La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MASSON Charles

Charles MASSON, né le 29 juillet 1920 à Haubourdin (Nord), fusillé après condamnation le 5 avril 1944 à la citadelle de Besançon (Doubs), français.

Le Maitron le présente comme agent technique à l’usine à gaz et résistant.

Charles Masson naît le 29 juillet 1920 à Haubourdin, dans le département du Nord. Les sources actuellement accessibles donnent peu d’éléments sur son enfance et sa formation. Le Maitron indique qu’il exerce comme agent technique à l’usine à gaz. Il est marié et sans enfant au moment de son engagement clandestin.

Son parcours professionnel le place dans un environnement technique et industriel susceptible d’apporter des compétences utiles à une organisation clandestine, mais aucun document retrouvé ne permet d’attribuer à cette formation professionnelle un rôle précis dans ses missions résistantes.

Engagement dans la Résistance

Charles Masson s’engage d’abord dans l’Organisation civile et militaire (OCM). Il rejoint ensuite le groupe clandestin constitué à Belfort autour du capitaine Maurice Ferrand. Lorsque Ferrand est arrêté le 9 septembre 1943, Masson prend la direction du groupe et lui imprime, selon le Maitron, une nouvelle dynamique.

Ce passage à la tête du groupe constitue l’élément central de son parcours résistant. Masson ne doit donc pas être seulement considéré comme un exécutant : il devient, à partir de septembre 1943, l’un des principaux responsables de la Résistance armée belfortaine issue du groupe Ferrand.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Charles Masson appartient successivement à l’Organisation civile et militaire (OCM) puis au groupe Ferrand. Les sources mémorielles de la citadelle de Besançon le classent également parmi les résistants Buckmaster – Forces françaises combattantes (FFC).

Cette dernière qualification rattache son activité à l’environnement des réseaux français de la section F du Special Operations Executive britannique. Toutefois, les résultats accessibles ne permettent pas de préciser avec suffisamment de certitude le nom du sous-réseau, la date administrative de son homologation ou le statut exact qui lui fut reconnu à l’intérieur de cette structure.

Missions et actions

Après l’arrestation du capitaine Ferrand, Charles Masson prend la direction du groupe en septembre 1943. Les sources lui attribuent un rôle déterminant dans la relance et l’intensification de ses activités.

Il travaille notamment avec Pierre Engels à la récupération, au transport et à la mise en cache d’armes destinées à la Résistance. La notice du Maitron consacrée à Engels rattache explicitement les deux hommes à cette activité clandestine.

Cette fonction est essentielle dans une organisation préparant l’action armée : les armes doivent être déplacées, dispersées et dissimulées de manière à limiter les conséquences d’une perquisition ou d’une arrestation. Masson apparaît ainsi à la fois comme chef du groupe et comme participant direct à son dispositif logistique.

Les sources relatives à d’autres membres du réseau Buckmaster de la région, notamment André Reiniche et Maxime Pierrat, citent également Charles Masson dans le même environnement clandestin, confirmant son insertion dans un réseau de résistants actifs entre Belfort, Giromagny et les secteurs voisins.

Arrestation / évasion / déportation

L’activité de récupération d’armes conduit à la répression du groupe. Charles Masson est arrêté alors que Pierre Engels parvient, dans un premier temps, à échapper au coup de filet. Les sources secondaires locales indiquent qu’Engels quitte ensuite Belfort dissimulé dans une ambulance des sapeurs-pompiers.

Masson est emprisonné puis traduit devant la juridiction militaire allemande. Il est condamné à mort et fusillé le 5 avril 1944 à la citadelle de Besançon. La liste historique des fusillés de la citadelle confirme son identité, sa naissance à Haubourdin, son rattachement Buckmaster-FFC et la date de son exécution.

La citadelle de Besançon est alors l’un des principaux lieux d’exécution de résistants condamnés par le tribunal militaire allemand : entre avril 1941 et août 1944, environ une centaine d’hommes y sont fusillés.

Camarades de combat

Maurice Ferrand est le responsable auquel Masson succède après son arrestation du 9 septembre 1943.

Pierre Engels est son compagnon opérationnel le mieux documenté : les deux hommes transportent et dissimulent ensemble des armes destinées au groupe.

Les notices consacrées à André Reiniche, Louis Toussaint et Maxime Pierrat montrent également que Masson appartient au même environnement clandestin Buckmaster dans le Territoire de Belfort et les secteurs voisins.

Retour à la vie civile

Charles Masson est exécuté le 5 avril 1944, plusieurs mois avant la Libération du Territoire de Belfort.

Décorations

  • Médaille de la Résistance Française à titre posthume par décret du 15 juin 1946 JO 11 juillet 1946 source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O42513

Aucune autre décoration personnelle n’a pu être confirmée avec son acte officiel lors des présentes recherches.

Lieux de mémoire

La citadelle de Besançon constitue le principal lieu de mémoire directement associé à Charles Masson. Son nom figure dans la liste des résistants exécutés dans la citadelle et dans la documentation du monument réhabilité des poteaux des fusillés.

Sa mémoire est également conservée à Belfort, où MémorialGenWeb le recense parmi les résistants morts pendant la Seconde Guerre mondiale et décorés de la Médaille de la Résistance.

Références bibliographiques

Christophe Grudler, Le Fusillé souriant. Histoire d’une photographie. L’ouvrage, centré sur Georges Blind, permet de replacer Charles Masson dans l’environnement du groupe Ferrand et de la Résistance belfortaine.

Travaux du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon sur les fusillés de la citadelle. Ce corpus constitue une référence essentielle pour l’étude des résistants condamnés par les juridictions militaires allemandes et exécutés à Besançon, parmi lesquels Charles Masson.

Références internet

Le Maitron — « Masson Charles ». La notice nominative constitue la principale source pour son état civil, sa profession, son engagement dans l’OCM, son passage dans le groupe Ferrand, son accession à la direction de celui-ci après l’arrestation de Maurice Ferrand et son exécution le 5 avril 1944.
https://maitron.fr/masson-charles/

Le Maitron — « Engels Pierre, Armand ». Cette notice permet de préciser le rôle de Masson après le 9 septembre 1943 et son activité commune avec Pierre Engels dans le transport et la mise en cache d’armes.
https://maitron.fr/engels-pierre-armand/

Musée de la Résistance en ligne — « Citadelle de Besançon : le monument des poteaux des fusillés réhabilité ». La liste historique des exécutés identifie Charles Masson comme né le 29 juillet 1920 à Haubourdin, rattaché à Buckmaster et aux FFC, fusillé le 5 avril 1944 et décoré de la Médaille de la Résistance.
https://museedelaresistanceenligne.org/media11775-Citadelle-de-Besanon-le-monument-des-poteaux-des-fusills-rhabilit

MémorialGenWeb. Les relevés belfortains confirment la présence de Charles Masson parmi les résistants commémorés et titulaires de la Médaille de la Résistance. https://www.memorialgenweb.org/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P ni aucun dossier d’homologation FFC, FFI, RIF ou CVR attribuable avec certitude à Charles Masson n’a pu être identifié dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.

La qualification Buckmaster – FFC figurant dans la documentation des fusillés de Besançon est retenue comme indication institutionnelle de son rattachement résistant, mais elle ne remplace pas une cote d’homologation individuelle.

Observations

Une vigilance particulière est nécessaire en raison de la fréquence du patronyme Masson. L’identification du résistant étudié est sécurisée par les éléments concordants suivants : prénom Charles, naissance le 29 juillet 1920 à Haubourdin, activité dans l’OCM puis le groupe Ferrand, commandement de ce groupe après septembre 1943 et exécution le 5 avril 1944 à Besançon.

Les sources accessibles permettent de confirmer le rattachement Buckmaster-FFC, mais non de préciser avec la même sûreté le sous-réseau exact ou les modalités administratives de cette affiliation.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité, la profession, l’engagement dans l’OCM puis le groupe Ferrand, la prise de commandement après l’arrestation de Maurice Ferrand, l’activité de récupération d’armes, le rattachement Buckmaster-FFC et l’exécution à Besançon reposent sur plusieurs sources concordantes, dont le Maitron et le Musée de la Résistance en ligne.

Chronologie

DateÉvénement
29 juillet 1920Naissance à Haubourdin (Nord).
OccupationAgent technique à l’usine à gaz.
Avant septembre 1943Engagement dans l’OCM puis dans le groupe Ferrand.
9 septembre 1943Arrestation du capitaine Maurice Ferrand ; Charles Masson prend la direction du groupe.
1943Organise et poursuit les activités du groupe ; transport et dissimulation d’armes avec Pierre Engels.
1943-1944Activité dans l’environnement Buckmaster-FFC du Territoire de Belfort.
1944Arrestation, emprisonnement et condamnation à mort.
5 avril 1944Fusillé à la citadelle de Besançon.

Sources consultées

Le Maitron. La notice « Masson Charles » a fourni sa naissance le 29 juillet 1920 à Haubourdin, sa profession d’agent technique à l’usine à gaz, son engagement résistant, sa prise de responsabilité dans le groupe Ferrand et son exécution le 5 avril 1944 à la citadelle de Besançon.

Le Maitron. La notice « Engels Pierre, Armand » a confirmé que, après l’arrestation de Maurice Ferrand le 9 septembre 1943, Charles Masson prit la direction du groupe et lui donna une forte impulsion ; elle documente également son activité avec Engels autour des armes clandestines.

Musée de la Résistance en ligne. La liste historique associée au monument des poteaux des fusillés de la citadelle de Besançon a fourni son rattachement Buckmaster-FFC, sa date et son lieu de naissance, sa date d’exécution et l’attribution de la Médaille de la Résistance.

MémorialGenWeb. Les relevés commémoratifs de Belfort ont permis de recouper la présence de Charles Masson dans la mémoire locale et son attribution de la Médaille de la Résistance.

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