Pierre AUZI, alias Michel, né le 27 juillet 1912 à Mont-de-Marsan, Landes, France, mort le 14 novembre 1982 à Bobigny, Seine-Saint-Denis, France.
Fils d’un typographe et d’une couturière, il s’oriente vers l’enseignement et devient instituteur public. Il exerce ses fonctions dans le département de l’Oise au cours des années trente. Marqué par les crises politiques de l’entre-deux-guerres, il s’engage activement dans le syndicalisme enseignant au sein du Syndicat national des instituteurs et adhère au Parti communiste. Il développe de solides convictions antifascistes et pacifistes qui guident son parcours intellectuel avant le déclenchement du conflit mondial.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé en septembre 1939, il est rendu à la vie civile après la défaite de juin 1940. Refusant l’armistice, la présence des troupes allemandes d’occupation et l’instauration du régime de Vichy, il utilise immédiatement sa position d’instituteur à Cramoisy pour nouer des contacts clandestins. Dès l’année 1941, il s’investit pleinement dans le recrutement de militants, la structuration des premiers groupes de résistance locaux et la diffusion de tracts hostiles à l’occupant.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il s’intègre aux structures clandestines du Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, mouvement créé sous l’impulsion du Parti communiste français. Il opère de façon permanente dans le secteur de l’Oise, devenant l’un des cadres dirigeants de l’organisation politique et de sa presse clandestine à l’échelon départemental.
Missions et actions
Sa mission essentielle est d’ordre intellectuel, logistique et journalistique. Il est le principal rédacteur du journal clandestin Le Patriote de l’Oise, dont le premier numéro sort au début de l’année 1942.
Sous le pseudonyme de Michel, il centralise les informations, rédige les éditoriaux et organise la collecte de renseignements pour nourrir les colonnes de la publication. Son rôle s’accroît considérablement à la suite de la répression qui frappe le mouvement.
En avril 1944, après l’arrestation d’Edmond Léveillé par la Gestapo, il prend la direction du Comité départemental de libération clandestin de l’Oise. À ce poste, il coordonne l’action des différents mouvements de résistance du département et prépare activement la transition administrative en vue de la Libération.
Arrestation / évasion / déportation
Malgré les risques constants inhérents à ses fonctions de direction de presse et de commandement politique, et en dépit des nombreuses vagues d’arrestations qui déciment l’organisation locale en 1944, il parvient à échapper à la Gestapo et à la police de Vichy jusqu’à la fin des combats en maintenant un cloisonnement rigoureux de ses déplacements.
Camarades de combat
Il travaille en liaison étroite avec l’instituteur Edmond Léveillé, fondateur du Front national dans l’Oise, jusqu’à la mort de ce dernier. Pour la rédaction et la diffusion du Patriote de l’Oise, il s’appuie sur l’ingénieur chimiste Georges Jauneau pour la fourniture d’articles et sur l’ouvrier typographe Albert Maury qui assure l’impression matérielle du journal.
Retour à la vie civile
Après la Libération de la région, il participe à l’installation des nouvelles autorités républicaines dans l’Oise. Il reprend par la suite sa profession dans l’enseignement public tout en poursuivant un engagement militant sur le plan syndical et politique. Il s’installe ultérieurement en région parisienne où il achève sa carrière professionnelle avant de s’éteindre au début des années quatre-vingt.
Décorations
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ai pas reçue de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches.
Lieux de mémoire
Les archives départementales de l’Oise à Beauvais, France, conservent les collections numérisées du journal clandestin dont il assurait la rédaction principale.
Références bibliographiques
L’Oise sous l’Occupation Ouvrage historique régional détaillant la naissance des premiers mouvements clandestins et le rôle des instituteurs dans la presse interdite.
La Résistance dans l’Oise Livre d’histoire locale centré sur la constitution du Comité départemental de libération et la fusion des réseaux de renseignement.
Références internet
Le Maitron Notice biographique individuelle décrivant le parcours d’instituteur, l’engagement syndical et l’activité de rédacteur clandestin de l’intéressé. https://maitron.fr
Mémoire des Hommes Base de données du ministère des Armées confirmant son statut de résistant et l’homologation de ses services dans les dossiers administratifs. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes : Dossier individuel de résistant homologué au titre de la Résistance intérieure française, numéro de dossier GR 16 P 28169.
Observations
Les sources d’archives et le dictionnaire biographique concordent parfaitement sur l’orthographe du nom, les dates civiles et les fonctions de direction occupées dans la clandestinité.
Indice de fiabilité : Niveau A
Le sujet fait l’objet d’une notice biographique exhaustive dans le dictionnaire d’histoire sociale Le Maitron ainsi que d’une fiche d’homologation au Service historique de la Défense. Le recoupement de ces sources historiques permet de valider ce profil avec un excellent niveau de certitude.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 27 juillet 1912 | Naissance à Mont-de-Marsan, Landes, France. |
| janvier 1942 | Publication du premier numéro du journal clandestin Le Patriote de l’Oise. |
| avril 1944 | Accession à la présidence du Comité départemental de libération de l’Oise. |
| 14 novembre 1982 | Décès à Bobigny, Seine-Saint-Denis, France. |
Sources consultées
Le Maitron : Notice individuelle consultée en ligne pour la vérification de l’état civil et du parcours syndical. https://maitron.fr
Mémoire des Hommes : Base des titres, homologations et services pour la confirmation de la cote SHD du résistant. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Archives départementales de l’Oise : Consultation des répertoires de la presse clandestine pour valider son rôle de rédacteur. https://archives.oise.fr