Georges BIDAULT, alias Rousseau, alias BIP, né le 5 octobre 1899 à Moulins, Allier, France, mort le 27 janvier 1983 à Cambo-les-Bains, Pyrénées-Atlantiques, France.
Jeunesse et formation
Fils d’un directeur d’assurances, il passe une grande partie de sa scolarité chez les Jésuites en Italie du Nord avant de revenir en France.
Mobilisé durant l’hiver 1917-1918 lors de la Première Guerre mondiale, il sert ensuite dans l’armée d’occupation en Allemagne.
Après sa démobilisation, il se consacre à des études supérieures d’histoire en Sorbonne. En 1925, il est reçu premier au concours de l’agrégation d’histoire, devant des figures telles que Pierre Brossolette.
Il enseigne successivement à Valenciennes, Reims, puis à Paris au prestigieux lycée Louis-le-Grand à partir de 1931. Parallèlement à sa carrière d’enseignant, il déploie un engagement intellectuel et politique intense en tant que militant chrétien-démocrate. Il devient le principal éditorialiste du journal L’Aube, où il signe de nombreux articles dénonçant vigoureusement la montée du fascisme et la politique d’abandon des accords de Munich.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939 avec le grade de sergent d’infanterie, il prend part aux combats de l’armée française. Il est fait prisonnier par les troupes allemandes le 8 juin 1940 au sud de Soissons. En raison de son statut d’ancien combattant de la classe 1919, il est libéré du Stalag en juillet 1941.
Refusant catégoriquement l’armistice et le régime de collaboration, il choisit immédiatement de s’engager dans les forces clandestines dès son retour sur le territoire national, cherchant à unifier les courants de résistance spirituels et laïques.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il s’intègre d’abord au mouvement Combat en zone sud, sous l’impulsion d’Henri Frenay. Grâce à ses compétences éditoriales, il est chargé de l’organisation de la propagande et de la presse. Par la suite, il devient le représentant du Parti démocrate populaire au sein du Conseil national de la Résistance lors de sa constitution par Jean Moulin en mai 1943.
Missions et actions
Son action au sein de la Résistance intérieure est d’une importance stratégique majeure. Il crée et dirige le Bureau d’information et de propagande, une agence de presse clandestine chargée de collecter les renseignements politiques et de diffuser les consignes de la France combattante.
Il rédige de nombreux bulletins d’information ainsi que les ordres du jour des grandes réunions unitaires, notamment celle de Villeurbanne qui scelle l’unification des mouvements de la zone sud.
À la suite de l’arrestation de Jean Moulin à Caluire en juin 1943, il est élu président du Conseil national de la Résistance en septembre 1943. À ce poste de commandement suprême de la Résistance intérieure, il assure la cohésion politique entre les mouvements, les syndicats et les anciens partis politiques, et valide l’adoption du Programme du CNR en mars 1944.
Pendant les combats de la Libération de Paris en août 1944, il s’installe à l’Hôtel de Ville et accueille le général de Gaulle au nom de la France résistante, défilant à ses côtés sur les Champs-Élysées le 26 août 1944.
Arrestation / évasion / déportation
En dehors de sa captivité initiale comme prisonnier de guerre entre juin 1940 et juillet 1941, il n’a pas subi d’arrestation au cours de ses activités clandestines en France occupée. Traqué par les polices allemandes et de Vichy en sa qualité de chef du CNR, il se déplace continuellement sous les pseudonymes de Rousseau et de BIP, parvenant à sécuriser sa direction jusqu’à la Libération.
Camarades de combat
Retour à la vie civile
Son parcours après la guerre est celui d’un homme d’État de premier plan sous la Quatrième République.
Nommé ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire dès septembre 1944, il conduit la délégation française à la conférence de San Francisco et œuvre activement au rétablissement du rang international de la France.
Il est l’un des fondateurs et le dirigeant du Mouvement républicain populaire, grand parti de la démocratie chrétienne. Député de la Loire de 1945 à 1958, il exerce à plusieurs reprises les fonctions de président du Conseil des ministres et de ministre de la Défense nationale.
Il prend une part active aux négociations de la reconstruction européenne et à la création du SMIG.
Cependant, son orientation politique bifurque de manière dramatique lors de la guerre d’Algérie. S’opposant frontalement à la politique d’autodétermination menée par le général de Gaulle, il bascule dans la clandestinité en 1962 pour prendre la tête du Conseil national de la Résistance favorable à l’Algérie française, associé aux réseaux de l’OAS.
Contraint à un exil de plusieurs années au Brésil puis en Belgique, il ne rentre définitivement en France qu’en juin 1968 après avoir bénéficié d’une amnistie, se retirant de toute vie publique active.
Décorations
- Grand-Croix de la Légion d’honneur, décret non retrouvé (source Wikipédia, décoration obtenue à titre civil au titre de ses fonctions ministérielles).
- Compagnon de la Libération, décret du 27 août 1944, Journal officiel du 29 août 1944.
- Croix de guerre 1939-1945 ;
- Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du 31 mars 1947).
- Commandeur de la Legion of Merit, États-Unis (source Ordre de la Libération).
Lieux de mémoire
Il est inhumé à La Celle-les-Bordes, Yvelines, France.
Des plaques commémoratives rappellent son action de président du Conseil national de la Résistance à Paris, France.
Références bibliographiques
Georges Bidault : de la Résistance à l’Algérie française Ouvrage biographique de référence écrit par Maxime Tandonnet retraçant le destin singulier de ce professeur d’histoire devenu chef de la Résistance puis paria politique.
D’une résistance à l’autre (1940-1965) Mémoires de l’auteur publiés à Paris en 1965 explicitant ses choix idéologiques sous l’Occupation et lors de la crise algérienne.
Histoire du Conseil national de la Résistance Étude historique globale analysant la présidence de Georges Bidault à la suite de la disparition de Jean Moulin et la mise en œuvre du programme social.
Références internet
Ordre de la Libération Notice biographique officielle du compagnon détaillant son état de service militaire, son action clandestine au Bureau d’information et de propagande et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr
Musée de la Résistance en ligne Fiche thématique documentant le rôle politique de Georges Bidault au sein du MRP et de la direction du CNR. https://museedelaresistanceenligne.org
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes : Dossier individuel de résistant homologué au titre de la Résistance intérieure française au sein de l’organe central du Conseil national de la Résistance et du mouvement Combat.
Observations
Les sources officielles concordent parfaitement sur l’identification civile et le rôle majeur de l’intéressé dans les instances de la Résistance, bien que son évolution politique ultérieure durant la guerre d’Algérie suscite des grilles de lecture divergentes dans la littérature historique secondaire.
Indice de fiabilité : Niveau A —
Le sujet d’étude fait l’objet d’une notice biographique officielle et exhaustive auprès de l’Ordre de la Libération en sa qualité de Compagnon de la Libération, ainsi que d’une biographie d’envergure sur Wikipédia et de fiches détaillées au sein du Musée de la Résistance en ligne. Ces sources institutionnelles de premier plan permettent de reconstituer un parcours d’une parfaite rigueur historique.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 5 octobre 1899 | Naissance à Moulins, Allier, France. |
| 8 juin 1940 | Fait prisonnier de guerre au sud de Soissons, Aisne, France. |
| juillet 1941 | Libération du Stalag et retour clandestin en France. |
| 27 mai 1943 | Participation à la réunion constitutive du Conseil national de la Résistance à Paris, France. |
| 5 septembre 1943 | Élection officiel à la présidence du Conseil national de la Résistance. |
| 26 août 1944 | Défilé historique sur les Champs-Élysées aux côtés du général de Gaulle à Paris, France. |
| 27 janvier 1983 | Décès à Cambo-les-Bains, Pyrénées-Atlantiques, France. |
Sources consultées
- Ordre de la Libération : Notice individuelle consultée en ligne pour la validation de la biographie militaire, du décret de Compagnon et des décorations officielles. https://www.ordredelaliberation.fr
- Musée de la Résistance en ligne : Consultation des archives numériques pour l’analyse des discours prononcés à l’Hôtel de Ville en août 1944. https://museedelaresistanceenligne.org
- Amicale du MRP : Fiche historique consultée pour les données sur sa carrière de professeur d’histoire et son mandat de député de la Loire. http://www.amicalemrp.org
- Mémoire Vive de la Résistance : Recherche systématique menée sur le site mvr.asso.fr. Aucune notice nominative équivalente n’est répertoriée à ce jour sur cette plateforme, justifiant la rédaction finale de ce portrait. https://mvr.asso.fr