Les services sociaux de l’UGIF relèvent de l’Union générale des Israélites de France, instituée par la loi du 29 novembre 1941 à l’initiative du régime de Vichy sous pression allemande.
Les sources consultées les présentent comme un ensemble de services d’assistance sociale intégrés à l’UGIF, notamment en zone occupée. La forme principale retenue ici est « Services sociaux de l’UGIF ». Les variantes observées dans les sources sont « service d’assistance sociale de l’UGIF » et, pour un secteur particulier, « Service social des Jeunes ».
À Paris, France, les sources mémorielles situent notamment un service d’assistance sociale de l’UGIF au 29, rue de la Bienfaisance, Paris, France. Les fonds d’archives signalent par ailleurs des dossiers relatifs au personnel, au service de l’enfance et de la jeunesse, au service juridique, au budget et aux immeubles de l’UGIF.
Organisation interne
L’UGIF est organisée en deux structures autonomes, l’une en zone occupée sous André Baur, l’autre en zone libre sous Raymond-Raoul Lambert. Sa mission officielle couvre l’aide sociale, la prévoyance et le reclassement. Les services sociaux s’inscrivent dans ce cadre légal et administratif, avec des établissements, des services d’accueil, des maisons d’enfants et des services spécialisés selon les publics.
Une divergence importante doit être signalée entre les sources. Certaines décrivent les services sociaux de l’UGIF comme un cadre légal souvent contesté, instrumentalisé par les persécuteurs et vulnérable aux rafles.
D’autres montrent qu’à l’intérieur ou à proximité de ces services ont existé des initiatives de secours, de protection d’enfants et, dans certains cas, des couvertures servant à des activités clandestines de sauvetage. Cette tension documentaire est centrale pour comprendre l’objet étudié.
Actions menées pendant la guerre
Les services sociaux de l’UGIF ont assuré une assistance matérielle et sociale à des Juifs persécutés, notamment après les arrestations et les rafles. Les sources relatives à Hélène Berr montrent qu’elle y travaille à partir de juillet 1942 afin de renseigner et de secourir des personnes dont les proches ont été arrêtés.
En même temps, ces services ont évolué dans un cadre extrêmement contraint. Les sources consultées indiquent qu’une rafle est menée le 30 juillet 1943 dans les locaux de l’UGIF rue de la Bienfaisance, Paris, France.
Le texte de la plaque commémorative approuvé par la Ville de Paris indique que 67 personnes y furent arrêtées, internées à Drancy, 52 déportées et 2 survivantes. Le Mémorial de la Shoah signale en outre que cette opération démantèle un service clandestin de faux papiers.
Pour le cas particulier du Service social des Jeunes, les sources du Musée de la Résistance en ligne indiquent qu’il sert à partir d’août 1942 de couverture à l’organisation clandestine dite « la Sixième », issue des Éclaireurs israélites de France.
Cette structure permet la fabrication de faux papiers, la protection et l’évasion de jeunes Juifs, avec plusieurs centaines de vies sauvées selon les notices biographiques et thématiques consultées. Cette donnée concerne toutefois une composante particulière et ne peut être étendue sans précaution à l’ensemble des services sociaux de l’UGIF.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources consultées signalent des liens avec des réseaux de sauvetage et des organisations juives clandestines. Mémoire Vive de la Résistance évoque des retraits clandestins d’enfants confiés à l’UGIF, avec l’intervention de Solidarité, de l’OSE ou du réseau de la rue Amelot.
Le Musée de la Résistance en ligne montre, pour le Service social des Jeunes, des articulations avec les Éclaireurs israélites de France, la Sixième et des filières de passage vers la Suisse ou l’Espagne.
Dans d’autres cas, les liens sont conflictuels. À Lyon, des résistants juifs exigent en juin 1944 la destruction de dossiers dangereux conservés dans des locaux de l’UGIF, avant d’en faire détruire certains bureaux. Les sources montrent ainsi à la fois des formes de contact, d’infiltration, de couverture et d’opposition.
André Baur est vice-président national et principal responsable de l’UGIF en zone Nord. Les sources le placent au cœur de l’appareil légal de l’UGIF, tout en soulignant sa vulnérabilité croissante face à la Gestapo. Il est arrêté à la fin de juin 1943 puis interné à Drancy.
Raymond-Raoul Lambert dirige l’UGIF en zone Sud. Les sources le présentent comme l’un des principaux responsables de l’institution, après avoir dirigé auparavant le Comité d’assistance aux réfugiés.
Hélène Berr travaille dans les services sociaux de l’UGIF à Paris à partir de juillet 1942 comme secrétaire puis assistante sociale bénévole. Les sources consultées la rattachent directement à cette activité d’aide aux persécutés. Elle est arrêtée en 1944, déportée, et meurt en déportation en 1945.
Marc Haguenau apparaît, pour le secteur particulier du Service social des Jeunes, comme responsable officiel de cette sixième section de la direction Jeunesse de l’UGIF servant de couverture à la Sixième clandestine. Les résultats consultés ne permettent pas ici de préciser davantage son sort de guerre dans le strict cadre de cette notice.
Robert Gamzon est signalé comme organisateur de la protection de jeunes Juifs sous de fausses identités grâce au Service social des Jeunes formé en août 1942. Il survit à la guerre et poursuit ensuite des responsabilités associatives.
Victimes et morts
Le cas le mieux documenté dans les sources consultées est celui de la rafle du 30 juillet 1943 au 29, rue de la Bienfaisance, Paris, France. Les chiffres retenus par la plaque commémorative sont 67 arrestations, 52 déportations et 2 survivantes. La source consultée ne livre pas ici la liste complète des victimes.
Hélène Berr, engagée dans les services sociaux de l’UGIF, figure parmi les personnes associées à cette histoire qui meurent en déportation. Les résultats consultés ne permettent pas d’établir une liste close de tous les personnels ou assistés morts pour l’ensemble des services sociaux de l’UGIF.
Survivants identifiés
Les sources consultées n’autorisent pas une liste générale des survivants de l’ensemble des services sociaux de l’UGIF. Elles permettent seulement de relever, pour la rafle de la rue de la Bienfaisance, l’existence de 2 survivantes selon le texte officiel de la plaque. Robert Gamzon est par ailleurs identifié comme survivant dans le cadre du Service social des Jeunes et de ses prolongements clandestins.
Les services sociaux de l’UGIF cessent avec la disparition de l’UGIF à la Libération.
Leur histoire de guerre se termine dans des conditions contrastées : arrestations, rafles, dispersion des personnels, poursuite de certaines activités clandestines de sauvetage jusqu’en 1944 et, pour certaines composantes comme le Service social des Jeunes, prolongement de l’action après la Libération.
Conséquences et mémoire
La mémoire des services sociaux de l’UGIF est marquée par une double dimension. D’une part, ils demeurent associés à l’assistance apportée à des persécutés dans un cadre légal imposé. D’autre part, ils sont liés à la mémoire des rafles, des déportations et des ambiguïtés de l’UGIF. La plaque commémorative du 29, rue de la Bienfaisance, Paris, France, constitue le principal repère mémoriel explicitement documenté dans les sources consultées pour l’intitulé retenu ici.
Références bibliographiques
Des Juifs dans la collaboration, l’UGIF 1941-1944 Maurice Rajsfus, Paris, Éditions ouvrières, 1980, rééd. 2021. Ouvrage central pour l’histoire institutionnelle de l’UGIF et des controverses qui l’entourent.
L’UGIF face aux réalités de la Shoah, 1941-1944 Michel Laffitte, Paris, Liana Levi, 2003. Référence de fond sur la structure, le fonctionnement et les tensions internes de l’UGIF.
La Résistance oubliée des Juifs en France Sylvie Altar, Paris, Tirésias, 2021. Ouvrage utile pour situer les usages clandestins de structures légales juives dans le sauvetage et la Résistance.
La Résistance juive Lucien Lazare, Paris, Éditions du Nadir, 2001. Ouvrage de contexte sur les réseaux de sauvetage, les filières et les organisations juives clandestines.
Le Journal d’Hélène Berr Hélène Berr, Paris, Tallandier, éd. courante. Témoignage direct essentiel pour l’activité sociale menée à l’UGIF à Paris.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance notice sur l’Union générale des Israélites de France, utile pour la structure générale, les dirigeants et la mémoire du service d’assistance sociale de la rue de la Bienfaisance. https://mvr.asso.fr/lunion-generale-des-israelites-de-france-ugif/
Ville de Paris délibération relative à la plaque commémorative du 29, rue de la Bienfaisance, avec le texte officiel mentionnant les arrestations, déportations et survivantes. https://a06-v7.apps.paris.fr/a06/jsp/site/plugins/odjcp/DoDownload.jsp?id_entite=37849&id_type_entite=6
Mémorial de la Shoah ressource consacrée à Hélène Berr et aux services sociaux de l’UGIF, avec mention de la rafle du 30 juillet 1943.
Musée de la Résistance en ligne notice sur « La Sixième ou Service social des jeunes », qui documente l’usage clandestin d’une section de l’UGIF comme couverture de sauvetage. https://museedelaresistanceenligne.org/media11121-La-Sixieme-ou-Service-social-des-jeunes-organisation-clandestine-des-Eclaireurs-israelites-de-France
FranceArchives inventaires relatifs à l’organisation de l’UGIF, notamment au service de l’enfance et de la jeunesse et au contrôle exercé sur l’institution. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/f03b16a67d1b2d12b95dc81b6866c3768ee433ae
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, vérification du 16 mars 2026. Maitron, vérification du 16 mars 2026, sans notice exactement intitulée « Services sociaux de l’UGIF » repérée. Fondation de la Résistance, vérification du 16 mars 2026, résultats de contexte mais pas de notice autonome exactement à ce titre dans les résultats consultés. Musée de la Résistance en ligne, vérification du 16 mars 2026. Mémoire des Hommes, vérification du 16 mars 2026, pas de base directement dédiée à cet intitulé identifiée dans les résultats consultés. Ordre de la Libération, vérification du 16 mars 2026, pas de notice spécifique à cet intitulé repérée. Gallica, vérification du 16 mars 2026, résultats de contexte seulement. Service historique de la Défense, vérification du 16 mars 2026, présence signalée indirectement dans les notices consultées sur le Service social des Jeunes, sans consultation directe d’un inventaire ouvert dans cette session. FranceArchives, vérification du 16 mars 2026. Mémorial de la Shoah, vérification du 16 mars 2026. Ville de Paris, vérification du 16 mars 2026.