Ces noms ne désignent pas un réseau unique, mais plusieurs camps successifs ou contemporains appartenant à la première histoire des maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Le Musée de la Résistance en ligne confirme explicitement l’existence, dès le printemps 1943 dans les environs de Dortan, des camps de Sièges, de la ferme de Revers, d’Émondeau, de Cize et de Granges.
La ferme de Revers appartient aux implantations les plus anciennes. Une source issue d’une activité historique du musée de Nantua situe au 4 mars 1943 la formation d’un premier camp sur le site. Le 26 mars, une intervention des Groupes mobiles de réserve conduit à son abandon.
Sièges constitue ensuite un groupement de réfractaires. Le 19 septembre 1943, il fusionne avec le groupe Catane de Prosper MIGNOT pour former le camp de Granges.
Cize est un autre camp des maquis de l’Ain, distinct de Granges. Émondeau accueille également des groupes de maquisards, notamment au début de 1944.
Organisation interne
Ces implantations correspondent à la période pendant laquelle Henri ROMANS-PETIT transforme progressivement les groupes de réfractaires au STO en formations clandestines organisées et militairement encadrées. Les camps sont mobiles : ils peuvent être abandonnés, transférés, fusionnés ou divisés selon la pression policière et militaire.
Le camp de Granges est notamment animé par Georges BENA, PAUGET, DECOMBLE et DEGOUTTE. Les groupes de Catane et de Sièges, déjà soudés par plusieurs semaines de clandestinité, constituent son noyau initial.
Émondeau reçoit notamment des maquisards du Haut-Jura, dont le groupe Yann de Jean-Marie VAUCHY, ainsi que temporairement le groupe franc Pesce.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction initiale de ces camps est d’accueillir les réfractaires au STO puis de les transformer en combattants. L’encadrement militaire, la formation, le ravitaillement et la préparation des actions armées s’y développent progressivement.
Les hommes issus de ces camps participent ensuite aux sabotages, coups de main et combats des maquis de l’Ain. Le groupe Pesce, passé notamment par Émondeau, participe à plusieurs sabotages ferroviaires et aux combats de 1944.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les camps appartiennent à l’ensemble des maquis de l’Ain et du Haut-Jura placé sous l’autorité d’Henri ROMANS-PETIT. Ils ne constituent donc pas cinq réseaux indépendants.
Chefs et figures marquantes
Henri ROMANS-PETIT est le principal organisateur militaire des maquis de l’Ain.
Georges BENA figure parmi les responsables du camp de Granges.
Prosper MIGNOT dirige le groupe Catane qui fusionne avec Sièges pour former Granges.
Jean-Marie VAUCHY commande le groupe Yann présent à Émondeau.
Victimes et morts
Les sources consultées ne permettent pas d’établir un bilan autonome des victimes pour chacun de ces cinq camps. Les pertes doivent être replacées dans l’histoire générale des maquis de l’Ain et dans les opérations allemandes de 1944.
Survivants identifiés
Marcel GROSCLAUDE constitue un exemple documenté. Après un passage par le centre de triage de la ferme du Mont, il gagne Émondeau, est ensuite soigné à Granges et poursuit le combat dans les unités du groupement Sud. Il survit à la guerre.
Fin du réseau
Ces camps cessent progressivement d’exister sous leur configuration initiale en raison des déplacements, des opérations de répression et de la restructuration militaire des maquis. Granges lui-même résulte déjà d’une fusion de groupes antérieurs.
Conséquences et mémoire
Revers, Cize et les autres sites demeurent intégrés aux parcours mémoriels des maquis de l’Ain. La ferme de Revers et Cize figurent encore dans des itinéraires contemporains consacrés aux maquisards.
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence des cinq implantations et leur appartenance aux maquis de l’Ain ; fiabilité B pour la reconstitution détaillée de certaines périodes d’Émondeau et de Sièges.
Références bibliographiques
Les Maquis de l’Ain et du Haut-Jura Henri ROMANS-PETIT, témoignage et ouvrage de référence sur l’organisation des maquis de l’Ain.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne contexte du mémorial de Dortan, mentionnant ensemble Sièges, Revers, Émondeau, Cize et Granges. Musée de la Résistance en ligne — Dortan et les camps environnants
Maquis de l’Ain et du Haut-Jura étude détaillée des camps à la fin de 1943, notamment Granges. Maquis de l’Ain — documentation historique
Sources consultées —
MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Maquis de l’Ain et du Haut-Jura ; Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Ain.