La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est Mouvement national belge de Courcelles. Les sources consultées montrent qu’il s’agit d’une composante locale du Mouvement national belge (MNB), mouvement de Résistance belge reconnu comme mouvement armé. La variante principale observée dans les sources est la forme abrégée MNB de Courcelles. Le risque de confusion principal tient au fait que les sources ouvertes documentent surtout le MNB national et des parcours individuels rattachés à Courcelles, plutôt qu’une notice autonome consacrée à la brigade locale.

Création du réseau

Le MNB est fondé à Bruxelles, Belgique, en décembre 1940, même si la mise en place réelle de sa structure est signalée comme effective surtout à partir de janvier 1941. Pour Courcelles, les sources ouvertes établissent qu’Alphonse Bougard a contribué à la création de la composante locale et qu’il en est désigné chef de brigade en octobre 1942. Les objectifs de cette implantation locale s’inscrivent dans ceux du MNB national : lutte patriotique contre l’occupant, diffusion de presse clandestine, renseignement, aide aux résistants et, de plus en plus, soutien à des actions armées et de sabotage.

Organisation interne

À l’échelle nationale, le MNB est conçu comme un mouvement voulant rassembler les patriotes belges ; il se développe à partir de Camille Joset, puis de Raymond Defonseca et enfin de François Amiel après les arrestations de février 1944. À l’échelle de Courcelles, les sources ouvertes permettent seulement d’identifier une brigade locale ou composante locale, dont Alphonse Bougard est le chef à partir d’octobre 1942. La documentation consultée ne permet pas d’établir un organigramme complet de cette brigade, mais elle montre un fonctionnement local par recrutement, dépôt de matériel, fabrication de faux papiers, liaisons avec la presse clandestine et coopération avec d’autres résistants de la région de Charleroi.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions attestées pour la composante de Courcelles relèvent à la fois de la résistance civile et de la préparation d’actions armées. Alphonse Bougard participe à la diffusion de La Libre Belgique dite Peter Pan, du Patriote et de L’Union belge. Avec le concours de l’administration communale, il fabrique ou fait fabriquer de faux documents, fournit de fausses domiciliations, détourne des timbres de ravitaillement et aide des résistants, des Juifs et des réfractaires au travail obligatoire. Son église Saint-Lambert sert aussi de dépôt pour des armes, des munitions et de la dynamite récupérée dans les charbonnages voisins ; ce matériel est utilisé ensuite par des membres du MNB et par des Partisans armés pour des sabotages dans et hors de Courcelles. Les sources ouvertes permettent en outre d’identifier d’autres résistants de Courcelles rattachés au MNB, comme Robert Mathieu et Omer Rosy, ce qui confirme l’existence d’un noyau local, même si sa composition complète ne peut être reconstituée avec certitude.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le Mouvement national belge de Courcelles est d’abord lié au Mouvement national belge national. Les sources montrent aussi des croisements avec la Légion belge, le Front de l’Indépendance, les Partisans armés et la presse clandestine. Dans le bassin de Charleroi et les communes voisines comme Fontaine-l’Évêque, le MNB coexiste avec le Groupe G, l’Armée secrète, plusieurs réseaux de renseignement comme Luc-Marc, Zéro et Socrate, ainsi qu’avec d’autres structures locales de Résistance. La coopération concrète la mieux établie à Courcelles est celle entre Bougard, le MNB local et les Partisans armés pour le stockage de matériel et les sabotages.

Chefs et figures marquantes

Alphonse Bougard est la figure centrale de la composante de Courcelles. Prêtre catholique, il entre en Résistance dès après la capitulation belge, diffuse plusieurs journaux clandestins, contribue à la création du MNB local et en devient chef de brigade en octobre 1942. Il recrute, aide les clandestins, fait fabriquer de faux papiers et met son église à disposition pour le stockage d’armes et d’explosifs. Arrêté le 11 février 1943, il est interné à Breendonk, transféré en Allemagne et meurt à Gross-Rosen le 20 novembre 1944.

François Druine est cité comme camarade de combat lié lui aussi au Front de l’Indépendance et au Mouvement national belge à Courcelles. Les sources ouvertes consultées ne permettent toutefois pas de préciser davantage son rôle dans l’organisation locale.

Robert Mathieu apparaît dans la base Resistance in Belgium comme résident de Courcelles, membre du Mouvement national belge et impliqué dans La Libre Belgique dite Peter Pan. Les sources ouvertes ne permettent pas d’établir s’il occupait une fonction dirigeante, mais elles confirment son appartenance au milieu résistant courcellois lié au MNB.

Omer Rosy, également domicilié à Courcelles, est documenté comme membre du Mouvement national belge. Sa demande de statut comme résistant de la presse clandestine a été rejetée, mais sa notice confirme l’existence d’effectifs courcellois reconnus ou examinés au titre du MNB.

Victimes et morts

La victime la plus solidement documentée pour cette composante locale est Alphonse Bougard, mort en déportation à Gross-Rosen le 20 novembre 1944. Les sources ouvertes consultées montrent aussi que la région de Charleroi et de Courcelles subit une forte répression à partir de la fin de 1942, notamment après l’assassinat du bourgmestre rexiste du Grand Charleroi et à la suite des révélations de l’informateur Désiré Paquet, qui provoquent l’arrestation de nombreux résistants, dont plusieurs Courcellois. En revanche, les sources ouvertes ne permettent pas d’établir une liste complète des morts propres au seul MNB de Courcelles.

Survivants identifiés

Les sources ouvertes permettent d’identifier au moins Robert Mathieu et Omer Rosy comme résistants courcellois liés au MNB et présents dans des dossiers de reconnaissance postérieurs à la guerre. Cette présence ne préjuge pas du détail complet de leur parcours, mais elle atteste leur survie au conflit ou, à tout le moins, à la période d’activité du mouvement.

Fin du réseau

Comme la plupart des composantes locales du MNB, celle de Courcelles est affectée par la répression allemande de 1942-1943, puis par l’affaiblissement général du mouvement après la série d’arrestations de février 1944 qui décime son directoire national et frappe durement plusieurs provinces. Les sources ouvertes ne permettent pas de dater formellement la dissolution de la brigade de Courcelles, mais elles autorisent à conclure qu’elle a été fortement désorganisée par les arrestations locales et par l’érosion générale du MNB avant la Libération.

Conséquences et mémoire

À l’échelle locale, la mémoire du MNB de Courcelles est aujourd’hui surtout portée par la figure d’Alphonse Bougard. Les sources consultées signalent qu’après-guerre la place Ferrer de Courcelles devient place Abbé Bougard, qu’un monument est apposé sur la façade droite de l’église Saint-Lambert et qu’une commémoration annuelle de son arrestation y est organisée. À l’échelle nationale, le MNB conserve une place dans l’histoire de la Résistance belge comme mouvement patriotique important, actif dans la presse clandestine, le renseignement, l’aide à l’évasion et, plus tard, dans le sabotage.

Références bibliographiques

Fabrice Maerten, Le Mouvement national belge, étude de synthèse publiée sur Belgium WWII / CegeSoma.

Josse Alzin, Martyrologe 40-45. Le calvaire et la mort de 80 prêtres belges et luxembourgeois, Arlon, Fasbender, 1946.

Mark Van den Wijngaert, “L’Église et les catholiques sous l’occupation. L’angle belge”, dans Fabrice Maerten et al., Entre la peste et le choléra : vie et attitudes des catholiques sous l’occupation, Bruxelles, CEGES, 1999.

Jean-Louis Delaet, Le Pays de Charleroi de l’Occupation à la Libération 1940-1944, Charleroi, 1994.

Fabrice Maerten, Du murmure au grondement : la résistance politique et idéologique dans la province de Hainaut pendant la Seconde Guerre mondiale, Mons, 1999.

Références internet

Belgium WWII Notice biographique d’Alphonse Bougard, utilisée comme source principale pour la brigade de Courcelles, ses activités, son arrestation, sa déportation et sa mémoire.   https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes/bougard-alphonse.html

Belgium WWII Article de synthèse sur le Mouvement national belge, utilisé pour le contexte national, la fondation, les orientations et les principaux dirigeants du MNB.   : https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/mouvement-national-belge-le.html

Resistance in Belgium Fiche du Mouvement national belge / Belgische Nationale Beweging, utilisée pour la qualification de mouvement armé reconnu.   : https://data.arch.be/wiki/Item:Q6565

Belgium WWII Article sur la série d’arrestations au MNB, utilisé pour le démantèlement partiel du mouvement en février 1944.   https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/serie-d-arrestations-au-mnb.html

Mémoire Vive de la Résistance Notice sur Alphonse Bougard, utilisée en recoupement pour les activités, les lieux de mémoire et les limites documentaires sur les camarades de combat.   https://mvr.asso.fr/bougard/

Sources consultées le 16 mars 2026

Maitron Résistance
Fondation de la Résistance
Musée de la Résistance en ligne
Mémoire des Hommes
Ordre de la Libération
Gallica (BnF)
Service Historique de la Défense (SHD)
Mémoire Vive de la Résistance
Belgium WWII / CegeSoma
Resistance in Belgium / Archives de l’État en Belgique
The Belgian War Press
Sites mémoriels locaux consultés

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