Le Service Périclès est une organisation de Résistance attestée par des ressources mémorielles et archivistiques reconnues, notamment le Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance) qui le décrit comme créé en avril 1943 à Lyon au sein du mouvement Combat et jouant un rôle d’encadrement des réfractaires au STO via un « maquis-école » dans le Haut-Jura.
La terminologie rencontrée dans les sources est « Service Périclès », fréquemment associée à « Service national des maquis » et à « école des cadres » ou « maquis-école » (Haut-Jura). Une vigilance d’homonymie est nécessaire car « Périclès » apparaît aussi comme nom de code dans d’autres dispositifs de Résistance (notamment dans des listes de noms de code autour de « Prométhée » sur Wikipédia), mais ces usages ne renvoient pas automatiquement au Service Périclès (maquis-écoles) et ne doivent pas être confondus.
Création du réseau
Les sources mémorielles situent la création du Service Périclès en avril 1943 à Lyon, dans l’environnement du mouvement Combat, avec pour fonction centrale la mise sur pied d’écoles de cadres destinées à structurer et militariser les maquis, dans un contexte d’afflux de réfractaires au STO.
Pour le Haut-Jura, des éléments issus d’écoles situées notamment en Isère et dans les Hautes-Alpes sont regroupés à l’automne 1943 afin d’implanter une école des cadres dans des secteurs ruraux et forestiers du plateau jurassien, ce qui est présenté comme l’origine du maquis haut-jurassien.
Organisation interne
D’après la documentation mémorielle locale, l’école des cadres du Service Périclès dans le Haut-Jura fonctionne en camps et centres spécialisés (accueil, triage, instruction), avec des déplacements de sites pour des raisons logistiques et de sécurité à l’approche de l’hiver 1943-1944.
Cette même documentation indique que l’école des cadres demeure sous l’autorité directe du Service national des maquis et non d’autorités départementales locales de l’Armée secrète, ce qui signale une chaîne de commandement spécifique au dispositif Périclès.
Les notices biographiques du Musée de la Résistance en ligne confirment l’existence de camps issus de « Tahure » (Origine du terme « Tahure »
Tahure est un village de la Marne, totalement détruit pendant la Première Guerre mondiale, devenu un lieu emblématique de la formation militaire des officiers et sous-officiers français dans l’entre-deux-guerres. Dans la mémoire militaire française, « Tahure » renvoie à une école de cadres, à une culture de commandement, de discipline et d’instruction tactique.) et l’emploi de pseudonymes de commandement, tout en rattachant les parcours individuels à des cotes d’archives du Service historique de la Défense.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions documentées concernent d’abord la formation clandestine, l’encadrement et la montée en puissance des maquis, conçus comme un outil progressivement militarisé, ce qui est explicitement formulé dans des dossiers de synthèse du Musée de la Résistance en ligne et de la Fondation de la Résistance évoquant les « écoles d’instructeurs » du service Périclès.
Des opérations ponctuelles apparaissent ensuite dans les biographies et sites mémoriels, comme la participation de membres du service Périclès à l’attaque des magasins des Chantiers de jeunesse de Crotenay (Jura) le 16 octobre 1943, attestée par une notice biographique qui précise l’appartenance au service Périclès et le cadre de l’action.
La documentation locale relate également des évacuations et replis de camps face aux opérations allemandes, et la transformation progressive de l’ensemble en camps opérationnels du maquis du Haut-Jura au début de 1944, dans un contexte de répression et de combats.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources AERI indiquent que le Service Périclès est créé au sein de Combat et s’inscrit dans les dispositifs de Résistance liés à l’essor des maquis après la mise en place du STO. Pour le Haut-Jura, un rattachement opérationnel est décrit à l’échelle du maquis Ain-Haut-Jura : des sources mémorielles situent l’intégration du maquis-école du Service Périclès au maquis Ain-Haut-Jura en avril 1944 sous l’autorité du colonel Henri ROMANS-PETIT, ce qui matérialise un passage d’une fonction de formation à une insertion dans une structure de maquis plus large.
Chefs et figures marquantes
Robert SOULAGE, identifié par le Musée de la Résistance en ligne comme officier et désigné chef du Service Périclès « école des cadres du maquis », est présenté comme créateur d’une école dans le Haut-Jura à l’origine du maquis du Haut-Jura, avant de quitter le commandement en raison de responsabilités nationales.
Paul SCHAEFFER, mentionné comme chef de camp et acteur de la structuration de camps issus de « Tahure », est documenté par une notice AERI qui associe explicitement son action au Service Périclès-Maquis du Haut-Jura et renvoie à des cotes du SHD.
Jacques LEMOINE, entré au Service Périclès en août 1943, est décrit comme affecté à une équipe chargée de « coups de main » et participant à l’action de Crotenay, avant arrestation et déportation, ce qui documente des fonctions opérationnelles au-delà de la seule instruction
Victimes / morts
Paul SCHAEFFER est donné comme tué le 14 juin 1944 lors d’engagements liés aux combats de la reprise de Bellegarde-sur-Valserine, selon une notice biographique AERI.
Étienne PERRIER est présenté par le Maitron « Fusillés 40-44 » comme réfractaire au STO entré au service Périclès dans les maquis du Haut-Jura et mort dans le contexte de l’opération allemande Frühling (Printemps) d’avril 1944, ce qui établit un lien direct entre appartenance au Service Périclès et mortalité en opération de répression.
Maurice FAVRE est cité comme entré au camp Daty (Service Périclès-Maquis du Haut-Jura) et tué au combat le 1er août 1944 dans une notice biographique accessible via le Maitron.
Survivants identifiés
Robert SOULAGE est documenté comme survivant de guerre dans la mesure où sa notice AERI retrace un parcours d’organisation et de commandement sans mention de décès en période 1939-1945, et renvoie à sa prise de responsabilités après abandon du commandement local.
Jacques LEMOINE est explicitement présenté comme déporté puis libéré le 30 avril 1945, avec une date de décès postérieure (13 octobre 2000), ce qui atteste sa survie. Des parcours individuels liés au Service Périclès apparaissent également dans des notices AERI assorties de décorations et de références SHD, ce qui permet l’identification de survivants au cas par cas, sans que la liste exhaustive du Service puisse être reconstituée à partir des seules pages consultées ici.
Fin du réseau
Pour le Haut-Jura, la documentation mémorielle locale indique que les formations du Service Périclès cessent en janvier 1944, puis que le commandement des maquis du Haut-Jura est formalisé au début mars 1944, avant qu’après la mort du chef local mentionné par cette source, les maquis du Haut-Jura soient versés dans les maquis de l’Ain au début avril 1944, ce qui correspond à une dissolution fonctionnelle du dispositif d’école des cadres au profit d’une intégration à une organisation de maquis plus large.
Conséquences et mémoire
Les ressources AERI insistent sur l’importance du Service Périclès dans la structuration des maquis nés du STO, en soulignant le temps long nécessaire à l’organisation, à la formation des cadres et à la capacité d’action, ce qui place Périclès au cœur d’une dynamique nationale d’encadrement plutôt qu’au seul niveau d’une unité combattante unique.
La mémoire locale du Haut-Jura associe explicitement l’origine du maquis haut-jurassien à l’installation du maquis-école du Service Périclès et mentionne un lieu de mémoire (mémorial du maquis du Haut-Jura à Saint-Claude) rappelant l’intégration au maquis Ain-Haut-Jura en avril 1944.
Des éléments de commémoration et de patrimonialisation apparaissent aussi dans des dossiers locaux mentionnant des plaques et lieux dédiés aux maquis et au Service Périclès, mais la caractérisation exhaustive des monuments, stèles et cérémonies exigerait un dépouillement systématique des inventaires « lieux de mémoire » et des archives associatives locales au-delà des pages consultées ici.
Références bibliographiques
Les Obstinés Henri ROMANS-PETIT, Janicot, 1945. Récit et mise en perspective par un chef majeur des maquis de l’Ain, régulièrement cité comme une source de référence sur l’organisation, l’esprit et les combats des maquis Ain-Haut-Jura, contexte dans lequel le Service Périclès est mémoriellement rattaché via la genèse et l’encadrement. L’Ordre de la Libération confirme l’existence de cet ouvrage dans la bibliographie de Henri ROMANS-PETIT.
Les Maquis de l’Ain Henri ROMANS-PETIT, Hachette, 1974. Ouvrage attribué à Henri ROMANS-PETIT par la notice de l’Ordre de la Libération, utile pour documenter la structuration des maquis de l’Ain et leurs liens avec le Haut-Jura, donc le contexte d’intégration du dispositif issu du Service Périclès au maquis Ain-Haut-Jura.
Des hommes dans la forêt : chronique du maquis du Haut-Jura (1943-1944) Cara (Noël GAYET), tapuscrit/ronéotypé, s.l., s.d. L’existence du texte et son lien direct avec le maquis du Haut-Jura sont attestés par le catalogue du ministère des Armées (bibliothèques numériques) et par une notice AERI identifiant Cara (Noël GAYET) et précisant qu’il retrace sa vie de maquisard dans cette brochure, ce qui en fait une source centrée sur le terrain haut-jurassien où opère le Service Périclès.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance), « Carte des maquis de Franche-Comté en 1943-1944 ». La notice explicite la création du service Périclès en avril 1943 à Lyon au sein de Combat et son rôle dans l’encadrement des réfractaires au STO via un maquis-école du Haut-Jura, fournissant un cadre factuel de définition. https://museedelaresistanceenligne.org/media2981-Carte-des-maquis-de-Franche-Comt-en-1943-1944
- Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance), notice biographique « Robert SOULAGE ». La notice identifie Robert SOULAGE, son rôle de chef du Service Périclès (école des cadres), la création d’une école dans le Haut-Jura et le lien revendiqué avec l’origine du maquis du Haut-Jura, permettant d’étayer l’identification d’un responsable et la fonction de formation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=42047
- Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance), notice biographique « Paul SCHAEFFER ». La notice rattache Paul SCHAEFFER au Service Périclès-Maquis du Haut-Jura, décrit des responsabilités de camp et donne des références d’archives SHD, tout en précisant les circonstances de décès en juin 1944, utile pour la rubrique « victimes ». https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=2041
- Musée de la Résistance Ain-Jura (Association des Amis du Musée de Nantua), « Le Service Périclès ». Page de synthèse locale décrivant l’implantation des camps, leur organisation fonctionnelle (accueil, triage, instruction) et la chronologie des déplacements et cessations de formation, utile pour comprendre le fonctionnement dans le Haut-Jura et la transition vers le maquis du Haut-Jura. https://www.resistance-ain-jura.com/ecole-de-cadre-service-pericles.html
- Site mémoriel « Résistants d’Eysses », biographie « Jacques LEMOINE ». Notice biographique documentant l’entrée au service Périclès en août 1943, la participation à l’action de Crotenay du 16 octobre 1943, puis le parcours répressif (Eysses, déportation) avec références d’archives, utile pour relier le Service Périclès à des opérations et à la répression. https://www.resistants-eysses.fr/biographie/lemoine-jacques
- Office de tourisme Haut-Jura Saint-Claude, « Mémorial du Maquis du Haut-Jura ». Page décrivant l’origine du maquis haut-jurassien à partir de l’installation du maquis-école du service Périclès à l’automne 1943 et son intégration au maquis Ain-Haut-Jura en avril 1944, utile pour la mémoire et la chronologie de fin/transition. https://www.haut-jura-saint-claude.com/sit/memorial-du-maquis-du-haut-jura
- Fondation de la Résistance, « La Lettre de la Fondation de la Résistance n° 96 » (dossier sur le STO et les maquis). Le dossier mentionne explicitement les « écoles d’instructeurs » du service Périclès (Robert SOULAGE-SARRAZAC) dans la mise en place des maquis, utile pour situer Périclès dans une analyse de référence liée au STO. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance096.pdf
Sources consultées : Date de vérification : 23 janvier 2026. Maitron Résistance : consultation tentée, accès direct à la page « organisation » bloqué (erreur 403) mais recours aux notices individuelles et au sous-site « fusillés 40-44 » permettant de documenter des appartenances au Service Périclès et des décès (exemples : Étienne PERRIER, Paul SCHAEFFER, Claude MOUTOTE). Fondation de la Résistance : consultation de numéros de « La Lettre » et documents PDF mentionnant le service Périclès dans le cadre des maquis et du STO, utiles pour le cadrage national et la fonction d’écoles d’instructeurs. Musée de la Résistance en ligne (AERI) : consultation de notices média et notices biographiques (définition du service, rôle, camps, renvois à cotes SHD), base principale mobilisée pour l’adossement mémoriel et archivistique. Mémoire des Hommes : recherche indirecte via renvois présents dans certaines notices Maitron « fusillés 40-44 » et documents, sans identification d’une page « Service Périclès » centralisée dans la consultation réalisée ici ; les renvois indiquent surtout des vérifications de décès « selon Mémoire des Hommes » dans des cas individuels. Ordre de la Libération : consultation pour vérifier la bibliographie de Henri ROMANS-PETIT (mention de ses ouvrages), sans page dédiée au Service Périclès. Gallica (BnF) : recherches par mots-clés « Service Périclès » et variantes n’ont pas fait ressortir, dans la consultation réalisée ici, de résultats directement liés au réseau ; de nombreux résultats concernent l’Antiquité (Périclès d’Athènes) et sont hors-sujet. SHD (Service historique de la Défense) : recherche repérée dans le catalogue en ligne (indication d’un « Annuaire du service Périclès et du maquis du Haut-Jura ») mais accès non exploité jusqu’au document dans cette consultation ; plusieurs notices AERI renvoient à des cotes SHD (Vincennes et Caen) pour des individus liés au Service Périclès, confirmant l’existence de fonds pertinents. Sites d’associations mémorielles locales : consultation du Musée de la Résistance Ain-Jura (synthèse structurée sur camps et chronologie) et d’un site biographique (Résistants d’Eysses) confirmant des actions et parcours individuels. Wikipédia (recoupée) : consultée uniquement pour signaler un risque de confusion terminologique autour du nom « Périclès » employé comme nom de code ailleurs ; aucune information factuelle centrale de la fiche n’est fondée exclusivement sur Wikipédia.