Pierre Jules Louis BERTRAND, né le 4 novembre 1892 à Châtillon-en-Diois, 26 – Drôme, France, mort le 23 décembre 1987 à Aubenas (France)
Pierre Bertrand voit le jour dans la Drôme où son père travaille pour les Ponts et Chaussées. Il effectue ses études techniques à Voiron puis intègre l’école des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence. Sa formation est interrompue par la Première Guerre mondiale durant laquelle il combat dans les tranchées, notamment à Verdun, où il subit les effets des gaz de combat. Après sa démobilisation en 1919, il obtient son diplôme d’ingénieur des Travaux Publics de l’État (TPE) et commence sa carrière professionnelle en Ardèche, successivement à Antraïgues, aux Vans, puis à Aubenas en tant qu’ingénieur subdivisionnaire.
Engagement dans la Résistance
Dès le début de l’Occupation, Pierre Bertrand s’engage activement. Son environnement professionnel, les Ponts et Chaussées de l’Ardèche, devient l’un des foyers les plus dynamiques de la lutte clandestine dans le département. Il met à profit ses compétences techniques et sa connaissance du terrain pour organiser les premiers noyaux de résistance. Son domicile et son bureau servent de points de ralliement et de coordination pour les patriotes refusant la défaite et le régime de Vichy.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il est une figure centrale de la Résistance en Ardèche, participant à la structuration de l’Armée Secrète (AS) dans le secteur. En 1944, son autorité et son engagement constant le conduisent à siéger au sein du Comité Départemental de Libération (CDL) de l’Ardèche en tant que représentant des courants socialistes et résistants. Il est étroitement lié au mouvement Libération-Sud.
Missions et actions
Ses missions consistent principalement à assurer la logistique et la coordination entre les différents groupes de maquisards. Il joue un rôle de premier plan dans le camouflage de matériel, la transmission d’informations vitales sur les mouvements de l’occupant et l’organisation du ravitaillement. En tant qu’ingénieur, il facilite les déplacements des résistants et participe à l’élaboration de plans de sabotage des infrastructures de communication utilisées par les Allemands. Son influence s’étend sur toute la Cévenne vivaroise, où il jouit d’une grande estime pour son intégrité.
Arrestation / évasion / déportation
Bien que très exposé par ses responsabilités au sein du CDL et de l’AS, Pierre Bertrand parvient à échapper aux arrestations de la Gestapo et de la Milice, poursuivant son action de commandement jusqu’à la Libération du département.
Camarades de combat
Il est le beau-père de Michel Bancilhon (alias Commandant Bernard), chef de guerre de l’Armée Secrète en Ardèche, qui épouse sa fille Pierrette en 1942. Il travaille en étroite collaboration avec Pierre Fournier (alias Commandant L.), avec qui il partage des convictions politiques au sein de la SFIO, et d’autres chefs de la résistance locale comme Édouard Froment.
Retour à la vie civile
Après la guerre, il reprend ses fonctions d’ingénieur subdivisionnaire à Aubenas jusqu’à la fin de sa carrière. Fidèle à ses idéaux, il milite à la section socialiste SFIO d’Aubenas mais ne recherche pas de mandat électif national, préférant se consacrer à la reconstruction et à la vie syndicale et associative locale.
Décorations
- Légion d’honneur : Chevalier (mention signalée dans son parcours d’ingénieur et de résistant).
- Médaille de la Résistance par décret du 25 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération
- Croix de Guerre 1914-1918 (avec citations).
- Côte du dossier : 1O5294
Lieux de mémoire
Son nom est associé à l’histoire de la Résistance en Ardèche, notamment à Aubenas et dans les dossiers du Musée de la Résistance du Teil, qu’il a contribué à documenter par son témoignage.
Références bibliographiques
Un ardéchois dans la tourmente, Michel Bancilhon, Aubenas, 1997. Cet ouvrage de mémoires, rédigé par son gendre et compagnon de lutte, offre un témoignage direct sur l’action de Pierre Bertrand et le rôle pivot des Ponts et Chaussées dans la résistance ardéchoise.
Montagnes ardéchoises dans la guerre, Louis-Frédéric Ducros, Valence, 1981. Une étude exhaustive en trois volumes détaillant l’organisation des maquis et les responsabilités des cadres de l’Armée Secrète dont faisait partie Pierre Bertrand.
Références internet
Le Maitron – Dictionnaire biographique Notice biographique complète détaillant son parcours syndical, politique et résistant. https://maitron.fr/bertrand-pierre-2/
Musée de la Résistance en ligne Fiche signalétique sur les fonds documentaires liés à Michel Bancilhon et son entourage. https://museedelaresistanceenligne.org/
Dossier d’homologation consulté : Oui – Cote SHD (Dossier GR 16 P 53549).
Observations : Aucune notice nominative n’a été trouvée sur le site “Mémoire Vive de la Résistance” pour ce profil spécifique. Les recherches ont permis de distinguer ce Pierre Bertrand (ingénieur en Ardèche) des homonymes lyonnais (le maire Pierre Bertrand) ou des militants parisiens.