La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale et complète attestée par la Bibliothèque nationale de France est Jeanne la Lorraine. Journal des marraines du groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine. La Fondation de la Résistance reproduit exactement ce titre dans son inventaire de la collection de presse clandestine de la BnF et donne la cote RES-G-1470 (188).

La BnF classe Jeanne la Lorraine parmi les périodiques clandestins consultables sur Gallica et donne dans son catalogue une date générique « 194? ». Des travaux universitaires fondés sur les exemplaires conservés attestent cependant des numéros datant de 1944, notamment un numéro de février 1944.

Le titre ne doit pas être confondu avec La Lorraine libre ou avec Lorraine de Marcel LEROY, avec des associations civiles ou paroissiales ayant porté le nom « Jeanne la Lorraine », ni avec les nombreuses références à Jeanne d’Arc sous l’appellation symbolique de « Jeanne la Lorraine ».

Création du journal

L’existence historique de Jeanne la Lorraine est certaine en raison de la conservation de la publication dans la collection de presse clandestine de la Bibliothèque nationale de France. En revanche, les sources archivistiques et mémorielles consultées ne permettent pas d’établir avec certitude la date exacte de fondation, le lieu de création, le nom du fondateur ou de la fondatrice, ni le premier numéro publié.

La présence d’un article de Jeanne la Lorraine daté de février 1944 dans les travaux universitaires consacrés aux femmes et à la Résistance permet d’affirmer que le journal paraît au moins à cette date. Une étude de l’histoire des périodiques de marraines indique également que les exemplaires conservés remontent à 1944. Il n’est pas établi que février 1944 corresponde au premier numéro.

Organisation interne

Le sous-titre renseigne directement sur la fonction du journal : il s’agit du « Journal des marraines du groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine ». Il constitue donc une publication destinée aux femmes soutenant ou « parrainant » un groupe de francs-tireurs portant l’appellation Alsace-Lorraine.

Les recherches n’ont pas permis d’identifier une direction de publication, un comité de rédaction, une imprimerie clandestine, une responsable nationale ou régionale des marraines, ni le lieu précis d’impression. Aucun nom ne peut par conséquent être attribué à ces fonctions sans sortir du champ des faits vérifiés.

La comparaison avec d’autres titres conservés par la BnF montre l’existence d’une catégorie de publications spécifiquement destinées aux marraines de groupes de francs-tireurs : l’inventaire comporte notamment Marianne. Journal des marraines du Groupe de francs-tireurs « République » et La Madelon du franc-tireur, journal des marraines des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne. Cette observation établit un contexte éditorial, mais ne permet pas à elle seule de préciser l’organisation propre de Jeanne la Lorraine.

Actions menées pendant la Résistance

La fonction attestée est celle d’un journal clandestin de liaison et de mobilisation des marraines associées au groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine. Un article de février 1944 cité dans une recherche universitaire porte notamment sur l’engagement des marraines auprès des FTP, ce qui confirme la fonction de mobilisation féminine de la publication.

Aucune action armée ne doit être attribuée au journal lui-même. L’intitulé associe la publication à un groupe de francs-tireurs, mais les sabotages, attentats ou combats éventuellement accomplis par celui-ci constituent les actions de la formation combattante et non celles du périodique. Aucune liste d’opérations militaires directement reliée à Jeanne la Lorraine n’a été retrouvée dans les sources consultées.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le seul rattachement explicitement inscrit dans le titre est celui au « groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine ». L’emploi du terme « francs-tireurs » et les études universitaires rapprochant Jeanne la Lorraine des FTP permettent de situer le journal dans l’environnement de la Résistance armée des Francs-tireurs et partisans ; toutefois, la dénomination exacte, l’échelon territorial et le statut administratif du groupe « Alsace-Lorraine » n’ont pas pu être établis avec une précision suffisante à partir des sources consultées.

Le Musée de la Résistance en ligne documente par ailleurs l’existence de structures FTP et communistes portant des appellations Alsace-Lorraine, notamment dans l’organisation des groupes armés en zone Nord. Ces éléments attestent la présence de cette dénomination dans l’univers FTP, mais ils ne permettent pas d’assimiler automatiquement chaque formation « Alsace-Lorraine » au groupe précis auquel Jeanne la Lorraine était destiné.

Chefs et figures marquantes

Aucun directeur, rédacteur, imprimeur, diffuseur ou responsable des marraines de Jeanne la Lorraine n’a pu être identifié avec certitude dans les bases officielles et mémorielles consultées. Aucun nom ne doit donc être présenté comme chef ou figure marquante de la publication sur la base des données actuellement accessibles.

La même prudence s’impose pour le groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine : plusieurs résistants sont recensés par le Maitron comme appartenant à des détachements ou formations portant ce nom, mais les recherches n’ont pas démontré qu’ils appartenaient précisément au groupe bénéficiant du journal Jeanne la Lorraine.

Victimes et morts

Aucune victime dont l’arrestation, l’exécution ou la déportation puisse être directement rattachée à la fabrication ou à la diffusion de Jeanne la Lorraine n’a été identifiée dans les sources consultées. Il ne serait pas méthodologiquement justifié d’inscrire dans cette rubrique les morts de formations FTP portant une appellation Alsace-Lorraine sans démonstration documentaire du lien avec le journal.

Survivants identifiés

Aucun membre de l’équipe de rédaction ou de diffusion n’étant nominativement établi, aucune liste de survivants propres à Jeanne la Lorraine ne peut être constituée avec le niveau de vérification requis.

Fin du journal

Les exemplaires connus appartiennent à l’année 1944. La documentation consultée ne permet pas de déterminer le dernier numéro, la date de cessation de publication ni les circonstances d’une éventuelle interruption. Aucun démantèlement spécifique de l’équipe éditoriale n’a été retrouvé dans les sources institutionnelles accessibles.

Conséquences et mémoire

La valeur historique actuelle de Jeanne la Lorraine tient principalement à son appartenance au corpus de la presse clandestine conservé par la Bibliothèque nationale de France. La collection est référencée sous la cote RES-G-1470 (188) et figure dans l’inventaire des titres numérisés et mis à disposition sur Gallica.

Le journal présente également un intérêt documentaire pour l’histoire de la participation féminine à la Résistance. Son sous-titre révèle l’existence d’une organisation de « marraines » associée à une formation combattante et les recherches universitaires sur les femmes dans la Résistance utilisent Jeanne la Lorraine comme source sur ces pratiques de soutien aux FTP.

Aucun monument, plaque ou cérémonie spécifiquement consacré au journal clandestin Jeanne la Lorraine n’a été identifié. De nombreux lieux, associations et œuvres portent cette appellation en référence à Jeanne d’Arc ; ils ne doivent pas être considérés comme des lieux de mémoire du journal sans preuve documentaire.

Divergences et risques de confusion

La principale difficulté documentaire concerne la datation. Le catalogue de la BnF indique seulement « 194? », alors que les études ayant exploité les exemplaires conservés situent ceux-ci en 1944 et attestent notamment un texte de février 1944. La date « 1944 » peut donc être retenue pour les exemplaires connus, mais non comme date certaine de fondation de la publication.

Le titre comporte un risque d’homonymie particulièrement élevé. « Jeanne la Lorraine » désigne fréquemment Jeanne d’Arc dans la littérature politique et patriotique ; diverses associations locales antérieures ou postérieures à la guerre portent également ce nom. Seule la forme complète « Jeanne la Lorraine. Journal des marraines du groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine », associée à la cote BnF RES-G-1470 (188), garantit l’identification du périodique clandestin étudié.

Fiabilité B — bonne fiabilité pour l’existence, le titre exact, la fonction générale, le rattachement indiqué dans le sous-titre et la conservation d’exemplaires de 1944 ; fiabilité documentaire insuffisante pour identifier les fondateurs, la direction, l’imprimerie, le tirage, la diffusion géographique précise, les membres et la date de disparition. La qualification globale B est retenue parce que l’existence matérielle de la publication repose sur une source primaire conservée par la BnF, mais que son histoire organisationnelle demeure très lacunaire.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, François MARCOT, Bruno LEROUX et Christine LÉVISSE-TOUZÉ (dir.), Paris, Robert Laffont, 2006 ; ouvrage de référence pour replacer la presse clandestine, le Front national et les FTP dans l’organisation générale de la Résistance.

Les FTP. Nouvelle histoire d’une résistance, Franck LIAIGRE, Paris, Perrin, ouvrage de contextualisation consacré aux Francs-tireurs et partisans, utile pour replacer le groupe mentionné dans le sous-titre de Jeanne la Lorraine dans l’histoire de la Résistance armée.

La Résistance et les Français : nouvelles approches, travaux de l’Institut d’histoire du temps présent consacrés aux formes de mobilisation résistante et notamment à l’engagement des femmes ; référence contextuelle, la documentation directement consacrée à Jeanne la Lorraine demeurant très limitée.

Références internet

Bibliothèque nationale de France – Catalogue général Notice de Jeanne la Lorraine. Journal des marraines du groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine, périodique clandestin daté « 194? » et signalé comme consultable sur Gallica. https://catalogue.bnf.fr/

Fondation de la Résistance Inventaire des titres de la collection de presse clandestine de la BnF, indiquant le titre complet de Jeanne la Lorraine et la cote RES-G-1470 (188). https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/06/Doc00232.pdf

Gallica – Bibliothèque nationale de France Collection de presse clandestine de la BnF ; la Fondation de la Résistance indique que la cote RES-G-1470 (188) permet de retrouver Jeanne la Lorraine dans la recherche avancée de Gallica. https://gallica.bnf.fr/

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance : recherches « Jeanne la Lorraine », « journal Jeanne la Lorraine », « francs-tireurs Alsace-Lorraine » ; aucune notice autonome consacrée à la publication retrouvée. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : recherches du titre exact, du groupe Alsace-Lorraine et des variantes ; aucune notice du journal retrouvée ; des notices de résistants appartenant à des formations dénommées Alsace-Lorraine ont été identifiées mais non assimilées au groupe du journal faute de preuve. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : inventaire de la presse clandestine BnF ; identification formelle du titre et de la cote RES-G-1470 (188). https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherches du titre et des groupes FTP Alsace-Lorraine ; aucune notice autonome de Jeanne la Lorraine retrouvée. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherches « Jeanne la Lorraine » et « Alsace-Lorraine » ; aucune notice thématique du journal retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherches du titre et des variantes ; aucune ressource consacrée au journal retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Bibliothèque nationale de France / Catalogue général : notice bibliographique retrouvée, avec titre complet, caractère périodique, datation générique « 194? » et accès Gallica. https://catalogue.bnf.fr/

Gallica-BnF : recherche par le titre et par la cote RES-G-1470 (188), signalée dans l’inventaire de la Fondation de la Résistance. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherches « Jeanne la Lorraine », « Alsace-Lorraine » et FTP ; aucune cote propre à la publication retrouvée dans les inventaires consultables. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

FranceArchives : recherches du titre exact et des variantes ; aucune notice archivistique spécifiquement consacrée au journal retrouvée. https://francearchives.gouv.fr/

Travaux universitaires : une étude consacrée aux femmes et à la Résistance cite un article de Jeanne la Lorraine daté de février 1944 ; une étude historique des périodiques de « marraines » confirme que les exemplaires conservés du titre appartiennent à 1944.

Wikipédia : recherches complémentaires effectuées afin de contrôler les homonymies ; aucune donnée sur Jeanne la Lorraine n’a été retenue sans confirmation par la BnF ou une publication scientifique.

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