La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis de La Pare ». Les sources emploient également « maquis de la Pare » et décrivent son implantation à la maison ou cabane forestière de La Pare, dans la forêt située au nord de Barcelonnette, dans le secteur de Saint-Pons, Basses-Alpes, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence, France. Il ne doit pas être confondu avec les autres maquis de l’Ubaye, notamment ceux du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret.

Création du maquis

Le maquis de La Pare est présenté par le Journal de marche de la Résistance en Ubaye comme le premier maquis constitué dans la vallée. Il est formé en mai 1943 à la maison forestière de La Pare avec des réfractaires au Service du travail obligatoire. Cette création s’inscrit dans la préparation de la Résistance ubayenne engagée depuis 1942 par des responsables civils et militaires locaux.

L’organisation militaire de la Résistance dans les Basses-Alpes associe alors notamment l’Organisation de résistance de l’armée, constituée localement autour du commandant Bureau, et les Mouvements unis de la Résistance. Une source MVR consacrée à l’ORA indique que plusieurs maquis sont formés sous l’impulsion d’officiers de cette organisation et attribue le commandement du maquis de La Pare au lieutenant Busy-Débat.

Organisation interne

La Pare appartient au dispositif plus large de la Résistance de la vallée de l’Ubaye. Le commandement civil du secteur est confié à René Chabre, lié aux MUR, tandis que le commandement militaire revient au commandant Bureau de l’ORA. Le lieutenant-colonel Cusenier, alias « colonel Josse », représente également l’autorité militaire supérieure dans le secteur de Barcelonnette. La documentation indique qu’en 1943 une quasi-fusion intervient entre les différentes composantes locales, au point que les distinctions entre Armée secrète et ORA perdent une partie de leur portée opérationnelle dans la vallée.

Le maquis de La Pare comprend au moins une unité désignée dans les sources comme « section Devaux ». Une photographie datée de mars 1944 montre cette section au maquis de La Pare, au-dessus de Saint-Pons. Un poste de guet était installé à la maison forestière du Tréoux et le col de l’Aupillon permettait une liaison vers le maquis d’Embrun.

Actions menées pendant la Résistance

La fonction initiale du maquis est d’accueillir des réfractaires au STO et de constituer une force clandestine armée. Son fonctionnement s’insère progressivement dans un dispositif comprenant recrutement, ravitaillement, constitution de stocks d’armes et de matériel, renseignement, préparation d’itinéraires de repli et élaboration d’un plan d’action destiné à prendre le contrôle de la vallée.

À partir du débarquement allié en Normandie, l’organisation ubayenne passe à l’action. Le message d’alerte est reçu le 3 juin 1944 et le message d’exécution le 5 juin. Les opérations commencent le 7 juin. Les résistants du sous-secteur de Barcelonnette reçoivent notamment la mission d’attaquer la garnison allemande du Sauze. La section Devaux, issue du maquis de La Pare, participe à cette attaque, qui aboutit à la neutralisation de la petite garnison allemande.

Les hommes issus de La Pare participent ensuite aux combats du dispositif ubayen contre les réactions allemandes. Albert Gilly, qui se souvenait avoir rejoint La Pare sous les ordres du chef Sarrès, indiquait avoir participé aux combats du Sauze puis à ceux du secteur du Pas de Grégoire. Ce témoignage est cohérent avec le dispositif général décrit dans le Journal de marche de la Résistance en Ubaye.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis est rattaché à l’organisation de la Résistance ubayenne dans laquelle l’ORA, les MUR et l’Armée secrète coopèrent étroitement. Les maquis de La Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret sont ravitaillés par les mêmes structures clandestines de Barcelonnette, notamment autour du moulin Chabre.

Des liaisons sont entretenues avec les responsables départementaux de Digne-les-Bains, Alpes-de-Haute-Provence, France, puis avec Gap, Aix-en-Provence et Marseille. Des contacts sont également établis avec la Résistance italienne, prélude aux accords franco-italiens conclus dans le secteur frontalier.

Chefs et figures marquantes

Busy-DÉBAT, lieutenant, est explicitement présenté par la source MVR consacrée à l’ORA dans les Basses-Alpes comme chef du maquis de La Pare. Les sources en ligne consultées ne permettent pas d’établir ici son état civil complet et son sort après la guerre sans risque d’homonymie.

Le commandant BUREAU est le responsable militaire de la Résistance de l’Ubaye. Il coordonne le dispositif général et décide le 13 juin 1944, devant la pression allemande, le décrochage des unités de la vallée.

René CHABRE assure le commandement civil du secteur et appartient à l’environnement des MUR. Il est l’un des organisateurs de la Résistance ubayenne depuis 1942.

Ernest CHABRE assure une part essentielle du soutien logistique. Le moulin Chabre sert notamment au stockage et au transport du matériel destiné aux maquis de La Pare, du Laverq, des Maisonnettes et du Cuguret.

Le lieutenant-colonel CUSENIER, alias « colonel Josse », ancien commandant du 15e bataillon de chasseurs alpins, compte parmi les cadres militaires de l’organisation locale et participe avec Bureau et les responsables civils à la conduite de la Résistance ubayenne.

Siegfried WOGEL, réfugié autrichien originaire de Vienne, Autriche, est identifié par le Maitron comme membre du maquis installé à la cabane forestière de La Pare, commune de Saint-Pons.

René SOMMER, originaire de Lyon, Rhône, France, est également identifié par le Maitron comme membre du maquis de La Pare.

Victimes et morts

Les pertes de la Résistance ubayenne ne peuvent pas toutes être attribuées spécifiquement au seul maquis de La Pare. Le Journal de marche fournit un bilan global pour la Résistance de la vallée : quatorze fusillés, vingt-deux combattants tués au combat et quarante-huit blessés. Des déportations vers l’Allemagne et l’Italie sont également mentionnées. Il serait historiquement incorrect de présenter ces chiffres comme les seules pertes de La Pare.

Paul GEAY fut arrêté par les Allemands alors qu’il tentait de rejoindre le maquis de La Pare dans la nuit du 14 au 15 juin 1944. Cette appartenance projetée ne permet pas de le compter automatiquement parmi les combattants déjà intégrés au maquis au moment de son arrestation.

Les sources consultées identifient également Siegfried Wogel et René Sommer comme membres de La Pare, mais une liste exhaustive et vérifiée des morts propres à ce seul maquis nécessiterait le dépouillement des dossiers nominatifs FFI du secteur Ubaye.

Survivants identifiés

Albert GILLY, cultivateur de Barcelonnette, est identifié dans un témoignage publié à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la Libération comme ayant rejoint La Pare sous les ordres du chef Sarrès et participé aux opérations de juin 1944. Son témoignage rétrospectif confirme qu’il survécut à la guerre.

La documentation disponible atteste également l’existence d’autres anciens résistants ubayens ayant survécu au conflit, mais elle ne permet pas toujours de distinguer sans ambiguïté ceux qui appartenaient précisément à La Pare de ceux qui servaient dans les autres unités de la vallée. Aucune liste exhaustive n’est donc proposée.

Fin du maquis

Le maquis de La Pare cesse progressivement d’exister comme implantation autonome lorsque la mobilisation de juin 1944 transforme les groupes clandestins de la vallée en unités combattantes du dispositif FFI.

Devant la contre-offensive allemande, le commandant Bureau décide le 13 juin 1944 l’évacuation de Barcelonnette et de la vallée. Les résistants se replient notamment vers Restefond et les Fourches, les maquis italiens et le Haut-Verdon.

La dispersion n’est que temporaire. Les forces résistantes se reconstituent et, à la fin de juillet 1944, la Résistance contrôle de nouveau une grande partie de la vallée. Les combats se poursuivent en août autour de Larche puis sur la frontière italienne. La disparition de La Pare doit donc être comprise comme l’intégration de ses hommes à une organisation militaire territoriale plus large, et non comme un démantèlement policier isolé.

Conséquences et mémoire

La Pare occupe une place particulière dans l’histoire de la Résistance ubayenne parce qu’il est présenté par le Journal de marche comme le premier maquis constitué dans la vallée, dès mai 1943. Il participe à la transformation d’un accueil initial de réfractaires au STO en une organisation militaire capable de participer au soulèvement de juin 1944.

La mémoire du maquis est conservée par les publications de l’Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, les travaux consacrés à la Seconde Guerre mondiale dans les Alpes du Sud, les archives photographiques locales et les commémorations de la Résistance ubayenne. La photographie de la section Devaux à La Pare en mars 1944 constitue notamment un témoignage documentaire direct sur l’existence matérielle du groupe.

Fiabilité A. L’existence, la localisation approximative, la création en mai 1943 et l’insertion du maquis de La Pare dans la Résistance ubayenne sont établies par plusieurs sources concordantes, notamment le Journal de marche de la Résistance en Ubaye reproduit par la MVR, l’étude sur l’ORA dans les Basses-Alpes et les notices nominatives du Maitron. Quelques points, notamment la composition nominative complète et le bilan propre au seul maquis, demeurent insuffisamment documentés en ligne et n’ont donc pas été extrapolés.

Références bibliographiques

Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Source mémorielle de première importance fondée sur les archives, comptes rendus et souvenirs des résistants du secteur ; elle documente la création de La Pare, l’organisation des maquis et les combats de 1944.

Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, ouvrage collectif, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Étude locale consacrée à l’occupation, aux maquis et aux combats de la vallée.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Étude régionale permettant de replacer La Pare dans le contexte militaire des Alpes du Sud et des combats de 1944-1945.

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. Travail reposant notamment sur un fonds de fiches de membres FFI établi après les combats.

Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Ouvrage de référence pour le contexte départemental, les maquis, les combats et les victimes.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance — La Résistance en Ubaye — Reproduction d’un extrait du Journal de marche de la Résistance en Ubaye décrivant la création du maquis de La Pare en mai 1943 et l’ensemble des opérations de la vallée. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

Mémoire Vive de la Résistance — L’ORA dans les Basses-Alpes — Étude attribuant au lieutenant Busy-Débat le commandement du maquis de La Pare et décrivant l’organisation de l’ORA et le soulèvement de juin 1944. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Maitron — Notices nominatives de résistants liés à La Pare, notamment Siegfried Wogel, René Sommer et Paul Geay. https://maitron.fr/

Le Dauphiné Libéré — Dossier documentaire du 6 juin 2020 présentant notamment une photographie de la section Devaux au maquis de La Pare en mars 1944 et plusieurs témoignages de résistants ubayens. https://www.ledauphine.com/actualite/2020/06/06/le-6-juin-1944-d-day-en-normandie-les-hautes-alpes-sont-encore-sous-le-joug-nazi

Mémoire Vive de la Résistance — Ernest Chabre — Notice documentant le rôle du moulin Chabre dans le ravitaillement et le stockage du matériel destiné notamment au maquis de La Pare. https://mvr.asso.fr/chabre-2/

Sources consultées — vérification du 17 août 2026

Mémoire Vive de la Résistance : résultats positifs dans « La Résistance en Ubaye », « L’ORA dans les Basses-Alpes » et plusieurs notices individuelles liées à l’organisation ubayenne. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance et Dictionnaire des fusillés : résultats positifs pour Siegfried Wogel, René Sommer et Paul Geay. https://maitron.fr/ et https://fusilles-40-44.maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche « La Pare » et « Ubaye » effectuée ; aucune notice autonome consacrée exclusivement au maquis de La Pare retrouvée dans les résultats consultés. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée ; aucune notice générale autonome de La Pare retrouvée dans les résultats accessibles lors de cette vérification. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche « La Pare », « Ubaye » et noms associés effectuée ; aucune notice thématique autonome consacrée au maquis de La Pare identifiée dans les résultats consultés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée sur le maquis et les principaux responsables ; aucune notice autonome « maquis de La Pare » identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherche « maquis de La Pare », « Résistance Ubaye » effectuée ; aucun document directement exploitable supérieur aux sources locales et mémorielles retenues n’a été identifié dans les résultats consultés. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : consultation des instruments de recherche relatifs aux Forces françaises combattantes et recherche du contexte archivistique ; aucun dossier autonome intitulé « maquis de La Pare » identifié dans l’instrument GR 17 P, qui concerne les réseaux FFC. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Le Dauphiné Libéré : résultat positif comportant photographie, localisation et témoignages relatifs à La Pare et aux combats de juin 1944. https://www.ledauphine.com/

Associations mémorielles locales de l’Ubaye : documentation reprise notamment par Mémoire Vive de la Résistance à partir du Journal de marche de la Résistance en Ubaye et des travaux des anciens résistants du secteur. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

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