La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BUREAU alias Commandant Bureau,

BUREAU, alias Commandant Bureau, prénom, état civil lors des présentes recherches, officier français.

L’état civil complet du commandant Bureau n’a pas été identifié.

Officier de carrière, il avait servi au 15e bataillon de chasseurs alpins, unité longtemps stationnée à Barcelonnette. Il connaissait notamment le commandant Édouard Car, qui devint son principal adjoint dans la Résistance.

Engagement dans la Résistance

Après l’occupation de la zone sud en novembre 1942, le commandant Bureau participa à la création de l’Organisation de résistance de l’Armée en Ubaye.

Avec le commandant Car, il constitua autour d’anciens militaires du 15e BCA une structure clandestine destinée à préserver les cadres, camoufler des armes, constituer des maquis et préparer le combat futur.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le commandant Bureau appartenait à l’Organisation de résistance de l’Armée ORA.

Au début de 1944, il fut désigné chef militaire du secteur no 1, Barcelonnette–vallée de l’Ubaye. René Chabre en était le chef civil pour les MUR. Cette organisation consacrait l’unification pratique de l’ORA, de l’Armée secrète et des mouvements civils dans la vallée.

Missions et actions

Le commandant Bureau établit le dispositif militaire destiné à contrôler les accès de l’Ubaye :

  • barrages du Pas de la Reyssole, de la Rochaille et du Pas de Grégoire pour isoler Jausiers et le Sauze ;
  • bouchons du Bachelard pour fermer les routes d’Allos et de la Cayolle ;
  • position du Pas de la Tour pour interdire l’arrivée de renforts par l’ouest ;
  • défense de La Bréole et d’Ubaye ;
  • préparation d’une action offensive contre les postes allemands du Sauze et de Jausiers.

Après le 6 juin 1944, il commanda les unités mobilisées dans la vallée. Les résistants bloquèrent plusieurs colonnes allemandes au Pas de la Tour, au pont du Mélézen, à Tarabot et au Pas de Grégoire.

Le 13 juin, après des combats très durs et devant l’arrivée de renforts allemands, Bureau décida, en accord avec Jacques Lécuyer et le colonel Cusenier, l’évacuation de Barcelonnette et le décrochage général. Une partie des forces gagna les maquis italiens et les positions de Restefond ; une autre se replia vers le Haut-Verdon par le Laverq.

Il conserva ensuite des responsabilités dans les opérations visant la route et la garnison de Larche. Les documents mémoriels le présentent encore comme commandant des Forces françaises de l’intérieur de l’Ubaye lors des opérations de septembre 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, détention ou déportation du commandant Bureau n’a été retrouvée.

Camarades de combat

Son principal adjoint fut le commandant Édouard Car. Il travailla également avec René et Ernest Chabre, Émile Aubert, le colonel Cusenier, Jacques Lécuyer, le commandant Chaumont, Rapillard et les chefs des différents sous-secteurs.

Retour à la vie civile

Le parcours du commandant Bureau après la dissolution des Forces françaises de l’intérieur de l’Ubaye, le 15 octobre 1944, n’a pas été retrouvé.

Décorations

13 Médaille de la Résistance Française ont été attribuées sous ce nom. Dans la mesure ou nous n’avons pas l’état civil complet nous ne pouvons l’attribuer.

Aucune décoration nominativement attribuée au commandant Bureau n’a pu être vérifiée dans les sources ouvertes consultées.

Lieux de mémoire

Le fichier nominatif des Forces françaises de l’intérieur de l’Ubaye fut constitué sous la direction du commandant Bureau et du médecin-chef Pierre Grouès. Retrouvé dans un grenier en 2020, il constitue une source majeure sur les effectifs et le parcours des résistants de la vallée.

Sa mémoire est également attachée à la villa Le Mirador, aux positions du Pas de la Tour et du Pas de Grégoire et aux opérations de Larche.

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative n’a pu être identifiée en raison de l’absence de prénom et d’état civil certain.

Observations

Le seul patronyme « Bureau » ne permet pas d’identifier sans risque l’officier dans les instruments nominatifs du Service historique de la Défense.

Les fonctions militaires qui lui sont attribuées sont néanmoins précises et concordantes : chef ORA puis chef militaire FFI du secteur de l’Ubaye.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — Les responsabilités militaires, l’appartenance à l’ORA, le dispositif défensif de juin 1944 et la décision de repli du 13 juin sont établis par plusieurs sources concordantes. L’identité civile complète du commandant Bureau demeure inconnue.

Chronologie

DateÉvénement
Avant 1940Service comme officier, notamment dans l’environnement du 15e BCA.
Novembre 1942Organisation de l’ORA en Ubaye avec le commandant Car.
Début de 1944Nomination comme chef militaire du secteur Barcelonnette–Ubaye.
6 juin 1944Mobilisation des Forces françaises de l’intérieur de la vallée.
7-13 juin 1944Commandement des combats et des barrages de l’Ubaye.
13 juin 1944Décision du décrochage général et de l’évacuation.
Été-automne 1944Participation aux opérations pour la libération de Larche.
15 octobre 1944Dissolution des FFI de l’Ubaye.

Références bibliographiques

Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Élaboré à partir des souvenirs, documents et comptes rendus des membres de la Résistance ubayenne, cet ouvrage retrace l’organisation clandestine de la vallée, le soulèvement de juin 1944, le repli des maquis et les opérations conduites jusqu’à la Libération. Il constitue une référence directe pour étudier le lieutenant-colonel Cusenier, dit « colonel Josse », René et Ernest Chabre ainsi que le commandant Bureau.

Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Fondé sur des témoignages recueillis auprès des habitants et des anciens combattants, le volume décrit l’occupation de la vallée, les réseaux clandestins, les combats de juin 1944 et la libération de Barcelonnette. Il permet de replacer les principaux responsables de la Résistance ubayenne dans leur environnement local, militaire et frontalier.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cette vaste étude régionale analyse les combats de 1940, l’occupation italienne puis allemande, la formation des maquis et les opérations de 1944-1945 dans les vallées alpines. Les développements consacrés à l’Ubaye éclairent le rôle des cadres militaires et civils de la Résistance, les affrontements autour de Barcelonnette et les opérations sur la frontière italienne.

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. L’ouvrage repose sur l’étude de 1 465 fiches de membres des Forces françaises de l’intérieur constituées dès septembre 1944 par l’état-major local, placé notamment sous la direction du commandant Bureau. Il recense les combattants, leurs fonctions, leurs services et les activités indispensables à l’organisation de la Résistance dans la vallée.

Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Ce mémorial départemental rassemble des notices, chronologies et informations relatives aux réseaux, maquis, combats et victimes des Basses-Alpes. Il permet d’inscrire la Résistance ubayenne et ses responsables dans l’organisation départementale des Forces françaises de l’intérieur et dans les opérations ayant conduit à la libération du territoire.

Références internet

La Résistance en Ubaye. Cette étude publiée par la Mémoire Vive de la Résistance retrace la préparation du mouvement clandestin dès 1942 et cite explicitement René et Ernest Chabre, le commandant Bureau et le lieutenant-colonel Cusenier, alias « colonel Josse ». Elle décrit la création du Comité d’action, l’unification des organisations résistantes et les combats engagés après le 6 juin 1944. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

René Chabre, l’homme qui organisa la Résistance en Ubaye. Cet article biographique présente René Chabre, né en 1902, comme l’un des principaux organisateurs de la Résistance dans la vallée, secondé notamment par Émile Aubert. Il évoque la constitution d’une force d’environ 250 combattants et permet de situer son rôle politique et opérationnel dans la mobilisation locale. https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/05/07/rene-chabre-l-homme-qui-organisa-la-resistance-en-ubaye

Le Mirador et le « moulin Chabre », hauts lieux de la Résistance. L’article décrit deux sites essentiels du dispositif clandestin ubayen, utilisés comme lieux de réunion, de commandement et de repli. Il mentionne le commandant Bureau, qui fit détruire les archives de son poste de commandement avant de se retirer avec ses hommes vers le col des Fourches et les maquis italiens. https://www.ledauphine.com/societe/2014/06/06/le-mirador-et-le-moulin-chabre-hauts-lieux-de-la-resistance

Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne. Cette reconstitution décrit le soulèvement commencé le 7 juin 1944, les attaques contre les positions allemandes et les difficultés rencontrées par les Forces françaises de l’intérieur. Elle précise que le commandant Bureau ordonna le décrochage général vers Restefond, les Fourches et le Haut-Verdon lorsque la défense de la vallée devint impossible. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Ubaye : le fichier des Forces françaises de l’intérieur livre un trésor d’histoire. Cet article présente la redécouverte du fichier des résistants ubayens, constitué sous la direction du commandant Bureau et du médecin Pierre Grouès. Les 1 465 fiches conservées documentent les identités, fonctions et services des combattants et constituent une source majeure pour rechercher Cusenier, les frères Chabre et les membres de leur organisation. https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2022/04/12/ubaye-resistance-le-fichier-des-ffi-livre-un-tresor-d-histoire

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye. La présentation publiée par l’association Laverq expose l’origine du fichier des Forces françaises de l’intérieur de la vallée et le travail réalisé par Hubert Tassel et Jehan Landé. Elle souligne l’intérêt des fiches individuelles, attestations de service et témoignages déposés aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence. https://www.laverq.net/actualites/un-tresor-dhistoire-sur-la-resistance-en-ubaye

Répertoire du fonds de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, 054 J. Cet instrument de recherche des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence décrit un fonds consacré à l’organisation de la Résistance ubayenne, à ses membres et à ses opérations militaires. Il signale notamment des documents sur le secteur Ubaye, les combats pour Larche, les listes de résistants et les activités de différents réseaux. https://www.archives04.fr/fichier/109554/42

La Seconde Guerre mondiale : ateliers pédagogiques des Archives départementales. Cette page institutionnelle rassemble les ressources des Archives départementales relatives à l’occupation, à la Résistance et à la persécution dans les Basses-Alpes. Une partie concerne directement la vallée de l’Ubaye et permet d’accéder au contexte documentaire local dans lequel agirent les responsables du Comité d’action et des Forces françaises de l’intérieur. https://www.archives04.fr/savoir/service-educatif/ateliers-pedagogiques/ateliers-pour-le-secondaire/la-seconde-guerre-mondiale-liste-des-ateliers

Les partisans italiens dans les Alpes, 1944-1945. Cet article scientifique de Jean-Louis Riccioli étudie les relations militaires et politiques entre résistants français et partisans italiens sur le front alpin. Il mentionne René Chabre parmi les représentants français et éclaire les accords transfrontaliers, les réunions de Barcelonnette et la coopération préparée avant les opérations de libération. https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1995_num_199_2_4449

Barcelonnette, lieu de mémoire européen. Cette notice rappelle les rencontres organisées en mai 1944 entre représentants de la Résistance française et des formations partisanes italiennes. Elle cite Ernest Chabre parmi les délégués français réunis à Barcelonnette et replace cette rencontre dans le processus ayant conduit aux accords de coopération franco-italiens de Saretto. https://www.gedenkorte-europa.eu/content/list/361/

Histoire militaire de la vallée de l’Ubaye. Cette synthèse consacrée à la présence militaire dans la vallée réserve un développement aux événements de la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance locale. Elle décrit l’unification des mouvements sous l’autorité de René Chabre et cite plusieurs cadres de la Résistance ubayenne, dont le commandant Bureau, Émile Aubert et d’anciens militaires du 15e bataillon de chasseurs alpins. https://www.alpinsubayens.fr/wp-content/uploads/2015/06/Histoire-militaire-de-lUbaye-du-CBA-Sarrailh-.pdf

Donnadieu Émile, Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés. La notice du Maitron documente le parcours d’un résistant exécuté à Barcelonnette et cite parmi ses sources le Journal de marche de la Résistance en Ubaye. Elle apporte des éléments précis sur la répression allemande, les opérations menées dans la vallée et le contexte militaire dans lequel agissaient les responsables de la Résistance ubayenne. https://fusilles-40-44.maitron.fr/donnadieu-emile/

Observations générales

La Résistance ubayenne se caractérisa par une unification relativement précoce des structures civiles des MUR et des cadres militaires de l’ORA. René Chabre exerçait le commandement civil ; le commandant Bureau assumait la conduite militaire ; Ernest Chabre organisait une part essentielle de la logistique ; le lieutenant-colonel Cusenier apportait son autorité d’ancien commandant du 15e BCA et représentait le commandement supérieur de l’ORA.

Le dispositif permit de libérer provisoirement la vallée après le 6 juin 1944, avant qu’une importante contre-offensive allemande ne contraigne les résistants à évacuer Barcelonnette le 13 juin. Les maquis furent ensuite reconstitués et participèrent aux opérations de l’été et de l’automne 1944 sur la route de Larche et la frontière italienne.

Sources consultées

La Mémoire Vive de la Résistance, page « La Résistance en Ubaye », a fourni le cadre général, la composition du comité d’action, les maquis, le déroulement des combats et l’attribution du Journal de marche au colonel Cusenier.

La page MVR « L’ORA dans les Basses-Alpes » a permis de distinguer René Chabre, chef civil MUR, du commandant Bureau, chef militaire ORA, et d’identifier Cusenier comme représentant du colonel Zeller.

Les publications du Dauphiné libéré ont documenté le rôle directeur de René Chabre, la fonction logistique d’Ernest Chabre, la « folle semaine » de juin 1944 et la décision de repli prise par le commandant Bureau.

Les ressources des Alpins ubayens et l’historique du 15e BCA ont confirmé le commandement antérieur de Cusenier à la tête du bataillon.

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