Bordeaux-Loupiac est un réseau de récupération et d’évasion du BCRA créé en mars 1943 par Jean-Claude Camors. Les sources consultées indiquent qu’il devient opérationnel à l’été 1943 et fonctionne jusqu’au printemps 1944, même si son chef est tué dès octobre 1943. Le nom de code appartient au système du BCRA qui baptise plusieurs réseaux d’évasion d’après des noms d’alcools.
Organisation interne
L’étude universitaire de Guillaume Pollack souligne que le réseau fonctionne par secteurs cloisonnés, sans liaisons internes facilement repérables dans les sources, avec usage généralisé des pseudonymes et des mots codés. Les télégrammes au BCRA parlent d’« Organisation de Bordeaux ». Le réseau agit dans un espace large allant du secteur Nord–Belgique à Paris et jusqu’aux filières de passage vers l’Espagne.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction principale du réseau est l’évacuation d’aviateurs et de soldats alliés, ainsi que d’agents français. Une partie des exfiltrés est acheminée vers l’Espagne. Des agents du réseau, notamment Bob Merlin et Joe Becker, sont attestés dans l’organisation de convoyages depuis le Pas-de-Calais à partir de juillet 1943. Les sources consultées ne permettent pas de lui attribuer une activité de sabotage structurée ; il s’agit d’un réseau d’évasion relevant du BCRA.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le réseau relève du BCRA. Après sa destruction à l’automne 1943, une partie de ses éléments est reprise par le réseau Bourgogne, tandis que le MI9 crée en novembre 1943 le réseau Shelburn sur d’autres structures d’évasion. Le réseau entretient aussi des contacts avec des groupes locaux d’hébergement et de convoyage, notamment dans le Pas-de-Calais.
Chefs et figures marquantes
Jean-Claude Camors est le fondateur et chef du réseau. L’Ordre de la Libération confirme son appartenance au réseau Bordeaux-Loupiac et au BCRA.
Eugène Hegedos apparaît dans l’étude de Guillaume Pollack comme un acteur du fonctionnement clandestin et des messages du réseau. Bob Merlin et Joe Becker sont attestés comme agents de convoyage dans le Pas-de-Calais. Paulette Depesme est identifiée par le Musée de la Résistance en ligne comme agent de liaison du réseau. Rémy Pavie y est également signalé comme membre.
Victimes et morts
Jean-Claude Camors est abattu à Rennes le 11 octobre 1943 lors d’une tentative d’interpellation.
La Fondation de la Résistance indique que Bordeaux-Loupiac est détruit en octobre 1943. Les sources consultées ici ne permettent pas d’établir un bilan global et exhaustif des morts du réseau, mais elles confirment au moins la mort de son chef et les arrestations qui frappent plusieurs agents.
Survivants identifiés
Rémy Pavie est signalé comme déporté à Neuengamme puis libéré avant la fin de la guerre. La documentation consultée mentionne aussi la poursuite d’activités d’évasion après la mort de Camors, ce qui implique la survie d’une partie des agents et des relais locaux. Une liste exhaustive des survivants n’a toutefois pas été retrouvée dans les résultats consultés.
Fin du réseau
Les sources convergent pour situer la destruction du réseau en octobre 1943, après la mort de Camors. Certaines liaisons ou fragments sont repris par Bourgogne, et l’activité d’évasion est partiellement relayée par d’autres structures au cours de l’hiver 1943-1944.
Conséquences et mémoire
Bordeaux-Loupiac a joué un rôle important dans les filières d’évasion du BCRA en France occupée, en particulier pour les aviateurs alliés. La mémoire du réseau est portée par les études universitaires récentes, les fonds du SHD, les notices du Musée de la Résistance en ligne et la mémoire de Jean-Claude Camors, Compagnon de la Libération. Une plaque commémorative rappelle Camors comme chef du réseau.
Références bibliographiques
Guy Pérotin, Le Réseau Bordeaux-Loupiac. Ouvrage souvent cité dans les notices mémorielles et biographiques consultées ; il constitue une référence spécifique sur l’histoire du réseau.
Guillaume Pollack, « Ici l’ombre. Vivre la clandestinité : l’exemple du réseau Bordeaux-Loupiac ». Étude universitaire récente particulièrement utile pour l’organisation clandestine, le cloisonnement, les pseudonymes et les pratiques de dissimulation.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice officielle de Jean-Claude Camors confirmant son rôle dans le réseau Bordeaux-Loupiac et au BCRA. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-claude-camors
OpenEdition. Étude universitaire de Guillaume Pollack sur la clandestinité du réseau. https://books.openedition.org/irhis/8284
Résistance en Pas-de-Calais. Notice synthétique sur Bordeaux-Loupiac, sa création par Camors et sa fonction d’évasion. https://resistancepasdecalais.fr/bordeaux-loupiac/
Service historique de la Défense. Signalement des statuts de l’Amicale du réseau et de documents d’anciens agents. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35868
Sources consultées le 29 mars 2026
Ordre de la Libération, notice Jean-Claude Camors : chef du réseau, BCRA, date et lieu de décès.
OpenEdition, étude de Guillaume Pollack : organisation clandestine, cloisonnement, pratiques de dissimulation, code du nom de réseau.
Résistance en Pas-de-Calais : type du réseau, date de création, fonction d’évasion.
Fondation de la Résistance : destruction du réseau en octobre 1943 et reprise partielle par Bourgogne.
Service historique de la Défense : existence d’un dossier d’archives sur le réseau Bordeaux-Loupiac et de pièces relatives à son amicale.
Musée de la Résistance en ligne : ressources sur Jean-Claude Camors, Paulette Depesme, Rémy Pavie et plaque commémorative.
Observations
Le réseau est clairement un réseau d’évasion du BCRA, mais son aire d’action dépasse largement Bordeaux au sens géographique strict. L’étude universitaire consultée insiste sur un secteur Nord–Belgique et sur une organisation multi-régionale.
La chronologie présente une légère tension entre « destruction en octobre 1943 » et « fonctionnement jusqu’au printemps 1944 ». La décision retenue ici est de distinguer la destruction du noyau initial dirigé par Camors et la survie de certaines filières ou reprises par d’autres structures jusqu’au printemps 1944.