La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Maquis Koenig (Côte-d’Or), devenu maquis Liberté (juin–juillet 1944)

Le maquis Koenig apparaît dans la foulée du Débarquement du 6 juin 1944, lorsque des volontaires sont dirigés sur Charmoy puis Savranges, en Côte-d’Or.

Des éléments FTP (notamment le groupe de Lantenay d’Émile Calais) et du BOA (avec Edmond Hervieu et des volontaires de Blagny) convergent vers le camp, qui prend alors le nom de « Koenig » ; l’effectif atteint environ 150 engagés dans la quinzaine suivant le 6 juin, avant des mouvements successifs vers Veluze, les ruines du château de Marigny (20 juin) puis le secteur de Sainte-Marie-sur-Ouche (29 juin).

Le 3 juillet 1944, le maquis change officiellement de nom pour devenir le maquis Liberté. À noter l’orthographe fluctuante dans les sources (« Koenig » / « Koening »).

Issu d’un noyau FTP, le groupe se renforce de volontaires STO réfractaires et de clandestins de la vallée de l’Ouche. Il entretient une liaison opérationnelle avec un commando britannique (chef cité comme John « Wiesman » dans la source), grâce auquel un parachutage d’armes a lieu dans la nuit du 27 au 28 juillet 1944.

Le cantonnement se fixe à la ferme du Leuzeu (Fleurey-sur-Ouche), sous les ordres du capitaine Lucien Rebouillat ; le 30 juillet, après l’attaque de la Milice, le camp est évacué et le groupe se replie vers la ferme de Rolle, quartier général du commando britannique.

Vers la mi-août 1944, sur décision du colonel Claude Monod, commandant régional FFI, l’unité jusqu’alors FTP est intégrée dans les FFI.

Actions menées pendant la Résistance

En juillet 1944, le maquis, désormais dénommé « Liberté », mène des embuscades et sabotages sur les axes Dijon–Paris. Le 30 juillet, la Milice attaque le camp du Leuzeu : selon l’analyse patrimoniale, environ 70 hommes du maquis Liberté, 36 du groupe « Madagascar » et 22 parachutistes britanniques repoussent l’assaut de quelque 430 miliciens (dont 400 venus de Paris), au prix d’un maquisard tué et trois blessés, tandis que les pertes ennemies sont évaluées à cinq à sept tués selon les sources.

Les jours suivants, de nouvelles opérations de répression s’abattent sur les communes voisines (Urcy, Clémencey).

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis Koenig/Liberté agrège des éléments FTP, reçoit des cadres et volontaires passés par le BOA, coopère avec un commando britannique (SAS/commandos) et, fin juillet, opère avec un détachement de la compagnie « Madagascar » du lieutenant Bertrand dit « le Malgache ». Après son passage FFI à la mi-août 1944, il participe aux opérations de libération locale en liaison avec la 1re Armée française. Musée de la Résistance en Ligne+1

Chefs et figures marquantes
Émile CALAIS, chef FTP local de Lantenay, dont le groupe rejoint le camp initial ; Edmond HERVIEU, cadre BOA qui recrute notamment à Blagny ;

Lucien REBOUILLAT, capitaine, commandant le camp du Leuzeu ;

lieutenant BERTRAND dit « le Malgache », chef du groupe « Madagascar » venu en renfort ;

colonel Claude MONOD, commandant régional FFI qui entérine l’intégration du maquis aux FFI à la mi-août.

Victimes / morts
Le 30 juillet 1944, au Leuzeu, le résistant Roger SIMON (maquis Liberté) est tué ; trois autres, Louis LORENZON (« Pinson »), Gaston DUCH (« Doudou ») et Claude BRETON (« Pierrot »), sont grièvement blessés, capturés et exécutés par les Allemands ultérieurement.

Henriette SIMONOT, qui avait recueilli les blessés, est arrêtée puis déportée à Ravensbrück, où elle meurt le 4 avril 1945.

Survivants identifiés

Plusieurs combattants du maquis Liberté, issus du bref « maquis Koenig », rejoignent ensuite les unités FFI engagées dans la libération de Dijon puis, pour une partie, le 1er régiment de Bourgogne (octobre 1944).

Les listes nominatives détaillées des survivants sont à rechercher dans les dossiers d’homologation FFI (sous-série GR 19 P) et les archives « Titres, homologations et services » (GR 16 P) du SHD.

Fin du réseau

Le « maquis Koenig » n’existe que comme désignation initiale, du 6 juin au 3 juillet 1944. À partir de cette date, il devient officiellement le maquis Liberté, qui opère jusqu’en septembre 1944 avant que ses effectifs ne soient ventilés dans les formations FFI de la Libération, puis versés pour une large part dans le 1er régiment de Bourgogne.

Conséquences et mémoire

La bataille du Leuzeu est commémorée par une plaque apposée à Clémencey ; la ferme du Leuzeu, dans la combe éponyme, est aujourd’hui un lieu de mémoire régulièrement évoqué par les acteurs associatifs et patrimoniaux locaux.

Plusieurs stèles et notices rappellent l’action du maquis Liberté et la transition nominale depuis « Koenig » début juillet 1944.

Avertissement d’homonymie

Ne pas confondre le « maquis Koenig » de Côte-d’Or (désignation très brève, devenue « Liberté » le 3 juillet 1944) avec le « Groupe Koenig » répertorié par le SHD dans le département du Rhône (cote GR 19 P 69-50).

Références bibliographiques

  • Résistance en Côte-d’Or, Gilles Hennequin, éd. auteur, 1984. Étude de synthèse locale utilisée comme source par le Musée de la Résistance en ligne ; elle restitue la chronologie des maquis et des mobilisations de juin à septembre 1944, dont la genèse du maquis Koenig et sa transformation en « Liberté ».
  • Le Régiment de Bourgogne et ses 2 150 FFI côte-d’oriens volontaires (septembre 1944–8 mai 1945). Le régiment oublié, Gilles Hennequin, 2006. Ouvrage prosopographique et opérationnel pour suivre la destinée des anciens du maquis Liberté engagés dans le 1er régiment de Bourgogne après la Libération de Dijon.
  • Le Maquis Liberté, juin à septembre 1944 : Arcey, Urcy, Gevrey-Chambertin, Le Leuzeu, Clémencey, Frénois, Dijon, Jean Malfroy, Les Amis du Val du Leuzeu / ICO, 2024. Monographie locale récente consacrée aux sites et actions du maquis Liberté ; utile pour la topographie du Leuzeu et l’environnement mémoriel.

Références internet

Remarque sur divergences
Les évaluations des pertes miliciennes au Leuzeu varient : cinq (Maitron, Wikipédia) contre sept (CNSRD 21). En l’absence d’un document d’archives nominatif publié en ligne, ces chiffres sont présentés comme divergents et la fourchette est explicitement signalée. fusilles-40-44.maitron.fr+2Wikipédia+2

Risque d’homonymie
Le « maquis Koenig » de Côte-d’Or (devenu « Liberté » le 3 juillet 1944) ne doit pas être confondu avec le « Groupe Koenig » du Rhône (GR 19 P 69-50).

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