Maquis de l’Oisans, Secteur 1 de l’Isère, 1er Bataillon de l’Oisans, Groupe Thivollet.
Le maquis Geyer est fondé officiellement au cours du mois de mars 1943 par le capitaine Jean de GEYER D’ORTH, agissant sous le pseudonyme de Thivollet.
Ce groupe armé s’établit dans le massif de l’Oisans, Isère, France. L’initiative s’inscrit dans la stratégie de l’Organisation de Résistance de l’Armée visant à structurer des unités combattantes capables d’encadrer les réfractaires au Service du Travail Obligatoire et de préparer militairement la libération du territoire national. L’objectif initial est de constituer une base solide et organisée dans une zone montagneuse difficile d’accès pour mener des actions de guérilla.
Organisation interne
Le maquis adopte une organisation militaire rigoureuse calquée sur celle de l’armée régulière, ce qui le distingue de nombreux autres groupements plus informels.
Il est structuré en plusieurs compagnies implantées stratégiquement dans les vallées du massif. La 1ère compagnie est établie à Bourg-d’Oisans, Isère, France, la 2ème compagnie à Livet-et-Gavet, Isère, France, et la 3ème compagnie à Allemont, Isère, France.
L’unité dispose d’une hiérarchie claire, d’un service de santé organisé autour d’un hôpital de campagne et d’un service de transmissions permettant de communiquer avec les autorités de la Résistance à Grenoble, Isère, France.
Actions menées pendant la Résistance
Les membres du maquis Geyer réalisent de nombreuses missions de renseignement sur les mouvements des troupes allemandes dans les vallées de la Romanche et de l’Oisans. Ils procèdent au sabotage systématique des infrastructures électriques, indispensables aux usines travaillant pour l’occupant, ainsi que des voies de communication routières.
Le groupe organise et sécurise la réception de parachutages d’armes et de matériel sur les plateaux d’altitude, notamment celui de Huez, Isère, France. En août 1944, le maquis livre des combats défensifs acharnés pour interdire l’accès du massif aux forces allemandes, protégeant ainsi les populations civiles et les blessés regroupés dans les zones hautes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis Geyer est organiquement rattaché à l’Organisation de Résistance de l’Armée. Il s’intègre par la suite dans la structure unifiée des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Isère au sein du Secteur 1.
Il entretient des contacts étroits avec les missions interalliées, en particulier la mission S.A.M.O.S., qui assure la liaison avec les services de renseignement alliés pour la coordination des appuis logistiques et des opérations aériennes.
Chefs et figures marquantes
Jean de GEYER D’ORTH Fondateur et commandant du maquis sous le nom de Thivollet. Officier de carrière, il assure la direction militaire des opérations dans le secteur de l’Oisans durant toute la période de la clandestinité. Il survit à la guerre.
Henri MULLER Médecin-colonel et chef du service de santé du maquis. Il organise la prise en charge des blessés dans l’hôpital de campagne situé à Huez, Isère, France. Il est capturé par les troupes allemandes lors de l’offensive d’août et exécuté le 11 août 1944 à Saint-Christophe-en-Oisans, Isère, France.
Pierre GAILLARD Capitaine au sein du maquis, il exerce des fonctions de commandement opérationnel sur le terrain et seconde activement Jean de GEYER D’ORTH dans la conduite des combats. Il survit au conflit.
Victimes et morts
Le maquis déplore de lourdes pertes lors de l’offensive allemande de l’été 1944. Outre l’exécution de Henri MULLER, de nombreux résistants, ainsi que des blessés incapables de se déplacer et des membres du personnel médical, sont massacrés à Saint-Christophe-en-Oisans, Isère, France, le 11 août 1944. Plusieurs combattants tombent également lors d’embuscades et d’affrontements directs dans la vallée de la Romanche durant la phase de libération.
Survivants identifiés
Jean de GEYER D’ORTH et Pierre GAILLARD font partie des principaux cadres ayant survécu aux combats. Une grande partie des effectifs du maquis a survécu à la période clandestine pour s’engager dans les unités régulières à la fin de l’année 1944.
Fin du réseau
Après la libération de Grenoble le 22 août 1944, le maquis Geyer cesse ses activités clandestines pour être officiellement transformé en 1er Bataillon de l’Oisans. Cette unité régulière poursuit les combats contre les forces allemandes en retraite dans les Alpes, participant notamment aux opérations dans la vallée de la Maurienne, Savoie, France, jusqu’à la fin des hostilités.
Conséquences et mémoire
L’action du maquis Geyer a permis de neutraliser une zone géographique stratégique et de perturber les lignes de repli allemandes vers l’Italie. Son organisation militaire a favorisé une transition efficace vers l’armée régulière. Sa mémoire est honorée par le Mémorial du maquis de l’Oisans à Livet-et-Gavet, Isère, France, ainsi que par des stèles commémoratives situées à Bourg-d’Oisans, Isère, France, et à Saint-Christophe-en-Oisans, Isère, France.
Références bibliographiques
Maquis de l’Oisans, Jean de GEYER D’ORTH, Grenoble, Arthaud, 1946.
Le Maquis de l’Oisans, Jean-Loup GASSEND, Nice, Heimdal, 2021.
La Libération de l’Isère, Olivier COGNE, Grenoble, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2014.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Notice historique consacrée au secteur de l’Oisans et à l’organisation du maquis sous le commandement du capitaine Geyer. http://www.museedelaresistanceenligne.org/
Fondation de la Résistance Présentation des mouvements de l’Organisation de Résistance de l’Armée dans le Sud-Est de la France et fiches thématiques sur les maquis de l’Isère. https://www.fondationresistance.org/
Maitron Résistance Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés contenant les notices individuelles des membres du maquis de l’Oisans. https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Sources consultées le 26 avril 2026
Mémoire Vive de la Résistance : https://www.memoire-vive-resistance.fr/ Maitron Résistance : https://fusilles-40-44.maitron.fr/ Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/ Musée de la Résistance en ligne : http://www.museedelaresistanceenligne.org/ Mémoire des Hommes : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ Ordre de la Libération : https://www.ordredelaliberation.fr/ Gallica (BnF) : https://gallica.bnf.fr/ Service Historique de la Défense (SHD) : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/