Point de méthode : il ne s’agit pas d’un titre unique, mais d’une famille de journaux clandestins distincts partageant la même appellation de base, surtout dans l’orbite du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, avec parfois d’autres rattachements.
La BnF recense sous cette famille de nombreux titres régionaux ou locaux : Le Patriote, Le Patriote d’Auvergne, Le Patriote de l’Avesnois, Le Patriote de l’Eure, Le Patriote de l’Oise, Le Patriote des Côtes-du-Nord, Le Patriote du Vaucluse, Le Patriote martiguais, Le Patriote niçois, Le Patriote normand, Le Patriote parisien, entre autres. Cette fiche est donc une fiche de synthèse sur l’ensemble des occurrences régionales, et non la notice d’un titre unique.
Création
L’appellation Le Patriote apparaît dans la presse clandestine au plus tard en 1943 dans plusieurs régions, en lien majoritairement avec le Front national de résistance, mouvement né en mai 1941 à l’initiative du Parti communiste clandestin. Les sources montrent que les différentes éditions régionales ne naissent pas toutes à la même date ni dans la même structure. En Corse, par exemple, Le Patriote d’Ajaccio est lancé en mai 1943. Dans la région lyonnaise, Le Patriote est l’organe du Front national ; les numéros conservés au Musée de la Résistance en ligne datent de septembre et octobre 1943. Cette pluralité interdit de donner une date unique de création pour l’ensemble de la famille sans risque d’erreur.
Organisation interne
Dans la majorité des cas recensés, les différents Patriote sont des organes régionaux, départementaux ou locaux du Front national, avec des équipes propres de rédaction, d’impression et de diffusion. La famille des titres couvre des espaces très variés : région lyonnaise, Paris-sud, Loir-et-Cher, Puy-de-Dôme, Bouches-du-Rhône, Corse, Avesnois, Eure-et-Loir, Vaucluse, Nice, Normandie, Pas-de-Calais et autres. Cette organisation est donc décentralisée. Pour l’édition lyonnaise, les sources citent Lucien Sportisse comme directeur technique, en collaboration avec Georges Maranne, Madeleine Braun et Lucien Monjauvis. Pour la Corse, Mémoire Vive et des sources mémorielles locales décrivent une structuration en zones géographiques et un appareil d’impression clandestine progressivement professionnalisé.
Impression et modes d’impression
Les modes d’impression varient selon les régions. En Corse, Le Patriote est d’abord tiré à Tavera, Corse-du-Sud, France, sur une machine Gestetner installée clandestinement, avant le recours à de véritables caractères typographiques grâce à des ouvriers imprimeurs de Bastia. Dans la région lyonnaise, l’existence d’une direction technique distincte montre un dispositif plus structuré pour la fabrication et la diffusion. À l’échelle nationale, la diversité des cotes BnF atteste de publications régionales autonomes plutôt que d’une édition unique reproduite partout.
Diffusion et mode de diffusion
Le Patriote est diffusé de manière régionale ou locale, selon les zones d’implantation du Front national ou d’autres structures résistantes. Cette famille de titres constitue une presse de proximité, destinée à l’information, à la propagande et à la mobilisation militante. Le Musée de la Résistance en ligne présente Le Patriote comme un organe du Front national ; la notice sur un numéro du 10 septembre 1943 souligne sa devise et son identité politique. La sélection Gallica sur les journaux de la Résistance de la zone sud confirme la coexistence de plusieurs titres dérivés, comme Le Patriote martiguais.
Rédacteur en chef et journalistes
Lucien SPORTISSE. Directeur technique du Patriote de la région lyonnaise ; organise aussi la diffusion de toute la presse du Front dans la région lyonnaise et le Sud-Est.
Madeleine BRAUN. Rédactrice du Patriote ; les sources la présentent comme l’une des responsables du Front national et comme une figure importante du journal clandestin lyonnais.
René PICARD. Responsable de l’hébergement du journal clandestin Le Patriote lyonnais ; son témoignage relie la fondation du Front national lyonnais à l’existence du journal.
Jean NICOLI. Responsable régional dans le Front national corse, lié au contexte d’organisation du Patriote d’Ajaccio. les résultats consultés ne permettent pas de lui attribuer ici une fonction rédactionnelle directe dans le journal lui-même.
Arthur GIOVONI. Responsable régional du Front national corse, dans le cadre où paraît Le Patriote d’Ajaccio. La fonction rédactionnelle précise dans le journal n’est pas établie par les résultats consultés.
Simon VINCIGUERRA. Responsable régional du Front national corse dans le cadre de diffusion du Patriote d’Ajaccio. La fonction rédactionnelle précise dans le journal n’est pas établie par les résultats consultés.
Victimes et morts
À l’échelle de l’ensemble des occurrences régionales, les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste exhaustive de toutes les victimes liées aux différents Patriote. En revanche, pour l’édition lyonnaise, Lucien Sportisse est une victime certaine, tué le 24 mars 1944. En Corse, le cadre de la publication est celui d’un Front national engagé dans la lutte clandestine et l’insurrection, mais la documentation consultée n’autorise pas ici une liste complète des morts du journal en tant que structure propre.
Résistants connus ayant survécu à la guerre
Les sources consultées permettent de retenir au minimum Madeleine Braun, René Picard, Arthur Giovoni et Simon Vinciguerra comme survivants de guerre liés à des occurrences régionales du Patriote.
Fin du Journal
Il n’existe pas une fin unique du Patriote, puisque la famille recouvre des publications multiples. Certaines éditions cessent avec la Libération ; d’autres passent à la légalité ou se transforment. Dans la région lyonnaise, Le Patriote devient un quotidien légal à la Libération, avant d’entrer ensuite dans l’histoire de la presse communiste régionale lyonnaise. D’autres éditions, comme Le Patriote parisien, relèvent directement de la Libération et des nouvelles autorités résistantes. Cette diversité interdit une conclusion uniforme applicable à tous les titres.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François Marcot, Paris, Robert Laffont, 2006. Référence de synthèse pour la presse clandestine, le Front national et ses organes régionaux.
La presse clandestine en France (1940-1944) Fondation de la Résistance, Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 118, 2025. Dossier général de cadrage sur la diversité régionale de la presse clandestine.
Inventaire des 1000 journaux clandestins de la BnF document diffusé par la Fondation de la Résistance, utilisé ici pour recenser les multiples occurrences régionales du Patriote.
Références internet
Fondation de la Résistance Inventaire des 1000 journaux clandestins de la BnF, utilisé pour recenser les multiples titres régionaux de la famille Le Patriote.: https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/06/Doc00232.pdf
Musée de la Résistance en ligne Notice « Le Patriote du 10 septembre 1943 », utilisée pour l’identification du titre comme organe du Front national. https://museedelaresistanceenligne.org/media3456-iLe-Patriote-i-du-10-septembre-1943
Mémoire Vive de la Résistance Fiche « Front National Corse », utilisée pour Le Patriote d’Ajaccio et son contexte d’organisation. https://mvr.asso.fr/front-national-corse/
Musée de la Résistance en ligne Notice sur Lucien Sportisse, utilisée pour Le Patriote de la région lyonnaise. https://museedelaresistanceenligne.org/media9642-Plaque-en-hommage-au-militant-du-Front-national-Lucien-Sportisse-Lyon-1er
Musée de la Résistance en ligne Notice sur Madeleine Braun, utilisée pour le rôle de rédactrice du Patriote. https://museedelaresistanceenligne.org/media5438-Place-Madeleine-Braun-Paris-Xe
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, vérification le 21 mars 2026 : occurrence régionale retrouvée pour Le Patriote d’Ajaccio dans la fiche Front National Corse ; pas de fiche unique couvrant l’ensemble des Patriote.
Maitron Résistance, vérification le 21 mars 2026 : notices consultées pour Lucien Sportisse et René Picard.
Fondation de la Résistance, vérification le 21 mars 2026 : inventaire des journaux clandestins de la BnF consulté.
Musée de la Résistance en ligne, vérification le 21 mars 2026 : notices sur Le Patriote, Lucien Sportisse et Madeleine Braun consultées.
Mémoire des Hommes, vérification le 21 mars 2026 : aucun résultat directement exploitable retrouvé pour une fiche synthétique couvrant l’ensemble des occurrences régionales.
Ordre de la Libération, vérification le 21 mars 2026 : aucun résultat directement exploitable retrouvé pour une fiche synthétique couvrant l’ensemble des occurrences régionales.
Gallica, BnF, vérification le 21 mars 2026 : sélections de presse clandestine et inventaires consultés pour les multiples occurrences du titre.
Service historique de la Défense, vérification le 21 mars 2026 : aucun résultat directement exploitable retrouvé pour une fiche synthétique couvrant l’ensemble des occurrences régionales.
Sites d’associations mémorielles locales, vérification le 21 mars 2026 : consultation complémentaire du dossier corse sur les imprimeries clandestines, utilisé en appoint pour les modalités d’impression du Patriote d’Ajaccio.
Wikipédia, vérification le 21 mars 2026 : consulté seulement en contrôle complémentaire, non retenu comme source principale.