René Auguste CHABRE, né le 30 octobre 1902 à Barcelonnette, 04 – Alpes-de-Haute-Provence (ex Basses-Alpes), France, mort en 1958, lieu de décès non retrouvé, français.
Les sources ouvertes consultées ne permettent pas d’établir précisément l’état civil, la formation ni la profession de René Chabre avant la Seconde Guerre mondiale.
Il était étroitement lié à Barcelonnette et à la vie locale de la vallée de l’Ubaye. Ernest Chabre est présenté selon les sources comme son frère ou son cousin ; les documents locaux les plus précis parlent de deux cousins. Cette seconde formulation est retenue avec prudence.
Engagement dans la Résistance
René Chabre fut l’un des principaux organisateurs de la Résistance ubayenne à partir de 1942. Il participa avec Ernest Chabre, Émile Aubert, le commandant Bureau, le lieutenant-colonel Cusenier et plusieurs autres responsables locaux à la création d’un comité d’action chargé de préparer la mobilisation de la vallée.
Son action fut principalement politique, civile et organisationnelle. Il coordonna le recrutement, les liaisons, le ravitaillement et les relations entre les différents courants clandestins présents en Ubaye.
Appartenance à un réseau ou mouvement
René Chabre appartenait aux Mouvements unis de la Résistance. Dans l’organisation départementale mise en place au début de 1944, il fut désigné chef civil du secteur no 1, correspondant à Barcelonnette et à la vallée de l’Ubaye, tandis que le commandant Bureau en exerçait le commandement militaire au titre de l’Organisation de résistance de l’Armée.
Les sources locales le présentent également comme président du Comité de libération de l’Ubaye. L’unification progressive des MUR, de l’Armée secrète et de l’ORA rend cependant les intitulés de fonctions variables selon les périodes et les témoignages.
Missions et actions
René Chabre participa à la préparation du soulèvement ordonné après le débarquement de Normandie. Le plan prévoyait de prendre le contrôle de la vallée, d’isoler les garnisons allemandes du Sauze et de Jausiers et de sécuriser les accès du Pas de la Tour, des Gleizolles et de la route de Larche.
La villa Le Mirador, au sud de Barcelonnette, servit de poste de commandement et d’état-major. Le moulin exploité par Ernest Chabre formait parallèlement un centre logistique où étaient entreposés et distribués armes, explosifs, munitions et vivres.
René Chabre participa également au rapprochement avec les partisans italiens. Il fut associé aux échanges qui aboutirent aux accords de Saretto, par lesquels résistants français et italiens affirmèrent leur volonté de combattre conjointement les forces allemandes et fascistes sur la frontière alpine.
Il participa enfin à la création de Ça ira, organe clandestin de la Résistance ubayenne.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, détention ou déportation de René Chabre n’a été retrouvée dans les sources ouvertes consultées.
Il demeura l’un des responsables civils de la vallée pendant les combats et la période de Libération.
Camarades de combat
René Chabre travailla notamment avec Ernest Chabre, Émile Aubert, le commandant Bureau, le commandant Édouard Car, le lieutenant-colonel Cusenier, Jacques Lécuyer, Rapillard, Blanchard et Abel.
Retour à la vie civile
À la Libération, René Chabre présida le Comité de libération de l’Ubaye. Il fut ensuite maire de Barcelonnette de mai 1945 à octobre 1947.
Les sources locales lui attribuent également une activité dans le syndicat d’initiative de Barcelonnette. Il mourut en 1958.
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur — source locale secondaire ; décret non retrouvé lors des présentes recherches.
- Croix de guerre 1939-1945 — source locale secondaire ; citation non retrouvée.
- Médaille de la Résistance française par décret du 06 septembre 1945 JO 12 septembre 1945 source Ordre de la Libération.
Côte du dossier : 1O11953
- Lieux de mémoire
La mémoire de René Chabre demeure associée au monument de la Résistance en Ubaye, à la villa Le Mirador, au moulin Chabre et à Barcelonnette.
Une voie locale porte son nom. Les documents commémoratifs de la vallée le présentent comme l’un des principaux organisateurs de la Résistance ubayenne.
Références bibliographiques
Journal de marche de la Résistance en Ubaye, attribué au colonel Cusenier et transcrit par Hubert Tassel et Jean-Paul Therminarias. Ce document constitue la principale source narrative sur la préparation, l’organisation et les combats de la Résistance ubayenne.
Jean Garcin, La Résistance dans les Basses-Alpes, Digne, Éditions de Haute-Provence, 1983. Cet ouvrage permet de replacer l’activité de René Chabre dans le cadre départemental de la Résistance.
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative certaine du Service historique de la Défense n’a été retrouvée.
Observations
Certaines sources présentent René et Ernest Chabre comme frères, tandis que les documents locaux les plus circonstanciés les qualifient de cousins. La qualification de cousins est retenue, sous réserve d’une vérification par l’état civil.
Les fonctions de René Chabre sont parfois résumées comme celles de « chef civil et militaire ». L’organisation de 1944 distingue cependant plus précisément René Chabre, chef civil MUR, du commandant Bureau, chef militaire ORA.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — Le rôle de René Chabre dans l’organisation de la Résistance ubayenne, son commandement civil, sa participation au Comité de libération et son mandat de maire sont établis par plusieurs sources concordantes. Son état civil complet et le détail administratif de son homologation restent lacunaires.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1902 | Naissance. |
| À partir de 1942 | Organisation de la Résistance dans la vallée de l’Ubaye. |
| 1943-1944 | Chef civil des MUR pour le secteur de l’Ubaye. |
| Mai 1944 | Participation aux contacts franco-italiens liés aux accords de Saretto. |
| 6-14 juin 1944 | Direction civile pendant le soulèvement et les combats de la « folle semaine ». |
| 1944 | Président du Comité de libération de l’Ubaye. |
| Mai 1945-octobre 1947 | Maire de Barcelonnette. |
| 1958 | Mort. |
Références bibliographiques
Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Élaboré à partir des souvenirs, documents et comptes rendus des membres de la Résistance ubayenne, cet ouvrage retrace l’organisation clandestine de la vallée, le soulèvement de juin 1944, le repli des maquis et les opérations conduites jusqu’à la Libération. Il constitue une référence directe pour étudier le lieutenant-colonel Cusenier, dit « colonel Josse », René et Ernest Chabre ainsi que le commandant Bureau.
Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Fondé sur des témoignages recueillis auprès des habitants et des anciens combattants, le volume décrit l’occupation de la vallée, les réseaux clandestins, les combats de juin 1944 et la libération de Barcelonnette. Il permet de replacer les principaux responsables de la Résistance ubayenne dans leur environnement local, militaire et frontalier.
La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cette vaste étude régionale analyse les combats de 1940, l’occupation italienne puis allemande, la formation des maquis et les opérations de 1944-1945 dans les vallées alpines. Les développements consacrés à l’Ubaye éclairent le rôle des cadres militaires et civils de la Résistance, les affrontements autour de Barcelonnette et les opérations sur la frontière italienne.
Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. L’ouvrage repose sur l’étude de 1 465 fiches de membres des Forces françaises de l’intérieur constituées dès septembre 1944 par l’état-major local, placé notamment sous la direction du commandant Bureau. Il recense les combattants, leurs fonctions, leurs services et les activités indispensables à l’organisation de la Résistance dans la vallée.
Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Ce mémorial départemental rassemble des notices, chronologies et informations relatives aux réseaux, maquis, combats et victimes des Basses-Alpes. Il permet d’inscrire la Résistance ubayenne et ses responsables dans l’organisation départementale des Forces françaises de l’intérieur et dans les opérations ayant conduit à la libération du territoire.
Références internet
La Résistance en Ubaye. Cette étude publiée par la Mémoire Vive de la Résistance retrace la préparation du mouvement clandestin dès 1942 et cite explicitement René et Ernest Chabre, le commandant Bureau et le lieutenant-colonel Cusenier, alias « colonel Josse ». Elle décrit la création du Comité d’action, l’unification des organisations résistantes et les combats engagés après le 6 juin 1944. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/
René Chabre, l’homme qui organisa la Résistance en Ubaye. Cet article biographique présente René Chabre, né en 1902, comme l’un des principaux organisateurs de la Résistance dans la vallée, secondé notamment par Émile Aubert. Il évoque la constitution d’une force d’environ 250 combattants et permet de situer son rôle politique et opérationnel dans la mobilisation locale. https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/05/07/rene-chabre-l-homme-qui-organisa-la-resistance-en-ubaye
Le Mirador et le « moulin Chabre », hauts lieux de la Résistance. L’article décrit deux sites essentiels du dispositif clandestin ubayen, utilisés comme lieux de réunion, de commandement et de repli. Il mentionne le commandant Bureau, qui fit détruire les archives de son poste de commandement avant de se retirer avec ses hommes vers le col des Fourches et les maquis italiens. https://www.ledauphine.com/societe/2014/06/06/le-mirador-et-le-moulin-chabre-hauts-lieux-de-la-resistance
Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne. Cette reconstitution décrit le soulèvement commencé le 7 juin 1944, les attaques contre les positions allemandes et les difficultés rencontrées par les Forces françaises de l’intérieur. Elle précise que le commandant Bureau ordonna le décrochage général vers Restefond, les Fourches et le Haut-Verdon lorsque la défense de la vallée devint impossible. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne
Ubaye : le fichier des Forces françaises de l’intérieur livre un trésor d’histoire. Cet article présente la redécouverte du fichier des résistants ubayens, constitué sous la direction du commandant Bureau et du médecin Pierre Grouès. Les 1 465 fiches conservées documentent les identités, fonctions et services des combattants et constituent une source majeure pour rechercher Cusenier, les frères Chabre et les membres de leur organisation. https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2022/04/12/ubaye-resistance-le-fichier-des-ffi-livre-un-tresor-d-histoire
Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye. La présentation publiée par l’association Laverq expose l’origine du fichier des Forces françaises de l’intérieur de la vallée et le travail réalisé par Hubert Tassel et Jehan Landé. Elle souligne l’intérêt des fiches individuelles, attestations de service et témoignages déposés aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence. https://www.laverq.net/actualites/un-tresor-dhistoire-sur-la-resistance-en-ubaye
Répertoire du fonds de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, 054 J. Cet instrument de recherche des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence décrit un fonds consacré à l’organisation de la Résistance ubayenne, à ses membres et à ses opérations militaires. Il signale notamment des documents sur le secteur Ubaye, les combats pour Larche, les listes de résistants et les activités de différents réseaux. https://www.archives04.fr/fichier/109554/42
La Seconde Guerre mondiale : ateliers pédagogiques des Archives départementales. Cette page institutionnelle rassemble les ressources des Archives départementales relatives à l’occupation, à la Résistance et à la persécution dans les Basses-Alpes. Une partie concerne directement la vallée de l’Ubaye et permet d’accéder au contexte documentaire local dans lequel agirent les responsables du Comité d’action et des Forces françaises de l’intérieur. https://www.archives04.fr/savoir/service-educatif/ateliers-pedagogiques/ateliers-pour-le-secondaire/la-seconde-guerre-mondiale-liste-des-ateliers
Les partisans italiens dans les Alpes, 1944-1945. Cet article scientifique de Jean-Louis Riccioli étudie les relations militaires et politiques entre résistants français et partisans italiens sur le front alpin. Il mentionne René Chabre parmi les représentants français et éclaire les accords transfrontaliers, les réunions de Barcelonnette et la coopération préparée avant les opérations de libération. https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1995_num_199_2_4449
Barcelonnette, lieu de mémoire européen. Cette notice rappelle les rencontres organisées en mai 1944 entre représentants de la Résistance française et des formations partisanes italiennes. Elle cite Ernest Chabre parmi les délégués français réunis à Barcelonnette et replace cette rencontre dans le processus ayant conduit aux accords de coopération franco-italiens de Saretto. https://www.gedenkorte-europa.eu/content/list/361/
Histoire militaire de la vallée de l’Ubaye. Cette synthèse consacrée à la présence militaire dans la vallée réserve un développement aux événements de la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance locale. Elle décrit l’unification des mouvements sous l’autorité de René Chabre et cite plusieurs cadres de la Résistance ubayenne, dont le commandant Bureau, Émile Aubert et d’anciens militaires du 15e bataillon de chasseurs alpins. https://www.alpinsubayens.fr/wp-content/uploads/2015/06/Histoire-militaire-de-lUbaye-du-CBA-Sarrailh-.pdf
Donnadieu Émile, Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés. La notice du Maitron documente le parcours d’un résistant exécuté à Barcelonnette et cite parmi ses sources le Journal de marche de la Résistance en Ubaye. Elle apporte des éléments précis sur la répression allemande, les opérations menées dans la vallée et le contexte militaire dans lequel agissaient les responsables de la Résistance ubayenne. https://fusilles-40-44.maitron.fr/donnadieu-emile/
Observations générales
La Résistance ubayenne se caractérisa par une unification relativement précoce des structures civiles des MUR et des cadres militaires de l’ORA. René Chabre exerçait le commandement civil ; le commandant Bureau assumait la conduite militaire ; Ernest Chabre organisait une part essentielle de la logistique ; le lieutenant-colonel Cusenier apportait son autorité d’ancien commandant du 15e BCA et représentait le commandement supérieur de l’ORA.
Le dispositif permit de libérer provisoirement la vallée après le 6 juin 1944, avant qu’une importante contre-offensive allemande ne contraigne les résistants à évacuer Barcelonnette le 13 juin. Les maquis furent ensuite reconstitués et participèrent aux opérations de l’été et de l’automne 1944 sur la route de Larche et la frontière italienne.
Sources consultées le 2 août 2026
La Mémoire Vive de la Résistance, page « La Résistance en Ubaye », a fourni le cadre général, la composition du comité d’action, les maquis, le déroulement des combats et l’attribution du Journal de marche au colonel Cusenier.
La page MVR « L’ORA dans les Basses-Alpes » a permis de distinguer René Chabre, chef civil MUR, du commandant Bureau, chef militaire ORA, et d’identifier Cusenier comme représentant du colonel Zeller.
Les publications du Dauphiné libéré ont documenté le rôle directeur de René Chabre, la fonction logistique d’Ernest Chabre, la « folle semaine » de juin 1944 et la décision de repli prise par le commandant Bureau.
Les ressources des Alpins ubayens et l’historique du 15e BCA ont confirmé le commandement antérieur de Cusenier à la tête du bataillon.