Charles Jules PIERREPAQUE, né le 25 mai 1902 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 22 décembre 1941 à la citadelle de Besançon (Doubs), français.
Ouvrier-ajusteur, il appartient dès novembre 1940 à l’un des tout premiers groupes de sabotage constitués à Belfort et figure parmi les premières victimes de la répression allemande dans le Territoire de Belfort.
Charles Pierrepaque naît le 25 mai 1902 à Nancy. MémorialGenWeb précise qu’il est le fils de Virgile Delphin Pierrepaque et de Marie Philomène Untz et qu’il réside ensuite à Belfort. Le Maitron le présente comme ouvrier-ajusteur, profession qualifiée du secteur industriel et mécanique particulièrement développé dans la région belfortaine.
Les recherches accessibles n’ont pas permis de reconstituer plus précisément sa scolarité, son apprentissage professionnel, sa situation familiale ou les établissements dans lesquels il travaille avant l’Occupation. Ces renseignements ne sont donc pas complétés par hypothèse.
Engagement dans la Résistance
Charles Pierrepaque appartient à la génération des résistants qui s’engagent dès les premiers mois de l’Occupation. Le témoignage écrit de Robert Hennin, conservé dans la documentation historique relative aux sapeurs-pompiers et à la Résistance belfortaine, situe en novembre 1940 la constitution d’une équipe clandestine de sabotage à laquelle appartiennent Pierrepaque, Aloïs Martin, Marcel Schwimmer, André Boilletot, Roger Guigon, Spahn et Vebrel. Hennin présente cette équipe comme étant peut-être la première formation de sabotage organisée localement.
Cette chronologie place Pierrepaque parmi les résistants les plus précoces du Territoire de Belfort. À cette date, la Résistance intérieure n’est encore que très faiblement structurée à l’échelle nationale : son engagement relève donc d’un premier noyau local créé avant la consolidation ultérieure des grands mouvements et réseaux.
Lorsque Robert Hennin se sent lui-même étroitement surveillé, il transmet son équipe à une autre organisation. La documentation du Musée de la Résistance en ligne précise qu’il met alors ses camarades en relation avec le capitaine Maurice Ferrand, dont le groupe devient l’une des principales structures clandestines de Belfort.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Le Maitron qualifie Charles Pierrepaque de résistant du MLN dans son identification synthétique. Les sources locales montrent surtout son appartenance au premier groupe clandestin de sabotage constitué à Belfort en novembre 1940 et sa mise en relation ultérieure avec Maurice Ferrand.
Une source muséale consacrée aux fusillés de la citadelle de Besançon le répertorie sous l’indication RIF, pour Résistance intérieure française, avec le grade d’adjudant. Cette donnée correspond à une reconnaissance ou homologation postérieure de son engagement et ne doit pas être comprise comme le nom de l’organisation clandestine dans laquelle il agit dès novembre 1940.
L’association de Pierrepaque au premier noyau qui rejoint ensuite Maurice Ferrand est solidement établie. En revanche, les sources actuellement accessibles ne permettent pas de préciser avec certitude un éventuel rattachement personnel à un réseau britannique du SOE/Buckmaster, contrairement à plusieurs autres résistants belfortains ultérieurement intégrés dans ce dispositif.
Missions et actions
Le premier groupe auquel appartient Pierrepaque est explicitement décrit comme une équipe de sabotage. Son activité s’inscrit donc, dès novembre 1940, dans une résistance qui dépasse la simple diffusion d’opinions hostiles à l’occupant et envisage déjà des actions matérielles contre les intérêts allemands.
La documentation disponible ne fournit toutefois pas une liste suffisamment précise d’opérations individuellement attribuables à Pierrepaque. Il serait donc excessif de lui attribuer personnellement les sabotages ultérieurs réalisés par le groupe Ferrand ou par les sapeurs-pompiers de Belfort lorsque les sources ne donnent pas son nom parmi les exécutants.
Son importance réside surtout dans la précocité de son engagement : Pierrepaque appartient au noyau constitué dès novembre 1940, plusieurs mois seulement après l’entrée des troupes allemandes dans la région.
Arrestation / évasion / déportation
Charles Pierrepaque fait partie des toutes premières victimes de la répression allemande dans le Territoire de Belfort. Une étude de la Fondation de la Résistance consacrée à la répression en Franche-Comté le présente, avec le douanier Fernand Gauchet, comme l’une des premières victimes de l’Occupation dans le département et indique que les deux hommes sont arrêtés en mars 1941.
Son arrestation intervient donc quelques mois seulement après la création de l’équipe clandestine de novembre 1940. La rapidité de cette répression illustre la vulnérabilité des premiers groupes résistants, encore dépourvus des règles de cloisonnement et des structures de sécurité qui seront progressivement développées dans les organisations clandestines.
Pierrepaque est finalement traduit devant la justice militaire allemande, condamné à mort puis fusillé le 22 décembre 1941 à la citadelle de Besançon. Le Maitron donne sans ambiguïté cette date et ce lieu.
Il appartient ainsi aux premiers résistants exécutés dans cette citadelle. Entre 1941 et 1944, près d’une centaine d’hommes, principalement des résistants condamnés par le tribunal militaire allemand de Besançon, y sont fusillés.
Camarades de combat
Robert Hennin constitue une source essentielle sur la formation du groupe de novembre 1940 et apparaît comme l’un de ses premiers organisateurs. Son témoignage associe directement Charles Pierrepaque à Aloïs Martin, Marcel Schwimmer, André Boilletot, Roger Guigon, Spahn et Vebrel.
Maurice Ferrand occupe ensuite une place déterminante : lorsque Hennin estime son propre groupe menacé, il met ses camarades en relation avec le capitaine Ferrand. Pierrepaque appartient donc au premier environnement clandestin qui contribue à la constitution ou au renforcement du groupe Ferrand.
Aloïs Martin, Marcel Schwimmer, André Boilletot et Roger Guigon connaîtront eux-mêmes une répression particulièrement sévère ; plusieurs seront ultérieurement fusillés à la citadelle de Besançon.
Retour à la vie civile
Charles Pierrepaque est fusillé le 22 décembre 1941, près de trois ans avant la Libération du Territoire de Belfort.
Décorations
- Médaille de la Résistance française à titre posthume décret du 20 novembre 1946
La liste documentée des fusillés de la citadelle de Besançon indique une attribution par décret du 20 novembre 1946.
MémorialGenWeb confirme également la présence de la Médaille de la Résistance dans ses relevés commémoratifs consacrés à Charles Jules Pierrepaque.
Les recherches effectuées n’ont pas permis de confirmer avec un acte institutionnel nominatif accessible d’autres décorations personnelles. Aucune autre distinction n’est donc ajoutée.
Lieux de mémoire
La citadelle de Besançon constitue le principal lieu de mémoire associé à Charles Pierrepaque. Son nom figure parmi ceux des résistants fusillés entre 1941 et 1944 et est inscrit sur le monument rénové consacré aux « poteaux des fusillés ».
Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon a entrepris des recherches biographiques approfondies sur les résistants exécutés dans la citadelle et signalait encore Charles Pierrepaque parmi les fusillés pour lesquels il recherchait des documents photographiques.
Sa mémoire est également conservée à Belfort. Son nom figure sur le monument aux morts du square du Souvenir ainsi que sur le monument de la Libération.
Références bibliographiques
La répression de la Résistance en Franche-Comté. Les travaux publiés par la Fondation de la Résistance sur la répression dans la région permettent de replacer Charles Pierrepaque parmi les premières victimes du dispositif répressif allemand dans le Territoire de Belfort et signalent son arrestation dès mars 1941 aux côtés du douanier Fernand Gauchet.
Travaux et collections du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon consacrés aux fusillés de la citadelle. Les recherches menées à partir des archives départementales et militaires ont permis de reconstruire les biographies des résistants exécutés à Besançon et constituent un corpus essentiel pour contextualiser le parcours terminal de Charles Pierrepaque.
Références internet
Le Maitron — Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés. La notice « Pierrepaque Charles, Jules » constitue la principale source nominative pour son état civil, sa profession d’ouvrier-ajusteur, son appartenance résistante et son exécution le 22 décembre 1941 à Besançon.
https://maitron.fr/pierrepaque-charles-jules/
Musée de la Résistance en ligne. Les ressources consacrées au corps des sapeurs-pompiers de Belfort reproduisent le témoignage de Robert Hennin sur la création, en novembre 1940, du premier groupe de sabotage comprenant Charles Pierrepaque et sur sa mise en relation ultérieure avec le capitaine Maurice Ferrand.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
https://museedelaresistanceenligne.org/media2849-Dtail-du-drapeau-du-corps-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Musée de la Résistance en ligne — citadelle de Besançon. La liste historique des fusillés identifie Charles Pierrepaque comme résistant RIF, adjudant, né le 25 mai 1902 à Nancy et décoré de la Médaille de la Résistance par décret du 20 novembre 1946.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=11775&sens=verso
MémorialGenWeb. La fiche nominative de Charles Jules Pierrepaque confirme sa naissance le 25 mai 1902 à Nancy, sa filiation et sa résidence à Belfort. Les relevés commémoratifs confirment également son exécution à Besançon et sa Médaille de la Résistance.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?act=view&debut=4600&dpt=25&idsource=111113&insee=25056&lettre=&maxligne=200&pays=France&table=bp
Dossier d’homologation consulté
La documentation du Musée de la Résistance en ligne classe Charles Pierrepaque comme RIF, avec le grade d’adjudant, ce qui atteste une reconnaissance officielle ou mémorielle de son engagement résistant.
En revanche, aucune cote individuelle SHD GR 16 P, aucun dossier d’homologation RIF, FFC, FFI ou CVR attribuable avec certitude à Charles Pierrepaque n’a pu être identifié dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.
Observations
L’orthographe PIERREPAQUE est constante dans les principales sources nominatives consultées. L’identification est sécurisée par la combinaison des prénoms Charles Jules, de la naissance du 25 mai 1902 à Nancy et de l’exécution du 22 décembre 1941 à Besançon.
La qualification organisationnelle appelle davantage de prudence. Le Maitron utilise la mention MLN, tandis que les sources locales documentent surtout le groupe clandestin formé en novembre 1940 et mis ensuite en relation avec Maurice Ferrand. La liste des fusillés de Besançon emploie pour sa part la qualification administrative RIF. Ces termes décrivent des niveaux ou moments différents de son parcours et ne constituent pas nécessairement des contradictions.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’état civil, la profession, l’engagement dès novembre 1940, l’arrestation précoce, l’exécution et la Médaille de la Résistance reposent sur plusieurs sources concordantes, parmi lesquelles le Maitron, le Musée de la Résistance en ligne, la Fondation de la Résistance et MémorialGenWeb.
Chronologie
| Date | Événement |
| 25 mai 1902 | Naissance à Nancy (Meurthe-et-Moselle). |
| Avant 1940 | Ouvrier-ajusteur ; installation ou résidence à Belfort. |
| Novembre 1940 | Entre dans l’une des premières équipes de sabotage constituées à Belfort avec Martin, Schwimmer, Boilletot, Guigon, Spahn et Vebrel. |
| 1940-1941 | Le premier groupe est mis en relation avec le capitaine Maurice Ferrand. |
| Mars 1941 | Arrestation ; la Fondation de la Résistance le présente, avec Fernand Gauchet, comme l’une des premières victimes de l’Occupation dans le Territoire de Belfort. |
| 22 décembre 1941 | Fusillé après condamnation à la citadelle de Besançon. |
| 20 novembre 1946 | Attribution posthume de la Médaille de la Résistance française. |
Sources consultées
Le Maitron. La notice « Pierrepaque Charles, Jules » a fourni la date et le lieu de naissance, la profession d’ouvrier-ajusteur, l’engagement dans la Résistance et la date d’exécution à la citadelle de Besançon.
https://maitron.fr/pierrepaque-charles-jules/
Musée de la Résistance en ligne. Les pages consacrées aux sapeurs-pompiers de Belfort ont fourni le témoignage de Robert Hennin attestant l’appartenance de Pierrepaque à l’équipe de sabotage constituée en novembre 1940 et la mise en relation de cette équipe avec Maurice Ferrand.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
https://museedelaresistanceenligne.org/media2849-Dtail-du-drapeau-du-corps-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Fondation de la Résistance. L’étude consacrée à la répression de la Résistance en Franche-Comté a établi que Charles Pierrepaque et le douanier Fernand Gauchet figurent parmi les premières victimes de l’Occupation dans le Territoire de Belfort et qu’ils sont arrêtés dès mars 1941.
https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00146.pdf
Musée de la Résistance en ligne — fusillés de la citadelle de Besançon. La liste historique a confirmé sa naissance, son classement RIF, son grade d’adjudant, son exécution du 22 décembre 1941 et l’attribution posthume de la Médaille de la Résistance française par décret du 20 novembre 1946.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=11775&sens=verso
MémorialGenWeb. La fiche nominative a apporté les prénoms complets, la filiation et la résidence belfortaine et a permis de recouper les données commémoratives relatives à son exécution et à sa décoration. Le relevé de Besançon mentionne bien « PIERREPAQUE Charles Jules », son décès le 22 décembre 1941 à Besançon et la Médaille de la Résistance.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?act=view&debut=4600&dpt=25&idsource=111113&insee=25056&lettre=&maxligne=200&pays=France&table=bp