La forme principale attestée est « maquis de Boscodon » ou « maquis du Boscodon ». Il est implanté dans la forêt de Boscodon et aux abords de l’abbaye de Boscodon, sur le territoire de Crots, Hautes-Alpes, France. Plusieurs témoignages utilisent également l’expression « maquis Imbert », du nom de son organisateur Marcel IMBERT.
Création du Maquis
La création du maquis est directement liée au refus du STO. Marcel IMBERT, forestier à Boscodon, organise au printemps 1943 l’accueil de jeunes réfractaires. Son témoignage situe son engagement décisif au 19 mars 1943, lorsqu’il accepte de prendre en charge plusieurs jeunes devant arriver à Embrun.
Un témoignage publié par l’association des Amis de Boscodon situe la présence des réfractaires dans la zone entre la mi-avril 1943 et la fin août 1944.
Organisation interne
Le maquis est placé sous l’autorité de Marcel IMBERT, qui en est l’instigateur et le chef historique attesté. Son implantation dans la forêt permet de cacher les réfractaires dans des cabanes et sites isolés.
Un récit de la Résistance régionale confirme que des jeunes provenant d’autres groupes sont dirigés vers « Boscodon, au maquis Imbert », ce qui montre que le site constitue rapidement un point de regroupement reconnu dans le dispositif clandestin local.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction initiale du maquis est l’accueil et la protection des réfractaires au STO. Le site sert ensuite plus largement de refuge à des résistants et d’implantation clandestine dans l’Embrunais.
Le docteur David FALLIK, médecin de Chorges engagé dans la Résistance en septembre 1943, rejoint ainsi un maquis établi dans les ruines de l’abbaye de Boscodon, où il demeure jusqu’en janvier 1944 avant de partir vers une école des cadres de l’Armée secrète dans les Basses-Alpes.
Les sources disponibles montrent que Boscodon était inséré dans un réseau plus large de groupes de réfractaires et de maquis de l’Embrunais, mais ne permettent pas d’attribuer sans réserve au seul groupe Imbert chaque opération armée conduite dans le secteur.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis est en relation avec les autres groupes de l’Embrunais. Des résistants y sont transférés depuis d’autres camps. La présence de David FALLIK, ensuite envoyé dans une école des cadres de l’Armée secrète, montre également une connexion avec l’AS.
Marcel IMBERT, forestier, est l’organisateur et le chef du maquis. Son rôle est confirmé par plusieurs sources mémorielles concordantes.
Fernand MARIOTTINI rejoint le maquis dès ses débuts et survit à la guerre. En 1999, il témoigne publiquement de l’histoire du groupe lors des Journées du patrimoine à l’abbaye de Boscodon.
David FALLIK rejoint le maquis en septembre 1943. Il quitte Boscodon en janvier 1944 pour une école des cadres de l’Armée secrète ; arrêté ultérieurement avec ses compagnons, il est déporté.
Victimes et morts
Une source mémorielle issue de l’abbaye indique que huit compagnons et trois responsables du réseau, soit onze personnes, sont arrêtés par la Gestapo aux abords de la chapelle de l’abbaye. Cinq des onze déportés ne reviennent pas des camps.
Martial NICOLAS fait partie des résistants arrêtés à Boscodon et meurt en déportation. Son cas est explicitement rappelé par sa sœur lors de la commémoration de 1999.
La documentation consultée ne permet pas, à ce stade, d’établir avec une sûreté suffisante les onze identités complètes ; seules les personnes formellement attestées sont nommées.
Survivants identifiés
Marcel IMBERT survit à la guerre et participe encore, âgé, aux commémorations de Boscodon.
Fernand MARIOTTINI survit également et transmet son témoignage publiquement en 1999.
Fin du maquis
Le maquis demeure actif dans la région jusqu’aux combats et à la Libération de l’été 1944. La période mémorielle retenue par les sources locales s’étend jusqu’à la fin août 1944. Son existence autonome disparaît avec la Libération et l’intégration des résistants dans les formations régulières ou FFI.
Conséquences et mémoire
Boscodon conserve une mémoire particulièrement visible. L’abbaye a accueilli des expositions, témoignages et cérémonies consacrés au maquis. La mémoire de Marcel IMBERT, Fernand MARIOTTINI, Martial NICOLAS et des déportés y est entretenue.
Références bibliographiques
Maquisards et Gestapo, Richard Duchamblo. Ce témoignage régional documente la constitution de groupes de réfractaires et les transferts de résistants vers le maquis Imbert à Boscodon. Il constitue une source mémorielle importante à confronter aux archives.
La Résistance dans les Hautes-Alpes, travaux départementaux consacrés aux mouvements, maquis et combats de la Libération. Ils permettent de replacer Boscodon dans l’organisation générale de la Résistance de l’Embrunais.
Références internet
Abbaye de Boscodon – Lettre aux Amis conserve le témoignage de Fernand MARIOTTINI ainsi que des informations sur Marcel IMBERT, les arrestations et les déportés liés au maquis. Lettre aux Amis de Boscodon
Embrun en 1939-1945 reproduit des témoignages et documents consacrés à la création du maquis, notamment celui de Marcel IMBERT sur les événements de mars 1943. Création du maquis de Boscodon
Préfecture des Bouches-du-Rhône publie un dossier sur les Justes de Provence-Alpes-Côte d’Azur contenant des éléments biographiques sur David FALLIK et son passage par Boscodon.
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence du maquis, sa création par Marcel IMBERT, sa fonction d’accueil des réfractaires et l’arrestation de résistants sur le site. Fiabilité B pour la reconstitution exhaustive de ses effectifs et de ses actions armées.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherche effectuée sans notice collective spécifique retrouvée. Maitron
Fondation de la Résistance : recherche contextuelle effectuée. Fondation de la Résistance
Musée de la Résistance en ligne : recherche régionale effectuée. Musée de la Résistance en ligne
Mémoire des hommes : recherche effectuée pour les parcours individuels. Mémoire des hommes
Ordre de la Libération : recherche effectuée. Ordre de la Libération
Gallica : recherche bibliographique effectuée. Gallica
Service historique de la Défense : recherche sur les fonds FFI et Résistance. SHD
Abbaye de Boscodon : documentation mémorielle positive. Lettre aux Amis n°27
Embrun en 1939-1945 : témoignage positif sur la création du maquis. Maquis de Boscodon