Le Commissariat Général aux Questions Juives est créé par la loi du 29 mars 1941, publiée au Journal officiel de l’État français du 31 mars 1941.
Les sources convergent pour le définir comme un organisme administratif du régime de Vichy chargé de coordonner la politique antisémite, sous pression allemande. La forme principale retenue ici est « Commissariat Général aux Questions Juives », avec comme variante courante « Commissariat général aux questions juives » et le sigle « CGQJ ».
Le siège de direction est à Vichy, Allier, France, avec des services centraux et des échelons territoriaux.
Les dirigeants successifs signalés par les instruments d’archives et les sources mémorielles sont Xavier Vallat de mars 1941 à mars 1942, Louis Darquier de Pellepoix de mai 1942 à février 1944, puis Charles Mercier du Paty de Clam à partir de février 1944.
Organisation interne
Les instruments de recherche des Archives nationales montrent que le CGQJ dispose d’une organisation administrative complète, avec cabinet, services rattachés, services de législation et de contentieux, inspection générale, directions territoriales, ainsi qu’une direction du contrôle de l’UGIF.
Les fonds conservés sous la sous-série AJ/38 documentent son organisation interne, sa correspondance, ses dossiers de spoliation et ses rapports avec les autres administrations de Vichy.
Les sources disponibles permettent d’établir que le CGQJ intervient à la fois dans l’application du statut des Juifs, dans le recensement administratif, dans l’aryanisation économique et dans le contrôle d’organismes imposés aux Juifs, notamment l’UGIF. Il s’agit donc d’un appareil de persécution doté de services spécialisés et d’archives abondantes.
Actions menées pendant la guerre
Le CGQJ participe à la mise en œuvre de la politique antijuive de Vichy. Les sources du Musée de la Résistance en ligne et de FranceArchives le montrent impliqué dans la délivrance ou le refus de certificats de non-appartenance à la « race juive », dans les enquêtes visant les Juifs cachés, dans le suivi des filières de sauvetage et dans la transmission d’informations utiles aux persécutions.
Les archives et les sources de contexte indiquent également son rôle dans l’aryanisation des biens et dans le contrôle de l’UGIF. Plusieurs dossiers d’archives décrivent explicitement la surveillance de l’UGIF et la conservation de dossiers individuels ouverts par le CGQJ puis complétés après-guerre par les services de restitution.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le CGQJ entretient des relations administratives étroites avec les services de l’État français, avec les préfectures et avec les organismes de contrôle et de spoliation. Les sources consultées le montrent aussi en interaction avec l’UGIF, placée sous sa surveillance, et avec les autorités allemandes, qui exercent une pression décisive sur son action.
Des notices du Musée de la Résistance en ligne montrent que des groupes de Résistance juive ou des sauveteurs ont dû agir contre les conséquences de ses enquêtes, de ses contrôles et de ses fichiers. À Lyon, en 1944, des résistants juifs occupent même la direction régionale du CGQJ au moment de la Libération.
Chefs et figures marquantes
Xavier Vallat est le premier commissaire général. Les sources mémorielles et archivistiques le présentent comme le responsable de la mise en place initiale du CGQJ et de l’encadrement de la législation antisémite à partir de mars 1941.
Louis Darquier de Pellepoix lui succède en mai 1942. Les instruments d’archives le désignent comme le second chef du CGQJ, à une période où les persécutions et les déportations s’intensifient.
Charles Mercier du Paty de Clam prend ensuite la tête du CGQJ en 1944. Les sources consultées l’identifient comme le dernier dirigeant de l’institution sous Vichy.
Victimes et morts
Les victimes directement liées à l’action du CGQJ sont les Juifs persécutés, spoliés, arrêtés ou repérés à la faveur de ses enquêtes, de ses contrôles et de ses fichiers.
Le CGQJ disparaît avec l’effondrement du régime de Vichy et la Libération. Les archives conservées montrent que ses dossiers ont ensuite alimenté les procédures de restitution, d’épuration et de recherche sur les spoliations.
Conséquences et mémoire
Le CGQJ occupe une place centrale dans la mémoire administrative des persécutions antisémites en France. Sa mémoire est aujourd’hui principalement conservée à travers les fonds des Archives nationales, les travaux sur les spoliations et les ressources des institutions mémorielles consacrées à la Shoah et à la Résistance.
Références bibliographiques
La destruction des Juifs d’Europe Raul Hilberg, Paris, Gallimard, rééd. Folio histoire, 2006. Ouvrage de référence pour le cadre général de la persécution, incluant les dispositifs administratifs français.
Des Juifs dans la collaboration, l’UGIF 1941-1944 Maurice Rajsfus, Paris, Éditions ouvrières, 1980, rééd. 2021. Ouvrage utile pour comprendre les rapports entre administration antisémite, contrôle institutionnel et persécution.
La Résistance oubliée des Juifs en France Sylvie Altar, Paris, Tirésias, 2021. Ouvrage de contexte sur les résistances juives confrontées aux institutions de persécution.
Rafles. Nice 1942-1944 Jean-Luc Guillet, Nice, Éditions Baie des Anges, 2013. Référence de contexte sur les interactions entre Gestapo, police et services du CGQJ dans les Alpes-Maritimes.
La Résistance juive Lucien Lazare, Paris, Éditions du Nadir, 2001. Ouvrage de contexte sur les réseaux de sauvetage et leur confrontation avec les administrations antisémites.
Références internet
Légifrance texte de la loi du 29 mars 1941 portant création du Commissariat Général aux Questions Juives. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000313418
FranceArchives présentation du fonds AJ/38 consacré au Commissariat général aux questions juives, utile pour l’organisation interne, les attributions et la documentation conservée. https://francearchives.gouv.fr/fr/article/87249742
FranceArchives inventaires relatifs au cadre législatif, à l’organisation et au contrôle de l’UGIF par le CGQJ. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/f03b16a67d1b2d12b95dc81b6866c3768ee433ae
Musée de la Résistance en ligne document de contexte sur l’aggravation de la politique antisémite en 1941 et sur le rôle du CGQJ. https://museedelaresistanceenligne.org/media11544-Interdiction-aux-commissaires-de-police-de-delivrer-des-certificats-de-non-appartenance-a-la-race-juive-Marseille-18-mai-1942
Mémoire Vive de la Résistance article de contexte sur le rôle du CGQJ dans la persécution des Juifs et dans le cadre de la Résistance juive. https://mvr.asso.fr/la-role-des-juifs-dans-la-resistance-francaise/
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, vérification du 16 mars 2026. Maitron, vérification du 16 mars 2026, sans notice dédiée au CGQJ comme organisation autonome de Résistance repérée. Fondation de la Résistance, vérification du 16 mars 2026, sans notice dédiée repérée dans les résultats consultés. Musée de la Résistance en ligne, vérification du 16 mars 2026. Mémoire des Hommes, vérification du 16 mars 2026, pas de base directement dédiée au CGQJ identifiée dans les résultats consultés. Ordre de la Libération, vérification du 16 mars 2026, résultats de contexte mais pas de notice spécifique au CGQJ. Gallica, vérification du 16 mars 2026, résultats de contexte seulement. Service historique de la Défense, vérification du 16 mars 2026, mentionné dans des notices secondaires consultées mais pas de consultation directe d’un inventaire nominatif au nom du CGQJ dans les résultats ouverts. FranceArchives, vérification du 16 mars 2026. Légifrance, vérification du 16 mars 2026.