La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis des Maisonnettes ». Cette appellation est explicitement employée dans le Journal de marche de la Résistance en Ubaye reproduit par Mémoire Vive de la Résistance.

Le groupe est localisé au-dessus de Faucon, au nord-est de Barcelonnette, dans les Basses-Alpes à l’époque, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence, France.

Les recherches n’ont pas permis d’identifier un autre nom de code ou un alias historiquement établi. Il convient de ne pas le confondre avec les autres maquis ubayens de La Pare, du Laverq et du Cuguret.

Création du maquis

Le maquis des Maisonnettes appartient à la série de maquis constitués dans la vallée de l’Ubaye après la création du maquis de La Pare en mai 1943 et du maquis du Laverq en septembre 1943. Les sources actuellement accessibles confirment son existence avant le soulèvement de juin 1944 mais ne permettent pas de fixer avec certitude une date précise de création, ni d’identifier nominativement son fondateur. Il est donc impossible, sans extrapolation, de lui attribuer une date ou un chef initial qui ne seraient pas explicitement attestés.

Son développement s’inscrit dans l’organisation progressive de la Résistance ubayenne commencée en 1942. Autour de responsables civils et militaires tels que René CHABRE, Ernest CHABRE, le commandant BUREAU et le lieutenant-colonel CUSENIER, alias « colonel Josse », un Comité d’action et les structures locales de l’ORA, des MUR puis des FFI préparent le recrutement, le ravitaillement, le renseignement et l’action armée dans la vallée.

Organisation interne

Le maquis des Maisonnettes n’apparaît pas dans les sources comme une organisation indépendante disposant de sa propre structure régionale. Il appartient au dispositif unifié de la Résistance de l’Ubaye. Le poste de commandement général se trouve à la villa Mirador, au sud de Barcelonnette, tandis que les différents groupes sont intégrés aux sous-secteurs militaires constitués en vue du soulèvement.

Le ravitaillement du maquis est assuré notamment par l’organisation clandestine de Barcelonnette. Le moulin exploité par Ernest CHABRE sert de dépôt de vivres, d’armes, de munitions et d’explosifs et permet l’acheminement de matériel vers les maquis de La Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret. Cette donnée confirme l’intégration des Maisonnettes dans une infrastructure commune aux différents groupes ubayens.

Les sources ouvertes consultées ne fournissent toutefois ni organigramme propre au maquis, ni effectif certain, ni liste complète de ses cadres. Ces éléments ne doivent donc pas être reconstitués par déduction à partir des effectifs généraux de la Résistance ubayenne.

Actions menées pendant la Résistance

La fonction initiale des maquis ubayens est liée à l’accueil des clandestins et des réfractaires au Service du travail obligatoire, puis à leur préparation militaire. L’ensemble du dispositif clandestin assure également le renseignement, constitue des stocks de matériel, organise des itinéraires de repli et prépare la prise de contrôle de la vallée. La documentation disponible ne permet cependant pas d’attribuer séparément chacune de ces missions aux seuls hommes des Maisonnettes.

À partir du 7 juin 1944, les FFI de l’Ubaye passent à l’action après la réception des messages de mobilisation. Les forces sont réparties entre plusieurs sous-secteurs chargés d’attaquer les garnisons allemandes ou de bloquer les routes donnant accès à Barcelonnette. Les sources décrivent précisément les combats du Sauze, du Pas de la Tour, du col de Vars et du Pas de Grégoire, mais ne désignent pas systématiquement les combattants engagés selon leur maquis d’origine. Il serait donc abusif d’attribuer au maquis des Maisonnettes une action déterminée sans preuve nominative ou opérationnelle supplémentaire.

Le 13 juin 1944, devant la pression allemande, le commandement ordonne le décrochage général. Une partie des résistants se replie vers Restefond et les Fourches, d’autres vers les maquis italiens ou par le Laverq vers le Haut-Verdon. La documentation consultée ne précise pas séparément l’itinéraire suivi par les seuls membres des Maisonnettes.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis des Maisonnettes appartient à la Résistance unifiée de l’Ubaye, dans laquelle coopèrent l’Organisation de Résistance de l’Armée, les Mouvements unis de la Résistance, l’Armée secrète puis les Forces françaises de l’intérieur. Les sources soulignent qu’en 1943 l’unification locale devient telle que les distinctions initiales entre AS et ORA perdent une partie de leur portée pratique.

Les responsables ubayens entretiennent des liaisons avec Digne-les-Bains, Gap, Aix-en-Provence et Marseille ainsi qu’avec la Résistance italienne. Ces contacts débouchent notamment sur les relations franco-italiennes préparant les accords de Saretto. L’existence de ces liaisons est attestée pour l’organisation ubayenne dans son ensemble, sans preuve permettant de présenter le maquis des Maisonnettes comme interlocuteur autonome.

Chefs et figures marquantes

Aucun chef propre au maquis des Maisonnettes n’a pu être identifié de manière suffisamment certaine dans les sources ouvertes examinées. Une attribution nominative serait donc spéculative.

René CHABRE figure parmi les principaux organisateurs civils de la Résistance ubayenne et participe à la constitution du dispositif dont dépendent les maquis de la vallée. Les sources consultées attestent son rôle général mais ne permettent pas de le qualifier de chef direct du maquis des Maisonnettes.

Ernest CHABRE joue un rôle logistique déterminant à Barcelonnette. Son moulin approvisionne directement les maquis de La Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret. Il survit à la guerre et devient conseiller municipal puis premier adjoint de Barcelonnette en mai 1945.

Le commandant BUREAU assure le commandement militaire du dispositif de Résistance de l’Ubaye. Il prend notamment la décision du décrochage général le 13 juin 1944. Son autorité concerne l’ensemble du dispositif et non le seul maquis des Maisonnettes.

Le lieutenant-colonel CUSENIER, alias « colonel Josse », ancien commandant du 15e bataillon de chasseurs alpins, appartient à la direction militaire supérieure de la Résistance ubayenne. Aucun document consulté ne permet cependant de le présenter comme chef direct des Maisonnettes.

Victimes et morts

Aucune liste nominative fiable des résistants morts appartenant spécifiquement au maquis des Maisonnettes n’a pu être établie à partir des ressources ouvertes consultées. Les bilans globaux de la Résistance ubayenne ne doivent pas être transposés au seul maquis. Le Journal de marche fournit des pertes pour l’ensemble du secteur, mais leur attribution groupe par groupe nécessiterait le dépouillement des fiches FFI et des archives de l’association des maquisards et résistants du secteur Ubaye.

Survivants identifiés

Ernest CHABRE, soutien logistique directement attesté des Maisonnettes, survit à la guerre. Aucun fichier nominatif suffisamment complet accessible en ligne n’a permis d’établir une liste de combattants du maquis des Maisonnettes ayant survécu. La distinction doit être maintenue entre les membres effectifs du maquis et les responsables de l’organisation ubayenne qui l’approvisionnaient ou le commandaient à l’échelle du secteur.

Fin du maquis

Le maquis des Maisonnettes ne semble pas avoir été détruit au cours d’un démantèlement distinct documenté. À partir de juin 1944, les groupes clandestins de la vallée sont engagés dans le dispositif FFI, puis dispersés lors du repli du 13 juin. À la fin de juillet 1944, la Résistance est de nouveau en mesure de contrôler une large partie de l’Ubaye, avant les combats d’août autour de Larche et ceux de la frontière italienne. Le devenir précis du groupe des Maisonnettes au cours de cette réorganisation n’est pas détaillé dans les sources ouvertes.

Conséquences et mémoire

Le maquis des Maisonnettes constitue l’un des quatre principaux sites de maquis explicitement nommés dans le récit de l’organisation de la Résistance ubayenne avec La Pare, le Laverq et Cuguret. Son existence témoigne de la multiplication des groupes clandestins destinés à préparer le soulèvement armé de la vallée.

Sa mémoire est aujourd’hui surtout conservée dans les travaux relatifs à l’ensemble de la Résistance en Ubaye, dans le Journal de marche du secteur et dans les archives et publications des associations d’anciens résistants. Aucun monument spécifiquement et exclusivement consacré au maquis des Maisonnettes n’a été identifié avec une source suffisamment sûre au cours des présentes recherches.

Fiabilité B. L’existence, le nom, la localisation et l’intégration du maquis des Maisonnettes dans la Résistance ubayenne sont confirmés par plusieurs sources concordantes. En revanche, la documentation ouverte demeure insuffisante pour établir avec certitude sa date exacte de création, son chef propre, sa composition nominative, ses pertes et ses opérations distinctes de celles de l’ensemble du secteur.

Références bibliographiques

Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Cette source directement issue de la mémoire organisée des résistants ubayens décrit la formation des différents maquis, dont celui des Maisonnettes, l’organisation des sous-secteurs et le soulèvement de juin 1944. Elle constitue la référence principale pour replacer ce groupe dans le dispositif général de la vallée.

Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Cet ouvrage de mémoire locale rassemble des témoignages et des recherches sur l’occupation, les maquis, la vie clandestine et les combats de la vallée de l’Ubaye.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cette étude régionale replace l’activité des maquis ubayens dans le contexte militaire des Alpes du Sud, depuis l’occupation jusqu’aux combats de 1944-1945.

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. Le travail repose sur un ensemble de fiches FFI constituées après les combats et constitue une ressource importante pour poursuivre l’identification nominative des combattants des différents maquis.

Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Cet ouvrage fournit le contexte départemental des maquis, des combats et de la répression.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance – La Résistance en Ubaye reproduit un extrait du Journal de marche de la Résistance en Ubaye et cite explicitement le maquis des Maisonnettes au-dessus de Faucon. Il présente également les autres maquis de la vallée, l’organisation militaire et les combats de juin 1944. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

Mémoire Vive de la Résistance – Ernest Chabre documente l’organisation logistique de la Résistance à Barcelonnette et précise que le moulin Chabre approvisionne en matériel les maquis de La Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret. https://mvr.asso.fr/chabre-2/

Le Dauphiné Libéré – Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne confirme l’existence des Maisonnettes au-dessus de Faucon et de Cuguret à Jausiers et les replace dans la préparation du soulèvement de juin 1944. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes présente l’organisation militaire du département et les opérations engagées dans l’Ubaye en juin 1944. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent notamment le fonds de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, ressource archivistique nécessaire pour approfondir l’identification nominative des membres des différents groupes. https://www.archives04.fr/

Sources consultées —

Mémoire Vive de la Résistance, résultat positif par mentions thématiques du maquis des Maisonnettes. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance, recherche « Maisonnettes », « Faucon », « Ubaye » ; aucune notice autonome consacrée au maquis des Maisonnettes identifiée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance, recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée aux Maisonnettes identifiée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne, recherche effectuée ; aucune notice autonome « maquis des Maisonnettes » identifiée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes, recherche effectuée ; aucune notice thématique autonome consacrée au maquis identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération, recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au maquis identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France, recherche « maquis des Maisonnettes », « Faucon Ubaye Résistance » ; aucun document directement consacré au groupe identifié. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense, recherche effectuée dans les ressources accessibles en ligne ; aucun dossier numérisé autonome « maquis des Maisonnettes » identifié. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, recherche relative au fonds de la Résistance ubayenne. https://www.archives04.fr/

Le Dauphiné Libéré, résultat positif sur l’existence et la localisation du maquis. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Wikipédia, consultation complémentaire du contexte géographique ; aucune donnée historique propre au maquis n’a été retenue exclusivement sur cette base.

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