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Anis, Alastair, Sainfoin, Serpolet, Thym

Les missions du « plan Orgeat » : Anis, Alastair, Sainfoin, Serpolet, Thym (été–automne 1944)

Entre l’été et l’automne 1944, un ensemble de missions interalliées coordonnées par les services spéciaux français (BCRA/BOA, Délégation militaire) et par le Special Operations Executive (SOE) britannique est déployé de Champagne à la Franche-Comté pour encadrer, armer et relier les Forces françaises de l’intérieur avec les états-majors alliés en progression.

Ces missions sont regroupées sous l’intitulé plan « Orgeat », attesté par l’instrument de recherche des archives du SHD : dans la région « D », il recense des dossiers de préparation pour Anis, Alastair, Sainfoin, Serpolet, Thym, avec un « tableau des missions du plan Orgeat ».

Les dates d’exécution se concentrent d’août à septembre 1944, dans un contexte d’opérations simultanées en Bourgogne, Haute-Marne, Jura et Doubs.

L’Ordre de la Libération confirme qu’Anis est parachutée le 11 août 1944 en Haute-Marne, mission de mise en place d’un Délégué militaire départemental et d’armement des FFI.

Le répertoire des microfilms du SOE précise qu’une équipe Timothy est « attachée à la mission Sainfoin (Orgeat) », chargée des transmissions et d’un service d’information au profit de la 3e Armée américaine, sur le Jura/Doubs ;

Une autre équipe (Douglas II) a pour consigne d’« assister les FFI » en contactant les groupes Ligne Serpolet » dans l’Aisne, le Doubs et le Jura.

Une trace opérationnelle isolée du volet Thym apparaît dans la base des missions aériennes spéciales (Carpetbaggers) : un largage identifié « MR 2196 – DZ Bob 188 » mentionne « Mission Thym » avec les récipiendaires nommés. L’achèvement du dispositif accompagne la libération locale (par ex. Pontarlier et le Haut-Doubs début septembre 1944) et sécurise communications, ravitaillement et encadrement FFI.

Circonstances

Le plan se met en place après les débarquements de Normandie (juin) et de Provence (août) pour fixer ou retarder les colonnes allemandes et appuyer l’avance alliée.

Sur le plan français, il s’inscrit dans l’articulation Délégation militaire régionale/BOA (BCRA), explicitée par les instruments de recherche des séries GR 28 P ; côté britannique, la documentation SOE décrit la logique des détachements « missions/circuits » et des équipes associées (Jedburgh ou SOE « teams ») qui raccordent terrain FFI et commandements alliés.

L’intérêt stratégique est triple : rétablir/assurer des liaisons radio continues avec Londres et les armées alliées, organiser et armer des maquis pour la guérilla sur les axes Dijon–Besançon–Pontarlier et vallées jurassiennes, et guider les forces US (3e Armée) en zone de repli allemande.

Acteurs et figures marquantes

Dans la région D, la préparation et la conduite du plan mettent en relation des responsables identifiés dans les archives : Raymond Naegel alias « Notaire » (adjoint BOA), Jacques Davout d’Auerstaedt alias « Ovale » (adjoint au DMR), Étienne Burin des Roziers alias « Mesure ». Pour Anis (Haute-Marne), l’Ordre de la Libération confirme le parachutage et le rôle de Michel Pichard (DMD) chargé d’organiser parachutages et armement des FFI. Côté SOE, le répertoire microfilmé mentionne l’équipe Timothy « attachée à Sainfoin (Orgeat) » sur Jura/Doubs, et Douglas II en liaison avec les groupes Serpolet.

Victimes

Aucune liste nominative de victimes spécifiquement rattachée aux volets Anis, Alastair, Sainfoin, Serpolet ou Thym n’a été retrouvée dans les bases nationales consultées. Les pertes liées aux opérations locales (ratis­sages, combats d’août-septembre 1944) sont documentées par ailleurs dans les notices FFI/SHD mais sans rattachement explicite aux codenames ci-dessus.

Absence de données nominatives vérifiables pour cet item aux dates consultées. (Voir « Sources consultées ».)

Survivants

Les sources inventoriées mettent surtout l’accent sur les fonctions et liaisons assurées par les équipes (Timothy, Douglas II) et les DMD/DMR.

Des parcours individuels (ex. Michel Pichard) sont avérés, mais sans listes consolidées de « survivants de mission » sous ces codes.

Conséquences

À court terme, l’action combinée des volets du plan Orgeat stabilise les transmissions, accélère l’armement et l’encadrement de maquis, et oriente les unités alliées en zone jurassienne.

Le rattachement de Sainfoin à un service d’information pour la 3e Armée US est explicitement noté dans le répertoire SOE.

À moyen terme, ces missions contribuent au rétablissement de l’autorité FFI, aux opérations de libération locale début septembre 1944 dans le Doubs/Jura et à l’homologation des réseaux et services dans l’immédiat après-guerre.

Mémoire et lieux commémoratifs

La mémoire locale des combats et parachutages d’août-septembre 1944 demeure vive dans le Doubs et le Jura (cérémonies de libération, plaques et parcours historiques municipaux), tandis que la Haute-Marne évoque l’organisation FFI de l’été 1944 associée au parachutage Anis du 11 août.

Les institutions nationales (Ordre de la Libération, MRN/SHD) conservent et valorisent archives et images des départs de mission.

Divergences et précisions terminologiques

Plusieurs sources anglophones classent Sainfoin parmi les opérations OSS/SOE ; le répertoire SOE microfilmé précise toutefois « Sainfoin (Orgeat) », indiquant une intégration fonctionnelle au plan Orgeat.

La mention « mission Dugeat » lisible dans un item du même répertoire est très probablement une lecture OCR fautive d’Orgeat ; on la traite donc avec prudence et on s’en tient à l’intitulé Orgeat attesté par les inventaires français (SHD/MRN).

Références bibliographiques

  • Des Anglais dans la Résistance. Le SOE en France, 1940-1944, Michael R. D. Foot (avec J.-L. Crémieux-Brilhac), Tallandier, 2008/2020. Panorama fondamental sur la doctrine, les circuits et les opérations du SOE en France. L’ouvrage restitue la logique des missions interalliées de 1944 et permet de contextualiser la place des missions du plan Orgeat (liaisons, transmissions, appui aux FFI). Il offre une bibliographie et des annexes utiles pour recouper les codenames.
  • Les équipes Jedburgh (juin 1944 – décembre 1944). Le rôle des services spéciaux alliés dans le contrôle de la Résistance intérieure française, Anne-Aurore Inquimbert, Lavauzelle/SHD, 2006. Étude synthétique et documentée sur les détachements interalliés parachutés pour encadrer la Résistance. Indispensable pour comprendre la coordination avec les missions SOE/OSS et les DMR, et la mécanique des liaisons, transmissions et armements en 1944.
  • SOE in France. An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France 1940-1944, M. R. D. Foot, HMSO (éd. orig.). Version anglaise de référence, centrée sur la structure, les directives et les résultats opérationnels. Utile pour croiser les notices des équipes (Timothy, Douglas II) et les finalités « Sainfoin (Orgeat) ».

Références internet

Annexes de preuve (extraits d’instruments officiels)

MRN/SHD GR 28 P 3 – Région D : « dossiers de préparation des missions Anis, Alastair, Sainfoin, Serpolet et Thym, tableau des missions du plan Orgeat ».
SOE HS 6 (répertoire BSB) : « Timothy Team (1944) – Attached to Sainfoin mission (Orgeat)Jura Doubs ». Et « Douglas II Team – … contact SerpoletAisne, Doubs, Jura ».

Remarque documentaire : la mission Alastair n’apparaît pour l’instant que comme mission préparée (GR 28 P 3, Région D) ; faute d’autres pièces publiques en ligne consultables, aucune date ni détail d’exécution n’est affirmé ici.

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