Raymond Joseph BICHAUD, alias Bruno, né le 18 octobre 1911 à Saint-Gratien, Val-d’Oise, France, mort le 13 février 2005 à Marseille, Bouches-du-Rhône, France.
Jeunesse et formation
Raymond Joseph Bichaud naît le 18 octobre 1911 à Saint-Gratien, alors dans le département de Seine-et-Oise, aujourd’hui dans le Val-d’Oise. La date du 18 novembre 1911 figurant dans les renseignements transmis est erronée : les données d’état civil issues du fichier national des personnes décédées indiquent le 18 octobre 1911.
Selon le témoignage familial, il exerce dans sa jeunesse la profession de coiffeur à Paris. Les sources publiques consultées ne permettent pas de préciser sa formation professionnelle ni les établissements dans lesquels il aurait travaillé.
Mobilisation, captivité et évasion
D’après les renseignements familiaux, Raymond Bichaud est mobilisé lors de la campagne de France de 1940. Fait prisonnier à Troyes, Aube, France, il aurait été transféré dans un camp de prisonniers en Belgique. Ayant appris son prochain départ vers l’Allemagne, il se serait évadé et aurait rejoint sa mère à Paris.
Il aurait ensuite gagné Marseille, Bouches-du-Rhône, France, en zone non occupée, où résidait son frère Lucien Bichaud. Ce récit de captivité et d’évasion n’a pas pu être recoupé dans les bases publiques consultées. Sa vérification nécessiterait notamment la consultation de sa fiche matricule militaire et des archives relatives aux prisonniers de guerre.
Engagement dans la Résistance
Selon le témoignage familial, Raymond Bichaud entre dans la Résistance en 1943, après avoir été approché avec son frère Lucien par une connaissance du quartier, désignée sous le nom de « M. Bercier ».
L’appartenance de Raymond Bichaud au réseau Gallia est officiellement confirmée par l’inventaire du Service historique de la Défense. Deux dossiers sont signalés à son nom :
- GR 16 P 58454 : dossier administratif individuel de résistant ;
- GR 28 P 4 96, dossier 81 : dossier individuel d’agent du réseau Gallia, couvrant l’année 1944.
La présence de deux dossiers complémentaires constitue une preuve institutionnelle solide de son activité résistante et de sa reconnaissance comme agent de réseau.
Le pseudonyme « Bruno » est mentionné par la famille et aurait figuré sur la carte d’agent du réseau Gallia. Il n’apparaît toutefois pas dans l’inventaire nominatif publié par le Service historique de la Défense. Il devra être confirmé par la consultation du dossier ou de la carte originale.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Raymond Bichaud appartient au réseau Gallia, organisation de renseignement créée en 1943 à l’initiative du Bureau central de renseignements et d’action BCRA et des Mouvements unis de la Résistance MUR. Placé sous la direction d’Henri Gorce-Franklin, alias Franklin, Gallia avait pour mission principale de recueillir et de transmettre des renseignements militaires, notamment sur les unités allemandes, les mouvements de troupes, les fortifications et les objectifs stratégiques.
Le réseau était organisé en antennes régionales couvrant principalement la zone Sud. Lyon, Rhône, France, abritait sa centrale et constituait le centre de ses liaisons. À la veille des débarquements de 1944, Gallia était devenu l’un des principaux réseaux de renseignement dépendant du BCRA.
Missions et actions
Le témoignage familial présente Raymond Bichaud comme agent de liaison. Il aurait notamment effectué des déplacements entre Marseille et Lyon pour remettre ou recueillir des documents destinés à la centrale du réseau.
Il lui est également attribué une mission à Cannes, Alpes-Maritimes, France, portant sur des renseignements relatifs aux installations et infrastructures allemandes susceptibles d’intéresser la préparation du débarquement de Provence.
À Marseille, il aurait photographié clandestinement les installations allemandes établies à proximité de la villa Mon Rêve, en haut du boulevard Périer. Les recherches historiques confirment que la villa Mon Rêve constituait, au moment des combats de la Libération, un important point d’appui allemand : elle était notamment protégée par une pièce d’artillerie prenant le boulevard Périer en enfilade.
En revanche, les sources publiques retrouvées ne confirment pas qu’elle ait été précisément le siège des télécommunications allemandes, ni que les photographies aient été prises par Raymond Bichaud.
Ces missions sont cohérentes avec les activités générales du réseau Gallia, spécialisé dans le renseignement militaire et la reconnaissance des installations ennemies. Cette cohérence ne suffit cependant pas à les considérer comme formellement établies. Elles devront être vérifiées dans le dossier GR 28 P 4 96, dossier 81, ou dans les pièces familiales originales.
Arrestation, clandestinité et risques encourus
Aucune source consultée ne signale l’arrestation, la déportation ou l’incarcération de Raymond Bichaud.
Selon le témoignage familial, son frère Lucien, engagé lui aussi dans la Résistance, fut arrêté alors qu’il travaillait pour une organisation active dans la région de Bordeaux. Il aurait été interrogé et torturé dans les locaux de la Gestapo, rue Paradis à Marseille, sans révéler l’existence du groupe Gallia auquel appartenait Raymond.
Après cette arrestation, Raymond Bichaud aurait dissimulé du matériel de transmission ainsi qu’une valise contenant des fonds destinés au fonctionnement du réseau, puis se serait temporairement caché. Ces circonstances n’ont pas été retrouvées dans les sources publiques. La chronologie et le lieu exact de l’arrestation de Lucien devront être contrôlés dans son propre dossier d’agent.
Lucien Bichaud a survécu à la guerre. Son appartenance à Gallia est confirmée par deux côtes du Service historique de la Défense : GR 16 P 58453 et GR 28 P 4 95, dossier 80.
Camarades de combat
Lucien Bichaud, frère de Raymond, est formellement identifié comme agent du réseau Gallia. Le classement consécutif des dossiers de Lucien et Raymond dans les archives du réseau renforce l’identification des deux frères, sans fournir à lui seul le détail de leurs actions communes.
Le témoignage familial mentionne également un « M. Bercier » comme recruteur. Les inventaires du Service historique de la Défense comportent plusieurs résistants portant ce nom, notamment Émile Bercier, Henri Bercier et Rose Bercier. Les éléments disponibles ne permettent pas de déterminer lequel aurait recruté les frères Bichaud. Aucune identification ne doit donc être retenue avant consultation des dossiers.
Un résistant nommé « M. Blum » est également cité par la famille, mais l’absence de prénom, de pseudonyme ou de cote empêche toute identification fiable.
Retour à la vie civile
Raymond Bichaud se marie en 1943. Il est père de quatre enfants, deux filles et deux garçons, selon les renseignements familiaux.
Après la Libération, il reprend une vie civile à Marseille. Il aurait travaillé comme employé dans la droguerie tenue par son frère. Les sources publiques consultées ne donnent aucun renseignement complémentaire sur sa carrière professionnelle, ses activités associatives ou son éventuelle participation aux amicales d’anciens résistants.
Il meurt le 13 février 2005 dans le neuvième arrondissement de Marseille, à l’âge de 93 ans. Son acte de décès porte le numéro 289.
Décorations
Les renseignements familiaux évoquent « deux Croix de guerre sur le front de 1940 » et une « croix de guerre commémorative de la Résistance ».
Cette formulation pose deux difficultés :
- l’attribution de deux Croix de guerre peut désigner deux citations accompagnant une même Croix de guerre 1939-1945, plutôt que deux décorations distinctes ;
- il n’existe pas de décoration officiellement dénommée « croix de guerre commémorative de la Résistance ». Il pourrait s’agir de la Croix du combattant volontaire de la Résistance, mais cette identification ne peut être retenue sans examen de la médaille, du diplôme ou du brevet.
Aucun décret nominatif ni document officiel confirmant ces décorations n’a été retrouvé au cours de la présente recherche. Elles sont donc mentionnées comme informations familiales non encore vérifiées et ne peuvent être présentées sous la forme « décret du… Journal officiel du… ».
Aucune autre décoration n’a été trouvée dans les bases consultées. Cela ne signifie pas que Raymond Bichaud n’ait pas reçu d’autres distinctions, mais seulement qu’elles n’ont pu être établies par les présentes recherches.
Lieux de mémoire
Aucune rue, plaque, stèle ou autre lieu de mémoire portant le nom de Raymond Bichaud n’a été retrouvé.
La villa Mon Rêve, en haut du boulevard Périer à Marseille, constitue toutefois un lieu historique associé à l’une des missions qui lui sont attribuées. Son rôle de point d’appui allemand pendant les combats d’août 1944 est attesté, indépendamment de la mission personnelle de Raymond Bichaud.
Références bibliographiques
Le Réseau Gallia, 1943-1944, Jean-Philippe Meysonnier, mémoire de diplôme d’études approfondies, Institut d’études politiques de Paris, 1994. Cette étude porte sur l’organisation de Gallia, ses rapports avec le BCRA et les Mouvements unis de la Résistance, ses antennes régionales et ses méthodes de collecte et de transmission du renseignement.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, direction scientifique, Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2006. La notice consacrée à Gallia replace le réseau dans l’histoire générale des services de renseignement de la France combattante.
Références internet
Service historique de la Défense. L’inventaire de la sous-série GR 28 P 4 confirme l’existence des dossiers individuels de Raymond Bichaud et de Lucien Bichaud parmi les agents du réseau Gallia. Il fournit également les renvois vers leurs dossiers administratifs de résistants en GR 16 P. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2019-10/SHDGR_INV_28P4_DOSSIERS_DES_AGENTS_DES_RESEAUX_0.pdf
Mémoire vive de la Résistance. La fiche consacrée au réseau Gallia décrit sa création en 1943, son rattachement au BCRA, sa direction et sa mission de renseignement militaire. Aucune notice individuelle consacrée à Raymond Bichaud n’y a été retrouvée. https://mvr.asso.fr/le-reseau-gallia/
Amicale Mémoire du réseau Gallia. Le site de l’Amicale présente l’histoire du réseau, son organisation, son rôle dans le renseignement militaire et les travaux mémoriels réalisés par les anciens agents et leurs descendants. https://www.reseaugallia.org/index.php/le-reseau-gallia/
Musée de la Résistance en ligne. Le musée reproduit l’inventaire des dossiers individuels des agents de réseaux conservés par le Service historique de la Défense. Raymond Bichaud y figure sous les cotes GR 16 P 58454 et GR 28 P 4 96, dossier 81. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/243.pdf
Mémoire vive de la Résistance – Libération de Marseille. Le témoignage d’Ivan Beltrami confirme que la villa Mon Rêve était un point d’appui allemand défendu par une pièce d’artillerie lors des combats d’août 1944. https://mvr.asso.fr/la-liberation-de-marseille-par-le-professeur-ivan-beltrami/
Dossier d’homologation consulté
Le dossier administratif GR 16 P 58454 et le dossier d’agent du réseau Gallia GR 28 P 4 96, dossier 81, ont été identifiés dans l’inventaire du Service historique de la Défense, mais leur contenu n’a pas été directement consulté.
Le dossier de Lucien Bichaud est conservé sous les cotes GR 16 P 58453 et GR 28 P 4 95, dossier 80.
Les attestations FFC et la carte du réseau Gallia signalées par la famille n’étaient pas jointes au texte soumis et n’ont donc pas pu être examinées.
Observations
La date de naissance transmise, « 18 novembre 1911 », doit être corrigée en « 18 octobre 1911 ».
Le prénom complet retrouvé dans l’état civil est Raymond Joseph Bichaud.
Le lieu de naissance indiqué initialement comme « région parisienne » est précisément Saint-Gratien, Val-d’Oise, France.
Le pseudonyme « Bruno », les missions à Lyon et Cannes, les photographies de la villa Mon Rêve, la dissimulation du matériel radio et des fonds du réseau reposent actuellement sur le témoignage familial. Ils doivent être contrôlés dans les archives de Gallia.
Aucune photographie de Raymond Bichaud n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées. Le texte mentionne une photographie familiale jointe, mais celle-ci ne figurait pas dans le fichier reçu.
Tableau des divergences entre les sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date de naissance | Renseignements transmis : 18 novembre 1911 | État civil des décès : 18 octobre 1911 | 18 octobre 1911 |
| Lieu de naissance | « Région parisienne » | État civil : Saint-Gratien | Saint-Gratien, Val-d’Oise, France |
| Prénoms | Raymond Bichaud | État civil : Raymond Joseph Bichaud | Raymond Joseph Bichaud |
| Pseudonyme | Témoignage familial : Bruno | Non indiqué dans l’inventaire du SHD | Mentionné avec réserve |
| Recruteur | « M. Bercier » | Plusieurs résistants homonymes dans les inventaires | Identité non déterminée |
| Décoration de la Résistance | « Croix de guerre commémorative de la Résistance » | Aucune décoration ne porte officiellement ce nom | Décoration non identifiée |
| Villa Mon Rêve | Siège des télécommunications allemandes selon la famille | Point d’appui allemand et position d’artillerie attestés | Fonction de télécommunications non confirmée |
Chronologie
| Date | Événement |
| 18 octobre 1911 | Naissance à Saint-Gratien |
| 1940 | Mobilisation, captivité et évasion selon le témoignage familial |
| 1943 | Installation à Marseille, mariage et entrée présumée dans Gallia |
| 1943-1944 | Activités de renseignement et de liaison attribuées à Raymond Bichaud |
| 1944 | Présence officiellement attestée dans les dossiers individuels de Gallia |
| Après août 1944 | Retour à la vie civile et emploi dans la droguerie familiale |
| 13 février 2005 | Décès à Marseille |
Justification de l’indice de fiabilité
La notice est classée au niveau B. L’existence de Raymond Bichaud, son appartenance au réseau Gallia et les cotes de ses dossiers sont confirmées par une source institutionnelle de premier ordre, le Service historique de la Défense. Son identité civile est également établie.
Le niveau A ne peut cependant pas être attribué tant que le contenu des dossiers GR 16 P 58454 et GR 28 P 4 96, dossier 81, n’a pas été examiné. Les missions précises, le pseudonyme, les circonstances de son recrutement et ses décorations reposent encore principalement sur la mémoire familiale.
Sources consultées le 23 juillet 2026
Ont notamment été interrogés : Mémoire vive de la Résistance, le Service historique de la Défense, Mémoire des hommes, le Musée de la Résistance en ligne, le Maitron, la Fondation de la Résistance, l’Ordre de la Libération, la base Léonore, Gallica, les sites consacrés au réseau Gallia et les bases d’état civil des personnes décédées. Aucune notice biographique individuelle consacrée à Raymond Bichaud n’a été retrouvée hors des inventaires archivistiques du SHD.



