L’Union générale des Israélites de France (UGIF) a été instituée par la loi du 29 novembre 1941 à l’initiative du régime de Vichy, sous pression allemande, afin de regrouper toutes les associations juives dissoutes et d’imposer une affiliation obligatoire à tous les Juifs résidant en France.
L’UGIF était composée de deux structures autonomes, en zone occupée sous la responsabilité d’André Baur (vice‑président) et en zone libre sous Raymond‑Raoul Lambert
La mission officielle de l’UGIF consistait à représenter les Juifs auprès des pouvoirs publics dans les domaines de l’aide sociale, la prévoyance et le reclassement. Son financement provenait en partie des biens confisqués aux Juifs (aryanisation), et elle absorbait les associations antérieures dissoutes par Vichy.
Le rôle de l’UGIF est vivement contesté en raison de son légalisme, transformant parfois ses établissements (notamment des maisons d’enfants) en pièges lors des rafles organisées par la Gestapo.
L’UGIF servait de structure légale mais controversée, ponctuellement instrumentalisée dans le cadre des persécutions, tout en restant en partie liée à des réseaux clandestins œuvrant pour le sauvetage d’enfants.
André Baur, vice-président de l’UGIF pour la zone Nord, est arrêté à la fin de juin 1943 après avoir refusé de céder aux injonctions de la Gestapo et réclamé une audience auprès des autorités françaises (Laval, Antignac). Il est interné à Drancy peu après.
Certaines structures résistantes ont réussi à retirer clandestinement des enfants confiés à l’UGIF, notamment avec Solidarité, l’OSE ou réseau rue Amelot ; ces réseaux ont permis la survie de nombreux enfants qualifiés de « bloqués ». Les noms individuels des survivants ne sont pas mentionnés dans ces sources.
L’UGIF avait une mission sociale , symbolique et politique. Son rôle légal et administratif a suscité de vives critiques, notamment de la part des organisations juives clandestines, accusant l’UGIF de retardement ou de compromission.
Les arrestations de Baur et autres dirigeants ont marqué la fin progressive de l’immunité relative liée à la position UGIF, illustrant la vulnérabilité croissante des institutions juives, légales ou non.
Mémoire et lieux commémoratifs
Une plaque commémorative rend hommage aux 67 victimes d’une rafle au siège du service d’assistance sociale de l’UGIF, rue de la Bienfaisance, opérée par Aloïs Brunner en juillet 1943. Aucune mention de rues, établissements ou écoles portant le nom d’André Baur ou de l’UGIF n’a été repérée dans les sources consultées.
Références bibliographiques
- Des Juifs dans la collaboration, l’UGIF 1941‑1944, Maurice Rajsfus, Éditions ouvrières, 1980 (réédition 2021). Cet ouvrage analyse en profondeur le rôle social et politique de l’UGIF, les débats internes et son ambiguïté.
- La destruction des Juifs d’Europe, Raul Hilberg, Gallimard, rééd. Folio, 2006. Chapitres consacrés à l’implication de l’UGIF dans l’organisation des déportations.
- These et articles scientifiques (notamment Asher Cohen, Michel Laffitte) étudient la légalité, l’administration et les liens clandestins de l’UGIF.
Références internet
- Wikipédia (Union générale des Israélites de France) : synthèse de la création, structure, mission, controverses, arrestations (recoupée avec sources mémorielles) — https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_isra%C3%A9lites_de_France
- Mémorial de la Shoah (Mémoire Vive) : fiche biographique d’André Baur — https://mvr.asso.fr/baur-2/