comité d’action réunissant les principaux représentants civils et militaires.
Son rôle fut avant tout logistique. Il assura l’accueil, le ravitaillement et l’équipement des maquisards et réfractaires au Service du travail obligatoire.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Ernest Chabre appartenait à l’organisation unifiée de la Résistance ubayenne, dans l’environnement des MUR et des Forces françaises de l’intérieur.
Les sources ne permettent pas de lui attribuer avec certitude une affiliation exclusive aux MUR, à l’Armée secrète ou à l’ORA.
Missions et actions
Le moulin Chabre servit successivement de dépôt d’armes, de munitions et d’explosifs, de magasin de vivres, de garage, de cantine, d’infirmerie et de lieu de réunion. Ernest Chabre y organisa le stockage et le transport du matériel destiné aux maquis de la Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret.
Il entretenait notamment les liaisons avec le maquis du Laverq animé par le capitaine Lorrain. Ce groupe reconnaissait le réseau de Barcelonnette animé par Ernest Chabre comme l’un de ses principaux appuis locaux.
Ernest Chabre participa également aux contacts avec les représentants de la Résistance italienne. Il fut associé à la délégation française qui rencontra Duccio Galimberti et ses compagnons à Barcelonnette le 22 mai 1944, dans le prolongement des négociations de Saretto.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ou déportation d’Ernest Chabre n’a été retrouvée.
Le moulin fut exposé aux représailles allemandes lors de la reprise de la vallée en juin 1944, mais les sources consultées ne permettent pas d’en établir précisément les dommages ni le parcours personnel de son responsable durant le repli.
Camarades de combat
Ernest Chabre travailla directement avec René Chabre, Émile Aubert, le commandant Bureau, le lieutenant-colonel Cusenier et les responsables des maquis du Laverq et de la Pare.
Retour à la vie civile
En mai 1945, Ernest Chabre fut élu conseiller municipal de Barcelonnette et devint premier adjoint de René Chabre.
Les sources locales mentionnent que ses descendants demeurèrent engagés dans la vie municipale et économique de Barcelonnette.
Décorations
- Médaille de la Résistance Française par décret du 11 Mars 1947 JO 27 Mars 1947 source Ordre de la Libération
- Côte du dossier : 1O11952
Aucune autre décoration individuelle n’a pu être vérifiée dans une source officielle accessible.
Lieux de mémoire
Le moulin Chabre constitue le principal lieu de mémoire associé à Ernest Chabre. Les récits locaux le présentent comme l’un des deux grands centres de la Résistance à Barcelonnette, avec la villa Le Mirador.
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative certaine du Service historique de la Défense n’a été retrouvée.
Observations
La parenté entre Ernest et René Chabre est diversement rapportée. Les sources locales les plus détaillées les présentent comme cousins et non comme frères.
Son rôle ne doit pas être réduit à celui d’un simple fournisseur : le moulin constituait une véritable base logistique indispensable au fonctionnement des maquis de la vallée.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — Le rôle logistique d’Ernest Chabre, l’utilisation du moulin comme centre de la Résistance et sa participation aux contacts avec les partisans italiens sont établis par plusieurs sources concordantes. Son état civil et son parcours personnel restent insuffisamment documentés.
Chronologie
| Date | Événement |
| À partir de 1942 | Participation à l’organisation de la Résistance ubayenne. |
| 1943-1944 | Organisation du ravitaillement et du stockage au moulin Chabre. |
| 22 mai 1944 | Participation aux contacts franco-italiens à Barcelonnette. |
| Juin 1944 | Soutien logistique au soulèvement de la vallée. |
| Mai 1945 | Élection comme conseiller municipal et premier adjoint de Barcelonnette. |
Références bibliographiques
Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Élaboré à partir des souvenirs, documents et comptes rendus des membres de la Résistance ubayenne, cet ouvrage retrace l’organisation clandestine de la vallée, le soulèvement de juin 1944, le repli des maquis et les opérations conduites jusqu’à la Libération. Il constitue une référence directe pour étudier le lieutenant-colonel Cusenier, dit « colonel Josse », René et Ernest Chabre ainsi que le commandant Bureau.
Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Fondé sur des témoignages recueillis auprès des habitants et des anciens combattants, le volume décrit l’occupation de la vallée, les réseaux clandestins, les combats de juin 1944 et la libération de Barcelonnette. Il permet de replacer les principaux responsables de la Résistance ubayenne dans leur environnement local, militaire et frontalier.
La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cette vaste étude régionale analyse les combats de 1940, l’occupation italienne puis allemande, la formation des maquis et les opérations de 1944-1945 dans les vallées alpines. Les développements consacrés à l’Ubaye éclairent le rôle des cadres militaires et civils de la Résistance, les affrontements autour de Barcelonnette et les opérations sur la frontière italienne.
Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. L’ouvrage repose sur l’étude de 1 465 fiches de membres des Forces françaises de l’intérieur constituées dès septembre 1944 par l’état-major local, placé notamment sous la direction du commandant Bureau. Il recense les combattants, leurs fonctions, leurs services et les activités indispensables à l’organisation de la Résistance dans la vallée.
Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Ce mémorial départemental rassemble des notices, chronologies et informations relatives aux réseaux, maquis, combats et victimes des Basses-Alpes. Il permet d’inscrire la Résistance ubayenne et ses responsables dans l’organisation départementale des Forces françaises de l’intérieur et dans les opérations ayant conduit à la libération du territoire.
Références internet
La Résistance en Ubaye. Cette étude publiée par la Mémoire Vive de la Résistance retrace la préparation du mouvement clandestin dès 1942 et cite explicitement René et Ernest Chabre, le commandant Bureau et le lieutenant-colonel Cusenier, alias « colonel Josse ». Elle décrit la création du Comité d’action, l’unification des organisations résistantes et les combats engagés après le 6 juin 1944. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/
René Chabre, l’homme qui organisa la Résistance en Ubaye. Cet article biographique présente René Chabre, né en 1902, comme l’un des principaux organisateurs de la Résistance dans la vallée, secondé notamment par Émile Aubert. Il évoque la constitution d’une force d’environ 250 combattants et permet de situer son rôle politique et opérationnel dans la mobilisation locale. https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/05/07/rene-chabre-l-homme-qui-organisa-la-resistance-en-ubaye
Le Mirador et le « moulin Chabre », hauts lieux de la Résistance. L’article décrit deux sites essentiels du dispositif clandestin ubayen, utilisés comme lieux de réunion, de commandement et de repli. Il mentionne le commandant Bureau, qui fit détruire les archives de son poste de commandement avant de se retirer avec ses hommes vers le col des Fourches et les maquis italiens. https://www.ledauphine.com/societe/2014/06/06/le-mirador-et-le-moulin-chabre-hauts-lieux-de-la-resistance
Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne. Cette reconstitution décrit le soulèvement commencé le 7 juin 1944, les attaques contre les positions allemandes et les difficultés rencontrées par les Forces françaises de l’intérieur. Elle précise que le commandant Bureau ordonna le décrochage général vers Restefond, les Fourches et le Haut-Verdon lorsque la défense de la vallée devint impossible. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne
Ubaye : le fichier des Forces françaises de l’intérieur livre un trésor d’histoire. Cet article présente la redécouverte du fichier des résistants ubayens, constitué sous la direction du commandant Bureau et du médecin Pierre Grouès. Les 1 465 fiches conservées documentent les identités, fonctions et services des combattants et constituent une source majeure pour rechercher Cusenier, les frères Chabre et les membres de leur organisation. https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2022/04/12/ubaye-resistance-le-fichier-des-ffi-livre-un-tresor-d-histoire
Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye. La présentation publiée par l’association Laverq expose l’origine du fichier des Forces françaises de l’intérieur de la vallée et le travail réalisé par Hubert Tassel et Jehan Landé. Elle souligne l’intérêt des fiches individuelles, attestations de service et témoignages déposés aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence. https://www.laverq.net/actualites/un-tresor-dhistoire-sur-la-resistance-en-ubaye
Répertoire du fonds de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, 054 J. Cet instrument de recherche des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence décrit un fonds consacré à l’organisation de la Résistance ubayenne, à ses membres et à ses opérations militaires. Il signale notamment des documents sur le secteur Ubaye, les combats pour Larche, les listes de résistants et les activités de différents réseaux. https://www.archives04.fr/fichier/109554/42
La Seconde Guerre mondiale : ateliers pédagogiques des Archives départementales. Cette page institutionnelle rassemble les ressources des Archives départementales relatives à l’occupation, à la Résistance et à la persécution dans les Basses-Alpes. Une partie concerne directement la vallée de l’Ubaye et permet d’accéder au contexte documentaire local dans lequel agirent les responsables du Comité d’action et des Forces françaises de l’intérieur. https://www.archives04.fr/savoir/service-educatif/ateliers-pedagogiques/ateliers-pour-le-secondaire/la-seconde-guerre-mondiale-liste-des-ateliers
Les partisans italiens dans les Alpes, 1944-1945. Cet article scientifique de Jean-Louis Riccioli étudie les relations militaires et politiques entre résistants français et partisans italiens sur le front alpin. Il mentionne René Chabre parmi les représentants français et éclaire les accords transfrontaliers, les réunions de Barcelonnette et la coopération préparée avant les opérations de libération. https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1995_num_199_2_4449
Barcelonnette, lieu de mémoire européen. Cette notice rappelle les rencontres organisées en mai 1944 entre représentants de la Résistance française et des formations partisanes italiennes. Elle cite Ernest Chabre parmi les délégués français réunis à Barcelonnette et replace cette rencontre dans le processus ayant conduit aux accords de coopération franco-italiens de Saretto. https://www.gedenkorte-europa.eu/content/list/361/
Histoire militaire de la vallée de l’Ubaye. Cette synthèse consacrée à la présence militaire dans la vallée réserve un développement aux événements de la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance locale. Elle décrit l’unification des mouvements sous l’autorité de René Chabre et cite plusieurs cadres de la Résistance ubayenne, dont le commandant Bureau, Émile Aubert et d’anciens militaires du 15e bataillon de chasseurs alpins. https://www.alpinsubayens.fr/wp-content/uploads/2015/06/Histoire-militaire-de-lUbaye-du-CBA-Sarrailh-.pdf
Donnadieu Émile, Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés. La notice du Maitron documente le parcours d’un résistant exécuté à Barcelonnette et cite parmi ses sources le Journal de marche de la Résistance en Ubaye. Elle apporte des éléments précis sur la répression allemande, les opérations menées dans la vallée et le contexte militaire dans lequel agissaient les responsables de la Résistance ubayenne. https://fusilles-40-44.maitron.fr/donnadieu-emile/
Observations générales
La Résistance ubayenne se caractérisa par une unification relativement précoce des structures civiles des MUR et des cadres militaires de l’ORA. René Chabre exerçait le commandement civil ; le commandant Bureau assumait la conduite militaire ; Ernest Chabre organisait une part essentielle de la logistique ; le lieutenant-colonel Cusenier apportait son autorité d’ancien commandant du 15e BCA et représentait le commandement supérieur de l’ORA.
Le dispositif permit de libérer provisoirement la vallée après le 6 juin 1944, avant qu’une importante contre-offensive allemande ne contraigne les résistants à évacuer Barcelonnette le 13 juin. Les maquis furent ensuite reconstitués et participèrent aux opérations de l’été et de l’automne 1944 sur la route de Larche et la frontière italienne.
Sources consultées
La Mémoire Vive de la Résistance, page « La Résistance en Ubaye », a fourni le cadre général, la composition du comité d’action, les maquis, le déroulement des combats et l’attribution du Journal de marche au colonel Cusenier.
La page MVR « L’ORA dans les Basses-Alpes » a permis de distinguer René Chabre, chef civil MUR, du commandant Bureau, chef militaire ORA, et d’identifier Cusenier comme représentant du colonel Zeller.
Les publications du Dauphiné libéré ont documenté le rôle directeur de René Chabre, la fonction logistique d’Ernest Chabre, la « folle semaine » de juin 1944 et la décision de repli prise par le commandant Bureau.
Les ressources des Alpins ubayens et l’historique du 15e BCA ont confirmé le commandement antérieur de Cusenier à la tête du bataillon.