La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Maquis GROUSSARD (dit « maquis Fernand », puis « groupe Fernand-Groussard », parfois « maquis M »)

L’existence d’un groupe armé de Résistance désigné dans les sources sous les formes « maquis Fernand », « groupe Fernand-Groussard » et, par extension mémorielle locale, « maquis Groussard » est confirmée.

Les sources consultées rattachent sa genèse à la région de Melle (Deux-Sèvres) et à l’initiative d’Ernest Jousseaume, dit « Fernand », évadé de captivité, qui constitue un noyau de maquisards à l’automne 1943.

Une source mémorielle d’aire voisine (secteur Vienne-Sud) situe explicitement cette constitution en octobre 1943, autour d’une quarantaine d’hommes, et précise un rattachement au « secteur D » (Vienne-Sud) pour l’équipement, malgré une implantation autour de Melle.

Une autre source (Centre régional « Résistance et Liberté »/CRRL) emploie une formulation différente, indiquant un maquis « constitué en juin 1944 » dans les Deux-Sèvres, ce qui crée une divergence de datation qui ne peut pas être tranchée ici faute d’accès technique au contenu intégral de la page (site affichant une erreur d’encodage au moment de la consultation).

Dans la mémoire locale melloise, le groupe est associé à René Lucien Groussard, qui rassemble dès 1941–1943 des résistants liés notamment à Libération-Nord et à des soutiens ouvriers et techniques des usines de Melle ; après sa disparition, le groupe « Fernand » est explicitement désigné comme devenant « le groupe Fernand-Groussard ».

Organisation interne

Les éléments vérifiables disponibles décrivent un maquis structuré comme formation armée, opérant par actions de harcèlement, sabotages et embuscades, et articulé à l’Armée secrète puis aux FFI.

Une source biographique recoupée mentionne un « groupe AS “Fernand-Groussard” », défini comme les hommes commandés par Ernest Jousseaume et René Groussard, utilisé comme pôle de formation (notamment à l’usage des explosifs) pour des résistants du département.

L’implantation matérielle et la mémoire du groupe apparaissent liées à plusieurs lieux du Mellois (Melle, Saint-Martin-lès-Melle, Paizay-le-Tort, etc.), ce qui correspond à une logique de maquis local à recrutement régional, composé en partie de réfractaires au STO formés au combat, selon la documentation municipale.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions attribuées au maquis relèvent de la lutte armée et du sabotage. Une source de synthèse sur les maquis de Vienne-Sud attribue au « maquis Fernand (Melle – Deux-Sèvres) » des attaques de convois, des sabotages et des actions visant la distillerie/usine de Melle pour s’emparer de carburant, et indique un effectif d’environ 130 volontaires à la Libération.

La documentation mémorielle melloise mentionne une intensification des actions en 1944 (sabotages de communications, embuscades) et inscrit le groupe dans la « bataille de Melle » du 13 août 1944, présentée comme un moment de combat et d’unification d’éléments résistants locaux.

Les notices biographiques consultées via le Maitron (consultation confirmée par résultats de recherche, accès direct bloqué par restriction technique) attribuent à René Lucien Groussard une participation aux combats de Melle le 13 août 1944, et décrivent un contexte de maquis et groupes associés dans la zone.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Les sources recoupées situent le groupe dans la sphère Armée secrète/FFI et en proximité avec Libération-Nord au niveau local, au moins pour la phase de structuration autour de René Groussard (mention de participation au développement local de Libération-Nord).

Le maquis est également décrit comme rattaché, pour l’équipement, à une organisation de secteur (Vienne-Sud, secteur D) dans une source mémorielle qui s’appuie sur un historique ministériel et une amicale d’anciens résistants.

 Enfin, des trajectoires individuelles reliées au groupe (ex. formation d’un résistant au maniement des explosifs) montrent des circulations entre structures départementales (triangles AS, réseau de renseignement Éleuthère/Libération-Nord) et le pôle armé « Fernand-Groussard ».

Chefs et figures marquantes

Les deux figures de commandement confirmées par recoupement sont Ernest Jousseaume, dit « Fernand », présenté comme formateur et chef de maquis, et René Lucien Groussard, désigné comme cofondateur et cadre FFI, dont la disparition entraîne l’adoption mémorielle du nom « Fernand-Groussard » pour le groupe.

La documentation municipale melloise rattache également au drame de Ruffec (21 août 1944) plusieurs cadres ou compagnons immédiats cités ensemble : Roger Aubin, le commandant Joseph Bernier, René Groussard et Louis Proust, arrêtés le 20 août 1944 puis fusillés le 21 août. D’autres membres apparaissent comme liés au groupe par l’action, notamment Rémy Boux, mort au combat à Melle le 13 août 1944, explicitement rattaché au « groupe AS “Fernand-Groussard” » pour sa formation et sa participation opérationnelle.

Victimes / morts

Le corpus consulté permet de confirmer, au minimum, deux ensembles de pertes.

D’une part, les morts au combat dans le cadre des combats de Melle, dont Rémy Boux, tué le 13 août 1944 lors de l’attaque de la garnison allemande.

D’autre part, les fusillés de Ruffec (Charente) du 21 août 1944, parmi lesquels René Lucien Groussard est explicitement cité avec Roger Aubin et le commandant Joseph Bernier dans la documentation mémorielle locale.

 Les détails biographiques complets de certains fusillés (lieu exact de naissance, parcours complet) sont mentionnés dans le Maitron, mais l’accès direct aux pages du Maitron a été techniquement impossible (restriction 403) au moment de la recherche, ce qui empêche d’en reproduire ici des éléments au-delà de ce qui est déjà corroboré par d’autres sources accessibles.

Survivants identifiés

La documentation consultée confirme la survie d’Ernest Jousseaume (1918–2000) et mentionne des décorations importantes à son nom dans un document municipal de mémoire,.

La même documentation mentionne Madeleine Groussard comme figure d’aide et de protection (hébergement et mise à l’abri de personnes recherchées) et comme présidente d’une amicale « Fernand-Groussard » après-guerre, indice d’un travail mémoriel structuré par des survivants et familles.

Fin du réseau

La fin opérationnelle du maquis se situe dans la phase de combats et de répression de l’été 1944, puis dans l’intégration aux formations de Libération. La source sur le secteur Vienne-Sud présente le groupe comme actif jusqu’à la Libération et quantifie l’effectif au moment de celle-ci. La mémoire locale souligne un basculement nominal et symbolique après la disparition de René Groussard et de ses compagnons, le « groupe Fernand » devenant explicitement « le groupe Fernand-Groussard ».

Conséquences et mémoire

La mémoire du maquis est particulièrement visible dans l’espace public mellois. Un document municipal atteste qu’à partir du 11 novembre 1944, une décision municipale renomme le champ de foire en « place René Groussard », et associe également des dénominations commémoratives (avenue du lieutenant-colonel Bernier, avenue Roger Aubin), ce qui traduit une reconnaissance immédiate après-guerre, en contexte de deuil et de légitimation civique de la Résistance locale.

 Ce même document décrit des stèles et lieux de mémoire (cimetières, stèles routières, sites de souvenir) et replace l’ensemble dans une trame commémorative plus large (« flamme de la Résistance », plaques, noms de rues), indiquant une continuité mémorielle entretenue par des acteurs locaux et associatifs.

L’existence de documents d’archives consacrés au maquis « Fernand-Groussard » est également signalée par des instruments de recherche archivistiques.

 Enfin, un état général des fonds privés conservés au SHD mentionne l’existence d’un fonds « René Groussard » (1 dossier, 0,10 ml, dates extrêmes 2006-2011), ce qui confirme une conservation institutionnelle de pièces liées à cette figure et, indirectement, au maquis.

Références bibliographiques

 La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944 Michel Chaumet et Jean-Marie Pouplain, Geste Éditions, 2010. Cet ouvrage est cité comme source de synthèse pour des résistants rattachés au groupe AS « Fernand-Groussard » et pour la Résistance départementale ; il sert de cadre à la compréhension des structures AS/FFI, des réseaux liés à Libération-Nord, et des épisodes de l’été 1944 autour de Melle.

Guerre, occupation, résistance dans le Civraisien et ses environs Jacques Rigaud, édition « Les Amis du pays civraisien », juin 2008. Mentionné dans la bibliographie d’un site mémoriel régional qui replace le maquis Fernand dans un ensemble de maquis du secteur Vienne-Sud ; l’ouvrage est présenté comme une synthèse locale appuyée sur sources et mémoire combattante.

De Fontadam à Saint-Nazaire avec le maquis Fernand-Groussard Guy Robert, Motillon, imprimerie G. Pairault, 1969. Signalé dans des ressources de catalogage/archives comme un récit ou témoignage centré sur l’itinéraire d’une unité issue du maquis Fernand-Groussard, utile pour documenter la continuité d’engagement jusqu’aux opérations de la Libération.

Références internet

 VRID Mémorial – « Les Maquis Civraisiens du secteur Vienne-Sud ». Page de synthèse présentant plusieurs maquis du secteur, dont le « maquis Fernand (Melle – Deux-Sèvres) », avec une datation (octobre 1943), des indications d’implantation, de rattachement pour l’équipement, et un résumé des actions (attaques, sabotages, carburant) ainsi qu’un effectif à la Libération. Lien : https://www.vrid-memorial.com/les-maquis-civraisiens-du-secteur-vienne-sud/

 Ville de Melle – « Une flamme en Mellois : lieux de mémoire de la Résistance melloise » (PDF). Document municipal de médiation mémorielle décrivant figures, lieux, dénominations de voies (dont décision du 11 novembre 1944), et épisodes de 1944 (bataille de Melle, fusillés de Ruffec) avec ancrage local précis. Lien : https://mairie-melle.fr/documents/tourisme/64-plaquette-resistance

 Les Français Libres – Contribution biographique (Rémy Boux) mentionnant le « groupe AS “Fernand-Groussard” », ses chefs (Ernest Jousseaume et René Groussard) et le rôle de formation et d’engagement au combat (13 août 1944, Melle). La page fournit aussi des cotes SHD (GR 16 P) pour certains acteurs, utiles pour l’orientation archivistique. Lien : https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=117307

Maitron (Fusillés 1940-1944) – Notice René Lucien Groussard (consultation confirmée par résultats de recherche ; accès direct bloqué). Résultat indiquant notamment la participation aux combats de Melle (13 août 1944) et un contexte de groupes/maquis. Lien : https://fusilles-40-44.maitron.fr/groussard-rene-lucien/

 Mémoire Vive de la Résistance – « GROUSSARD René Lucien ». Page associative présentant un résumé biographique, la mention « Mort pour la France » (1945) et un décret de Médaille de la Résistance (11 janvier 1961) ; ces éléments doivent être recoupés systématiquement avec sources officielles lorsqu’ils sont utilisés à titre individuel, mais la page est utile pour repérage et pistes. Lien : https://mvr.asso.fr/groussard/   

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