La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MAURIN Jean alias le Patron, Devaux, Nardin, Lardier, Robinet,

Jean MAURIN, alias notamment « le Patron », « Devaux », « Nardin », « Lardier » et « Robinet », né le 26 Février 1893 à Saint-Jean-d’Angély, 17 – Charente-Maritime (ex Charente-Inférieure), France, mort en 1979, lieu de décès non retrouvé avec certitude, français.

Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’il a 47 ans en 1940 et qu’il est alors lieutenant-colonel ; la municipalité de Besançon retient explicitement les années 1893-1979.

La documentation actuellement accessible permet surtout d’établir la carrière militaire de Maurin. En 1940, il est lieutenant-colonel, ce qui témoigne d’une carrière d’officier déjà avancée avant son engagement clandestin. Les détails de sa formation militaire et de ses premières affectations n’ont cependant pas été suffisamment documentés dans les sources ouvertes consultées pour être reconstitués sans risque d’erreur.

Engagement dans la Résistance

Maurin entre dans l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA) et devient progressivement l’un des principaux responsables militaires clandestins de Franche-Comté. Il reçoit la direction de la sous-région D2, couvrant une grande partie de la Franche-Comté, et assume des fonctions de commandement dans les Forces françaises de l’intérieur.

Une importante vague d’arrestations frappe son organisation en février 1944 après la saisie de documents concernant la sous-région D2. La Fondation pour la Mémoire de la Déportation rattache explicitement cette organisation au lieutenant-colonel Maurin.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Son rattachement principal est l’ORA, puis les Forces françaises de l’intérieur. Le Musée de la Résistance en ligne le qualifie de chef FFI de la sous-région D2.

Après la mort d’Émile Joly lors de la destruction du maquis d’Écot le 8 juillet 1944, Maurin affirme avoir pris lui-même le commandement du groupement FFI de Montbéliard, tout en conservant ses fonctions à la tête de D2. Ce témoignage de première main est publié en 1974 dans la Revue historique des Armées.

Missions et actions

La place de Maurin dans la naissance du maquis du Lomont est centrale. Le 11 août 1944, il décide l’occupation du plateau. Le projet vise à créer un camp retranché proche de la frontière suisse, servant simultanément de centre de rassemblement, base d’opérations et terrain de parachutage. Il fixe les grandes lignes de l’opération, le nombre de compagnies et l’ordre de leur montée au plateau.

Le plan prévoit initialement que Maurin, assisté d’Ernest Floege, exerce le commandement du nouveau maquis. L’arrestation de Maurin avant son arrivée au Lomont bouleverse toutefois cette organisation et laisse Floege seul à la tête des forces qui commencent à gagner le plateau.

Une nuance historiographique importante doit être conservée. Dans sa mise au point de 1974, Maurin conteste certaines présentations donnant à Floege une autorité précoce sur les FFI de Montbéliard : selon lui, jusqu’à la mort d’Émile Joly, ces formations relèvent de Joly et non du SOE ; après Écot, Maurin affirme avoir personnellement repris leur commandement.

Arrestation / évasion / déportation

Jean Maurin est arrêté le 15 août 1944, alors qu’il se prépare à gagner le plateau de Montécheroux pour prendre le commandement du maquis du Lomont. La délibération officielle de la ville de Besançon situe l’arrestation au maquis de Vieilley, lors d’un contrôle de police.

Cette arrestation explique qu’il ne puisse exercer effectivement le commandement opérationnel du Lomont qu’il avait préparé. Ernest Floege prend alors la direction du maquis.

Camarades de combat

Parmi les principaux responsables directement associés à Maurin figurent Émile Joly, chef des FFI de Montbéliard jusqu’à sa mort ; Ernest-Frédéric Floege, agent américain appelé à l’assister dans l’opération du Lomont ; ainsi que les cadres de la sous-région D2. Son organisation est également en relation avec le délégué militaire régional Pierre Hanneton.

Retour à la vie civile

Maurin survit à la guerre et demeure actif dans la transmission de l’histoire de la Résistance. En 1974, il publie dans la Revue historique des Armées une importante mise au point intitulée « À propos du maquis du Lomont », contestant plusieurs interprétations de la genèse et du commandement du maquis.

Décorations

  • Médaille de la Résistance Française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O42931

Les recherches présentes n’ont pas permis de reconstituer avec suffisamment de certitude la totalité de ses autres décorations avec leurs actes d’attribution.

Lieux de mémoire

En 1991, la ville de Besançon décide de donner son nom à l’Esplanade Colonel Jean Maurin, située face au Monument aux morts, en reconnaissance de son rôle dans la Résistance franc-comtoise. La décision est adoptée à l’unanimité par le conseil municipal le 23 septembre 1991.

Références bibliographiques

Jean Maurin, « À propos du maquis du Lomont », Revue historique des Armées, 1974, pp. 242-245. Ce texte constitue une source primaire majeure puisque Maurin y expose directement sa version du commandement des FFI de Montbéliard et de la préparation du Lomont.

La Franche-Comté sous l’occupation allemande et sa libération Jean Riche, Éditions Marque-Maillard, 1979. Cet ouvrage régional constitue une source importante pour replacer Jean Maurin dans l’organisation militaire de la Résistance franc-comtoise. Il traite de l’Occupation, de la structuration des mouvements de résistance, des formations FFI et des opérations de la Libération dans le Doubs et les départements voisins. Jean Maurin y apparaît dans le cadre du commandement de la Résistance militaire et des unités FFI de la région.

Histoires secrètes de l’Occupation en zone interdite : des Ardennes au Jura (1940-1944) Jean Vartier, Hachette, 1972. Fondé notamment sur des témoignages de responsables de la Résistance, cet ouvrage consacre une partie importante à la Franche-Comté et à la zone interdite. Jean Maurin y est directement évoqué comme chef de la sous-région D2 ; l’auteur a bénéficié des explications de responsables et d’acteurs de la Résistance de l’Est, permettant de restituer l’organisation des réseaux, les sabotages et les préparatifs militaires de la Libération.

Une poignée de braves : épisodes de la Résistance franc-comtoise, 1940-1944 André Besson, Les Nouvelles Éditions jurassiennes, 1965. L’ouvrage retrace plusieurs épisodes et parcours individuels de la Résistance en Franche-Comté. Il permet d’éclairer l’environnement dans lequel agit Jean Maurin, notamment les filières de passage, la constitution des groupes clandestins, les liaisons entre le Doubs et le Jura et le développement d’une résistance militaire structurée dans cette région.

Le perroquet n’est pas monté à l’échelle, ou 1944, des Comtois fidèles à leur devise : chronique de la Résistance armée dans les cantons de Montbenoît, Morteau, Pierrefontaine-les-Varans et Vercel Gilbert Jacquet, Cêtre, 1980. Cette chronique régionale porte sur la Résistance armée dans plusieurs secteurs du Doubs relevant de l’espace d’action de la sous-région D2 commandée par Jean Maurin. Elle documente l’organisation des groupes locaux, leurs responsables, les liaisons, les actions clandestines et le passage à la lutte armée à l’approche de la Libération.

A Schoolmaster’s War: Harry Rée, British Agent in the French Resistance Harry Rée, édité par Jonathan Rée, Yale University Press, 2020. Ce recueil de souvenirs, lettres et écrits de l’agent britannique du SOE Harry Rée présente un intérêt direct pour Jean Maurin : Rée décrit notamment ses relations avec la Résistance franc-comtoise et évoque personnellement le colonel Maurin. L’ouvrage permet ainsi de confronter la documentation française avec le témoignage d’un agent britannique engagé dans les opérations clandestines de la région.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne — « Jean MAURIN COLONEL ». Il s’agit de la notice nominative la plus directement consacrée au résistant recherché. Elle confirme ses pseudonymes « Le Patron », « Devaux », « Nardin », « Lardier » et « Robinet », son âge de 47 ans en 1940, sa qualité de lieutenant-colonel, son action dans le Doubs, son appartenance à l’Organisation de Résistance de l’Armée et sa fonction de chef FFI de la sous-région D2. La notice indique que la biographie complète provient du CD/DVD-ROM La Résistance dans le Doubs publié en 2008. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=12942

Musée de la Résistance en ligne — « Région D ». Cette page replace Jean Maurin dans la structure territoriale des Forces françaises de l’intérieur. Elle indique que la région D couvre notamment la Haute-Saône, le Doubs, le Territoire de Belfort et le nord du Jura et cite explicitement le colonel Jean Maurin comme commandant pour le Doubs. Elle est particulièrement utile pour comprendre la place de Maurin dans la hiérarchie de la Résistance au moment de la préparation de la Libération. https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=106&sstheme=1373&stheme=415&theme=210

Ordre de la Libération — « Paul Grenier ». La biographie officielle du Compagnon de la Libération Paul Grenier apporte un témoignage institutionnel essentiel sur le commandement de Jean Maurin. Elle précise que Grenier est nommé le 1er avril 1943 adjoint du colonel Maurin, alors commandant du département du Doubs pour l’ORA et du Jura, et décrit son travail de recrutement et d’organisation de la résistance militaire. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-grenier

Musée de la Résistance en ligne — « Maquis de Lomont (carte) ». Cette ressource documente directement une décision militaire importante de Jean Maurin. Elle indique que le 11 août 1944, en sa qualité de chef de la sous-région D2, il décide de faire du Lomont un maquis organisé comportant notamment un terrain de parachutage. Cette décision conduit à la constitution d’un important point d’appui de la Résistance dans le contexte de la Libération de la Franche-Comté. https://museedelaresistanceenligne.org/media2980-Maquis-de-Lomont-carte

FNAPOG — « Maquis de Lomont ». Cette étude historique décrit de manière détaillée la mise en place du maquis du Lomont en août 1944. Elle attribue au colonel Jean Maurin, chef de la sous-région D2, la décision du 11 août d’occuper et d’organiser le plateau et précise qu’il rédige les différentes étapes de l’opération, comprenant les effectifs, les compagnies, les dates de départ et l’organisation des parachutages. https://fnapog.fr/maquis-de-lomont-2/

Service historique de la Défense — Dossier 31, Franche-Comté. Le catalogue du SHD signale un ensemble documentaire particulièrement important pour approfondir les recherches sur Jean Maurin et la Résistance franc-comtoise. Le dossier contient notamment une « Contribution à l’histoire du maquis du Lomont » rédigée par le colonel Jean Maurin lui-même ainsi que des documents relatifs à la Résistance militaire en Franche-Comté. Il constitue donc une source archivistique de premier ordre susceptible de compléter les notices biographiques disponibles en ligne. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1485231

Fondation pour la Mémoire de la Déportation — « Transport parti de Paris le 12 juillet 1944 (I.245.) ». Cette ressource étudie un convoi de déportation comprenant de nombreux résistants du Doubs, du Jura et du Territoire de Belfort. Elle précise que plusieurs hommes furent arrêtés lors d’une vaste opération allemande après la saisie d’archives concernant l’organisation de la sous-région D2, commandée par le lieutenant-colonel Jean Maurin. Elle permet de mesurer l’impact de la répression allemande sur l’organisation dirigée par Maurin. https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.245

Cairn / Revue d’Histoire de la Shoah — « Les services du ministère de l’Agriculture de Vichy face à la persécution et à la Résistance ». Cette étude historique universitaire évoque directement le colonel Jean Maurin comme commandant de la région Est dans le cadre de l’ORA. Elle décrit la grande vague d’arrestations qui frappe son organisation en février 1944 et mentionne trente-quatre résistants capturés. L’article exploite également un témoignage de Maurin de juillet 1945 concernant le résistant Roger Michel-Lévy et ses fonctions au sein de l’état-major de la sous-région D2. https://shs.cairn.info/article/RHSHO_215_0409?ID_ARTICLE=RHSHO_215_0409&lang=fr

Le Maitron — « Guglielmetti Joseph, Albert, Marie ». Cette notice biographique permet d’étudier l’environnement résistant placé sous l’autorité de Jean Maurin. Elle indique qu’un mouvement de résistance militaire s’organise dans le Doubs autour du lieutenant-colonel Maurin et apporte des renseignements sur le groupe Doubs-Nord, ses militants et son intégration à l’action clandestine en 1943. Elle constitue un recoupement utile avec les sources de l’ORA et du Musée de la Résistance. https://maitron.fr/guglielmetti-joseph-albert-marie/

Le Maitron — « Ribolzi Charles ». Cette notice documente la phase militaire de la Libération et l’organisation du maquis de Lomont. Elle confirme que l’installation du maquis à partir du 15 août 1944 résulte d’une décision du colonel Jean Maurin, alors commandant de la sous-région D2, et décrit les opérations qui suivent sur le plateau. Elle fournit ainsi une source biographique indépendante permettant de recouper les informations du Musée de la Résistance en ligne. https://fusilles-40-44.maitron.fr/ribolzi-charles/

Mémoire Vive de la Résistance — « Grenier ». Cette notice consacrée à Paul Grenier décrit précisément sa place aux côtés de Jean Maurin. Elle indique qu’après son entrée dans l’ORA du Doubs en mars 1943, Grenier devient l’adjoint du colonel Maurin et participe à la constitution d’une résistance combattante structurée dans le Doubs et le Jura, notamment par le recrutement d’anciens militaires du 60e RI. https://mvr.asso.fr/grenier/

Ville de Besançon — « Dénomination de l’Esplanade Colonel Jean Maurin », délibération municipale du 23 septembre 1991. Cette source institutionnelle est particulièrement intéressante pour la biographie et la mémoire postérieure de Jean Maurin. La délibération précise ses années de naissance et de décès, 1893-1979, le qualifie de Médaillé de la Résistance et rappelle qu’il compte parmi les résistants de la première heure. La municipalité décide à l’occasion d’un congrès national de l’Association des Médaillés de la Résistance de donner son nom à l’esplanade située face au monument aux morts de Besançon.

Mémoire Vive de la Résistance — « Valnet ». La notice consacrée au passeur et résistant Fernand Valnet permet d’identifier un autre membre de l’environnement opérationnel de Jean Maurin. Elle mentionne explicitement ses contacts avec le colonel Jean Maurin dans le cadre de l’ORA et documente les liens entre filières de passage, renseignement, recrutement et résistance militaire dans la région jurassienne et franc-comtoise. https://mvr.asso.fr/valnet/

Dossier d’homologation consulté

Le Service historique de la Défense conserve dans son dossier 31 consacré à la Franche-Comté des documents relatifs à la résistance militaire régionale et un article du colonel Jean Maurin sur le maquis du Lomont. Une cote individuelle GR 16 P n’a toutefois pas été identifiée dans les résultats présents.

Observations

Le témoignage de Maurin révèle une divergence historiographique réelle sur les rapports entre commandement FFI français et agents du SOE. Maurin estime que Floege a parfois cherché à dépasser les limites de sa mission et insiste sur l’autonomie du commandement FFI. Cette prise de position doit être confrontée aux autres témoignages mais ne peut être ignorée, puisqu’elle émane du chef même de D2.

Indice de fiabilité Niveau A — Fiabilité excellente. Les fonctions de Maurin, la sous-région D2, son rôle dans la création du Lomont et son arrestation sont établis par des sources institutionnelles, muséales et par son propre témoignage publié.

Chronologie

DateÉvénement
1893Naissance
1940Lieutenant-colonel
1943-1944Responsable ORA puis chef FFI de la sous-région D2
8 juillet 1944Mort d’Émile Joly ; Maurin reprend selon son témoignage le groupement FFI de Montbéliard
fin juillet 1944Préparation d’un puissant maquis sur le Lomont
11 août 1944Décision et organisation de l’occupation du Lomont
15 août 1944Arrestation avant de rejoindre le maquis
1974Publication de sa mise au point dans la Revue historique des Armées
1979Décès
23 septembre 1991Besançon décide de créer l’Esplanade Colonel Jean Maurin

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