La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Réseau Bocq-Adam (groupe Bocq-Adam / Adam-

Le groupe Bocq-Adam émerge à Nantes durant l’été-automne 1940, dans les tout premiers mois de l’Occupation.

Il se structure autour de Paul BOCQ, officier de réserve démobilisé, et d’Henri ADAM, acteur de la sociabilité nantaise d’avant-guerre, avec l’objectif immédiat de s’opposer à l’ennemi par le renseignement, la collecte d’armes et l’action directe.

Le contexte local est celui d’une ville rapidement occupée, où se constituent dès 1940 plusieurs noyaux de résistance ; le groupe Bocq-Adam fait partie des premiers à passer à l’action.

Le groupe fonctionne en petites équipes resserrées et mouvantes, associant anciens combattants, ouvriers et employés, ainsi que des étudiants qui, en lien avec le groupe, lancent dès novembre 1940 le bulletin clandestin « En Captivité ». Des liens existent avec d’autres premières structures nantaises (Comité d’entraide des anciens combattants, groupe Nemrod) et avec des filières d’entraide et d’évasion ; des membres rejoindront ultérieurement des formations nationales (FFL) ou d’autres réseaux.

Les sources locales emploient alternativement « groupe » et « réseau » pour qualifier cette formation.

Le 16 décembre 1940, le groupe incendie, sur l’hippodrome du Petit-Port, un parc de camions allemands chargés de pneus, provoquant des dégâts matériels significatifs.

Le 26 décembre 1940, des membres du groupe déposent des engins incendiaires au Soldatenheim de la place Royale ; l’explosion sème la panique parmi les militaires allemands.

Dès la fin de 1940 et en 1941, le groupe conduit des sabotages de lignes et des opérations de renseignement, tout en contribuant à des filières d’exfiltration.

Les arrestations se multiplient à partir de janvier 1941, entraînant procès et condamnations par les juridictions allemandes.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

À l’échelle locale, le groupe interagit avec d’autres noyaux nantais nés en 1940, en particulier le groupe Nemrod.

Des passerelles individuelles apparaissent ensuite avec des formations nationales : certains membres ou proches rejoignent les Forces françaises libres à Londres, d’autres glissent vers des organisations de résistance plus structurées au fil de la guerre (par exemple FTPF pour Roger ASTIC après 1942).

  • Chefs et figures marquantes
  • Paul BOCQ, Émile. Cofondateur et animateur du groupe ; arrêté et condamné à mort en 1941 à Nantes, il parvient à s’évader, gagne Londres et s’engage dans les Forces françaises libres ; homologué après-guerre.
  • Henri ADAM. Cofondateur désigné dans les sources locales ;
  • l’homonymie impose prudence : un Henri ADAM rezéen est fusillé au champ de tir du Bêle le 13 février 1943, tandis qu’un autre Henri ADAM est fusillé au Mont-Valérien le 16 février 1942 ; les mentions du « groupe Bocq-Adam » relèvent du cadre nantais.
  • Roger ASTIC. Membre actif de la première heure, préparateur d’engins incendiaires en décembre 1940, puis agent de renseignements ; arrêté en 1943, déporté à Buchenwald-Dora-Dachau, survivant.
  • Josette BOCQ (Joséphine JUILlARD épouse Bocq). Épouse de Paul BOCQ, engagée dans la collecte et la transmission d’informations ; arrêtée en 1941, déportée et morte à Bergen-Belsen en 1945.
  • Marin POIRIER. Cheminot nantais, rattaché aux premiers groupes de 1940, premier fusillé nantais le 30 août 1941 ; sa trajectoire illustre l’environnement militant autour du groupe Bocq-Adam.

Victimes / morts À Nantes, la répression s’intensifie de 1941 à 1943. Plusieurs acteurs de ce milieu résistant sont exécutés au champ de tir du Bêle, notamment le 30 août 1941 (premier fusillé nantais) puis lors des vagues de 1943.

Les exécutions liées aux « procès des 42 » et des « 16 » s’inscrivent dans ce continuum répressif. La mémoire locale conserve le nom d’Henri ADAM parmi les Rezéens fusillés le 13 février 1943 ; la prudence s’impose toutefois face aux homonymies.

Survivants identifiés

Paul BOCQ survit à la guerre après son engagement aux FFL et décède en 1983. Roger ASTIC revient de déportation et joue, après 1945, un rôle actif dans la vie associative nantaise et la transmission mémorielle.

Fin du réseau Les arrestations de 1941 et le durcissement policier entraînent la désarticulation du groupe. Ses membres encore actifs se dispersent : certains rejoignent des organisations plus structurées, d’autres gagnent l’Angleterre, d’autres encore sont arrêtés, jugés, fusillés ou déportés.

À la Libération, la dynamique de réorganisation de la Résistance nantaise et l’intégration aux FFI rendent caduque l’identité autonome du groupe Bocq-Adam.

Sur le plan militaire, les actions de décembre 1940 marquent précocement l’Occupation nantaise par des sabotages symboliques et matériels.

La répression s’abat rapidement, faisant du champ de tir du Bêle un lieu d’exécution massif entre 1941 et 1943.

Dans la mémoire urbaine, la période 1940-1943 est commémorée par la toponymie (Cours des 50-Otages) et par un ensemble d’initiatives patrimoniales et pédagogiques ; des dossiers municipaux et des circuits mémoriels citent explicitement le groupe Bocq-Adam parmi les premiers réseaux nantais.

Références bibliographiques

  • Nantes – Les 50 otages Dominique Bloyet, Étienne Gasche, Éditions CMD, 1999. Ouvrage de synthèse sur l’événement matriciel de la mémoire nantaise d’octobre 1941 ; replace les premiers groupes de 1940, dont Bocq-Adam, dans le contexte local de l’Occupation et de la répression ; utile pour la chronologie et les portraits. mediatheque.ville-coueron.fr
  • Vivre l’Occupation : Nantes et la Loire-Inférieure, 1940-1944 Jean Bourgeon, Éditions Coiffard, 2013. Panorama documenté de la vie nantaise sous l’Occupation ; éclaire les sociabilités, les lignes de fracture et les premiers engagements ; apporte un cadre interprétatif aux actions de 1940-1941 et à la répression. Librairie Mollat Bordeaux
  • Jeunes résistants en Loire-Atlantique Dominique Bloyet, Étienne Gasche, Éditions Coiffard, 2014. Étude prosopographique qui restitue des parcours de jeunes résistants ; fournit des données biographiques et contextuelles sur le milieu nantais, ses premiers groupes et leurs relais. librairiecoiffard.fr

Références internet

  • Nantes Patrimonia – « Résistance à Nantes ». Présentation synthétique des premiers groupes nantais de 1940, dont Bocq-Adam, et repères sur la chronologie locale de l’Occupation et de la répression. Lien : Résistance – Nantes Patrimonia. URL : https://patrimonia.nantes.fr/home/decouvrir/themes-et-quartiers/resistance.html
  • Archives de Nantes – « La résistance ». Dossier documentaire local retraçant les premières actions et mentionnant un « premier groupe organisé autour de Bocq et d’Henri Adam ». Lien : La résistance – Archives de Nantes. URL : https://archives.nantes.fr/home/decouvrir/dossiers-documentaires/affiches-en-guerre-1939-1945/la-resistance-1.html
  • Ordre de la Libération – « Nantes ». Notice officielle de la commune Compagnon de la Libération ; cite explicitement « le groupe Bocq-Adam » et l’incendie du Petit-Port du 16 décembre 1940. Lien : Nantes – Ordre de la Libération. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/en/nantes Musée de l’Ordre de la Libération
  • Fondation de la Résistance – « Préparer le CNRD – Pays de la Loire ». Dossier pédagogique évoquant le « groupe Adam-Bocq » et l’action au Soldatenheim du 26 décembre 1940 ; utile pour les jalons et les acteurs. Lien : Fondation de la Résistance (PDF). URL :
  • Maitron – « Paul BOCQ, Émile ». Notice biographique (résistant nantais, condamné à mort en 1941, évasion, FFL), avec rappels des actions de décembre 1940. Lien : Maitron (Paul Bocq). URL : https://maitron.fr/bocq-paul-emile/
  • Maitron – « BOCQ-PICARD Monique ». Notice biographique de la fille de Paul Bocq ; confirme l’engagement de Josette BOCQ et sa déportation ; utile pour recouper les filiations militantes. Lien : Maitron (Monique Bocq-Picard). URL : https://maitron.fr/bocq-picard-monique-nee-bocq-monique-madeleine-epouse-picard/
  • Musée de la Résistance en ligne / SHD – « BL à BZ » (GR 16 P). Extrait des fichiers d’homologation mentionnant notamment Paul BOCQ et Jean BOCQ ; attestation archivistique de statuts résistants. Lien : MRN – SHD GR 16 P (PDF).
  • Résistance-44 (Comité du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et de Nantes). Articles de contextualisation 1940-1943 mentionnant le groupe Bocq-Adam, les actions de décembre 1940 et la chronologie répressive. Lien : Résistance-44 – « 1940, de la résistance à la Résistance ». URL : https://resistance-44.fr/1940-de-la-resistance-a-la-resistance/
  • Nantes Patrimonia – « Femmes dans l’histoire de Nantes » (PDF). Fiche « Josette Bocq (1903-1945) », agent de transmission au sein du réseau Bocq-Adam ; repère biographique. Lien : PDF Patrimonia. URL :
  • Patrimoine SNCF – « Henri Adam » et « Marin Poirier ». Notices mémorielles confirmant dates et lieux d’exécution de ces acteurs nantais ; utiles pour la prudence face aux homonymies. Liens : Patrimoine SNCF – Adam ; Patrimoine SNCF – Poirier. URL : https://patrimoine.sncf.com/2024/05/06/adam-henri/ ; https://patrimoine.sncf.com/2024/05/06/poirier-marin/
  • Les Français Libres – « Paul Émile Bocq » et « Henri Adam ». Fiches biographiques participatives, à utiliser en complément et à recouper ; confirment la création du réseau en 1940 et donnent des détails familiaux (Josette Bocq). Liens : FFL – Bocq ; FFL – Adam. URL : https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=56222
  • https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=50408

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