La forme « Deutsche Volksecho » fournie dans l’objet de recherche n’est pas celle qui ressort des sources vérifiées. Pour la publication clandestine de 1943 étudiée ici, la forme attestée est Deutsches Volksecho, parfois abrégée « Dt. Volksecho ».
Une importante précaution d’homonymie est indispensable. Un autre journal portant exactement le titre Deutsches Volksecho a été publié légalement en exil à New York, États-Unis, du 20 février 1937 au 16 septembre 1939 sous la direction de Stefan HEYM. Ce journal américain n’est pas le journal clandestin de 1943 traité dans cette fiche.
L’existence d’un Deutsches Volksecho clandestin pendant la guerre est attestée par plusieurs sources allemandes indépendantes. La Staats- und Universitätsbibliothek Bremen conserve sous la cote I 0425 des numéros de Deutsches Volksecho de novembre et décembre 1943, sans lieu d’édition indiqué dans son catalogue.
Une notice biographique institutionnelle consacrée à Ernst MELIS indique de son côté qu’il dirige en 1943 à Lyon, Rhône, France, un journal abrégé « Dt. Volksecho », dans le cadre du travail de propagande destiné aux soldats allemands.
Ces éléments permettent d’attester l’existence du titre clandestin. Ils ne permettent cependant pas de considérer toutes les données provenant d’autres journaux portant le même nom comme applicables à l’édition lyonnaise.
Création
L’état actuel des sources permet de situer la publication clandestine en 1943. Une source chronologique allemande mentionne une première édition illégale de Deutsches Volksecho le 1er février 1943, mais la localisation et le lien exact entre cette édition et la rédaction lyonnaise dirigée ensuite par Ernst MELIS ne sont pas suffisamment précisés pour fusionner sans réserve les deux données.
La donnée la plus solidement établie pour la France est celle de la Bundesstiftung zur Aufarbeitung : en 1943, Ernst MELIS se trouve à Lyon et dirige le journal « Dt. Volksecho » dans le cadre de la propagande parmi les soldats allemands.
Le journal appartient donc au même environnement politique clandestin que les publications du Travail allemand et du Comité Allemagne libre pour l’Ouest. MELIS est simultanément un responsable de cette activité de propagande antifasciste et rejoint, à partir d’août 1943, le Comité Allemagne libre pour l’Ouest.
L’objectif attesté est de mener une propagande antifasciste parmi les soldats allemands, avec une finalité générale comparable à celle de Soldat am Mittelmeer : ébranler l’adhésion au régime nazi, diffuser des informations alternatives et favoriser l’opposition à la poursuite de la guerre.
Organisation interne
La documentation disponible sur l’organisation spécifique de la rédaction est sensiblement plus faible que pour Soldat am Mittelmeer.
Ernst MELIS est le seul responsable dont la fonction éditoriale sur le Deutsches Volksecho clandestin de Lyon soit actuellement confirmée par une source institutionnelle précise. La Bundesstiftung le qualifie de directeur du journal en 1943.
Une autre compilation historique consacrée aux Allemands engagés dans la Résistance indique également que MELIS est responsable de la rédaction de Soldat am Mittelmeer, Deutsches Volksecho et, plus tard, Volk und Vaterland. Cette continuité indique son insertion dans l’appareil de propagande germanophone du CALPO et de ses organisations antérieures.
L’état actuel de la documentation ne permet pas d’établir une hiérarchie rédactionnelle complète ni l’existence de cellules régionales propres au seul Deutsches Volksecho.
Impression et modes d’impression
Aucune source suffisamment précise retrouvée au cours de la recherche ne décrit le procédé de fabrication du Deutsches Volksecho clandestin avec le même niveau de détail que pour Soldat am Mittelmeer.
Il serait donc injustifié d’affirmer que son impression utilise exactement les mêmes matrices, ateliers ou tirages que Soldat am Mittelmeer, même si les deux journaux appartiennent à un environnement clandestin proche et si Ernst MELIS est impliqué dans les deux publications.
Le catalogue de la Staats- und Universitätsbibliothek Bremen confirme la conservation de numéros datés de novembre et décembre 1943, ce qui établit matériellement l’existence d’exemplaires imprimés pendant la période clandestine.
Diffusion et mode de diffusion
La source biographique de la Bundesstiftung associe directement la direction du journal par Ernst MELIS à la « propagande parmi les soldats allemands ». Son lectorat prioritaire est donc constitué de membres des forces d’occupation ou de germanophones susceptibles d’être touchés par le travail antifasciste.
La documentation consultée ne permet toutefois pas d’identifier avec certitude les circuits particuliers de diffusion de Deutsches Volksecho. Les méthodes générales du Travail allemand sont bien connues — diffusion clandestine, contacts avec les soldats, dépôts de tracts et journaux dans des lieux fréquentés par la Wehrmacht — mais il serait méthodologiquement incorrect d’attribuer chacune de ces pratiques à ce titre précis sans source spécifique.
Rédacteur en chef et journalistes
Ernst MELIS, né le 5 mars 1909 à Cassel, Allemagne, est le seul rédacteur dont la fonction au sein de la publication clandestine lyonnaise soit établie sans ambiguïté dans les sources consultées. Militant du KPD, ancien journaliste de la Deutsche Volkszeitung, il vit clandestinement à Toulouse de 1940 à 1943. Il est responsable de Soldat am Mittelmeer en 1942-1943 puis dirige en 1943 à Lyon le Deutsches Volksecho et mène une activité de propagande parmi les militaires allemands. Il rejoint ensuite le CALPO et survit à la guerre.
Karl Friedrich ACKERMANN est mentionné dans certaines sources comme collaborateur d’un journal de résistance intitulé Deutsches Volksecho. Une difficulté subsiste néanmoins sur la localisation exacte de son activité, les sources faisant également état de son engagement en Suisse et de publications portant des titres voisins. Son nom ne peut donc pas être attribué avec certitude à la rédaction lyonnaise sans réserve supplémentaire.
Stefan HEYM ne doit pas être intégré parmi les rédacteurs du journal clandestin lyonnais. Il dirige le Deutsches Volksecho de New York entre 1937 et 1939, publication antifasciste d’exil distincte du titre clandestin de 1943.
Victimes et morts
Aucune victime ne peut actuellement être reliée avec suffisamment de précision à la seule rédaction du Deutsches Volksecho clandestin.
La répression contre les organisations du Travail allemand et du CALPO est sévère, mais les sources disponibles ne permettent pas de distinguer quelles arrestations résultent directement de la production de ce titre plutôt que de l’ensemble des activités clandestines de ses militants.
Aucune liste de morts propre au journal n’est donc établie.
Résistants connus ayant survécu à la guerre
Ernst MELIS survit à la guerre. Après 1945, il travaille dans différentes rédactions destinées notamment aux prisonniers allemands. Il rentre en Allemagne en décembre 1947 et poursuit une longue carrière journalistique et politique en République démocratique allemande.
Karl Friedrich ACKERMANN survit également à la guerre, mais son appartenance précise à la rédaction lyonnaise de Deutsches Volksecho reste insuffisamment établie pour le considérer comme membre certain de cette équipe.
Fin du Journal
Les collections recensées à Brême attestent encore Deutsches Volksecho en novembre et décembre 1943. La date exacte de cessation de la publication clandestine n’a pas été retrouvée dans une source suffisamment précise.
La carrière d’Ernst MELIS permet cependant de replacer le titre dans une succession de publications antifascistes germanophones. Après Soldat am Mittelmeer et Deutsches Volksecho, il participe à l’activité du CALPO et devient en 1945 rédacteur de Volk und Vaterland.
Il n’est pas établi si Deutsches Volksecho a été formellement « remplacé » par un autre titre à une date donnée ou s’il a simplement cessé de paraître au cours de la réorganisation de la propagande germanophone. Cette distinction doit rester ouverte faute de source explicite.
Risque de confusion documentaire
Trois publications ou ensembles distincts doivent être séparés.
Le Deutsches Volksecho de New York est un hebdomadaire antifasciste d’exil fondé en 1937 et dirigé par Stefan HEYM jusqu’en septembre 1939. Il est parfaitement documenté par la Staatsbibliothek zu Berlin et plusieurs institutions allemandes, mais il ne relève pas de la presse clandestine de la Résistance en France.
Le Deutsches Volksecho clandestin de 1943 est attesté par des exemplaires conservés en bibliothèque et par la biographie d’Ernst MELIS, qui en dirige une édition à Lyon dans le cadre de la propagande auprès des soldats allemands.
Enfin, certaines sources évoquent également des publications suisses intitulées Deutsches schweizer Volksecho ou Das Volksecho. Elles ne doivent pas être confondues avec l’édition clandestine lyonnaise.
Références bibliographiques
La résistance allemande et autrichienne en France. D’après sa presse clandestine, Cécile Denis, L’Harmattan, Paris, 2021. Cette étude permet de replacer Deutsches Volksecho dans l’ensemble plus large de la presse antifasciste germanophone développée en France et d’éviter les confusions entre les multiples publications allemandes de l’exil et de la clandestinité.
Le « Travail allemand », une organisation de résistance au sein de la Wehrmacht, Claude Collin, Les Indes savantes, Paris, 2013. L’ouvrage analyse les structures qui organisent la propagande clandestine destinée aux membres de la Wehrmacht et fournit le contexte institutionnel dans lequel évolue Ernst MELIS.
An der Seite der Résistance. Zum Kampf der Bewegung « Freies Deutschland » für den Westen in Frankreich, 1943-1945, Karlheinz Pech, Militärverlag der DDR, Berlin, 1974. Cette étude est consacrée au mouvement Allemagne libre pour l’Ouest et permet de replacer les publications dirigées ou animées par ses militants dans l’évolution du CALPO.
Résistance. Erinnerungen deutscher Antifaschisten, sous la direction de Dora Schaul, Dietz Verlag, Berlin, 1973. Le recueil rassemble les souvenirs de militants allemands engagés dans la Résistance française et constitue une source importante pour l’histoire de la propagande clandestine germanophone.
Exil, résistance, héritage. Les militants allemands antinazis pendant la guerre et en RDA, 1939-1975, Alix Heiniger, Alphil-Presses universitaires suisses, Neuchâtel, 2015. L’ouvrage permet de replacer le parcours d’Ernst MELIS et des autres communistes allemands dans la continuité entre exil, Résistance et après-guerre.
Références internet
Bundesstiftung zur Aufarbeitung der SED-Diktatur constitue la source institutionnelle la plus précise actuellement retrouvée sur le Deutsches Volksecho clandestin lyonnais. La notice d’Ernst MELIS indique qu’il dirige en 1943 à Lyon le « Dt. Volksecho » et mène une activité de propagande parmi les soldats allemands. Bundesstiftung Aufarbeitung — Ernst Melis
Staats- und Universitätsbibliothek Bremen recense dans ses fonds un Deutsches Volksecho sans lieu d’édition, conservé pour novembre et décembre 1943 sous la cote I 0425. Cette donnée confirme matériellement une publication clandestine portant ce titre pendant la guerre. Staats- und Universitätsbibliothek Bremen — inventaire des périodiques
Bundesstiftung Aufarbeitung / kommunismusgeschichte.de reproduit une seconde notice biographique d’Ernst MELIS confirmant successivement ses fonctions à Soldat am Mittelmeer puis à « Dt. Volksecho » à Lyon en 1943. Kommunismusgeschichte — Ernst Melis
Gedenkstätte Deutscher Widerstand documente Stefan HEYM et le Deutsches Volksecho de New York. Cette source est utilisée uniquement pour établir l’homonymie et distinguer clairement le périodique américain de 1937-1939 du titre clandestin de 1943. Gedenkstätte Deutscher Widerstand — Stefan Heym
ZEFYS – Staatsbibliothek zu Berlin conserve les numéros numérisés du Deutsches Volksecho new-yorkais et établit sa période de publication du 20 février 1937 au 16 septembre 1939. Cette ressource permet d’exclure formellement ce titre américain de la présente notice clandestine. ZEFYS — Deutsches Volksecho 1937-1939
Sources consultées
Maitron Résistance : recherches sous les variantes du titre et au nom d’Ernst MELIS ; aucune fiche spécifique au journal clandestin retrouvée. Maitron
Fondation de la Résistance : recherche effectuée dans la documentation relative à la Résistance allemande, au Travail allemand et au CALPO ; documentation contextuelle retrouvée mais aucune notice autonome spécifique au Deutsches Volksecho clandestin. Fondation de la Résistance
Musée de la Résistance en ligne : recherches sur le titre, le CALPO, le Travail allemand et Ernst MELIS ; documentation contextuelle retrouvée mais aucune fiche autonome du journal identifiée. Musée de la Résistance en ligne
Mémoire des hommes : recherche effectuée ; aucune notice de périodique correspondant au titre retrouvée. Mémoire des hommes
Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice spécifique consacrée au journal retrouvée. Ordre de la Libération
Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherches sous les variantes « Deutsches Volksecho » et « Deutsche Volksecho » ; aucune collection directement exploitable du journal clandestin lyonnais identifiée. Gallica
Service historique de la Défense : recherche effectuée dans les ressources en ligne sur les organisations résistantes et les personnels ; aucune notice spécifique de périodique identifiée. Service historique de la Défense
Bundesstiftung zur Aufarbeitung der SED-Diktatur : résultat positif ; notice biographique d’Ernst MELIS attestant sa direction du « Dt. Volksecho » à Lyon en 1943. Notice Ernst Melis
Staats- und Universitätsbibliothek Bremen : résultat positif ; conservation d’exemplaires de Deutsches Volksecho de novembre et décembre 1943 sous la cote I 0425. Inventaire SUUB Bremen
ZEFYS, Staatsbibliothek zu Berlin : résultat positif pour le journal homonyme publié à New York de 1937 à 1939 ; ressource utilisée exclusivement pour éliminer le risque de confusion. ZEFYS — Deutsches Volksecho
Gedenkstätte Deutscher Widerstand : résultat positif pour Stefan HEYM et le journal new-yorkais ; utilisé pour établir qu’il s’agit d’une publication distincte. Gedenkstätte Deutscher Widerstand — Stefan Heym
Niveau de certitude documentaire
Deutsches Volksecho : fiabilité bonne pour l’existence du titre clandestin en 1943 et la direction d’une rédaction lyonnaise par Ernst MELIS ; documentation insuffisante pour reconstituer avec la même précision son tirage, son atelier d’impression, son équipe complète et ses circuits spécifiques de diffusion. La confusion avec le journal antifasciste homonyme publié à New York entre 1937 et 1939 doit impérativement être évitée.