Marcel JARDON, alias « Noël » ou « capitaine Noël », né le 25 décembre 1922 à Lyon (Rhône), mort le 16 juillet 1944 à Lyon, français.
Marcel Jardon naquit le 25 décembre 1922 à Lyon. Les sources accessibles ne permettent pas de préciser sa filiation, son domicile familial, sa scolarité, sa profession ou son éventuelle formation militaire avant son engagement clandestin.
Son âge— vingt et un ans en juillet 1944 — montre qu’il appartenait à la génération qui atteignit l’âge adulte sous l’Occupation. Aucun élément ne permet de déterminer s’il fut réfractaire au Service du travail obligatoire, étudiant, salarié ou déjà engagé dans une profession avant son entrée dans la Résistance.
Engagement dans la Résistance
Marcel Jardon rejoignit l’Armée secrète dans le sud de l’Ardèche. Il apparaît dans les mémoires de Michel Bancilhon parmi les principaux organisateurs du secteur D de cette organisation, aux côtés de Jean Pujadas et de plusieurs autres cadres locaux.
Selon le témoignage de Michel Bancilhon, la structuration du secteur commença à la fin de l’année 1942 ou au début de 1943. Bancilhon forma alors avec Jean Pujadas, connu sous les noms de « Jean l’Espagnol » ou « commandant Jean », et Marcel Jardon, alias « capitaine Noël », le noyau initial de l’état-major clandestin du secteur D.
Cette indication est historiquement importante : Marcel Jardon n’apparaît pas seulement comme un exécutant ou un membre d’un groupe de combat, mais comme l’un des organisateurs précoces de la structure militaire clandestine du sud de l’Ardèche.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Marcel Jardon appartenait à l’Armée secrète, dans le secteur D de l’Ardèche méridionale. Ce secteur couvrait notamment Aubenas et une grande partie du sud du département.
Le secteur D regroupait des formations issues des mouvements de Résistance de zone sud et développa progressivement un appareil militaire destiné à accueillir les réfractaires, créer des maquis, recevoir les parachutages alliés et préparer les combats de la Libération.
Les sources le rattachent également aux Groupes francs, c’est-à-dire aux petites unités chargées des actions immédiates, des protections armées, des récupérations de matériel, des liaisons dangereuses et, selon les circonstances, des opérations contre les forces d’occupation ou leurs auxiliaires.
Missions et actions
Sous le pseudonyme de « capitaine Noël », Marcel Jardon exerça les fonctions d’intendant du secteur D. Michel Bancilhon précise qu’il était chargé de l’organisation des maquis et de leur approvisionnement, avec l’aide de Georges Mennéglier.
Cette fonction était essentielle. La création d’un maquis ne dépendait pas uniquement du recrutement d’hommes et de la possession d’armes. Elle exigeait la recherche de lieux sûrs, la constitution de réserves alimentaires, la fourniture de vêtements, l’organisation des transports, la dissimulation des équipements et le maintien des relations avec les villages et fermes environnants.
Marcel Jardon participa ainsi à la transformation de groupes clandestins dispersés en unités capables de vivre durablement dans les zones rurales et montagneuses. L’approvisionnement constituait l’un des problèmes les plus difficiles : l’afflux de réfractaires au Service du travail obligatoire à partir de 1943 augmenta rapidement le nombre d’hommes à nourrir, vêtir et héberger.
Il travailla avec Michel Bancilhon, responsable important du secteur, et avec Jean Pujadas, chargé des armements et de l’instruction. La répartition des responsabilités entre ces trois hommes révèle une véritable structure d’état-major : Bancilhon assurait l’impulsion générale, Pujadas les questions militaires et l’entraînement, tandis que Jardon s’occupait de l’organisation matérielle et logistique.
Marcel Jardon participa aussi au repérage des terrains destinés aux opérations aériennes clandestines. Un témoignage de Henri Faure indique que Michel Bancilhon et Marcel Jardon, établis à Aubenas, lui signalèrent plusieurs terrains susceptibles d’être utilisés pour des parachutages. Cette activité supposait l’examen de la topographie, des accès, des risques de surveillance, des possibilités de balisage nocturne et des itinéraires d’évacuation du matériel.
Le secteur D travailla en relation avec la Section des atterrissages et parachutages de Valence. Plusieurs terrains furent étudiés ou homologués, dont les terrains portant les noms de code « Acier », « Adjoint » et « Acanthe ». Le premier parachutage régional mentionné par Bancilhon eut lieu à Plats, sur le terrain « Ail », le 8 mars 1944.
La documentation disponible ne permet pas d’attribuer individuellement à Marcel Jardon la réception d’un parachutage déterminé. Sa fonction d’intendant et sa participation au repérage des terrains montrent néanmoins qu’il contribua directement à la préparation matérielle de ces opérations.
Après le débarquement du 6 juin 1944, le secteur D connut une mobilisation rapide. Son état-major s’installa au château de Rochemure, entre Chassiers et Largentière. Les effectifs auraient atteint environ huit cents hommes immédiatement après le débarquement, puis près de deux mille quatre cents à la mi-juillet. Cette croissance renforça considérablement l’importance du service d’intendance placé sous la responsabilité de Jardon.
Le secteur disposait alors de compagnies armées, d’une demi-brigade espagnole, de services sanitaires et d’un parc automobile. Une telle organisation supposait une coordination logistique poussée, à laquelle Marcel Jardon contribua en sa qualité de responsable de l’approvisionnement.
Il siégea également, selon Michel Bancilhon, au conseil de guerre constitué en juin et juillet 1944 pour examiner certaines affaires relevant de la discipline, de la trahison ou de l’épuration clandestine. Les autres membres cités comprenaient notamment Jean Pujadas, André Bernard, Michel Bancilhon et des officiers d’active ayant rejoint la Résistance.
Cette participation montre que Jardon appartenait au cercle dirigeant du secteur. Elle ne permet toutefois pas de lui attribuer personnellement une décision ou une exécution particulière sans document nominatif plus précis.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, incarcération ou déportation de Marcel Jardon n’est attestée.
Il mourut à Lyon le 16 juillet 1944, le même jour que Jean Pujadas. Il aurait été abattu lors d’un combat de rue ou surpris au cours d’une mission de liaison armée.
La présence simultanée de Jardon et de Pujadas à Lyon, alors que leur activité principale se situait en Ardèche, peut correspondre à une mission de liaison, d’approvisionnement, de recherche d’armes ou de coordination avec des responsables régionaux. Aucun ordre de mission ou rapport opérationnel n’a été retrouvé pour préciser le but de leur déplacement.
La nature de la force adverse n’est pas davantage stabilisée. Certaines formulations évoquent les forces allemandes, d’autres la Milice ou des services de sécurité. En l’absence de source primaire, il convient de retenir uniquement qu’ils furent tués à Lyon dans le contexte de leur activité résistante le 16 juillet 1944.
Il mourut à l’âge de vingt et un ans, moins d’un mois avant la libération d’une grande partie du sud de l’Ardèche.
Camarades de combat
Michel Bancilhon fut l’un de ses principaux compagnons de Résistance. Il participa à la constitution et au commandement du secteur D et laissa un témoignage détaillé sur l’organisation de la Résistance ardéchoise.
Jean Pujadas, alias « Jean » ou « commandant Jean », était responsable des armements et de l’instruction. Il forma avec Jardon et Bancilhon le noyau initial de l’état-major du secteur. Pujadas mourut également à Lyon le 16 juillet 1944.
Georges Mennéglier seconda Marcel Jardon dans les missions d’approvisionnement et d’intendance des maquis.
André Bernard, instituteur et membre de l’état-major sous le pseudonyme de « capitaine Laurent », devint l’adjoint direct de Michel Bancilhon au début de 1944.
Pierre Bertrand et Pierre Fournier participèrent aux activités de l’état-major et aux relations avec les structures chargées des parachutages.
Henri Faure, responsable lié à la Section des atterrissages et parachutages, reçut de Bancilhon et de Jardon des indications sur plusieurs terrains susceptibles d’être employés pour les opérations aériennes clandestines.
Auguste Ollier, alias « Ravel » ou « Lacour », joua un rôle dans l’encadrement et la réorganisation ultérieure des forces résistantes ardéchoises.
Retour à la vie civile
Marcel Jardon mourut avant la Libération, à vingt et un ans.
Son parcours fut conservé principalement dans les témoignages de ses camarades et dans l’histoire du secteur D de l’Armée secrète. Sa mort précoce explique l’absence d’un témoignage personnel, d’un parcours associatif d’après-guerre ou d’une participation à la liquidation administrative des unités.
Décorations
Aucune décoration attribuée nominativement à Marcel Jardon n’a été retrouvée avec certitude dans les sources institutionnelles accessibles.
La mention « Mort pour la France » est parfois associée aux résistants tués en service, mais aucune fiche officielle ou transcription d’acte de décès portant cette mention n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
Aubenas constitue l’un des principaux lieux associés à l’activité de Marcel Jardon. C’est dans ce secteur qu’il participa à la structuration de l’Armée secrète et aux travaux d’organisation des maquis.
Le château de Rochemure, entre Chassiers et Largentière, fut le poste de commandement du secteur D après le débarquement de juin 1944.
Les terrains clandestins étudiés ou employés dans le cadre des parachutages, notamment autour de Lanas, du Gerbier-de-Jonc et de Plats, appartiennent également à la géographie de son action résistante.
Lyon est le lieu de sa naissance et de sa mort.
Aucune plaque, rue ou stèle portant spécifiquement son nom n’a été identifiée avec certitude dans les sources consultées. Aucune photographie individuelle authentifiée n’a été retrouvée dans les bases institutionnelles examinées.
Références bibliographiques
Michel Bancilhon, Un Ardéchois dans la tourmente, manuscrit autobiographique rédigé vers 1992-1993, conservé et présenté par le Musée de la Résistance en ligne. Ce témoignage constitue la principale source sur la structuration du secteur D de l’Armée secrète. Il précise les fonctions de Marcel Jardon, alias « capitaine Noël », comme intendant chargé de l’organisation et de l’approvisionnement des maquis.
Henri Faure, Le général Cochet et la Résistance ardéchoise, témoignages et souvenirs publiés en plusieurs volumes et extraits numériques. Henri Faure apporte des éléments sur les relations entre les responsables de l’Armée secrète, la Section des atterrissages et parachutages et les terrains signalés par Michel Bancilhon et Marcel Jardon.
Pierre Bonnaud, Résistance et Libération en Ardèche, Privas, Mémoire d’Ardèche et Temps présent, publication collective, plusieurs éditions. Cet ouvrage replace le secteur D dans l’histoire générale de la Résistance ardéchoise, de la création des maquis aux combats de la Libération.
Association pour des études sur la Résistance intérieure, La Résistance en Ardèche, Paris, AERI–Fondation de la Résistance, cédérom et ressources documentaires. Cette publication collective fournit le cadre organisationnel des mouvements, réseaux, maquis et unités FFI du département.
Laurent Douzou, La Résistance française : une histoire périlleuse, Paris, Éditions du Seuil, 2005. Cet ouvrage général aide à replacer les fonctions de Marcel Jardon dans le processus de militarisation des mouvements de zone sud et de formation des maquis.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « JARDON Marcel » fournit les dates et lieux de naissance et de décès, le rapprochement avec Jean Pujadas et Michel Bancilhon, ainsi qu’une présentation des circonstances supposées de sa mort. https://mvr.asso.fr/jardon/
Musée de la Résistance en ligne. La page « Un Ardéchois dans la tourmente de Michel Bancilhon » présente le témoignage autobiographique de Bancilhon et précise que Marcel Jardon, alias « capitaine Noël », était intendant, chargé de l’organisation et de l’approvisionnement des maquis du secteur D.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10603-iUn-ardchois-dans-la-tourmente-i-de-Michel-Bancilhon
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « BANCILHON Michel » replace Marcel Jardon dans l’état-major du secteur D, aux côtés de Jean Pujadas, Pierre Bertrand, Pierre Fournier et Auguste Ollier. https://mvr.asso.fr/bancilhon/
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « PUJADAS Jean » fournit des éléments sur le noyau constitué par Pujadas, Jardon et Bancilhon et rappelle la mort de Pujadas le même jour que Jardon à Lyon. https://mvr.asso.fr/pujadas/
Henri Faure — ressources numériques. L’extrait des souvenirs d’Henri Faure indique que Michel Bancilhon et Marcel Jardon lui signalèrent plusieurs terrains destinés aux parachutages dans la région d’Aubenas.
https://ea58.free.fr/MichelElBaze/complements/FAURE-Henri-tome1.html
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative du Service historique de la Défense n’a été identifiée avec certitude pour Marcel Jardon.
Aucun dossier individuel d’homologation au titre des Forces françaises de l’intérieur, de l’Armée secrète, des Forces françaises combattantes ou de la Résistance intérieure française n’a pu être consulté directement.
Une recherche complémentaire devrait porter sur les dossiers collectifs du secteur D de l’Armée secrète en Ardèche, les fonds départementaux FFI, les archives de liquidation des unités et l’état civil lyonnais relatif au décès du 16 juillet 1944.
Observations
Marcel Jardon ne doit pas être confondu avec un homonyme plus âgé, Marcel Victor Jardon, né en 1894 à Colombier et mort à Clermont-Ferrand en 1981.
Les sources les plus proches du secteur D le présentent comme « capitaine Noël ». Le titre de capitaine peut correspondre à un grade clandestin ou fonctionnel ; son homologation militaire après-guerre n’a pas été retrouvée.
Une contradiction importante apparaît entre certaines présentations. Le témoignage de Michel Bancilhon situe clairement son activité dans le sud de l’Ardèche et lui attribue des responsabilités d’intendance.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B —L’identité générale, les dates de naissance et de décès, le pseudonyme « Noël », l’appartenance à l’Armée secrète, l’activité dans le secteur D et les fonctions d’intendant sont établis par le témoignage direct de Michel Bancilhon. Les principales incertitudes concernent son état civil détaillé, sa profession, son dossier d’homologation, ses décorations et les circonstances précises de sa mort à Lyon.
Chronologie
| Date | Événement |
| 25 décembre 1922 | Naissance à Lyon. |
| Fin de 1942 ou début de 1943 | Participation avec Michel Bancilhon et Jean Pujadas à la formation du noyau du secteur D de l’Armée secrète. |
| 1943 | Prise de fonction comme « capitaine Noël », intendant chargé de l’organisation et de l’approvisionnement des maquis. |
| 1943-1944 | Participation au repérage de terrains destinés aux parachutages alliés. |
| 8 mars 1944 | Premier parachutage régional mentionné sur le terrain « Ail » à Plats ; participation personnelle de Jardon non individualisée. |
| Juin 1944 | Installation de l’état-major du secteur D au château de Rochemure et forte augmentation des effectifs des maquis. |
| Juin-juillet 1944 | Participation à l’encadrement logistique et au conseil de guerre du secteur. |
| 16 juillet 1944 | Mort à Lyon, le même jour que Jean Pujadas, dans des circonstances opérationnelles non complètement établies. |
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, notice « JARDON Marcel ». Cette source a fourni les dates et lieux de naissance et de décès, le rapprochement avec Jean Pujadas et Michel Bancilhon et les circonstances générales de la mort.
https://mvr.asso.fr/jardon/
Musée de la Résistance en ligne, « Un Ardéchois dans la tourmente de Michel Bancilhon ». Cette ressource a fourni les renseignements essentiels sur le pseudonyme « capitaine Noël », les fonctions d’intendance, l’organisation des maquis, le ravitaillement et la place de Jardon dans l’état-major du secteur D.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10603-iUn-ardchois-dans-la-tourmente-i-de-Michel-Bancilhon
Mémoire Vive de la Résistance, notice « BANCILHON Michel ». Cette source a permis de recouper la présence de Marcel Jardon dans l’état-major de l’Armée secrète et ses relations avec Jean Pujadas, Pierre Bertrand, Pierre Fournier et Auguste Ollier. https://mvr.asso.fr/bancilhon/
Mémoire Vive de la Résistance, notice « PUJADAS Jean ». Cette source a confirmé la collaboration étroite entre Pujadas, Jardon et Bancilhon et la mort de Pujadas à Lyon le 16 juillet 1944. https://mvr.asso.fr/pujadas/
Henri Faure, souvenirs numérisés, tome I. Cette source a signalé la participation de Michel Bancilhon et Marcel Jardon au repérage et à la transmission d’informations sur les terrains de parachutage autour d’Aubenas.
https://ea58.free.fr/MichelElBaze/complements/FAURE-Henri-tome1.html