La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le « kommando de Langensalza » est un camp annexe masculin du camp de concentration de Buchenwald, implanté à Langensalza, aujourd’hui Bad Langensalza, Allemagne.

La Gedenkstätte Buchenwald emploie les formes « SS-Kommando Langensalza » et « Langenwerke Langensalza ». Les archives utilisent également la qualification « Außenkommando Langensalza » ; la désignation du camp annexe est « Langenwerke AG ».

Création du kommando

Le camp annexe est créé le 20 octobre 1944 selon la chronologie actuellement retenue par la Gedenkstätte Buchenwald. Une source mémorielle antérieure du réseau des camps annexes indique le 21 octobre 1944 ; il existe donc une divergence d’un jour dans la documentation secondaire. La base actualisée de la Gedenkstätte Buchenwald, fondée sur un travail archivistique récent, retient le 20 octobre 1944.

La création du camp répond aux besoins de l’entreprise Junkers Flugzeug- und Motorenwerke AG. À partir de la fin de 1943, Junkers prévoit de transférer une partie de sa production en Thuringe. Les bâtiments de la Kammgarnspinnerei AG Eupen, situés au Klausberg à Langensalza, sont réquisitionnés pour une usine filiale utilisant le nom de camouflage « Langenwerke AG ». Des prisonniers de guerre y travaillent d’abord ; à l’automne 1944, Junkers obtient également de la SS l’affectation de détenus concentrationnaires.

Organisation et rattachement

Le kommando dépend administrativement du camp de concentration de Buchenwald. Il est l’un des onze camps annexes mis en place conjointement par le groupe Junkers et l’administration SS de Buchenwald. Les détenus sont logés dans des locaux de l’usine et dans des baraques en bois entourées de barbelés.

Le premier commandant de kommando attesté est le SS-Hauptscharführer Josef Ebenhöh. Il quitte Langensalza en janvier 1945 pour prendre le commandement d’un camp annexe féminin à Penig. Son successeur est documenté sous le nom de Weidlich, avec le grade de SS-Hauptsturmführer, mais son identification complète n’a pas pu être établie par la Gedenkstätte Buchenwald.

Détenus

Les 100 premiers détenus arrivent de Buchenwald le 20 octobre 1944. À la fin d’octobre, ils sont déjà plus de 300. Au début de 1945, la population atteint 1 458 hommes. Environ 1 700 détenus passent au total par Langensalza jusqu’en avril 1945.

Les groupes les plus nombreux sont constitués de Polonais et de Soviétiques. Le camp compte également des Français, des Belges, des Italiens, des Allemands, des Néerlandais et des détenus d’autres nationalités. La majorité est enregistrée dans la catégorie des prisonniers politiques. Une petite fraction de détenus juifs est transférée depuis Auschwitz.

Langensalza remplit aussi une fonction particulière : la SS y regroupe des détenus évadés puis repris provenant de différents camps de concentration. Des transferts vers Langensalza sont attestés depuis Neuengamme, Mauthausen, Auschwitz, Gross-Rosen, Sachsenhausen, Ravensbrück, Natzweiler, Dachau et Flossenbürg. Quarante-quatre tentatives d’évasion sont documentées.

Travail forcé

La majorité des détenus travaille pour Junkers à la fabrication d’ailes d’avions. Ils sont placés dans l’usine sous la surveillance de personnels civils, ingénieurs et contremaîtres. Les rapports d’emploi conservés montrent des journées de travail allant initialement de 7 heures à 18 heures, puis jusqu’à 19 heures, avec une pause d’environ trente minutes. Des survivants ont également rapporté un système de travail en équipes de jour et de nuit. Les dimanches sans travail sont exceptionnels.

Conditions de détention

Une infirmerie existe dans le camp. Le médecin détenu soviétique Alexander Woskresenskij y est d’abord affecté. À partir de la mi-novembre 1944, le Français Jean Guery semble lui succéder. Du côté SS, un Unterscharführer nommé Odenhausen est attesté comme personnel sanitaire. Les médicaments disponibles proviennent essentiellement du camp principal de Buchenwald et restent insuffisants.

Victimes et morts

La Gedenkstätte Buchenwald établit qu’au moins quinze détenus meurent sur place. Trois sont tués par des SS pendant des tentatives d’évasion. Pour les autres décès, les documents SS mentionnent principalement des affections cardiaques ou pulmonaires. Les corps sont incinérés au crématorium de Langensalza.

Les Arolsen Archives conservent notamment un ensemble de onze documents concernant des demandes d’incinération de détenus morts du camp de Buchenwald ou de son Außenkommando Langensalza, datées du 18 décembre 1944 au 24 février 1945.

Neuf détenus provenant de Langensalza sont par ailleurs exécutés par la SS à la fin de janvier 1945 pour des raisons que les archives actuellement connues ne permettent pas d’établir. Il n’est pas démontré que toutes ces exécutions aient eu lieu physiquement à Langensalza ; certaines peuvent avoir eu lieu à Buchenwald.

Une source mémorielle plus ancienne ainsi que le monument local donnent un bilan de vingt-deux morts. La Gedenkstätte Buchenwald précise que ce chiffre provient d’un rapport publié en 1949 par le Comité international du camp. Les travaux actuels distinguent donc les quinze morts directement documentés sur place des chiffres mémoriels plus anciens.

Survivants identifiés

Des témoignages de survivants ont été conservés, notamment celui du Français Pierre « Peio » Harignordoquy, cité par la Gedenkstätte Buchenwald à propos du travail forcé et des violences exercées par les SS. Une liste exhaustive des Français ou des résistants français détenus à Langensalza ne peut être produite à partir des seules sources générales consultées et nécessiterait une exploitation nominative des registres de Buchenwald et des Arolsen Archives.

Répression et surveillance

L’effectif de la garde SS augmente avec la population du camp : vingt-deux gardes sont présents au début de novembre 1944, puis cinquante et un quelques semaines plus tard et soixante-dix-neuf à la fin de février 1945. Les survivants signalent également l’emploi de chiens pour renforcer la surveillance.

Un dossier judiciaire ouvert après-guerre en République fédérale d’Allemagne à propos des faits commis à Langensalza est classé sans résultat en 1975.

Fin du kommando

À la fin de mars 1945, environ 1 240 détenus sont encore présents. Le 1er avril 1945, dimanche de Pâques, la SS entreprend l’évacuation. La majorité des hommes est contrainte de parcourir à pied environ soixante kilomètres jusqu’au camp principal de Buchenwald.

Le 3 avril 1945, 1 135 détenus venant de Langensalza sont enregistrés à Buchenwald ; quarante-deux hommes avaient déjà été enregistrés la veille et d’autres arrivent le 4 avril. Cinquante-neuf détenus partis de Langensalza ne sont pas enregistrés à l’arrivée. La documentation actuellement disponible ne permet pas d’établir combien se sont évadés et combien ont été assassinés pendant l’évacuation.

Conséquences et mémoire

Après la guerre, le site industriel recommence à être utilisé comme filature. Un monument commémoratif est installé sur l’ancien site du camp au milieu des années 1960. La Gedenkstätte Buchenwald indique que l’inscription ancienne mentionnant vingt-deux victimes reprend le chiffre publié en 1949.

Le portail actuel des camps annexes de Buchenwald replace Langensalza dans le système de plus de 140 camps annexes administrés depuis Buchenwald et dans l’exploitation concentrationnaire organisée au profit de l’industrie allemande d’armement.

Divergences documentaires

La date de création est donnée comme le 20 octobre 1944 par le portail historique actualisé de la Gedenkstätte Buchenwald et comme le 21 octobre par une ressource mémorielle plus ancienne. La date du 20 octobre 1944 est retenue dans cette fiche en raison du caractère plus récent et archivistiquement documenté de la première source.

Le nombre des morts varie également. Le chiffre ancien de vingt-deux morts est conservé dans la mémoire locale et sur le monument ; la recherche actuelle de Buchenwald documente au moins quinze décès sur place et neuf détenus exécutés à la fin de janvier, sans certitude que les neuf exécutions aient toutes eu lieu à Langensalza. Ces chiffres ne doivent donc pas être additionnés mécaniquement.

Fiabilité A — Fiabilité excellente. La fiche repose principalement sur la Gedenkstätte Buchenwald et les Arolsen Archives, qui conservent des documents concentrationnaires originaux. Les divergences de date et de bilan des morts sont explicitement signalées.

Références bibliographiques

Der Ort des Terrors. Geschichte der nationalsozialistischen Konzentrationslager. Band 3: Sachsenhausen, Buchenwald, sous la direction de Wolfgang Benz et Barbara Distel, C. H. Beck, Munich, 2006 ; chapitre de Frank Baranowski consacré à Langensalza, p. 484-486.

Rüstungsproduktion in Mitteldeutschland, Frank Baranowski, Duderstadt, 2006, ouvrage consacré notamment aux implantations industrielles de guerre et cité dans la documentation mémorielle du réseau des camps annexes de Buchenwald.

Références internet

Gedenkstätte Buchenwald — Außenlager-Portal — Notice historique actualisée de Langensalza : création, effectifs, travail forcé, morts, gardiens, évacuation et mémoire. https://aussenlager.buchenwald.de/langensalza

Arolsen Archives — Documents relatifs aux demandes d’incinération de détenus décédés du KL Buchenwald/Außenkommando Langensalza. https://collections.arolsen-archives.org/de/document/7509456

Gedenkstätte Buchenwald — Portail des camps annexes — Présentation générale du système des plus de 140 camps annexes de Buchenwald. https://aussenlager.buchenwald.de/

Buchenwald war überall — Netzwerk der Außenlager — Notice mémorielle antérieure consacrée au camp de Langensalza, utile pour la comparaison des données et l’histoire du monument. https://www.aussenlager-buchenwald.de/details.html?camp=14

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance : recherche « Langensalza » ; aucune notice thématique spécifique retrouvée. https://mvr.asso.fr/

Gedenkstätte Buchenwald : résultat principal positif et détaillé sur le camp annexe de Langensalza. https://aussenlager.buchenwald.de/langensalza

Arolsen Archives : résultats positifs, notamment documents individuels de Buchenwald et demandes d’incinération concernant Langensalza. https://collections.arolsen-archives.org/

Maitron Résistance : recherche complémentaire ; aucune notice thématique sur le kommando de Langensalza retrouvée dans les résultats consultés. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche complémentaire ; aucune fiche générale consacrée au kommando de Langensalza retrouvée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherche complémentaire ; aucune notice générale sur le kommando retenue comme source principale. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche complémentaire ; aucune ressource générale sur le kommando directement exploitable retrouvée dans les résultats consultés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche complémentaire ; aucune ressource spécifique au kommando de Langensalza retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica : recherche complémentaire ; aucune source directe pertinente sur l’administration du kommando retrouvée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherche complémentaire ; aucune ressource numérisée directement consacrée au kommando de Langensalza retenue. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Buchenwald war überall — Netzwerk der Außenlager : résultat positif permettant de confronter les données anciennes et récentes sur la création, les effectifs, les victimes et le mémorial. https://www.aussenlager-buchenwald.de/details.html?ca

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