Administration de l’État français siégeant à Vichy, Allier, France, chargée de l’aide aux prisonniers de guerre français, aux prisonniers rapatriés ou évadés et à leurs familles.
La vérification préalable a été effectuée sous les formes « Commissariat général aux prisonniers de guerre », « Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre », « Commissariat aux prisonniers de guerre », « Vichy prisonniers de guerre » et « Maurice Pinot Commissariat ». Aucune fiche spécifique consacrée à cette administration n’a été retrouvée sur le site Mémoire Vive de la Résistance lors de la présente recherche.
Nom du réseau ou mouvement
La forme principale retenue est Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre.
Il ne s’agit pas d’un réseau ou d’un mouvement de Résistance, mais d’une administration officielle de l’État français de Vichy. La fiche est néanmoins utile car plusieurs futurs responsables du RNPG, du MNPGD et des mouvements de prisonniers de guerre résistants sont passés par cette structure avant leur entrée dans la clandestinité.
Création du réseau
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre est créé par le régime de Vichy pour traiter la question des prisonniers de guerre français capturés en 1940 et détenus dans les stalags et oflags allemands, ainsi que celle des familles de prisonniers.
Les sources consultées ne permettent pas, dans la présente recherche, d’établir la date administrative exacte de création par décret. Elles confirment toutefois l’existence et le rôle du Commissariat dans le dispositif de Vichy relatif aux prisonniers de guerre.
Organisation interne
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre organise l’aide aux prisonniers et à leurs familles. Les sources consultées mentionnent notamment l’envoi de colis, l’assistance aux prisonniers libérés, rapatriés ou évadés, ainsi que les centres d’entraide.
Maurice Pinot dirige cette administration avant d’être remplacé en janvier 1943 par André Masson, présenté par les sources comme favorable à une orientation collaborationniste.
Actions menées pendant la Résistance
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre ne doit pas être présenté comme une organisation de Résistance.
En revanche, son personnel et ses réseaux administratifs constituent un vivier important pour la formation ultérieure du Rassemblement national des prisonniers de guerre.
Plusieurs cadres passés par le Commissariat quittent l’administration de Vichy en 1943 et participent à la création ou à l’organisation du RNPG.
La structure sert donc de cadre préalable, administratif et relationnel, à une partie de la Résistance des prisonniers de guerre, sans être elle-même un mouvement clandestin.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les liens les plus importants concernent le RNPG. Les sources consultées indiquent que les fondateurs du RNPG étaient passés par le Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre de Vichy.
Le CHRD Lyon rappelle que, avant d’entrer en Résistance, plusieurs membres du RNPG avaient présidé aux destinées du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre de Vichy, et que François Mitterrand en fut la cheville ouvrière dans le cadre du RNPG.
Chefs et figures marquantes
Maurice Pinot dirige le Commissariat général aux prisonniers de guerre avant son éviction en janvier 1943. Il rejoint ensuite l’environnement du RNPG et du MNPGD. Il survit à la guerre.
François Mitterrand travaille au Commissariat général aux prisonniers de guerre, puis démissionne après le remplacement de Maurice Pinot. Il devient ensuite l’un des principaux organisateurs du RNPG et du MNPGD. Il survit à la guerre.
Jean Védrine appartient à l’environnement du Commissariat et rejoint ensuite le RNPG puis le MNPGD. Il survit à la guerre.
Marcel Barrois, Jacques Bénet et d’autres responsables du RNPG sont associés à cette nébuleuse de prisonniers de guerre rapatriés, évadés ou engagés dans l’entraide puis la Résistance.
Victimes et morts
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre, comme administration, ne possède pas de liste de victimes résistantes propre dans les sources consultées.
Certaines personnes passées par ce milieu ou par le RNPG sont toutefois arrêtées, déportées ou tuées après leur engagement résistant. Marcel Barrois, responsable du MNPGD, est arrêté le 30 avril 1944 et meurt dans le train qui le conduit vers Buchenwald.
Survivants identifiés
Maurice Pinot, François Mitterrand, Jacques Bénet et Jean Védrine survivent à la guerre.
Fin du Commissariat
Le Commissariat de Vichy cesse d’être le cadre de référence des anciens prisonniers résistants lorsque ses cadres dissidents quittent l’administration et s’engagent dans le RNPG, puis lorsque les structures de la Libération réorganisent la prise en charge des prisonniers, déportés et rapatriés.
Après la Libération, les questions relatives aux prisonniers, déportés et réfugiés sont reprises par les services du Gouvernement provisoire, notamment autour d’Henri Frenay et des organismes qui succèdent aux structures de guerre.
Conséquences et mémoire
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre occupe une place ambiguë dans l’histoire de la Résistance. Il appartient à l’appareil administratif de Vichy.
Toutefois, certains de ses cadres évoluent vers la dissidence, démissionnent après l’éviction de Maurice Pinot et participent ensuite à la création du RNPG.
Cette trajectoire explique que le Commissariat soit souvent étudié dans les travaux sur les « vichysto-résistants » et sur la genèse du RNPG.
Références bibliographiques
Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français. Naissance et développement de la FNDPG, 1944-1952. Ouvrage universitaire qui analyse le rôle des mouvements de prisonniers de guerre et la place des anciens cadres du Commissariat dans la formation du RNPG.
Jean Védrine, Les Prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance, 1940-1945. Ouvrage de référence sur les rapports entre l’administration de Vichy, les prisonniers de guerre et les engagements résistants.
Pierre Péan, Une jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947. Ouvrage utile pour comprendre le passage de François Mitterrand du Commissariat aux prisonniers de guerre vers le RNPG.
Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français. Biographie détaillant l’environnement du Commissariat, de Maurice Pinot et du RNPG.
François Marcot, dir., Dictionnaire historique de la Résistance. Ouvrage collectif permettant de replacer le RNPG, le MNPGD et les organisations de prisonniers de guerre résistants dans l’ensemble de la Résistance intérieure.
Références internet
CHRD Lyon Page de l’exposition « Prisonniers de guerre », indiquant que plusieurs membres du futur RNPG avaient présidé aux destinées du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre de Vichy avant d’entrer en Résistance. URL : https://www.chrd.lyon.fr/musee/exposition-prisonniers-guerre/depuis-la-france
OpenEdition Books Chapitre de Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français, apportant des éléments sur le rôle du Commissariat général aux prisonniers de guerre dans la genèse du RNPG. URL : https://books.openedition.org/psorbonne/70499
CPRD Landes Article sur le MRPGD rappelant la création par l’État français du Commissariat général aux Prisonniers de guerre et son rôle d’aide aux prisonniers. URL : https://cprd-landes.org/les-landes-dans-la-guerre/la-resistance-dans-les-landes/un-reseau-de-resistance-peu-connu-le-mouvement-de-resistance-des-prisonniers-de-guerre-et-deportes/
Musée de la Résistance en ligne Ressource relative au MNPGD mentionnant le Commissariat général aux prisonniers de guerre dans le contexte de la Libération de Paris et de la prise de ses locaux. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media4322-Insigne-du-bataillon-Libert-MNPGD
Mémoire Vive de la Résistance Site consulté pour la vérification préalable. Aucune fiche spécifique consacrée au Commissariat général aux prisonniers de guerre retrouvée. URL : https://mvr.asso.fr/
Observations
Le Commissariat général aux prisonniers de guerre est une administration de Vichy, non un mouvement de Résistance.
Il doit être traité comme une structure administrative ayant servi de matrice relationnelle à une partie du RNPG, et non comme un réseau clandestin.
Le remplacement de Maurice Pinot en janvier 1943 marque une rupture importante pour plusieurs cadres qui basculent ensuite vers la clandestinité.
Indice de fiabilité de la notice B
L’existence et le rôle du Commissariat sont attestés par plusieurs sources historiques et mémorielles. Son lien avec la genèse du RNPG est confirmé par le CHRD Lyon, OpenEdition et des travaux historiques sur les prisonniers de guerre. La fiche ne peut pas être classée en fiabilité A car la présente recherche n’a pas retrouvé le texte administratif de création, l’organigramme complet ni une notice institutionnelle exhaustive consacrée au Commissariat.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1940 | Capture massive de prisonniers français après la défaite |
| 1940-1941 | Mise en place par Vichy de structures d’aide aux prisonniers et à leurs familles |
| 1941-1942 | Fonctionnement du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre |
| Janvier 1943 | Remplacement de Maurice Pinot par André Masson |
| 1943 | Démission ou départ de plusieurs cadres, dont François Mitterrand, qui participent ensuite au RNPG |
| 12 mars 1944 | Fusion du RNPG, du MRPGD et du CNPG dans le MNPGD |
| Août 1944 | Libération de Paris et reprise des locaux du Commissariat dans le contexte de la Libération |
Sources consultées le 5 juin 2026
CHRD Lyon : page « Depuis la France » de l’exposition Prisonniers de guerre, informations sur le Commissariat général aux prisonniers de guerre et ses liens avec les futurs membres du RNPG. https://www.chrd.lyon.fr/musee/exposition-prisonniers-guerre/depuis-la-france
OpenEdition Books : Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français, chapitre sur les mouvements de prisonniers de guerre et le rôle du Commissariat dans la genèse du RNPG. https://books.openedition.org/psorbonne/70499
CPRD Landes : article sur le MRPGD rappelant le rôle du Commissariat général aux Prisonniers de guerre dans l’aide aux prisonniers et aux familles. https://cprd-landes.org/les-landes-dans-la-guerre/la-resistance-dans-les-landes/un-reseau-de-resistance-peu-connu-le-mouvement-de-resistance-des-prisonniers-de-guerre-et-deportes/
Musée de la Résistance en ligne : ressource relative au MNPGD et à la Libération, mentionnant le Commissariat général aux prisonniers de guerre. https://museedelaresistanceenligne.org/media4322-Insigne-du-bataillon-Libert-MNPGD
Fondation de la Résistance : recherche documentaire sur le RNPG, le MNPGD et les prisonniers de guerre résistants. https://www.fondationresistance.org/
Mémoire des Hommes : recherche générale, aucun dossier collectif spécifique du Commissariat retrouvé. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche générale, aucune notice collective consacrée au Commissariat retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica BnF : recherche bibliographique sur le Commissariat général aux prisonniers de guerre, le RNPG et le MNPGD. https://gallica.bnf.fr/
Wikipédia : pages relatives au MNPGD et à François Mitterrand consultées uniquement en complément et recoupées. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_national_des_prisonniers_de_guerre_et_d%C3%A9port%C3%A9s ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand