La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Maquis « Liberté » (Côte-d’Or)

Le maquis « Liberté » apparaît au printemps-été 1944 dans le sud-ouest de la Côte-d’Or, dans l’orbite des formations FTP puis FFI de la sous-région D1.

Le 3 juillet 1944, un camp existant change officiellement d’appellation pour devenir « maquis Liberté » ; il se déplace vers la ferme de Grammont puis vers Fleurey-sur-Ouche, dans le vallon du Leuzeu.

Son objectif initial est d’abriter les réfractaires et de passer à l’action armée locale (harcèlement des convois, documentation mémorielle précise la mise en relation du maquis, fin juillet, avec un commando britannique (SAS) identifié comme celui de John « Wiesman », circonstance qui entraîne des parachutages d’armes décisifs pour sa montée en puissance.

Le maquis est d’abord structuré comme un camp FTP, puis il est intégré aux FFI « vers le 15–20 août » sur ordre du commandant régional Claude Monod.

L’encadrement se rattache à l’état-major départemental FFI, placé à partir de mai 1944 sous l’autorité de René ALIZON, dit « commandant Guy » (ORA), qui commande la Côte-d’Or au sein de la région D.

Le maquis Liberté coopère étroitement avec la compagnie « Madagascar », et reçoit l’appui d’un détachement de parachutistes SAS. À mesure des parachutages, l’effectif croît rapidement et atteint, début septembre, plusieurs centaines d’hommes. Les liaisons avec l’échelon supérieur FFI sont actives et le maquis se fond ensuite, à la Libération, dans les colonnes FFI opérant autour de Dijon.

Actions menées pendant la Résistance

Installé en juillet 1944 au Leuzeu près de Fleurey-sur-Ouche, le maquis mène des embuscades et des sabotages contre la route et la voie ferrée Dijon–Paris.

Après l’assassinat de deux de ses hommes par la Milice à Urcy, le 25 juillet 1944, il obtient un parachutage d’armes dans la nuit du 27 au 28. Le 30 juillet 1944, la Milice attaque le camp du Leuzeu avec des renforts venus de Paris ; appuyés par la section « Madagascar » et un groupe de SAS, les maquisards repoussent l’assaut au terme d’un combat de plusieurs heures.

Les pertes miliciennes sont de cinq à sept hommes selon les sources ; côté maquis, un tué, trois blessés qui seront capturés puis fusillés par les Allemands dans les jours suivants.

Prévoyant une contre-attaque germano-milicienne, le camp est évacué dans la nuit du 30 au 31 juillet.

Au début de septembre, le maquis marchant sur Dijon participe aux opérations de Libération et s’empare, le 10 septembre, du fort d’Hauteville en liaison avec des éléments de la 1re Armée.

Le maquis Liberté agit dans la chaîne de commandement FFI de la région D, sous l’autorité du « commandant Guy ». Il coopère avec la compagnie « Madagascar » et entretient une liaison opérationnelle avec un détachement de parachutistes britanniques (SAS), facilitée par les contacts établis fin juillet 1944.

Cette coopération se traduit par des parachutages d’armes et une coordination tactique au Leuzeu.

Aucune dépendance organique au BCRA n’a été relevée dans les sources consultées ; l’appui SAS est documenté par les ressources mémorielles locales et nationales.

Chefs et figures marquantes

René ALIZON, dit « commandant Guy », chef départemental FFI de la Côte-d’Or en 1944, encadre les maquis de la sous-région D1 et apparaît en tête du défilé du maquis Liberté à Dijon le 13 septembre 1944, au lendemain de la Libération.

Valbert BILLARD, mécanicien né en 1922, volontaire du maquis Liberté, est abattu par la Milice à Urcy le 25 juillet 1944.

Paul BENOIST, résistant passé par le maquis « Bertrand » dans le Morvan, rejoint Liberté le 1er mars 1944 et est assassiné le 25 juillet 1944 à Urcy.

Roger SIMON, maquisard, est tué lors de la bataille du Leuzeu le 30 juillet 1944 ; trois blessés (mentionnés dans les sources locales) seront capturés et fusillés par les Allemands dans les jours suivants.

Victimes / morts

Le 25 juillet 1944 à Urcy, Valbert BILLARD et Paul BENOIST sont assassinés par des miliciens, événement qui précipite la série d’affrontements de fin juillet. Le 30 juillet, au Leuzeu, Roger SIMON est tué au combat ; trois blessés, évacués vers Clémencey, sont capturés puis exécutés par les forces d’occupation.

Les sources mémorielles signalent que d’autres exécutions ont lieu dans le secteur d’Urcy, Arcey et Clémencey dans la foulée.

Survivants identifiés

Des témoins et anciens du maquis Liberté ont poursuivi après-guerre un travail de mémoire, notamment à l’occasion des commémorations annuelles au monument d’Urcy et par des publications locales.

La presse locale a récemment rendu hommage à Georges Balliot, ancien combattant du maquis Liberté, actif dans la transmission auprès des jeunes.

Fin du réseau

À la Libération de Dijon, le maquis Liberté se fond dans les formations FFI départementales qui défilent en ville le 13 septembre 1944, sous l’autorité du « commandant Guy ».

L’intégration progressive des unités FFI dans l’armée régulière puis la dissolution des formations de maquis mettent un terme à l’existence autonome du maquis Liberté à l’automne 1944.

Conséquences et mémoire

L’action du maquis Liberté a un impact tactique local, contribuant à fixer et à harceler les forces collaborationnistes dans l’ouest dijonnais à la fin de juillet 1944, puis à sécuriser la zone au moment de la Libération.

La répression milicienne et allemande entraîne plusieurs exécutions et déportations.

La mémoire du maquis est entretenue par une stèle et des plaques à Urcy, par une plaque commémorative au Leuzeu et par des commémorations régulières.

La période a fait l’objet d’une mise en récit historique à l’échelle départementale et de monographies récentes centrées sur l’été 1944 et le vallon du Leuzeu.

Références bibliographiques

  • Le Maquis Liberté, juin à septembre 1944 : Arcey, Urcy, Gevrey-Chambertin, Le Leuzeu, Clémencey, Frénois, Dijon, Jean Malfroy, Les Amis du Val du Leuzeu / ICO, 2024 Monographie récente et locale, fondée sur fonds d’archives et témoignages, qui reconstitue pas à pas l’itinéraire du maquis Liberté entre juin et septembre 1944. L’ouvrage détaille les lieux d’implantation, les liaisons avec la compagnie « Madagascar » et les SAS, ainsi que les combats des 25 et 30 juillet 1944 et les suites judiciaires et mémorielles.
  • La région D : rapport d’activité des maquis de Bourgogne-Franche-Comté, mai-septembre 1944, Claude Monod, Aiou, 1993. Édition de documents d’état-major permettant de situer l’organisation FFI de la région D et le rôle de la sous-région D1. Apporte des éléments de contexte sur la montée en puissance des maquis de Côte-d’Or, l’intégration FFI et les liaisons avec les Alliés.
  • Le dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006. Outil de synthèse sur les mouvements, réseaux, maquis et cadres de la Résistance. Utile pour replacer le maquis Liberté dans la cartographie des maquis de Bourgogne et comprendre les interactions FFI-ORA-FTP à l’été 1944.
  • Côte-d’Or libérée ! Catalogue d’exposition, Archives départementales de la Côte-d’Or, 2024–2025. Catalogue richement illustré qui documente la Libération de septembre 1944 et montre, sources à l’appui, la présence du maquis Liberté lors du défilé dijonnais du 13 septembre avec le « commandant Guy » en tête. Met en contexte les actions FFI départementales et les symboles mémoriels.

Références internet

Avertissements homonymies Le nom « Liberté » a été porté par d’autres maquis dans divers départements. La présente fiche concerne exclusivement le maquis « Liberté » de Côte-d’Or, actif autour d’Urcy, Fleurey-sur-Ouche (Leuzeu), Clémencey, Frénois et Dijon en 1944. Les informations issues de Wikipédia ont été conservées uniquement lorsqu’elles concordent avec les bases du Musée de la Résistance en ligne, du Maitron ou des archives départementales ; elles sont signalées comme telles.

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