Le « kommando de Melk » est un camp annexe du camp de concentration de Mauthausen. Il est désigné comme KZ-Außenlager Melk, camp annexe de Melk ou kommando de Melk. Sa fonction essentielle est de fournir une main-d’œuvre concentrationnaire au chantier industriel souterrain portant le nom de code « Quarz ».
Le camp est créé le 20 avril 1944 à Melk, Autriche. Le premier convoi, comprenant environ 500 détenus provenant de Mauthausen et composé en grande partie de Français, arrive le 21 avril 1944.
Organisation interne
Les détenus sont installés dans la caserne de pionniers Freiherr-von-Birago, complétée par des baraquements. Le nombre de détenus atteint plus de 10 000 hommes en janvier 1945.
Les prisonniers sont transportés quotidiennement vers Roggendorf, à plusieurs kilomètres de Melk, pour travailler au chantier souterrain.
Les détenus de Melk sont des victimes du système concentrationnaire soumises au travail forcé. Une partie d’entre eux avait été arrêtée pour des activités de Résistance dans leurs pays d’origine.
Melk dépend administrativement du complexe concentrationnaire de Mauthausen. Le travail forcé est utilisé au bénéfice du projet industriel de Steyr-Daimler-Puch AG.
Chefs et figures marquantes
Les détenus français comprennent de nombreux résistants et déportés politiques. La documentation de l’Amicale de Mauthausen conserve notamment les témoignages d’André ULMANN, René GILLE, Robert MONIN, Raymond HALLERY, André LAITHIER et Pierre PRADALÈS.
Victimes et morts
Environ 14 300 à 14 400 détenus passent par Melk entre avril 1944 et avril 1945. Les sources mémorielles autrichiennes actuelles évaluent à près de 4 900 le nombre des morts. Les légères variations numériques entre 4 874, 4 884, 4 896 ou « près de 5 000 » proviennent des corpus et méthodes de comptage utilisés.
Survivants identifiés
De nombreux déportés survivent à Melk, mais aucune liste exhaustive ne peut être reproduite dans cette fiche. Les témoignages publiés par l’Amicale de Mauthausen constituent une documentation essentielle.
Le camp est évacué en avril 1945 devant l’approche des forces alliées. Les sources spécialisées fixent sa période d’existence du 20 avril 1944 au 15 avril 1945.
Conséquences et mémoire
L’ancien crématoire de Melk est devenu un mémorial. Une « Muraille des noms » rappelle les victimes. Le site appartient à l’État autrichien et constitue aujourd’hui un lieu officiel de mémoire du système concentrationnaire de Mauthausen.
Fiabilité
Fiabilité A — excellente, reposant notamment sur le Mémorial de Mauthausen, le mémorial de Melk et l’Amicale française de Mauthausen.
Références bibliographiques
Projekt Quarz. Steyr-Daimler-Puch und das Konzentrationslager Melk Bertrand Perz, Vienne, Verlag für Gesellschaftskritik, 1991. Étude fondamentale consacrée à Melk et au projet Quarz.
Mauthausen, ville d’Autriche Gordon J. Horwitz, Paris, Le Seuil, 1992, comprenant une étude de Melk.
Mauthausen : percer l’oubli. Mauthausen, Melk, Ebensee Pierre Saint Macary, L’Harmattan, 2004.
Références internet
Mémorial de Mauthausen documentation officielle sur Melk et le travail forcé du projet Quarz. Mauthausen Memorial — Melk et Quarz
Amicale de Mauthausen synthèse historique et mémorielle consacrée au kommando de Melk. Monument Mauthausen — Melk
Mémorial du camp de Melk histoire de la création du camp et arrivée du premier convoi le 21 avril 1944. KZ-Gedenkstätte Melk — création du camp
Sources consultées
MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Mauthausen Memorial ; KZ-Gedenkstätte Melk ; Amicale de Mauthausen.