Le Comité national des prisonniers de guerre, généralement abrégé CNPG, est une organisation clandestine de Résistance issue du milieu des prisonniers de guerre français. Les sources consultées le présentent comme une branche spécialisée du Front national, d’obédience communiste, active avant son intégration dans le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
La forme principale retenue est Comité national des prisonniers de guerre. Les variantes observées sont CNPG, C.N.P.G., Comité National des Prisonniers de Guerre et, dans certaines sources secondaires, groupe Delarue, du pseudonyme de Robert Paumier.
Création du Comité
Le CNPG est constitué en 1943. Les sources divergent légèrement sur la précision chronologique : certaines indiquent octobre 1943, tandis que d’autres mentionnent plus largement l’année 1943. Le mouvement est créé dans l’environnement du Front national, organisation de Résistance d’obédience communiste.
Son objectif est de regrouper des prisonniers de guerre, évadés ou rapatriés, dans une structure clandestine de Résistance. Il participe au mouvement général de politisation et d’organisation résistante du monde des prisonniers de guerre français.
Organisation interne
Les sources consultées indiquent que Robert Paumier, évadé du Stalag VC, est le principal animateur du CNPG. Certaines sources mentionnent également Pierre Bugeaud en 1944.
Le CNPG paraît avoir disposé d’une implantation significative dans la région parisienne. Les sources disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément sa hiérarchie complète, ses effectifs nationaux ou l’ensemble de ses subdivisions régionales. Les lacunes documentaires imposent donc de limiter la description à ce qui est explicitement attesté.
Actions menées pendant la Résistance
Le CNPG agit dans le cadre de la Résistance des prisonniers de guerre. Les sources consultées le rattachent à l’organisation clandestine des prisonniers évadés ou rapatriés et à la mobilisation politique de ce milieu en liaison avec le Front national.
Les sources consultées ne permettent pas de dresser une liste précise d’opérations menées directement sous le seul nom du CNPG. Son action est surtout attestée par son rôle dans la structuration des prisonniers de guerre résistants et par sa participation à la fusion du 12 mars 1944 qui donne naissance au Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le CNPG est lié au Front national, mouvement de Résistance d’obédience communiste. Il est également l’une des trois organisations de prisonniers de guerre résistants qui fusionnent le 12 mars 1944 avec le Rassemblement national des prisonniers de guerre et le Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés.
Cette fusion donne naissance au Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Elle est réalisée sous l’égide de la Résistance intérieure et dans le contexte des efforts d’unification soutenus par les autorités de la France combattante.
Chefs et figures marquantes
Robert Paumier, alias Delarue, est présenté par les sources comme le principal animateur du CNPG. Évadé du Stalag VC, il représente le CNPG lors de la fusion du 12 mars 1944 et entre au comité directeur national du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Les sources consultées ne permettent pas de préciser ici son parcours complet après la fusion.
Pierre Bugeaud est mentionné dans une chronologie mémorielle comme associé au CNPG en 1944. Les sources consultées ne permettent pas de préciser son rôle exact ni son sort pendant la guerre.
Victimes et morts
Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste vérifiée de membres du CNPG morts au combat, fusillés ou morts en déportation. Les pertes éventuelles du CNPG sont difficiles à isoler car, après le 12 mars 1944, ses militants sont intégrés dans le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
Survivants identifiés
Robert Paumier est identifié comme représentant du CNPG au moment de la fusion dans le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Les sources consultées ne permettent pas de dresser une liste complète et vérifiée des survivants du CNPG.
Fin du Comité
Le CNPG cesse d’exister comme organisation autonome lors de la fusion du 12 mars 1944. Il rejoint alors le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés, avec le Rassemblement national des prisonniers de guerre et le Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés.
Cette fusion marque l’intégration du CNPG dans une structure nationale unifiée des prisonniers de guerre résistants.
Conséquences et mémoire
La mémoire du CNPG est généralement intégrée à celle du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Les sources consultées le mentionnent surtout comme l’une des composantes fondatrices du MNPGD, plutôt que comme un mouvement autonome ayant fait l’objet d’une mémoire séparée.
Le CNPG occupe néanmoins une place spécifique dans l’histoire de la Résistance des prisonniers de guerre, en raison de son rattachement au Front national et de sa participation à l’unification des organisations de prisonniers de guerre résistants.
Références bibliographiques
Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français. Naissance et développement de la FNDPG, 1944-1952. Étude universitaire consacrée au retour des prisonniers de guerre et à la structuration des organisations issues du monde des prisonniers. L’ouvrage décrit le rôle du CNPG dans la fusion du 12 mars 1944 et dans la création du MNPGD.
François Marcot, dir., Dictionnaire historique de la Résistance. Ouvrage collectif de référence permettant de situer le CNPG parmi les mouvements de prisonniers de guerre résistants et dans l’histoire générale de la Résistance intérieure française.
Michel Cailliau, Histoire du Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés de 1941 à 1945. Ouvrage utile pour le contexte général de la Résistance des prisonniers de guerre et pour comprendre les relations entre le MRPGD, le RNPG et le CNPG.
Pierre Péan, Une jeunesse française. François Mitterrand 1934-1947. Ouvrage utile pour replacer le CNPG dans l’histoire de l’unification des mouvements de prisonniers de guerre autour du MNPGD.
Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, tome 1. Biographie politique donnant un contexte sur les mouvements de prisonniers de guerre résistants et sur la création du MNPGD.
Références internet
CHRD Lyon présente le CNPG comme une branche spécialisée du Front national, d’obédience communiste, et rappelle son intégration dans l’unification des organisations de prisonniers de guerre le 12 mars 1944. https://www.chrd.lyon.fr/musee/exposition-prisonniers-guerre/depuis-la-france
OpenEdition Books met en ligne le chapitre de Christophe Lewin sur le retour des prisonniers de guerre français. Le passage consulté décrit le CNPG comme une organisation de résistance d’obédience communiste et précise sa fusion avec le RNPG et le MRPGD le 12 mars 1944. https://books.openedition.org/psorbonne/70499
FNCPG-CATM-OPEX propose une chronologie mémorielle des organisations de prisonniers de guerre, indiquant la création du CNPG en octobre 1943 et sa fusion dans le MNPGD le 12 mars 1944. https://www.fncpg-catm.org/qui-sommes-nous/historique/
Assemblée nationale conserve une question écrite relative à la reconnaissance de formations de Résistance, mentionnant le CNPG parmi les organismes concernés par les procédures d’assimilation. https://questions.assemblee-nationale.fr/q10/10-20509QE.htm
Maison des blessés / jurisprudence administrative reproduit une décision du Conseil d’État du 11 mars 1991 concernant notamment l’assimilation du CNPG, du RNPG et du MNPG à des formations de Résistance. https://maison-des-blesses.defense.gouv.fr/jurisprudences/texte/CETATEXT000007798481
Niveau B — Fiabilité bonne
Le Comité national des prisonniers de guerre est attesté par plusieurs sources concordantes et indépendantes : travaux universitaires de Christophe Lewin, Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, archives associatives des anciens prisonniers de guerre, documentation administrative et jurisprudence relative à la reconnaissance des mouvements de Résistance. Ces sources confirment son existence, son rattachement au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et sa participation à la fusion du 12 mars 1944 ayant donné naissance au Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
En revanche, aucune notice institutionnelle détaillée équivalente à celles de la Fondation de la Résistance, du Maitron ou de l’Ordre de la Libération n’a été retrouvée spécifiquement consacrée au CNPG. Plusieurs éléments relatifs à son organisation interne et à ses effectifs demeurent peu documentés. L’absence de dossier synthétique unique empêche donc un classement en niveau A.
Sources consultées le 5 juin 2026
CHRD Lyon : information apportée sur l’existence du CNPG, son rattachement au Front national, son orientation communiste et son intégration dans l’unification du 12 mars 1944. https://www.chrd.lyon.fr/musee/exposition-prisonniers-guerre/depuis-la-france
OpenEdition Books : information apportée sur la nature du CNPG, son poids dans la région parisienne selon les sources citées, et la fusion du 12 mars 1944. https://books.openedition.org/psorbonne/70499
FNCPG-CATM-OPEX : information apportée sur la chronologie de création du CNPG en octobre 1943, avec Robert Paumier et Pierre Bugeaud, et sur la fusion du 12 mars 1944. https://www.fncpg-catm.org/qui-sommes-nous/historique/
Assemblée nationale : information apportée sur la mention du CNPG dans les discussions relatives à la reconnaissance administrative de formations de Résistance. https://questions.assemblee-nationale.fr/q10/10-20509QE.htm
Maison des blessés / jurisprudence administrative : information apportée sur le contentieux du Conseil d’État du 11 mars 1991 relatif à l’assimilation du CNPG, du RNPG et du MNPG à des formations de Résistance. https://maison-des-blesses.defense.gouv.fr/jurisprudences/texte/CETATEXT000007798481
Musée de la Résistance en ligne : recherche consultée pour le contexte du MNPGD et de la fusion des mouvements de prisonniers de guerre résistants. https://museedelaresistanceenligne.org/
Fondation de la Résistance : recherche consultée, aucune fiche spécifique CNPG directement exploitable retrouvée. https://www.fondationresistance.org/
Mémoire des Hommes : recherche consultée, aucune fiche collective spécifique CNPG retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche consultée, aucune notice collective spécifique CNPG retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica BnF : recherche consultée pour les références imprimées relatives aux mouvements de prisonniers de guerre résistants. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : recherche consultée pour les références bibliographiques et archivistiques relatives aux organisations de prisonniers de guerre résistants. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/