La forme principale retenue est L’Union belge. Les sources archivistiques consultées la désignent aussi comme « L’Union belge, suite de “Anti-Rex” », ce qui établit explicitement un lien de continuité avec le clandestin Anti-Rex. Belgique d’abord. Le classement le plus prudent est celui d’organisation clandestine de presse ou de journal clandestin, plutôt que celui de mouvement de résistance autonome, car les sources disponibles l’identifient avant tout à travers les dossiers de reconnaissance de la presse clandestine et les notices individuelles de ses participants.
Création du réseau
Les sources directement accessibles en ligne ne donnent pas de date de fondation isolée et certaine pour L’Union belge. En revanche, elles établissent qu’il s’agit de la suite d’Anti-Rex, clandestin attesté dès septembre 1941 dans la base The Belgian War Press. Il est donc possible d’affirmer que L’Union belge apparaît dans le prolongement de cette filiation sans que la date exacte de bascule entre les deux titres soit documentée de manière suffisamment précise dans les sources consultées. Le lieu d’ancrage exact du lancement n’est pas établi avec certitude par les sources ouvertes consultées ; l’aire d’activité documentée est toutefois au minimum wallonne, avec des attestations certaines dans le bassin de Charleroi et dans le Hainaut.
La documentation consultée ne permet pas de reconstituer une hiérarchie complète. Elle permet néanmoins d’identifier plusieurs acteurs liés à la fabrication, à la direction ou à la diffusion. Les fiches de Resistance in Belgium associent Arthur Bridon à L’Union belge avec les fonctions de directeur et imprimeur ; Arthur Deltenre et Achille Holvoet apparaissent comme imprimeurs ; Alphonse Coquette y est signalé comme auteur. Les notices individuelles de Raymond Brigode, Marcel Léonard, Jeanne Lacroix et Alphonsine Greuse montrent en outre que les équipes du titre recoupaient d’autres engagements résistants, notamment dans le Front de l’Indépendance, les Milices patriotiques, le Groupe G ou les services de renseignement. Cette pluralité d’appartenances suggère un fonctionnement en petites équipes de presse et de diffusion, sans qu’une organigramme complet puisse être établi à partir des seules sources ouvertes.
Actions menées pendant la Résistance
L’activité attestée de L’Union belge est celle d’un journal clandestin de contre-propagande, inscrit dans la lutte contre l’occupant et contre le mouvement rexiste. La filiation avec Anti-Rex indique clairement un positionnement anti-collaboration. Les sources permettent aussi d’établir que ce titre participait à la diffusion d’une presse clandestine active dans le Hainaut pendant l’Occupation. Un article de synthèse de CegeSoma cite par exemple Union belge, n° 35, 30 mars 1942, ce qui confirme la parution effective du journal et son insertion dans le paysage clandestin régional. Les notices individuelles consultées montrent également que plusieurs de ses participants ont reçu, après-guerre, le statut de résistant par la presse clandestine, et parfois aussi d’agent de renseignement et d’action, de résistant armé ou de prisonnier politique ; ces statuts concernent les personnes, non nécessairement le journal en tant que tel, mais ils éclairent la nature des activités menées par ses équipes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les liens les mieux établis sont ceux avec le Front de l’Indépendance et, pour certains de ses membres, avec les Milices patriotiques, le Groupe G, le réseau Luc-Marc et d’autres feuilles clandestines. Ces recoupements apparaissent dans les notices archivistiques individuelles, sans qu’il soit possible d’affirmer que L’Union belge était l’organe officiel d’un de ces mouvements. Les sources ouvertes permettent donc d’affirmer l’existence de circulations de personnes et de fonctions entre L’Union belge et plusieurs composantes de la Résistance belge, mais non de fixer un rattachement organique exclusif.
Arthur Bridon est la figure la mieux documentée dans les sources ouvertes consultées. Il est associé à L’Union belge comme directeur et imprimeur. Sa notice le rattache aussi au Front de l’Indépendance, aux Milices patriotiques et à Solidarité du Front de l’Indépendance. Il est arrêté le 10 novembre 1942 et meurt le 22 mai 1944.
Raymond Brigode apparaît également comme responsable de L’Union belge dans les bases archivistiques consultées. Sa notice le relie en outre au Groupe G, au Front de l’Indépendance, aux Milices patriotiques et à Luc-Marc. Les sources consultées l’indiquent comme emprisonné à partir du 19 novembre 1942.
Arthur Deltenre est attesté comme imprimeur de L’Union belge. Les sources ouvertes ne permettent pas de reconstituer ici l’ensemble de son parcours de guerre, mais elles confirment son rôle technique dans la production du clandestin.
Marcel Léonard est impliqué dans L’Union belge, mais aussi dans Le Pilori et L’Indépendance. Sa notice mentionne une détention en décembre 1942 et l’obtention après-guerre de statuts de reconnaissance comme agent de renseignement et d’action, résistant de la presse clandestine, prisonnier politique et résistant armé.
Jeanne Lacroix et Alphonsine Greuse sont également liées à L’Union belge dans les dossiers de reconnaissance de la presse clandestine. La notice de Jeanne Lacroix mentionne un emprisonnement en 1943.
Victimes et morts
Les sources ouvertes consultées permettent d’identifier avec certitude Arthur Bridon, mort le 22 mai 1944, parmi les membres liés au titre. Elles permettent aussi d’attester plusieurs arrestations et détentions touchant les équipes du journal à partir de novembre 1942 et en 1943, ce qui témoigne d’une répression directe contre le clandestin ou son entourage. En revanche, l’état des sources consultées ne permet pas d’établir une liste complète et sûre de tous les morts imputables aux activités de L’Union belge.
Survivants identifiés
Parmi les personnes liées au titre et explicitement documentées dans les sources ouvertes, Marcel Léonard, Jeanne Lacroix, Alphonsine Greuse et Arthur Deltenre apparaissent comme survivants de guerre ou, à tout le moins, comme personnes reconnues après-guerre dans les dossiers consultés. Cette indication repose sur l’existence de procédures et de statuts postérieurs à la Libération.
Fin du réseau
Les sources ouvertes consultées ne donnent pas de date unique et certaine de disparition de L’Union belge. En revanche, les arrestations de l’automne et de l’hiver 1942, puis la répression de 1943, ont manifestement frappé son encadrement et ses équipes. Dans l’état des preuves accessibles en ligne, il est plus prudent de conclure à un affaiblissement puis à une disparition sous l’effet de la répression, sans pouvoir préciser davantage les modalités exactes de la fin du titre.
Conséquences et mémoire
L’Union belge relève de cette première forme de Résistance que constitue la presse clandestine, essentielle pour la contre-information, l’entretien du moral et la dénonciation de la collaboration. La mémoire du titre subsiste surtout à travers les dossiers de reconnaissance des résistants de la presse clandestine et les archives de l’Union nationale de la presse clandestine conservées par les Archives de l’État. La documentation ouverte disponible reste cependant dispersée, ce qui limite aujourd’hui la restitution d’une histoire plus détaillée du journal.
Références bibliographiques
Fabrice Maerten, Du murmure au grondement : la résistance politique et idéologique dans la province de Hainaut pendant la Seconde Guerre mondiale, Mons, 1999.
Chantal Kesteloot et Fabrice Maerten, Le statut de résistance par la presse clandestine, étude de synthèse publiée sur Belgium WWII / CegeSoma.
Fabrice Maerten, La presse clandestine, étude de synthèse publiée sur Belgium WWII / CegeSoma.
Archives de l’Union Nationale de la Presse Clandestine (UNPC), 1ère et 2ème parties, Archives de l’État en Belgique, inventaires et notices signalés dans Resistance in Belgium.
Dossiers Statut Résistants par la presse clandestine du service Archives des Victimes de la Guerre, Archives de l’État en Belgique, base Resistance in Belgium.
Références internet
Belgium WWII Article de synthèse sur la presse clandestine et notices biographiques utiles au contexte général de la Résistance par la presse en Belgique durant l’Occupation. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/statut-de-resistance-par-la-presse-clandestine-le.html
Resistance in Belgium Notices individuelles d’Arthur Bridon, Arthur Deltenre, Marcel Léonard, Jeanne Lacroix et Alphonsine Greuse, utilisées pour établir les fonctions, arrestations et reconnaissances liées à L’Union belge. https://data.arch.be/wiki/
The Belgian War Press Base de données de la presse de guerre utilisée pour documenter le titre Anti-Rex, dont L’Union belge est signalée comme la suite dans les dossiers de reconnaissance. https://warpress.cegesoma.be/fr/newspaper-list
Belgium WWII Étude de contexte sur la presse clandestine en Belgique occupée.: https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/presse-clandestine-la.html
CegeSoma / Revue d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique Article de Fabrice Maerten sur la Résistance en Hainaut, utilisé pour l’attestation d’un numéro d’Union belge du 30 mars 1942. https://www.cegesoma.be/docs/media/chtp_beg/chtp_08/chtp8_009_maerten.pdf
Sources consultées
Maitron Résistance — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Fondation de la Résistance — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Musée de la Résistance en ligne — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Mémoire des Hommes — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Ordre de la Libération — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Gallica (BnF) — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Service Historique de la Défense (SHD) — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Mémoire Vive de la Résistance — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Belgium WWII / CegeSoma — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Resistance in Belgium / Archives de l’État en Belgique — vérification effectuée le 16 mars 2026.
The Belgian War Press — vérification effectuée le 16 mars 2026.
Sites mémoriels locaux consultés — vérification effectuée le 16 mars 2026.