La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La Main-d’œuvre immigrée (MOI) fut une organisation syndicale et politique créée par le Parti communiste français (PCF) dans les années 1920, visant à encadrer les travailleurs immigrés en France.

Initialement nommée Main-d’œuvre étrangère (MOE), elle devient MOI dans les années 1930 pour atténuer la connotation péjorative du terme “étrangère” .

Création et organisation

La MOI est fondée en 1925 par le PCF et la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) pour regrouper les travailleurs immigrés, principalement d’Europe centrale et orientale.

Elle est structurée en “groupes de langue” selon les origines nationales des membres, facilitant ainsi leur intégration et leur mobilisation syndicale et politique .

Actions pendant la Résistance

Avec l’Occupation allemande, la MOI s’engage activement dans la Résistance.

En 1941, elle participe à la création des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), une branche armée du PCF composée majoritairement d’étrangers.

Les FTP-MOI mènent des actions de sabotage, des attentats et des assassinats ciblés contre l’occupant nazi.

Parmi les opérations notables figurent l’exécution de Julius Ritter, responsable du Service du travail obligatoire (STO), et de nombreux déraillements de trains militaires .

Réseaux et chefs

Les FTP-MOI sont organisés en petits groupes autonomes, souvent par nationalité. Parmi les chefs emblématiques figurent Missak Manouchian, d’origine arménienne, qui dirige le groupe parisien, et Joseph Epstein, alias “Colonel Gilles”, responsable militaire des FTP-MOI en région parisienne .

Figures marquantes

NomNationalitéSort final
Missak MANOUCHIANArménienFusillé (1944)
Olga BANCICRoumaineGuillotinée (1944)
Marcel RAJSFUSPolonais (juif)Arrêté, déporté, rescapé
Thomas ELEKHongrois (juif)Fusillé (1944)

Héros et morts

Le groupe Manouchian devient tristement célèbre avec l’Affiche rouge, une campagne de propagande nazie visant à discréditer les résistants étrangers.

Le 21 février 1944, 23 membres du groupe sont exécutés au Mont-Valérien.

Parmi eux, Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée en Allemagne le 10 mai 1944 .

Fin de la MOI

Après la Libération, la MOI est dissoute. Ses membres survivants intègrent d’autres structures politiques ou retournent à la vie civile. La mémoire de leur engagement reste longtemps marginalisée avant d’être progressivement réhabilitée .

Monument de mémoire

Un monument en hommage aux résistants du FTP-MOI, dont le groupe Manouchian, est érigé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Il symbolise la reconnaissance de la Nation envers ces combattants de l’ombre.

Références bibliographiques

  • Avec le groupe Manouchian : Des immigrés dans la Résistance, par Didier Daeninckx, Éditions Autrement, 2004.Ce livre revient sur le parcours du groupe Manouchian, illustrant le courage et le sacrifice des résistants étrangers en France.
  • Le Sang de l’étranger. Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Fayard, 1989. Ce livre retrace chronologiquement l’histoire de la MOI depuis ses origines dans les années 1920 jusqu’à l’après-Libération, en mettant en lumière l’engagement des travailleurs immigrés dans la Résistance française, leur lutte antifasciste, et la question de la mémoire de cet engagement. Persée+2Wikipédia+2
  • Avec tous tes frères étrangers : De la MOE aux FTP-MOI, Dimitri Manessis & Jean Vigreux, Éditions Libertalia, (2024).Cet ouvrage plus récent revisite l’histoire de la MOE/MOI et des FTP-MOI, en insistant sur l’internationalisme ouvrier et antifasciste, et remet en perspective les ressorts sociaux et politiques de cet engagement. editionslibertalia.com+1
  • Les Étrangers de la M.O.I. dans la Résistance, Claude Collin, Éditions des Indes Savantes, 2023. Une étude très documentée qui met l’accent sur les étrangers de la MOI (Polonais, Roumains, Italiens, Juifs d’Europe de l’Est…) et leur rôle dans la Résistance armée, en zone Nord comme en zone Sud. lesindessavantes.com+1
  • La Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.), (site de référence) Musée de la Résistance … (ou ouvrage édité par le musée) Bien que ce soit principalement un texte de synthèse disponible en ligne, il existe aussi en version imprimée. Il présente la formation de la MOI, sa structure syndicale, l’organisation en « groupes de langue », et son basculement vers la Résistance armée. Musée MRJ MOI
  • Juifs révolutionnaires : une page d’histoire du Yiddishland en France, Simon Cukier & David Diamant, Éditions Messidor, 1987. Cet ouvrage évoque le milieu des militants juifs immigrés en France, dont une partie importante rejoindra la MOI/FTP-MOI. Il apporte un éclairage sur les logiques d’engagement, de culture yiddish et de légitimité politique dans la France de l’entre-guerres. Dans un contexte de forte immigration juive d’Europe de l’Est, l’ouvrage décrit comment ces militants s’organisent, participent au mouvement ouvrier et trouvent, via la MOI, une voie pour s’engager dans la lutte antifasciste puis dans la Résistance.
  • Carmagnole et Liberté. Les étrangers dans la Résistance en Rhône-Alpes, Claude Collin, PUG (Presses Universitaires de Grenoble), 2000. Ce livre se focalise sur la région Rhône-Alpes et la « Brigade Carmagnole-Liberté » des FTP-MOI. Il explore l’implantation locale, les acteurs, les actions, et la mémoire de ces combattants immigrés. L’ouvrage décrit comment les réseaux d’immigrés en Rhône-Alpes s’organisent sous l’occupation pour mener des actions de résistance, leur composition, leurs difficultés, et leur postérité.

Références internet

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