Champ de tir du Bêle, Nantes : exécutions de résistants et d’otages (1941–1943)
Entre 1941 et 1943, le champ de tir du Bêle, un ancien stand militaire situé à Nantes (rue Claude‑et‑Simone‑Millot), fut utilisé par les forces allemandes comme principal lieu d’exécution d’otages et de résistants.
Le premier résistant fusillé y fut Marin Poirier, le 30 août 1941. Le 22 octobre 1941, en représailles à l’assassinat du Feldkommandant Karl Hotz, seize otages nantais furent exécutés en ce lieu. En 1943, à la suite du « procès des 42 », trente-sept résistants condamnés à mort furent fusillés au Bêle entre le 29 janvier, le 13 février et le 7 mai. Enfin, le 25 août 1943, onze résistants furent exécutés après le « procès des 16 » . Au total, environ 81 personnes furent fusillées sur ce site durant la Seconde Guerre mondiale .
Circonstances
Le champ de tir du Bêle, établi dès 1879 pour des manœuvres militaires, fut approprié dès la Première Guerre mondiale pour des exécutions de condamnés par tribunaux militaires.
Occupée par l’armée allemande dès juin 1940 et libérée en août 1944, Nantes vit ce lieu devenir le principal site d’exécution de la répression allemande contre les résistants et otages locaux .
Héros et figures marquantes
Parmi les victimes figurent :
- Marin POIRIER, cheminot et militant socialiste, premier résistant nantais exécuté, fusillé le 30 août 1941 .
- Gaston TURPIN, syndicaliste communiste résistant, exécuté le 13 février 1943 après le procès des 42
- Michel DABAT, jeune résistant du groupe Hévin, fusillé en octobre 1941 parmi les otages
- Léon JOST, ancien combattant mutilé et responsable d’évasion, fusillé le 22 octobre 1941
- André LE MOAL, âgé de 17 ans, exécuté parmi les otages le 22 octobre 1941
Victimes
Les personnes fusillées incluent résistants, militants politiques, anciens combattants, jeunes syndicalistes ou civils engagés.
Le total estimé s’élève à 81 personnes exécutées au champ de tir du Bêle durant la guerre .
Survivants
Les sources consultées n’indiquent aucune survie des personnes mentionnées ; tous périrent dans le cadre des fusillades.
Conséquences
Militairement, ces exécutions furent des représailles visant à écraser la résistance locale. Symboliquement, elles cristallisèrent le refus de l’occupant et de ses collaborateurs ; notamment par conséquent, depuis Londres, de Gaulle condamna l’attentat contre Hotz et ces exécutions, attribuant à Nantes l’insigne de la Libération . Localement, la répression créa un traumatisme durable.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le site est aujourd’hui un lieu de mémoire : une plaque en marbre fut posée en 1947 par l’Association nationale des Familles de fusillés
Pour le cinquantième anniversaire, en 1991, la municipalité a inauguré la statue « Les Otages » de Jules Paressant .
En 2011, un totem mémoriel a été installé, suivi en 2018 d’une nouvelle plaque mentionnant la liste corrigée des 81 fusillés
Des cérémonies commémoratives annuelles, notamment le 22 octobre, relient ce lieu à d’autres sites de mémoire comme le Monument aux 50 otages et la carrière de la Sablière à Châteaubriant .
Des hommages individuels ont aussi lieu, par exemple pour Marcel Viaud fusillé le 13 février 1943 . En 2023, une rue a été dédiée à un résistant espagnol fusillé au Bêle .
Références bibliographiques
- La Résistance à Nantes, collectif, Editions Coiffard. Présente le contexte local de la Résistance et des exécutions, incluant les événements du Bêle.
- Les 50 otages – mémoire sensible, Étienne Gasche et Dominique Bloyet, Editions du Petit Véhicule, 1991. Étudie en particulier l’exécution des otages de 1941 et son impact mémoriel.
- La répression nazies à Nantes (1941-1943), ouvrage collectif d’historiens nantais, 2001. Analyse la répression et la mémoire des lieux comme le champ de tir du Bêle (hypothétique, à confirmer localement).
Références internet
- Wikipédia – page « Champ de tir du Bêle » : décrit la localisation, les séries d’exécutions (16 otages, procès des 42 et des 16), nombre total exécuté, et usage mémoriel sainte-luce-loire.com+10Wikipédia+10patrimonia.nantes.fr+10.
- Nantes Patrimonia (fiche PDF « Le champ de tir du Bêle ») : présente le lieu comme site de mémoire, premières exécutions, plaques et totems, sculptures patrimonia.nantes.fr+1.
- Nantes Patrimonia (actualité 2024) : détail des cérémonies commémoratives annuelles, en particulier celles du mois d’octobre patrimonia.nantes.fr.
Résistance‑44 (actualité commémoration, 2023) : mentionne cérémonie au Bêle pour les procès des 42 et des 16 FTP, avec présence d’élus et représentants espagnols hanslucas.com+1. - Site Sainte‑Luce‑Loire (commémoration de Jean Losq) : rappelle un fusillé exécuté anonymement au Bêle, inhumé à Sautron sainte-luce-loire.com.
- Article Nantes Métropole (2021) sur les 50 otages : contexte de la répression, réaction générale (de Gaulle, etc.) et mémoire de l’événement Nantes, ville et métropole.
- Wikipédia — pages biographiques de Marin Poirier, Gaston Turpin, Michel Dabat, Léon Jost, André Le Moal en complément de données factuelles patrimonia.nantes.fr+3Wikipédia+3Wikipédia+3.