La Main Noire est une organisation clandestine de Résistance fondée à Strasbourg, Bas-Rhin, France, en septembre 1940 par Marcel WEINUM.
Les variantes relevées sont « La Main noire », « Main Noire » et « organisation clandestine de la Main Noire ». Le Musée de la Résistance en ligne la présente comme une organisation clandestine destinée à résister à l’autorité nazie dans l’Alsace annexée de fait.
Création du réseau
La Main Noire naît à Strasbourg, Bas-Rhin, France, dans les mois suivant l’armistice de juin 1940 et l’annexion de fait de l’Alsace par l’Allemagne nazie.
Marcel WEINUM, âgé de seize ans, rassemble autour de lui de jeunes Strasbourgeois et Brumathois, pour la plupart adolescents, apprentis ou issus de familles ouvrières. Le nom du groupe symbolise, selon le Musée de la Résistance en ligne, « la main vengeresse » opposée aux affronts nazis faits à l’Alsace.
Organisation interne
L’organisation fonctionne clandestinement, sans encadrement adulte identifié. Les sources indiquent un groupe structuré, composé d’environ vingt-cinq jeunes, parfois présenté comme approchant la trentaine selon les publications. Marcel WEINUM en est le chef. Les membres disposent d’un quartier général clandestin à partir de janvier 1941, lorsque Marcel WEINUM loue un appartement sous couvert d’un bureau d’études.
Actions menées pendant la Résistance
Les premières actions consistent en inscriptions patriotiques, croix de Lorraine, mentions « Vive la France » et « Vive de Gaulle », arrachage d’affiches nazies et destruction de vitrines exposant des symboles hitlériens. À partir de novembre 1940, le groupe mène des sabotages contre des installations ferroviaires, postales et militaires allemandes, notamment des signaux, commandes d’aiguillages et câbles de transmission.
En mai 1941, Marcel WEINUM et Albert UHLRICH lancent deux grenades contre la voiture du Gauleiter Robert WAGNER à Strasbourg.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources consultées ne permettent pas d’établir un rattachement organique de La Main Noire à un grand réseau national de Résistance. Le groupe agit de manière précoce et locale, dans le contexte particulier de l’Alsace annexée de fait.
Wikipédia mentionne un lien avec la Feuille de Lierre, mais cette information doit être tenue comme complémentaire tant qu’elle n’est pas recoupée par une source institutionnelle consultée ici.
Chefs et figures marquantes
Marcel WEINUM est le fondateur et chef de La Main Noire. Il est arrêté après le démantèlement du groupe, jugé par le tribunal spécial de Strasbourg, condamné à mort et exécuté à Stuttgart, Allemagne, le 14 avril 1942.
Ceslav SIERADZKI est membre du groupe et compagnon de Marcel WEINUM lors d’une tentative de liaison vers la Suisse destinée à transmettre des renseignements. Les sources le présentent comme une victime précoce de la répression allemande en Alsace.
Albert UHLRICH participe avec Marcel WEINUM à l’attaque à la grenade contre la voiture du Gauleiter Robert WAGNER le 8 mai 1941 à Strasbourg, Bas-Rhin, France.
Jean-Jacques BASTIAN est cité comme chef de groupe et membre survivant de La Main Noire. Les sources secondaires indiquent qu’il participa après-guerre à la mémoire du groupe.
Victimes et morts
Marcel WEINUM est la victime la mieux documentée du groupe. Condamné à mort par le tribunal spécial de Strasbourg, il est décapité à Stuttgart, Allemagne, le 14 avril 1942. La Fondation de la Résistance le cite parmi les jeunes résistants alsaciens que les nazis voulurent frapper pour l’exemple.
Ceslav SIERADZKI est également cité comme victime de la répression. Les sources consultées indiquent qu’il fut abattu en décembre 1941. Cette information est mentionnée par les Éditions Arfuyen dans la présentation de l’ouvrage consacré à Marcel WEINUM et à La Main Noire.
Survivants identifiés
Plusieurs membres de La Main Noire survivent à la guerre, après détention, prison, camp de Schirmeck ou incorporation de force dans les structures allemandes. Les sources mentionnent notamment Jean-Jacques BASTIAN, René KLEINMANN, Aimé MARTIN et Albert UHLRICH comme témoins ou contributeurs mémoriels dans l’ouvrage consacré au groupe.
Fin du réseau
Le groupe est démantelé à partir de juillet 1941 par le Sicherheitsdienst et la Gestapo. Les jeunes résistants arrêtés sont emprisonnés à Mulhouse, Haut-Rhin, France, puis transférés à Strasbourg, Bas-Rhin, France, à Kehl, Allemagne, ou au camp de Schirmeck, Bas-Rhin, France.
Dix membres sont jugés à Strasbourg entre le 27 mars 1942 et le 31 mars 1942. Marcel WEINUM est condamné à mort, tandis que d’autres membres reçoivent des peines de prison ou des mesures dites de redressement.
Conséquences et mémoire
La Main Noire constitue l’un des premiers groupes organisés de Résistance en Alsace annexée. Son action a une portée surtout symbolique, politique et psychologique : refus de la germanisation, sabotage d’installations allemandes, propagande patriotique et attaque contre un symbole du pouvoir nazi régional.
Sa mémoire a été longtemps peu connue avant d’être remise en lumière par l’ouvrage collectif Marcel Weinum et la Main Noire publié aux Éditions Arfuyen, avec hommage de Pierre Sudreau et préface d’Alfred Grosser.
Références bibliographiques
Marcel Weinum et la Main Noire, Gérard Pfister dir., Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2007. L’ouvrage rassemble des textes de Marcel WEINUM, Jean-Jacques BASTIAN, René KLEINMANN, Aimé MARTIN et Albert UHLRICH, ainsi que des documents officiels du procès. Il constitue la référence imprimée la plus directement consacrée au groupe.
Les Résistances des Alsaciens-Mosellans durant la Seconde Guerre mondiale 1939-1945, Alfred Wahl dir., Metz, Centre régional universitaire lorrain d’histoire, 2006. Cet ouvrage collectif replace La Main Noire dans le cadre plus large des résistances alsaciennes et mosellanes sous annexion de fait.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot dir., Robert Laffont, 2006. Cette référence générale permet de replacer les groupes précoces, les résistances locales et les spécificités alsaciennes dans l’histoire nationale de la Résistance.
La Rose et l’Edelweiss. Ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945, Roger Faligot, La Découverte, 2009. L’ouvrage traite des formes juvéniles de résistance au nazisme en Europe et consacre un développement à La Main Noire dans une perspective comparative.
La Résistance alsacienne, Fondation de la Résistance, Lettre de la Fondation de la Résistance, no 85, juin 2016. Ce dossier synthétise les formes spécifiques de la Résistance en Alsace annexée, mentionne Marcel WEINUM et replace La Main Noire dans la répression nazie régionale.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne présente une notice directement consacrée à « L’organisation clandestine de la Main Noire ». Elle fournit les éléments les plus précis sur la création du groupe, ses actions, ses membres, le démantèlement, le procès et la répression. https://museedelaresistanceenligne.org/media10335-Lorganisation-clandestine-de-la-Main-Noire
Fondation de la Résistance publie le dossier « La Résistance alsacienne », qui situe La Main Noire dans le contexte de l’annexion de fait, de la germanisation et de la nazification de l’Alsace. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance085.pdf
Éditions Arfuyen présente l’ouvrage Marcel Weinum et la Main Noire, avec indication de son contenu documentaire, des témoignages publiés et des documents officiels du procès. https://editionsarfuyen.com/2018/12/14/marcel-weinum-et-la-main-noire/
Mémoire Vive de la Résistance ne propose pas de fiche autonome intitulée « La Main Noire », mais une fiche sur Strasbourg et l’Alsace annexée mentionne le groupe comme exemple de résistance précoce dans l’Alsace nazifiée. https://mvr.asso.fr/strasbourg-et-lalsace-annexee-par-lallemagne-nazie/
Wikipédia fournit des notices complémentaires sur La Main noire et Marcel WEINUM. Ces informations ont été utilisées uniquement comme appui secondaire et recoupées avec le Musée de la Résistance en ligne, la Fondation de la Résistance et la présentation bibliographique d’Arfuyen. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Main_noire_%28France%29
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, fiche « Strasbourg et l’Alsace annexée par l’Allemagne Nazie », mention de La Main Noire, https://mvr.asso.fr/strasbourg-et-lalsace-annexee-par-lallemagne-nazie/
Musée de la Résistance en ligne, notice « L’organisation clandestine de la Main Noire », informations sur la création, les actions, les membres, les arrestations et la répression, https://museedelaresistanceenligne.org/media10335-Lorganisation-clandestine-de-la-Main-Noire
Fondation de la Résistance, dossier « La Résistance alsacienne », informations de contexte sur l’Alsace annexée et mention de Marcel WEINUM, https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance085.pdf
Fondation de la Résistance, brochure CNRD 2019-2020, mention iconographique de La Main Noire devant le monument aux morts de Strasbourg, https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00480.pdf
Éditions Arfuyen, page de présentation de Marcel Weinum et la Main Noire, informations bibliographiques et mémorielles sur le groupehttps://editionsarfuyen.com/2018/12/14/marcel-weinum-et-la-main-noire/
Maitron Résistance, recherche effectuée sur « Main Noire » et « Marcel Weinum », sans fiche autonome exploitée dans cette rédaction, https://maitron.fr
Mémoire des Hommes, recherche effectuée sur « Marcel Weinum » et « Main Noire », sans fiche de réseau autonome exploitée dans cette rédaction, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Ordre de la Libération, recherche effectuée sur « Marcel Weinum » et « Main Noire », sans fiche de réseau autonome exploitée dans cette rédaction, https://www.ordredelaliberation.fr
Gallica BnF, recherche effectuée sur « Main Noire », « Marcel Weinum » et « Résistance alsacienne », sans source primaire directement exploitée dans cette rédaction, https://gallica.bnf.fr
Service historique de la Défense, instruments de recherche consultés en repérage général, sans dossier de réseau directement consulté en ligne pour cette rédaction. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Wikipédia, notices « La Main noire (France) » et « Marcel Weinum », utilisées en complément et recoupées avec les sources précédentes, .https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Main_noire_%28France%29 ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Weinum