La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis de Boscodon ». Les sources locales emploient également « maquis du Boscodon ». Il s’agit d’un maquis constitué autour de la forêt et de l’ancienne abbaye de Boscodon, sur la commune alors appelée Crottes, aujourd’hui Crots, Hautes-Alpes, France.

Il doit être distingué du maquis de Combe-Brézès et du maquis des Orres, même si ces formations appartiennent au même espace résistant de l’Embrunais.

Création du maquis

La création du maquis est précisément documentée par les témoignages de son fondateur Marcel IMBERT et de plusieurs réfractaires. Le 19 mars 1943, quatre jeunes convoqués pour le Service du travail obligatoire arrivent dans l’Embrunais et sont pris en charge par Marcel IMBERT, forestier installé à Boscodon. Parmi eux figurent, selon le témoignage de Bertin MIOLLAN, FAURE, PUGET et ALLAMANO. Les premiers réfractaires sont dispersés dans des fermes avant d’être regroupés.

Marcel IMBERT prend ensuite contact avec Paul RAVEL, responsable de l’Armée secrète dans les Hautes-Alpes. Une réunion se tient à Boscodon le 15 avril 1943. Selon le témoignage d’IMBERT, il y est désigné chef civil et militaire du maquis.

Le 16 avril, huit hommes sont regroupés dans un chalet des Terrassettes ; huit jours plus tard, environ vingt-cinq réfractaires sont hébergés dans le secteur. Le groupe atteint ultérieurement plusieurs dizaines d’hommes, une source mémorielle locale donnant un maximum de cinquante-deux maquisards.

Organisation interne

Marcel IMBERT cumule initialement les fonctions de responsable civil et militaire. Le maquis entretient des relations avec l’Armée secrète des Hautes-Alpes et avec l’ORA. Son organisation initiale répond essentiellement à une nécessité de protection des réfractaires : hébergement, ravitaillement, dissimulation et déplacements entre plusieurs caches forestières.

La géographie du massif permet de multiplier les refuges. Les témoignages signalent notamment les Terrassettes, des installations autour de l’abbaye, une cabane construite en forêt et, lors d’alertes, une grotte située vers la limite entre Hautes-Alpes et Basses-Alpes. Les hommes sont déplacés lorsqu’un emplacement paraît compromis.

Durant l’hiver 1943-1944, l’augmentation des effectifs et la difficulté du ravitaillement conduisent à disperser une partie du groupe. Un rendez-vous de regroupement est cependant prévu à Boscodon en mai 1944.

Actions menées pendant la Résistance

La fonction initiale du maquis est l’accueil et la protection des réfractaires au STO. Son activité comprend la recherche de refuges, l’organisation du ravitaillement, les liaisons avec les structures résistantes de l’Embrunais et la préparation des hommes à une intégration ultérieure dans les formations armées.

La documentation disponible décrit davantage la vie clandestine, les alertes et la répression que des opérations armées propres au groupe sous l’appellation « maquis de Boscodon ». Il serait donc incorrect de lui attribuer sans distinction les sabotages et combats menés ultérieurement par les différentes formations FFI de l’Embrunais.

Une alerte importante intervient le 6 juillet 1943 à la suite de mouvements des troupes italiennes. Les réfractaires se dispersent dans la forêt et utilisent des caches de repli avant de revenir dans le secteur.

L’événement majeur de l’histoire du maquis est la rafle du 16 mai 1944. La Gestapo intervient à Boscodon au moment où plusieurs hommes se sont regroupés autour de l’abbaye. Huit maquisards et trois habitants sont arrêtés ; la documentation mémorielle locale indique que cinq des personnes arrêtées ne reviennent pas de la répression ou de la déportation.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le lien avec l’Armée secrète est directement attesté par la prise de contact de Marcel IMBERT avec Paul RAVEL dès avril 1943. Le maquis s’insère ensuite dans l’organisation plus large de la Résistance des Hautes-Alpes, aux côtés de l’ORA et des structures qui sont progressivement réunies dans les FFI.

La proximité géographique avec les autres maquis de l’Embrunais explique des contacts et des parcours convergents, mais Boscodon ne doit pas être assimilé au maquis de Combe-Brézès ni au maquis des Orres.

Chefs et figures marquantes

Marcel IMBERT, forestier à Boscodon, est le créateur et le chef civil et militaire du maquis selon son propre témoignage et les travaux mémoriels locaux. Il survit à la guerre et participe ensuite activement à la transmission de l’histoire du maquis. Une photographie commémorative le montre après-guerre aux côtés de René EYMIN, chef du maquis des Orres.

Bertin MIOLLAN est l’un des jeunes réfractaires ayant gagné Boscodon le 19 mars 1943. Son témoignage documente directement la naissance du maquis. Il survit à la guerre et transmet ultérieurement ses souvenirs.

Paul RAVEL est identifié comme responsable de l’Armée secrète des Hautes-Alpes avec lequel Marcel IMBERT prend contact en avril 1943. Les sources consultées établissent son rôle dans le rattachement du groupe à la Résistance organisée mais ne permettent pas de le qualifier de chef direct du maquis de Boscodon.

Victimes et morts

La rafle du 16 mai 1944 entraîne l’arrestation de huit maquisards et de trois habitants. La source mémorielle locale indique que cinq des onze personnes arrêtées ne reviennent pas. Les résultats numériques actuellement disponibles ne permettent cependant pas d’établir dans cette recherche une liste nominative suffisamment sûre de ces cinq victimes et de distinguer systématiquement les maquisards des habitants arrêtés.

Survivants identifiés

Marcel IMBERT et Bertin MIOLLAN sont des survivants explicitement identifiés par leurs témoignages postérieurs. D’autres anciens membres apparaissent dans la documentation photographique et mémorielle, mais aucune liste exhaustive des survivants n’a été retrouvée dans les bases numériques consultées.

Fin du réseau

La rafle du 16 mai 1944 porte un coup majeur à l’implantation historique de Boscodon. Le maquis avait déjà été partiellement dispersé au cours de l’hiver 1943-1944 et les arrestations rendent impossible le maintien du groupe dans sa configuration antérieure. Les résistants de l’Embrunais poursuivent toutefois le combat dans d’autres structures, notamment les groupes des Orres et les formations FFI constituées pendant l’été 1944.

Conséquences et mémoire

Boscodon constitue l’un des premiers maquis attestés de l’Embrunais, né dès mars 1943 en réponse directe au STO. Son histoire illustre la première phase du phénomène maquisard alpin : des groupes destinés initialement à dissimuler et nourrir des réfractaires évoluent progressivement vers une intégration à la Résistance organisée. Cette évolution générale des premiers maquis provençaux et alpins est également décrite par Jean-Marie Guillon.

L’abbaye, la forêt, les Terrassettes et les différents emplacements de caches constituent les principaux lieux associés à cette mémoire. L’histoire est aujourd’hui entretenue par des travaux locaux fondés sur les témoignages de Marcel IMBERT, des anciens maquisards et des familles de l’Embrunais.

Fiabilité A pour la création du 19 mars 1943, le rôle de Marcel IMBERT, le rattachement à l’Armée secrète, l’organisation des caches et la rafle du 16 mai 1944. La composition nominative exhaustive et le sort de chacun des onze arrêtés nécessiteraient en revanche un dépouillement archivistique complémentaire.

Références bibliographiques

Le Maquis de Boscodon 1943-1945, Marcel Imbert. Témoignage du fondateur et responsable du maquis, utilisé par les travaux historiques locaux pour établir les circonstances de la création, les caches, les relations avec l’Armée secrète et la répression de mai 1944. Il constitue une source mémorielle de première importance, à confronter aux archives administratives et aux autres témoignages.

Maquisards et Gestapo, Richard Duchamblo. L’ouvrage est utilisé dans les travaux consacrés au maquis de Boscodon pour documenter la vie clandestine, le ravitaillement et la répression allemande.

Les maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes, Sylvain Reynaud, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, 1993, 150 pages. Travail universitaire consacré directement aux formations résistantes de l’Embrunais sous la direction de Jean-Marie Guillon.

La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais, Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, Provence historique, tome 44, fascicule 178, 1994, pages 513-522. Étude universitaire fondée sur les archives privées et les témoignages de réfractaires de l’Embrunais ; elle permet de replacer Boscodon dans le phénomène plus large des maquis de réfractaires.

Références internet

Embrun en 1939-1945 – La création du maquis rassemble les témoignages de Marcel IMBERT et d’anciens maquisards relatifs à la naissance de Boscodon le 19 mars 1943 et au rattachement à l’Armée secrète. https://embrun3945.wordpress.com/le-maquis-de-boscodon/la-creation-du-maquis/

Embrun en 1939-1945 – La rafle du Boscodon documente les onze arrestations du 16 mai 1944 et la répression du groupe. https://embrun3945.wordpress.com/2020/04/03/la-rafle-du-boscodon-les-arrestations/

Embrun en 1939-1945 – Bertin Miollan reproduit le témoignage d’un des premiers réfractaires arrivés à Boscodon le 19 mars 1943. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/08/miollan-bertin-maquisard-du-boscodon/

Persée – La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais donne accès à l’étude universitaire de Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon. https://www.persee.fr/doc/prohi_0033-1856_1994_num_44_178_2470

Archives départementales des Hautes-Alpes constituent le dépôt archivistique départemental de référence pour approfondir les dossiers de Résistance et les parcours nominatifs. https://archives.hautes-alpes.fr/

Sources consultées —

Mémoire Vive de la Résistance : aucune notice autonome Boscodon retrouvée. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : recherches « Boscodon », « Marcel Imbert », « Crots », sans notice autonome du maquis retrouvée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; pas de notice autonome Boscodon identifiée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée ; aucune notice générale autonome Boscodon identifiée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche nominative et géographique effectuée ; aucune fiche thématique autonome du maquis. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice autonome du maquis. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica : recherches « Boscodon maquis » et « Embrun Résistance » effectuées sans document directement supérieur aux sources retenues. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : instruments concernant la Résistance et l’ORA consultés ; aucun dossier numérique autonome « Boscodon » retrouvé. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Persée : résultat universitaire positif sur les réfractaires de l’Embrunais. https://www.persee.fr/doc/prohi_0033-1856_1994_num_44_178_2470

Embrun en 1939-1945 : documentation locale positive et détaillée. https://embrun3945.wordpress.com/

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