La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est La Lorraine libre.

Les sources consultées la qualifient de journal ou publication clandestine et l’identifient comme un organe du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. La notice du Maitron consacrée à René FALLAS précise que le journal porte l’emblème du « V » associé à une croix de Lorraine. Il ne doit pas être confondu avec Lorraine, journal fondé à Nancy en mai 1942 par Marcel LEROY, ni avec Jeanne la Lorraine, publication des marraines d’un groupe de francs-tireurs Alsace-Lorraine.

Les variantes rencontrées sont principalement La Lorraine libre et Lorraine libre. Aucune source institutionnelle consultée ne permet de retenir une autre appellation officielle. L’ajout systématique du qualificatif « journal du Front national » constitue une description de son rattachement et non une partie assurée du titre.

Création du journal

L’existence de La Lorraine libre est attestée au plus tard à la fin de 1941-début 1942. Mémoire Vive de la Résistance indique que Marcel LEROY participe à sa diffusion dès la fin de 1941. Le corpus documentaire recensé dans le travail universitaire de Laurent Pardieu signale par ailleurs La Lorraine libre en février 1942. Ces deux indications ne permettent pas de fixer avec certitude la date du premier numéro : la fin de 1941 doit être retenue comme début attesté de la diffusion, tandis que février 1942 correspond à un exemplaire ou à une occurrence documentaire identifiée.

Les recherches effectuées n’ont pas permis d’identifier un fondateur ou directeur unique avec un degré de certitude suffisant. L’étude de Jean-Louis ÉTIENNE sur les débuts de la Résistance en Meurthe-et-Moselle décrit La Lorraine libre comme un « journal commun » et éphémère. Nicolas HOBAM évoque également après la guerre un journal commun portant ce titre. Ces éléments attestent une réalisation collective, mais ne suffisent pas à établir une liste certaine de fondateurs.

Le lieu de production initial n’est pas formellement indiqué dans les sources ouvertes consultées. Son insertion dans les premiers groupes résistants de Meurthe-et-Moselle et sa diffusion par Marcel Leroy à Nancy permettent de rattacher son histoire à ce département, mais il n’est pas possible de transformer cette implantation en une localisation certaine de l’imprimerie ou du siège clandestin.

Organisation interne

Aucun organigramme propre à La Lorraine libre n’a été retrouvé. Les fonctions de rédacteur en chef, directeur politique, responsable technique de l’impression ou responsable départemental de diffusion ne sont pas établies nominativement dans les sources institutionnelles accessibles. La documentation permet seulement d’attester l’existence d’une chaîne de diffusion clandestine liée au Front national et la participation de Marcel LEROY.

René FALLAS a également connu et conservé la mémoire de cette publication. Sa notice du Maitron identifie La Lorraine libre comme un organe du Front national et en décrit l’emblème. Les données actuellement accessibles ne suffisent toutefois pas à lui attribuer une fonction éditoriale précise dans cette première publication.

Actions menées pendant la Résistance

L’activité attestée de La Lorraine libre relève de la propagande clandestine : fabrication et diffusion d’un journal hostile à l’Occupation et rattaché au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Il s’agit donc d’une publication clandestine, et non d’un réseau de renseignement, d’une filière d’évasion ou d’une formation armée.

Aucune opération de sabotage, de renseignement ou de combat ne peut être attribuée au journal en tant que tel sur la base des sources consultées. Les opérations militaires accomplies ultérieurement par des militants du Front national ou du mouvement Lorraine doivent être distinguées de l’activité propre de La Lorraine libre.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le lien institutionnel le mieux attesté est celui avec le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. La notice de Marcel Leroy comme celle de René Fallas présentent explicitement La Lorraine libre comme une publication liée à cette organisation.

La publication se situe également dans la préhistoire immédiate du mouvement Lorraine, sans être son organe. Marcel LEROY participe d’abord à La Lorraine libre, puis fonde en mai 1942 un titre distinct, Lorraine, autour duquel se constitue progressivement le mouvement Lorraine. Il serait donc historiquement incorrect de considérer La Lorraine libre comme une simple première dénomination de Lorraine : les sources distinguent bien les deux journaux.

L’étude historique consacrée à la Résistance en Meurthe-et-Moselle qualifie La Lorraine libre d’expérience commune et éphémère, puis indique que la perte de liaison compromet cette première tentative. Ce constat contribue à expliquer le caractère bref de cette publication avant la constitution d’organisations plus durables.

Chefs et figures marquantes

Marcel LEROY est le seul acteur dont la participation à la diffusion de La Lorraine libre soit clairement établie par plusieurs sources accessibles. Instituteur et syndicaliste, il poursuit ensuite son engagement en fondant à Nancy, Meurthe-et-Moselle, France, en mai 1942, le journal Lorraine. Arrêté en 1943, il est déporté et meurt au camp de Dora, Allemagne, en 1944. Son destin postérieur relève principalement du mouvement Lorraine, et non de La Lorraine libre elle-même.

René FALLAS constitue une source importante pour identifier La Lorraine libre et son rattachement au Front national. Les sources consultées ne permettent cependant pas de qualifier avec certitude son rôle propre dans la rédaction ou l’impression de ce journal. Il devient ensuite l’un des principaux responsables du mouvement Lorraine et survit à la guerre.

Victimes et morts

Aucune victime ne peut être attribuée avec certitude à la seule activité de La Lorraine libre à partir des sources consultées.

Marcel LEROY meurt en déportation, mais son arrestation intervient en 1943, alors qu’il dirige depuis plus d’un an le journal et le mouvement Lorraine. Il serait donc abusif d’imputer son arrestation ou sa mort spécifiquement à son activité antérieure de diffusion de La Lorraine libre.

Survivants identifiés

René FALLAS survit à la guerre. Sa trajectoire résistante ultérieure est principalement liée au journal et au mouvement Lorraine. Aucune liste de diffuseurs de La Lorraine libre permettant d’établir un état collectif des survivants n’a été retrouvée dans les sources accessibles.

Fin du journal

La Lorraine libre apparaît comme une expérience de courte durée. L’étude publiée en 1977 sur les débuts de la Résistance en Meurthe-et-Moselle la caractérise comme un journal commun « éphémère » et indique qu’une liaison est ensuite perdue. Les sources consultées ne fournissent ni date officielle de cessation, ni dernier numéro, ni bilan complet de sa production.

En mai 1942, Marcel LEROY crée à Nancy un nouveau journal clandestin, Lorraine, qui constitue une publication distincte et devient le noyau d’un mouvement organisé. La chronologie établit donc une succession entre les deux expériences sans permettre d’affirmer une transformation administrative directe de La Lorraine libre en Lorraine.

Conséquences et mémoire

La principale importance historique de La Lorraine libre tient à sa place dans les premières expériences de presse résistante de Meurthe-et-Moselle et dans le parcours de militants qui participent ensuite à des structures plus durables. Son caractère éphémère explique une documentation beaucoup plus réduite que celle du journal Lorraine.

Sa mémoire est principalement conservée par les témoignages et travaux consacrés au mouvement Lorraine, notamment ceux de Nicolas HOBAM et de Laurent PARDIEU, ainsi que par les notices biographiques de Marcel Leroy et René Fallas. Aucun monument ou lieu de mémoire spécifiquement consacré au seul journal La Lorraine libre n’a été identifié dans les ressources officielles et mémorielles consultées.

Divergences et risques de confusion

Une première divergence concerne la chronologie : Mémoire Vive de la Résistance fait commencer la participation de Marcel Leroy à sa diffusion à la fin de 1941, tandis que le travail de Laurent Pardieu signale La Lorraine libre en février 1942. Ces données sont compatibles avec une diffusion commencée à la fin de 1941 et un exemplaire documenté en février 1942, mais aucune date certaine de fondation n’a été retrouvée.

La confusion la plus importante concerne Lorraine, créé par Marcel Leroy en mai 1942. La Lorraine libre et Lorraine sont deux publications différentes. La Lorraine libre relève du Front national et demeure éphémère ; Lorraine devient l’organe autour duquel se constitue le mouvement Lorraine.

Fiabilité B L’existence du titre, son rattachement au Front national, son caractère clandestin et éphémère ainsi que la participation de Marcel Leroy sont établis par plusieurs sources concordantes. En revanche, la date exacte de création, les fondateurs, l’équipe de rédaction, le lieu d’impression, le nombre de numéros et le tirage ne peuvent être établis avec précision à partir de la documentation accessible.

Références bibliographiques

Un journal clandestin de la zone interdite : « Lorraine » 1942-1944, Laurent PARDIEU, mémoire de maîtrise, Université Nancy II, 1991 ; travail consacré à Lorraine mais comprenant dans sa documentation La Lorraine libre, notamment une occurrence datée de février 1942.

Quatre années de lutte clandestine en Lorraine. Historique du mouvement Lorraine, Nicolas HOBAM, Nancy, Berger-Levrault, 1946 ; témoignage d’un acteur de la Résistance lorraine évoquant l’expérience commune de La Lorraine libre avant le développement du mouvement Lorraine.

« Débuts et développement de la Résistance en Meurthe-et-Moselle (1940-1943) », Jean-Louis ÉTIENNE et Pierre GÉRARD, Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1977 ; étude historique qualifiant La Lorraine libre de journal commun éphémère.

Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, François MARCOT, Bruno LEROUX et Christine LÉVISSE-TOUZÉ (dir.), Paris, Robert Laffont, 2006 ; ouvrage général de référence pour replacer les mouvements et la presse résistante dans leur contexte national.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance Notice Marcel LEROY, attestant sa participation dès la fin de 1941 à la diffusion de La Lorraine libre, publication liée au Front national, avant la création de Lorraine en mai 1942. https://mvr.asso.fr/leroy-2/

Le Maitron Notice René FALLAS, identifiant La Lorraine libre comme organe du Front national et signalant son emblème formé d’un V et d’une croix de Lorraine. https://maitron.fr/fallas-rene-henri-pseudonyme-magnin-rene/

OpenEdition Books « La résistance en Lorraine », synthèse historiographique renvoyant notamment aux travaux de Jean-Louis Étienne et Pierre Gérard sur les premières organisations résistantes de Meurthe-et-Moselle. https://books.openedition.org/irhis/415

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance : recherches « La Lorraine libre », « Lorraine libre », « Marcel Leroy », « René Fallas » ; simple mention de La Lorraine libre dans la notice Marcel Leroy, sans notice thématique autonome. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : recherches « La Lorraine libre », « René Fallas », « Marcel Leroy » ; résultat directement exploitable dans la notice René Fallas. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherches du titre et variantes dans les ressources de presse clandestine ; aucun dossier autonome suffisamment détaillé sur La Lorraine libre retrouvé. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherches « La Lorraine libre » et variantes ; aucune notice autonome du journal retrouvée. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche du titre et variantes ; aucune ressource thématique directement exploitable retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherches « La Lorraine libre », « Lorraine libre » et acteurs identifiés ; aucune notice consacrée au journal retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica-BnF : recherches du titre et variantes dans la presse clandestine ; aucune collection clairement individualisée de La Lorraine libre comparable à celle de Lorraine n’a été retrouvée par les recherches effectuées. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherches du titre et des organisations lorraines ; les inventaires concernent principalement les mouvements de Résistance et ne permettent pas d’établir une cote spécifique du journal. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

FranceArchives : recherches « La Lorraine libre », Front national et Résistance en Lorraine ; aucun fonds exclusivement consacré à ce titre retrouvé. https://francearchives.gouv.fr/

OpenEdition, Persée et JSTOR : recherches historiographiques relatives aux débuts de la Résistance en Meurthe-et-Moselle ; l’étude de Jean-Louis Étienne et Pierre Gérard constitue le principal recoupement historiographique du caractère éphémère de La Lorraine libre.

Wikipédia : consultation complémentaire de l’article consacré au mouvement Lorraine ; aucune information concernant La Lorraine libre n’a été retenue sans recoupement.

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