La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’Union de la jeunesse républicaine de France, généralement désignée par le sigle UJRF, est une organisation politique de jeunesse créée en 1945. Elle est étroitement liée au mouvement communiste français et succède aux Jeunesses communistes dans la stratégie de rassemblement de l’après-Libération.

Elle ne doit donc pas être classée comme réseau, maquis ou organisation clandestine de Résistance : sa création intervient après la libération du territoire et la fin de la clandestinité. Les archives du mouvement de jeunesse communiste donnent à l’UJRF la chronologie 1945-1956.

Création du mouvement

La transformation des Jeunesses communistes en Union de la jeunesse républicaine de France est décidée au congrès de Pâques 1945. Les notices du Maitron confirment qu’en avril 1945 les Jeunesses communistes se transforment en UJRF. Cette création répond à une stratégie visant à dépasser le cadre strict d’une organisation de jeunesse communiste et à constituer un rassemblement de masse plus large dans le contexte de la Libération.

Les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis conservent des documents UJRF datés dès 1945 ainsi que le fonds Raymond GUYOT. Elles définissent l’organisation comme visant à rassembler plus largement qu’une structure communiste traditionnelle.

Il convient donc de corriger une formulation parfois rencontrée selon laquelle les FUJP seraient simplement devenues l’UJRF. Les sources montrent une réalité plus complexe : l’UJRF naît essentiellement de la transformation des Jeunesses communistes et cherche à agréger d’autres composantes de jeunesse issues notamment de la Résistance. Les FUJP et leurs militants appartiennent à ce contexte de recomposition, mais les deux organisations ne doivent pas être assimilées.

Organisation interne

L’UJRF possède une organisation nationale fortement structurée, avec un comité national, un bureau national et des organisations départementales et locales. Les notices du Maitron attestent l’existence de membres du comité national et du bureau national ainsi que de secrétaires départementaux. René LOPINET est par exemple premier secrétaire de l’UJRF des Côtes-du-Nord en 1945, tandis que d’autres militants appartiennent au comité ou au bureau national.

Cette structure reprend en partie les formes organisationnelles des mouvements politiques de jeunesse : direction nationale, fédérations ou organisations départementales et cellules ou groupes locaux. Il ne s’agit plus d’une organisation clandestine et les principes de compartimentage propres aux réseaux de Résistance ne constituent donc plus son mode normal de fonctionnement.

Actions et activités

L’UJRF se consacre à la mobilisation politique, sociale et culturelle de la jeunesse dans la France de l’après-guerre. Son objectif est de constituer une organisation de masse capable de dépasser les seuls effectifs des anciennes Jeunesses communistes. Les archives conservées couvrent notamment la propagande, les campagnes politiques, la formation des cadres et les activités nationales et locales.

La mémoire de la Résistance occupe une place importante dans cette culture politique, nombre de cadres et militants de l’UJRF ayant participé à la Résistance ou aux organisations de jeunesse clandestines. Toutefois, ces engagements antérieurs ne transforment pas l’UJRF elle-même en organisation de Résistance.

Liens avec les FUJP et les organisations de Résistance

La relation avec les FUJP doit être formulée avec précision. Après la Libération, les différentes organisations de jeunesse cherchent à déterminer leur avenir institutionnel. Certains dirigeants et militants issus des organisations de Résistance rejoignent les nouvelles structures politiques de jeunesse, dont l’UJRF.

FranceArchives conserve ainsi dans un même ensemble documentaire des pièces relatives à l’Organisation civile et militaire des jeunes, à l’UJRF et à d’autres organisations pour l’année 1945. Cela témoigne du contexte de recomposition des mouvements de jeunesse issus de la Résistance, mais ne prouve pas à lui seul une absorption simple de toutes les FUJP dans l’UJRF.

L’UJRF demeure surtout liée au Parti communiste français. L’historiographie la définit comme située entre une ambition d’organisation de masse de la jeunesse et une fonction d’avant-garde communiste.

Chefs et figures marquantes

Raymond GUYOT joue un rôle central dans l’histoire des organisations de jeunesse communiste et dans la constitution de l’UJRF. Les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis conservent son fonds, qui comprend notamment des documents relatifs à l’UJRF en 1945.

André LEROY retrouve en août 1945 sa place dans la direction des anciennes Jeunesses communistes transformées en UJRF au printemps 1945. Son parcours illustre la continuité personnelle existant entre les cadres communistes d’avant-guerre, la Résistance et l’organisation de jeunesse de l’après-Libération.

Marie-Louise KERGOUR-LAY est nommée dans les structures de l’UJRF lors de sa création en remplacement des Jeunesses communistes en avril 1945. Elle appartient à cette génération de militantes dont les parcours traversent la guerre et les recompositions politiques de la Libération.

Robert LE ROY-WATTIAUX est invité à rejoindre le comité national de l’UJRF dès juin 1945 et se voit proposer une fonction de coprésident aux côtés de Raymond GUYOT. Cette donnée illustre la volonté initiale d’ouverture de l’organisation au-delà du seul appareil traditionnel des Jeunesses communistes.

Fin du mouvement

L’UJRF existe de 1945 à 1956. Les archives du mouvement de jeunesse communiste retiennent explicitement cette chronologie. En 1956, l’organisation est remplacée dans le cadre d’une nouvelle réorganisation des mouvements de jeunesse communistes, notamment par l’Union de la jeunesse communiste de France.

Cette disparition ne résulte donc ni d’un démantèlement policier ni d’une répression comparable à celle des organisations clandestines, mais d’une transformation politique et organisationnelle.

Conséquences et mémoire

L’UJRF constitue une étape importante de l’histoire des organisations de jeunesse communistes françaises de l’après-guerre. Son originalité réside dans la tentative de construire une organisation de masse au-delà d’une appellation explicitement communiste tout en maintenant des liens politiques étroits avec le Parti communiste français.

Son histoire est particulièrement bien documentée par les fonds conservés aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, qui regroupent les archives successives des organisations de jeunesse communistes françaises. L’historiographie contemporaine dispose également d’une étude spécifiquement consacrée à l’UJRF entre 1945 et 1956.

Références bibliographiques

L’Union de la jeunesse républicaine de France, 1945-1956 : entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d’avant-garde communiste, Guillaume Quashie-Vauclin, L’Harmattan, Paris, 2009. Il s’agit de l’étude monographique de référence consacrée à l’UJRF. L’ouvrage analyse sa création, sa volonté d’élargissement, ses structures, ses pratiques militantes et ses rapports avec le Parti communiste français.

Les jeunes communistes en France, 1944-fin des années 1970 : les mutations d’une expérience politique en milieux juvéniles et populaires, Guillaume Roubaud-Quashie, thèse de doctorat, 2020. Cette recherche replace l’UJRF dans une histoire de plus longue durée des organisations communistes de jeunesse et permet de comprendre le passage de la clandestinité aux grandes organisations politiques de l’après-guerre.

Les étudiants communistes, des origines à la veille de Mai 1968, Jacques Varin. Cette étude analyse notamment la décision de transformer l’organisation de jeunesse communiste en UJRF lors du congrès de Pâques 1945 et les conséquences de cette stratégie sur les différents secteurs de jeunesse.

Références internet

Archives départementales de la Seine-Saint-Denis conservent les principaux fonds historiques du mouvement des jeunes communistes et plusieurs dossiers spécifiquement consacrés à l’UJRF dès 1945. Ces archives constituent une source primaire majeure pour étudier ses dirigeants, ses campagnes et son organisation. https://archives.seinesaintdenis.fr/ark:/79690/vtaa1501eabe7f25408

FranceArchives signale plusieurs fonds relatifs à l’Union de la jeunesse républicaine de France ainsi qu’aux organisations de jeunesse qui lui sont contemporaines. Les notices confirment notamment l’existence de l’organisation dès 1945 et sa présence dans différents fonds militants et institutionnels. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/fe0a3924b533f6a17bc8b3a6dce5cca53df5f6bc

Persée publie l’étude archivistique de Guillaume Roubaud-Quashie sur les fonds des jeunes communistes, qui donne explicitement à l’UJRF la chronologie 1945-1956 et la replace dans la succession des organisations de jeunesse communistes. https://www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_2014_num_235_3_5144

Le Maitron fournit de nombreuses notices de dirigeants et militants de l’UJRF permettant de documenter sa création, son comité national, son bureau national et ses organisations départementales. https://maitron.fr/

Mémoire Vive de la Résistance évoque l’UJRF dans la notice consacrée aux FUJP et permet d’identifier la question de la recomposition des organisations de jeunesse issues de la Résistance après la Libération. Cette mention doit toutefois être confrontée aux archives et aux travaux spécialisés sur l’UJRF. https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/

Fiabilité A pour l’existence, la création en 1945, la filiation principale avec les Jeunesses communistes et la chronologie 1945-1956. Ces éléments reposent sur des fonds archivistiques, des notices du Maitron et des travaux universitaires spécialisés.

Une réserve doit en revanche être apportée à toute formulation présentant l’UJRF comme une simple continuation ou un nouveau nom des FUJP : les sources montrent une recomposition plus complexe, dominée par la transformation des Jeunesses communistes et une volonté de rassemblement plus large.

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance, mention de l’UJRF dans la notice FUJP : https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/

Maitron Résistance, nombreuses notices de dirigeants et militants UJRF, résultats positifs : https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance, recherche de contrôle ; aucune notice autonome de référence consacrée à l’UJRF identifiée dans les résultats exploités.

Musée de la Résistance en ligne, recherche de contrôle sur les organisations de jeunesse et leur devenir après la Libération.

Mémoire des Hommes, recherche de contrôle ; aucune notice collective spécifique à l’UJRF identifiée.

Ordre de la Libération, recherche de contrôle sur les anciens résistants ayant rejoint les organisations politiques de jeunesse après-guerre ; aucune notice institutionnelle UJRF retenue.

Gallica – BnF, recherche sur les publications de jeunesse de la période ; résultats complémentaires mais aucune collection utilisée ici comme source principale de l’histoire institutionnelle de l’UJRF.

Service historique de la Défense, recherche de contrôle ; les sources les plus directement exploitables pour l’UJRF sont les fonds politiques et militants de l’après-guerre conservés par FranceArchives et les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.

FranceArchives, résultats positifs : https://francearchives.gouv.fr/facomponent/fe0a3924b533f6a17bc8b3a6dce5cca53df5f6bc

Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, fonds UJRF et Mouvement jeunes communistes de France, résultats positifs : https://archives.seinesaintdenis.fr/ark:/79690/vtaa1501eabe7f25408

Persée, études historiques et archivistiques sur l’UJRF, résultats positifs : https://www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_2014_num_235_3_5144

Wikipédia, consultée uniquement comme ressource complémentaire et non retenue comme source principale.

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